Sur la laïcité

Publié le par la freniere

Je l'avoue incontinent: je suis athée. Le scientifique Laplace a dit là-dessus quelque chose de définitif. L'empereur Napoléon lui avait commandé une étude sur la science, étude que Laplace voulut bien faire. Il l'a remise à Napoléon qui, après l'avoir lue, lui a demandé: "Dieu n'occupe pas beaucoup de place dans votre étude." Et Laplace répondit: "Dieu est une hypothèse dont je n'ai pas besoin."

C'est à "cette hypothèse de Dieu" qu'on doit le pullulement des religions et le tort considérable que celles-ci ont fait de tout temps à l'humanité. Un monde de croyances qui ne tiennent pas debout toute seules, qui se réfugient dans les souvenirs historiques lointains afin de se justifier - et qui, par le fait même, sont les serre-freins les plus pitoyables qu'on ait inventé pour empêcher la femme et l'homme d'être des êtres de progrès (le progrès ayant ici le sens de vérité).

Le Québec étant par sa colonisation d'origine chrétienne, il a fallu lutter longtemps pour se débarrasser de ce satané Dieu, de cette putain de religion catholique et de ce fieffé clergé qui, en échange de sa collaboration avec l'envahisseur et le conquérant britanniques, ont obtenu des faveurs qui valaient autrement plus cher que les indulgences qu'on nous accordait. L'Église du Québec a toujours été du côté du colonisateur: elle a dénoncé les patriotes de 1837-1838, excommunié les intellectuels de gauche et tenu la masse dans une ignorance crasse tout en se payant tous les luxes, y compris celui de la luxure. Les enfants de Duplessis, ça vous dit -y quelque chose? Des bébés tout à fait sains qu'on enfermait dans nos asiles surpeuplés, parce que les bonnes sœurs étaient subventionnées par le gouvernement au nombre de "têtes de pipe" qu'elles hébergeaient et exploitaient. J'ai eu l'occasion de passer une semaine à l'asile de Saint-Jean-de-Dieu avant qu'il ne devienne l'Hôpital qui porte le même nom qu'un célèbre pont-tunnel: j'y ai vu notamment les chaînes et les entraves avec lesquelles on enchaînait les patients à leur table de travail - couture, reprisage, etc. J'y ai vu les champs qu'on leur faisait cultiver. Pour leur bien-être? Voyons donc! Parce que cela permettait aux bonnes sœurs d'engranger plein de foin, de devenir propriétaires d'industries (y compris celle des bananes, ô heureux hasard!)... millionnaires qu'elles sont devenues ces bonnes sœurs qui faisaient vœu de pauvreté, rien de moins!

Et l'éducation dont bons frères, bonnes sœurs, curaillons et curailleurs avaient le contrôle absolu! De la naissance à la mort, la citoyenne et le citoyen étaient régis par un ordre de pouvoir réactionnaire (les prêtres de la Contre-Réforme), ordre qui nous inculquait la pratique de la soumission, de l'obéissance et de la résignation - si fort cet ordre-là que nous le transportons encore dans nos gènes et dans notre inconscient collectif... sinon, il y aurait longtemps que l'indépendance, nous l'aurions faite!

Et ces abominables tarlats comme Jean Tremblay, le maire de Sa-guenay, voudraient qu'on revienne à cette monstruosité qu'est le christianisme? À ce fondamentalisme intégriste qui ne repose que sur l'absurdité?

Moi, je n'ai pas peur de mâcher mes mots: que le christianisme soit considéré comme faisant partie de notre patrimoine, je n'en ai rien à cirer! Je suis laïc, un point c'est tout. Pas de religion pantoute, ni dans l'espace public ni ailleurs. Presque toutes les guerres ont eu et ont toujours pour cause ces maudites religions, tolérantes, pas tolérantes, tolérables, pas tolérables... et cela sans qu'on n'y voit pas l'ombre de l'ombre de la queue d'une simple petite vérité en sortir! Ça me fait chier quand, après tous ses discours, Obama s'écrie: "God bless America!" Ou que les autres cons qui l'entourent disent: "Dieu a créé l'Amérique pour qu'elle gouverne le monde!" Ça me fait tout autant chier quand Yahvé, Allah, Vishnou s'époumonent au nom des mêmes prétentions... soi-disant spirituelles! Les peuples élus de Dieu, j'en ai plein le cul!

Et dire qu'au gouvernement, on a les couilles si molles et les tétons si flasques qu'on va encore nous passer un sapin: on a d'abord parlé d'une charte de la laïcité... et maintenant on nous promet une charte des valeurs! Plus moutons que ça, tu portes une moumoute frisée sur le long et sur le large!

Pour faire une longue histoire courte, donc et dong, je dis que le monde ne s'en porterait que mieux si on se débarrassait enfin de toute ces odeurs nauséabondes que véhiculent les religions. Peut-être se mettrait-on enfin à penser vraiment, non pas au nom de valeurs qui relèvent de la préhistoire, mais par-devers ce nouveau monde à inventer, qui exige de nous rien d'autre que l'élargissement de notre esprit... au nom de cette chose toute simple qui veut que l'avenir soit porteur, non pas d'un obscurantisme obsolète, mais... d'une plus grande vérité!

 

Victor-Levy Beaulieu


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