Tout s'achète

Publié le par la freniere

Quand les murs sont vivants

les hommes sont en cage,

la sueur mise en gage.

Un ciel sans soleil a congédié la pluie.

Les arcs-en-ciel se terrent dans le fond des bouteilles.

La lie du désespoir leur sert de couleurs.

Le monde paie ses factures sans soigner ses fractures.

Les banques saignent l’espoir au profit de la mort.

Les enfants des banlieues braquent le désespoir

pour s’injecter du rêve.

À la Bourse des viandes le cours de la vie baisse.

Tout s’achète et se vend.

On ne donne que le sida, le cancer et la faim.

Les tiroirs caisses enterrent le chant des coloquintes.

Dans le ciel des hommes

les affiches des stars remplacent les étoiles.

Les oiseaux naissent avec du plomb dans l’aile.

De l’opéra des pauvres à la cour des miracles

les clowns grincent des dents.

Le monde sent l’essence et l’argent mal blanchi.

Laissant les vieux dans les mouroirs

et les enfants dans les couloirs

on ne verse plus de larmes qu’aux cimetières d’autos.

Il n’y a plus d’endroit

où la vie soit la vie,

où la mort soit la mort.

Tout s’achète et se vend,

même les mots et les couleurs,

même les hommes et la douleur,

les passions, les amours

et la chair des enfants.

 

(…)

Publié dans Poésie

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