Québec

Publié le par la freniere

Québec, je me souviens l'été frileux, les soirs. Les volutes de foin d'odeur et de sauge. Les fantômes des ancêtres dans les flammes des feux. Les longues routes longues emmenant les pas et les pensées. Je me souviens les joies simplement joies et les pommes aux pommiers. Et tes fleurs Québec, tes fleurs sur la table, dans tes champs, les pieds dans l'eau des lacs, tes fleurs dans mes yeux. Tes berçantes grinçantes sur le fil des mémoires, la voix du loup dans la cour d'en arrière, l'ours à portée de rêve, tes nuits profondes sans questions. Je me souviens tes gens et leurs violons, et leurs accordéons, et la nostalgie de leurs harmonicas. Et puis tes mots d'anciennes résonnances, tes mains chaudes bûcheronnes, tes gestes élémentaires, ton air frais d'après pluie, ton air de rien qui disait tout. Je me souviens Québec. Et moi, enlevée, embarquée, conquise par ton pays de froid, ton pays de résistance, ton pays de lumière d'herbe. Je te parle de bien loin maintenant et je cherche des mots de souches séculaires, de racines premières, de pierres solidaires. Je remonte les accents de ma terre, j'emprunte l'absolu pour revoir ton St Laurent qui fait la mer, tes montagnes basses fardées de pastels gras, tes solides cordes de bois appuyées sur l'hiver. Je reconstruis ce temps de bonheur simple quand, sur ta galerie de planches enserrant la maison, tu me nommais si fort ! Ah Québec, ta trace rouge, indélébile sur mon âme.

 

Ile Eniger 

Publié dans Ile Eniger

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