Vendredi 3 juillet 2009

Je ne suis pas la parenthèse qu'on referme mais le point de suspension. Je ne suis pas le nom mais le verbe. Je ne suis pas le verbe avoir. Je suis le verbe être, le verbe aimer. Je me conjugue à tous les temps. Je vois les morts à l'intérieur des yeux faire le décompte des larmes, les fleurs se faner dans la bouche s'affole dans les colonnes de chiffres et se bute au silence. Les voyelles qui dansent s'opposent aux parenthèses. Les lignes de cœur s'agitent comme les doigts de la main. Les petits mots tirent les jupes de la phrase. Les vieux mots s'enlisent entre les lignes et déplacent les tombes.


La langue des affaires ne sait pas chanter. Elle pèse une tonne. Je dois ramasser les larmes sur sa route. J'en fais du feu pour éclairer la nuit, régler mes comptes avec le froid. La

des enfants, les rides sur le cœur. Toute une foule pliée entre deux pages monte à l'assaut des mots. Le feu brûle parmi les alphabets. Le mot rêve route avance en écartant ses pieds. Chaque pas est un abîme. On abat la forêt sans remplacer les arbres. La terre vieillit d'une ride à chaque branche qui manque.  La sève court sous l'écorce sans rattraper le temps. On a fermé l'école des bourgeons, asséché le mot pluie, plié la mer dans un caillou. La fleur devient épine sous les doigts qui l'étranglent. La terre devient soif pour ceux qui veulent la vendre. Ce ne sont pas les mots qui savent mais les plantes, l'herbe bleue des nuages, le tablier des arbres rempli d'aube et de noix, la terre avec ses jambes arquées, l'alphabet des cerises.


Si j'ai de quoi rêver, le pain manque toujours. Les mots claquent des dents sur une corde de papier. Les images font craquer les planches du regard. J'échange un pain pour un crayon, une chaise pour un mot. Quand les assis s'attablent pour manger du voisin, je dois rester debout, un poème à la bouche. Il n'y a pas d'éternité mais l'espérance y croit. Il n'y a pas d'amour et pourtant nous aimons. L'existence des caresses permet d'aimer la vie. Le cimetière est un lieu de passage. De tombe en tombe, les oiseaux imitent les défunts. La terre s'écrit dans le désordre. La pluie se raconte à l'envers, de la jonquille au cumulus. Le vent se lit dans un froissement d'étoffes. Des cœurs fondent à la vue d'une fleur. Des murs tombent dans l'étreinte. Des prisons s'ouvrent avec la clef des champs. Des phrases enjambent les barbelés. Les philosophes et les enfants écrivent la même phrase. Un bébé pleure dans le berceau des lettres. Tout m'est bon pour écrire, une goutte de pluie, de la pierre, du lait. La pâte lève sur la page, faisant de petits pains de la grosseur d'un mot.


L'automne chevauche en amazone la croupe des érables. Toute la forêt hennit au passage du vent. Bientôt la neige effacera la terre. Les pas des animaux devront la réécrire. Il faut fermer les yeux pour lire le soleil, l'éditorial des racines, la page des décès. Appuyé sur un arbre, je dors debout comme un crayon. Je me réveille en allumette. Le berceau rejoint la tombe sous l'écorce des arbres. En regard de mes rides, la parole s'agite comme un hochet d'enfant. Mes images posent leurs lacets au pied de chaque chose. Sous les paupières du temps, la lumière reste jeune et s'amuse d'un rien. Chaque langue qui bouge est une femme en travail. Les mots naissent et renaissent. Même chaussé de racines, l'arbre n'empêche pas le voyage du vent. Un long fleuve d'oiseaux lui parle de la mer. J'écris avec le doigt du temps sur le sable des jours. La musique s'arpège sur le boulier du bruit.


Dans un jardin de pierres, les fleurs font de l'ombre. Si les choses ont une âme, les hommes en ont plusieurs qui ne s'accordent pas. Quand l'une fait de l'ombre, l'argent et les fusils font taire la bonté. Les banques et les églises raccourcissent la terre. Les dernières colombes se cachent pour voler. Je ne tiens pas debout sans souvenirs d'enfance. Ma patrie c'est ma mère pleurant dans le silence ou riant sur la plage. Ma patrie c'est la langue qu'elle m'apprit à parler. Je suis venu ici retrouver les oiseaux et caresser la pierre. Je suis venu ici faire chanter l'écorce.


Quand on vend l'eau qui est à tous, la source devient soif. Des hommes sont venus arpenter l'espérance. Je ne veux pas de leurs moulins à vent qui blessent le silence, de leurs mouchoirs pleins de sang sur une corde à linge. Tous les drapeaux sont des suaires. Sous le béton armé et les sources taries, je mêle ma salive à la souffrance de l'herbe. Le mot bonheur attend sa mère dans une phrase invisible. Le mot frère tend les bras. Le mot amour se perd dans les conjugaisons. La vérité ôte son masque dans les yeux des enfants. Je sais que la bonté existe encore mais elle se cache pour survivre.

 


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Dimanche 28 juin 2009

Ces mots que je voudrais liés aux lèvres éternelles, ce sont de simples mots, des mots de pain d'épice, des mots de peine et de misère, des mots de peur et de bonheur, des mots de contrebande. Ce ne sont pas des mots dociles. Ils tirent à hue et à dia, les quatre fers en l'air, au diable vauvert, aux quatre horizons. C'est un lexique des abîmes, la grammaire du soleil. Ils soufflent tout le jour et murmurent la nuit. Ils souffrent ou s'extasient de leurs propres consonnes. Ils font la tête ou la nouba, ils font la fête ou le malheur. Ils en font à leur tête. Ils pensent quelquefois. Ils pansent les blessures laissées par le silence.


Sur la page endormie quelques fagots éparpillés, des pas de grive ou d'hirondelle, des mots emmitouflés dans une odeur d'haleine. Plaisir de pauvre. Plaisir des mots. Des images aux bras courts, des phrases au nez trop long, aux mains pleines, aux pieds plats. Une lune apparaît sans même qu'on la dessine, ou le soleil, une buée d'argent, un vrai visage sous la courbe des lettres, une barque dans l'encre. On peut ouvrir des brèches dans le flanc des montagnes, naître et mourir, faire des gestes d'homme, libérer la princesse, embrasser le crapaud, cracher sur un banquier, mordre les chiens galeux. Plaisir de pauvre. Les arbres s'époumonent dans une forêt sans hache. Les chasseurs troquent leurs fusils pour la main d'une femme, la queue d'une comète, un ourson de peluche. Plaisir d'enfant.


On est hier ou bien demain, et c'est l'été en plein hiver. Les feuilles remontent aux arbres. La pluie tombe à l'envers. Les i ôtent leur tuque et les phrases leur point. De la timide beauté à l'horreur sans nom chacun porte ses mots comme une peau vivante. Les oiseaux zézaient. Les bretelles pendouillent. Les andouilles pendouillent. Les pierres s'interrogent. Les arbres portent à bout de bras des virgules en fleurs. Au crayon de cire ou à la mine, à l'encre sur la page, chaque mot vient de loin et cherche ses habits. Plaisir d'enfant. Plaisir de vieux. Les mots se vêtent ou se dévêtent pour les mêmes raisons. Plaisir de femme. Mémoire des amours. Palimpseste des rêves. Le même oiseau renaît d'une page à l'autre. Il y a des mots qui font des œufs. Des mots neufs, des mots vieux. Plaisir de chiffonnier, d'éboueur, d'acrobate. Tous les mots se répondent d'un bout du monde à l'autre. Peu importe la langue. Plaisir du voyage.


Il y a des mots de terre qu'on lèche avec la langue. Plaisir de chien. Plaisir d'oiseau. Des mots de ciel avec leurs nuages un peu sales. Des mots d'arbres et d'écorce. Plaisir des insectes. Des mots de moleskine qu'on écrit sur la nappe. Des mots de bakélite qu'on hurle au téléphone. Des mots pleins de cambouis qui tachent les oreilles. Des mots Lagerfield pour les snobs, des mots de guenillous. Il y a des pages déchirées par un cri, des phrases en lambeaux, des mots blessés, des mots blessants. Plaisir cruel. Il y a des pages toujours ouvertes comme des maisons qui nous accueillent avec un feu qui brûle, une chambre d'ami. Des mots qui nous attendent pour éclore, des noms de fleurs, des mots d'enfants.


Il y a des mots de cicatrices, de tatouages, de balafres. Des mots qui passent sans laisser de sillage. Plaisir marin. Des mots sans ordre, sans culotte. Des mots sans prix. Des mots de rien. Des mots d'un sou. Plaisir de pauvre, de tirelire, de tire-laine. Des mots qui font de la musique sans connaître une seule note. Les lèvres jouent les mots. Le cœur bat la mesure. Les doigts sur le crayon trouvent les trous de flûte. Plaisir de mélomane. Des mots qui jazzent, des mots qui jasent. Des mots qui dessinent, des mots qui saignent et font pleurer. Des mots pour rire. Des mots pour rien. Plaisir de pitre. Motus et bouche cousue. Des mots d'esprit. Des mots d'espoir. On peut coudre un navire sur le pourpoint d'un fleuve. On peut tout faire avec des mots. Manger des pommes. Cuire un agneau. Plaisir gourmand. Des mots comme le plaisir et la naissance. Le vent tourne les pages et lit plus vite que nous. Un lecteur invisible nous pousse dans le dos. Le silence au cœur de l'arbre, l'enfant au ventre de la mère, le mort au centre du tombeau, trouvent leurs mots sur le papier.



 

in Parce que, Éditions Chemins de plume

 


 

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Lundi 15 juin 2009

Dans le vieux cœur du monde où l'aorte s'ébrèche, parmi l'envahissement des choses, l'encombrement du mal, la maigreur des blés, la peau des portefeuilles plus morte que la mort, la vie est contrefaite de promesses éthyliques. Sur la planète infirme, l'hérésie des affaires décime les forêts. L'atroce comédie humaine ne fait plus rire les oiseaux lorsque leurs œufs pourrissent dans les nids. La lumière s'étiole à nourrir les ténèbres. On ira jusqu'à vendre le cristal des larmes. Dans le grand corps du monde, l'éventail du cœur a replié ses veines. Le sang coule à rebours dans les blessures d'enfance. Ayant brisé leurs ailes, on relègue les anges au marché des otages. Les microbes de l'homme infectent la rosée. Les mendiants d'amour s'emprisonnent à l'écran. Tachée de quolibets, reléguée hors du temps, la tête du bonheur a mis son chapeau d'âne. La neige étouffe sous le cambouis. Les plectrophanes meurent dans la maison du souffle. L'espoir n'est plus qu'un mince filet d'eau. Est-il encore des lieux où les fleurs écarquillent les yeux, où les collines bombent le torse, où la chair végétale redresse son échine, où les enfants s'adonnent au vertige de vivre ? J'ai titubé longtemps au bord des fausses routes sans perdre l'innocence. Une brindille d'espoir, quelques cailloux de rêve, des souvenirs d'enfance, quelques noix, quelques fleurs, une goutte de rosée, je cache mon trésor sous les haillons des mots. Armé d'un seul crayon, du fracas des pétales contre le bruit du monde, j'avance dans la nuit. Les marques des blessures éclairent mon voyage.


L'ombre examine les trous que le soleil ne voit pas, confondant l'homme à ses limites, l'espace avec le temps. Quand l'homme ouvre son cœur, les portes sont trop petites et les chemins trop courts. Quand il se vend, l'espoir s'anémie à la mesure d'un salaire. Ses pas sur le compteur se calculent en chimères. Le jour s'éteint au bout des doigts. Ses mains sur les manettes emprisonnent leurs gestes. Son âme se perd dans la monnaie et ne tinte plus qu'au fond des poches. Les patrons veillent et distribuent la haine en petites coupures. Même quand nos fronts heurtent le ciel, une ombre enserre nos racines. J'ai fait mes premiers pas hors des sentiers battus. Je continue ma route sans savoir où je vais mais où je ne vais pas. Quand ma besace est vide, je la remplis d'azur. Quand mon cœur est blessé, je le remplis d'amour. Je m'appuie sur le ciel pour ne pas trébucher.


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Lundi 15 juin 2009

Les arbres morts nourrissent le ventre de l'humus. Les fleurs d'un charnier transfigurent la mort. Chaque jour est sacré. Chaque matin, j'écoute la prière des oiseaux dans l'église de l'air, la messe des cigales, la communion des bêtes sur le bord d'un ruisseau, le tintement des épines dans le silence d'un bosquet. Je vis constamment dans le prolongement du paysage. Comme un oiseau prieur, je prends du bec d'un stylo un fragment de l'espace, un ersatz d'éternité. Lorsque je marche dans les bois, le craquement des écorces, le crissement des insectes, le vent sur les fougères, je les entends aussi bien dans mon corps qu'à l'extérieur de moi. Avec le temps, le passé précède ce qui sert de présent. Chaque geste posé entraîne le mouvement. Nous sommes tous aimantés au même cœur commun. J'ai souvenir de l'eau, de la terre et du vent. Le goût des pommes volées m'est resté sur la langue, le son de l'absolu qui se mêle au néant, les bactéries du rêve dans les moisissures du réel. Je ne grimpe plus aux arbres mais je suis resté les mains accrochées aux nuages. J'écoute la forêt me raconter les arbres. La sève change d'un fruit à l'autre. J'écris du côté végétal des mots. Pas de courrier depuis 2 jours. Des petites fées des bois squattent ma boite aux lettres. Les souliers de la mort sont restés sur le seuil. C'est à peine si ses pas réveillent le silence. L'arbre mort est en fleurs. Il a suffi d'une pluie et d'un peu de soleil. Entre les lignes d'un poème, le pas des bêtes se mêle à l'ensemble verbal. Il arrive qu'un tréma me sépare de tous mais une simple virgule me relie aux étoiles.

 


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Vendredi 12 juin 2009

Seul ton regard sait lire sous les ratures de mon corps. En te voyant, mes yeux ébauchent une caresse. Le mot tendresse nous éclaire. Ma main reste enserrée dans la tienne. L'autre caresse ta nuque, tes épaules, tes seins. Elle façonne le plaisir sur ta chair en éveil. Il n'y a pas de mots mais ma langue qui te pénètre. Dans la géographie du monde, il ne m'est qu'une route. Elle me ramène à toi. Elle m'emporte vers le ciel. Une musique naît dans l'émotion d'être avec toi. Ce qui manque à la vie, c'est toi qui me l'apporte. Je ne suis plus infirme. Mes mots retrouvent tous leurs sens. Le mot pain a ta bouche, le mot cœur ta voix, le mot présence ta chaleur. Le mot amour a ton nom, le mot bonheur ton sourire. Tous tes mots sont pour moi une part d'absolu.

           

J'avance vers le jour une main sur ta hanche. Mon autre main est un oiseau parcourant tes cheveux. Plus tard, elles arracheront les ronces qui griffent tes genoux. Elles traceront la route à travers les broussailles. Elles te feront des vagues, des câlins, des caresses, ces petites choses qui agrandissent l'homme. Elles te feront l'amour, la tendresse, la vie. Jamais les mots n'épuiseront ce que nous sommes. Je t'écrirai toujours. Le temps où nous sommes ensemble ne dit plus que la vie. Ta voix a la douceur du corps. Elle fait bouger mes doigts. Mon ombre sur le mur imagine la tienne.

           

Tu places et déplaces les meubles dans la chambre du cœur. C'est une pièce toujours neuve. Je vis à travers toi la naissance du monde. Le temps n'a plus le temps de compter les secondes, les semaines, les siècles. L'amour ne connaît pas d'hier ni de demain. Il prend toute la place. Tout devient pur et beau. Tout parle sans que rien ne soit dit. La vie remplit toute la pièce. Ton corps est une phrase où je conjugue ma parole. J'ai rejeté les gestes qui m'enchaînent au dehors pour rester avec toi. Le soleil se lève. L'horizon te ressemble. Avec ta main dans la mienne, chaque geste est une route.

           

Sous l'archet de mes doigts, ton corps devient musique. Ses cordes vibrent sur ma peau.
Les cuivres éclatent parmi les violons. Nous frissonnons ensemble d'un orgasme cosmique. Chaque seconde entrouvre son pistil sur la tige du temps. L'espace écarte ses pétales. La langue goûte l'infini. L'ange en nous se fait chair et se donne à la vie. Nos gestes communient l'un l'autre sur l'hostie de la peau. Tu es plus belle à chaque jour. Ma pensée est pleine de ton visage. Je tourne autour de toi. J'enserre ce que j'aime. Je te tiens par les hanches. À travers toi, je vibre à l'univers. Je veux ce que tu cherches. Je veux tout. Je veux toi, du plus simple au plus beau, de l'origine à l'infini. J'habite dans tes rêves, un même lieu, au même moment. Même venu, même là, notre amour est encore à venir. L'inachèvement de l'âme ouvre toutes les portes. Notre fidélité nous sert d'avenir. Ce qui a choisi d'être, par toi, peut devenir.

           

Tu me remplis de toi. Tu pousses partout comme de l'herbe folle, dans le vide de mon corps, le creux de mon ventre, les trous de mes oreilles, le paysage de mes yeux, l'empan de mes bras, l'écart de mes jambes, le monde des caresses disséminées partout. Mon bras est allongé vers toi. Sa main sourit de toutes ses veines, les doigts en accroche-cœur. Les ailes de ma voix s'animent à ton approche. J'ai la peau toute pleine sous tes doigts. Les os de ma parole se découvrent une chair. Nous ne sommes plus qu'un. Chacun de nous dans l'autre s'appartient.


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D'un mot l'autre

Parutions

à paraître en novembre 2009:

Un feu me hante, Les Éditions Art Le Sabord, Trois-Rivières
avec des illustrations de Lino



Aux éditions Chemins de plume:

L'Autre versant, 2006




















Parce que, 2007












Manquablement, 2009














pour commander:

au Québec:

Jean- Marc La Frenière – 344 rang 6 Saint-Ferdinand Québec G0N1N0

en France:

Ed.Chemins de Plume 156, Corniche des Oliviers-V 30 - 06000 Nice

 

autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

Scribulations 0-1, collectif, Éditions La Madolière, 2008

Scribulations 0-1, collectif, Éditions La Madolière, 2009

 

 

 

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