Victo et moi

Publié le par la freniere

Je ne sais pas trop à qui j'écris. Et c'est d'autant plus beau et vertigineux.

Car écrire est un acte de foi. Et la foi, en 2011, n'est plus, comment dirais-je, très sexy.

Pour écrire, il faut y croire. Sinon les mots s'estompent avant même d'être couchés sur papier.

Et j'y crois, moi, à Victo. J'espère qu'on appellera ma ville ainsi encore longtemps.

Parce que Victo, c'est un surnom affectueux. Pour les intimes et les visiteurs chaleureux.

 

Je n'habite plus Victo, mais je saisis avec joie

toutes les occasions qui me sont offertes d'y revenir m'épanouir.

Parce que j'y ai grandi, que les fondements de ce que je suis y sont, y demeurent.

À commencer par ces gens qui y gravitent, et qui m'ont inspiré plus souvent qu'à leur tour.

Ces gens au coeur grand qui vous sourient de toutes leurs dents de bois francs.

Ces gens de petits miracles et de communauté tissée serré.

Une belle poutine d'humanité!

 

Quand je pense à Victo, c'est à eux que je pense,

et aux endroits qu'ils colorent d'eux-mêmes,

aux organisations et événements auxquels ils donnent vie:

le Mont Arthabaska, la Place Rita-St-Pierre,

les Fêtes Victoriennes, la Télé communautaire,

le Shad, la LIVE, la Nouvelle Union, la Troupe Quapla,

la Grange Fleury, le Choeur Daveluy, la Fromagerie Victoria,

Le tandem, Le boisé, les P'tits coeurs, le Laurier (le musée et le ciné),

le Cégep, les festivals, le Réservoir, la piste cyclable,

l'Expo et le Ciné-Plus, le tout nappé de sirop d'érable.

 

Victo, pour moi, c'est mon grand-père spirituel, Claude Lamy.

Les irrésistibles Alain M. Bergeron et Isabelle Voyer et Christian Guillemette et Jean Marcotte.

Les dévoués, ma feue marraine Ginette Genois et feu l'abbé Raymond Roy et feu Marylène Hains.

Les passionnés Julie Morin et Geneviève Labbé et Gilles Labrosse et Richard Gamache.

Les lumineux pédagogues Katlyne Lefebvre et Diane Girard et Richard Leroux et Manon Fortier.

Les rassembleurs Jocelyne Lévis et Lyne Dusseault et Paulette Rancourt et Martin Ouellette.

 Les engagés Ghislaine Tourigny et Bill Ninacs et Martin Yelle et Gaëtane Carignan-Guerra.

Les battants Thérèse Houle et Jonathan Rioux et Denis Hébert et Anne Beaumier.

Les indispensables clans Pellerin, Lainesse, Rancourt, Mercier, Girard, Verville et autres ports d'attache.

Les amis d'hier et d'aujourd'hui, les Gautier, Kéven, Mélissa, Dominique, Guillaume, Jessica, Marielle...

Les talentueux troubadours et « éveilleurs » de conscience du Théâtre Parminou.

Et tous ces autres semeurs d'espoir qui en récoltent des fruits bien mûrs et juteux.

Je regrette de ne pas pouvoir tous les nommer; il me faudrait 150 ans et des poussières.

 

Et puis il y a les piliers, mon frère Manuel, papa Jean et maman Sylvie...

Qui tous trois m'ont pavé la voie, en douceur, le coeur à découvert.

 

À l'heure où j'écris cette lettre, ma mère vient de quitter la région,

après 30 années d'une vie dédiée à la coopération internationale.

Récemment, elle me confiait se sentir « émigrante dans son propre pays. »

Il y a dans ces mots tout simples, mais porteurs de sens, tout l'amour que maman

portait et porte encore pour sa ville, son coin de terre, son havre de paix.

 Amour que les miens ont su me transmettre.

Moi qui suis toujours fier de dire d'où je viens.

 

J'espère fortement qu'à l'heure où vous lirez cette lettre,

il y aura encore des milliers de Québécois et de Centricois

qui sauront trouver en Victo leur petit coin de paradis...

Histoire de rendre hommage à tous ces gens ci-haut nommés et

de préserver la mémoire de tous les bâtisseurs des premières années.

Qui ont fait de Victo cet heureux carrefour

d'artisans de la solidarité et de doux patenteux!

On se revoit au 200e, à Terre-des-Jeunes?

Merci d'être là. Merci de croire.

J'ai foi en toi, ma belle Victo.

 

Nicolas Gendron

Publié dans Poésie du monde

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