Théorie des orages

Publié le par la freniere

Nous volterons. Nous agonisons ourlés par les épines, gonflés par les vents de l’histoire, comme une paire tordue d’épingles à cheveux sur la céramique blanche, comme un domino délavé égaré sous la table du jardin, comme un duo éreinté, comme un couple qui dévisse.


Nous vaquons sous les nuages ventrus. Nous mourons les mains vides et l’âme lisse. Nos yeux plongent dans le sang des restants, dans la tête des perdus en terre, dans le coeur usé des pieux versets. Notre empreinte s’évapore au centre de la croisée impavide et nue.


Nous sommes sortis. Nous sommes loin. Nous sommes pulsés dans une titubante éternité, à la merci de l’oubli. Nous clignotons dans le brouillard soyeux.

 

Nous ne reviendrons jamais. La longue spirale de l’esprit caracole dans les cieux, comme une cataracte renversée.

 

Lucien Suel

 

Publié dans Poésie du monde

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L
<br /> C'est du Suel à son meilleur.<br />