Tout entier (France)

Publié le par la freniere

 

Je le tiens tout entier contre moi. Je le tiens tout entier dans mes bras. Il se rendort. Sa respiration sur mon épaule. C'est comme consoler un petit soleil. C'est comme tenir entre ses doigts la nuque tremblante d'un oiseau. Il tient contre mon torse. Sa tête sur mon épaule. Je suis sa couverture. Je chasse sa frayeur. J'ai encore ce pouvoir d'effrayer sa frayeur. J'ai encore ce pouvoir de le tenir tout entier dans mes bras. Un jour je ne pourrai plus. Il sera alors irrémédiablement seul. Connaîtra le froid, le vrai, celui de l'intérieur. Le noir dedans son coeur. Pour l'instant, je le tiens serré contre moi. J'ai mal au dos et à la nuque. Mon bras gauche est ankylosé. Je n'ai mal nulle part. J'ai le pouvoir de le consoler. Je ne connais pas de plus grand pouvoir.

 

Thomas Vinau

 


Publié dans Poésie du monde

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