Tu es si belle

Publié le par la freniere

Tu es si belle. Dès que je t’aperçois, le rictus du cœur se transforme en sourire. Laisse luire ton soleil sur mes épaules de pluie. Tes secondes affolées nourrissent mes semaines. Chaque heure a ton visage. J’écris ton nom et je t’embrasse. Je l’écris sur des bouts de papier que je sème à tous vents. Je te touche là où la terre et le ciel s’unissent. Je te regarde de toute mon âme, la peau tendue comme une prunelle. Notre amour est plus fort que tout. Aujourd’hui, j’ai fait du canot. Chaque coup d'aviron sur le lac te disait je t'aime.

        

Viens te perdre dans ma vie, te retrouver en moi. Viens me faire une voix dans le silence du néant, me retrouver dans un monde de caresses. À l’attention de nous, à la tension de l’arc, je te fais la tendresse comme on se fait l’amour. Je te fais la caresse comme on redresse un arbre. Je t’aime. Je te le dis avec le vent, les herbes, les nuages. Je voudrais te le dire avec toute ma voix arrachée de la boue. Ta vie éveille en moi le désir de vivre. Même tes robes, tes colliers, tes souliers ont quelque chose d’infini. Tu les portes si bien, comme une rosée sur une rose, une couleur d’arc-en-ciel sur la ligne d’horizon. 

        

Loin des yeux mais si près de mes lèvres, tu vis à l’autre bout du monde mais à proximité du cœur. J’entends ton souffle qui soulève la paupière du rêve. Recréant chaque souffle je voyage vers toi. Je ne dors plus du sommeil des hommes. Je veille dans ton rêve. On n’aime jamais trop. Peu importe la distance et l'environnement, l'osmose est possible. C'est la toute la beauté et la difficulté d'aimer. Je t’écris avec mes doigts loin du clavier, mes mots devenus chair, mes doigts serrés en main pour t’enlever, te caresser, te porter, mon cœur au bout des phrases, ta voix dans mes oreilles, ma vie près de la tienne.

 

Parmi la mue des choses, tu es là à me tendre la vie. C'est à toi que je parle quand j'écoute les oiseaux. C'est toi que je regarde quand je touche l'eau du lac. C'est vers toi que je monte quand j'escalade la montagne. Peu importe ce que je fais, je passe toutes mes heures à t'aimer. Lorsque j'écris en braille, tu viens me lire avec ta langue. Tu multiplies tes doigts sur ma chair en papier. Le poil de mes mots se dresse au milieu des caresses.

 

 Je t’en fais des caresses, des vagues de baisers, des farandoles de calins. Je suis complètement avec toi à partager ton bonheur. Ton ventre chaud contre mon dos, je respire plus large. Je ne porte plus à terre. Je t’emporte avec moi. Nos jambes sont des ailes. Quand je te vois avec l’oreille, tu ressembles à du Bach. Nos voix se mêlent au-delà des mots. Nos mains se touchent au-delà des gestes. Notre âme s’agrandit jusqu’à l’éternité.

 

Les heures qu’on se trouve effacent les jours perdus. J’avance parmi les fleurs qui jalousent ta vie. Je ne pense qu’à toi. L’énergie de chaque plante me ramène à toi. Je ne suis jamais seul. Au centre de l’absence, il y a toujours ta présence. Je ne veux plus aller nulle part ailleurs qu’à toi. Mes jours ont l’odeur de tes mots. Mes joues ont la saveur de tes lèvres. Mes joies ont la couleur de tes yeux. Lorsque je n’avais rien, tu as peuplé ma vie de trésors invisibles.

 

Je touche la peau d’une rivière sur la fraîcheur de tes hanches, la chaleur du soleil dans la caresse de tes bras. J’atteins le monde sur ta bouche, l’horizon tout entier, le même ciel qui brille pour la loutre et l’enfant, la montagne et la mer. Tu me parles de si près que je vis au plus haut. Je n’ai jamais autant aimé. J’ai vécu pour aboutir à toi. Ta présence est une immense paupière ouvrant sur la lumière. Elle est cette lumière que je rêvais d’atteindre. Celui qui marche dans mes jambes n’attendait que ta route.

 

J’attends tout de toi. J’entends tout de toi, le frémissement des lèvres, la douceur de la peau, la chaleur des mains, l’acuité du regard, le frôlement des pas sur le plancher des mots. Tu m’as fait croire à l’infini et il devient vivant sous tes caresses. Je t’aime en vrai, plus vrai que vrai. Je t’aime en chair. Je t’aime en vie.

Publié dans Prose

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