Jeudi 2 juillet 2009

 

J'ai les yeux pleins d'abeilles
à regarder les fleurs
mais la ruche est minée
comme les déserts du monde.

Comment nommer les arbres
ou boire l'eau du ciel
quand les grains de l'espoir
se déplantent à mesure ?
Derrière le décor
des ombres nous font signe
et s'apprêtent à sauter.

On n'arrose plus d'amour
le cœur en pot
et les baisers s'étiolent
sous la poussière des choses.
Les yeux des poupées pleurent
sans savoir pourquoi.

Une maison de rires
laisse battre sa porte
comme une pluie glacée.
Il y a des crocs sous la caresse,
des gestes dont les poings
se terminent en fusil,
des enfants morts de peur,
de la poussière d'amiante
sur les cils des faons.

Dans l'abondance des choses
c'est la rareté qui manque.
Le trop plein n'est qu'un vide
où s'évapore l'âme.

À la lueur des balles
dans l'horizon qui meurt
j'écris en lettres verticales
les derniers mots d'amour.


septembre 2004

 

 

Par la freniere - Publié dans : Poésie
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Lundi 22 juin 2009


Laissez-moi seul avec les pierres

qui ne demandent rien,

les fleurs sur les tombes

qui ne quémandent plus.


On marche toujours

un pas dans la lumière,

l'autre dans l'ombre,

un oeil qui voit,

l'autre qui pleure.

On donne la main

pour la reprendre,

la parole pour se taire.


L'aveugle voit les roses

avec l'odeur et les épines.

On ne lui offre plus

que des fleurs en papier.


Le désespoir reste à l'affût

des oiseaux du malheur,

du cri des herbes qu'on piétine,

le désarroi des outardes

qui ont perdu le nord,

le rictus des poissons

la gueule sur l'hameçon,

la blessure des doigts

sous le marteau du boss,

du vent qui nous caresse

avec une main d'épines.


Je bute sur les portes

dans la maison des hommes

mais je reste à l'écoute

du moindre signe de vie.

J'écris avec l'espoir

comme un oiseau bâtit son nid

sur un arbre blessé.

J'écris avec la page

qu'on arrache d'un livre

pour rallumer le feu.


Le naufrage des vagues

porte déjà la plage.

Le moindre pas dans le désert

a le sourire de l'eau.


septembre 2002


 

 

 

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Samedi 20 juin 2009

 

Je ne vois rien dans le miroir,

c'est dans tes yeux que je me vois.

Ma femme ma femme mon amour,

on s'aime encore à soixante-ans,

à quatre-vingt comme à vingt ans.

On peut s'aimer à tout âge

encore mieux que la première fois.

Quand le soleil se lève

il se lève pour toi.

Quand la lune se couche

elle se couche pour toi.

Tu es mon infini, ma femme,

mon ultime demeure.

Tu ne reprises pas mon linge

mais tu révises mes poèmes.

Le jour commence quand tu te lèves.

L'infini veille quand tu rêves.

Par toi j'habite l'impossible.

De l'hiver à l'été, de l'automne au printemps,

toutes les saisons te font lumière

et me font voir plus loin que tout.

Ma femme ma femme mon amour,

quand on est l'un dans l'autre

tout l'univers prend son sens.

Quand on s'aime, quand on sait,

nous nous faisons la vie,

nous nous faisons l'amour,

nous nous faisons l'éternité.

 


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Vendredi 12 juin 2009


Le cœur n'est pas à vendre.

La femme n'est pas une marchandise.

Les rivières n'appartiennent à personne.

Chaque jour il faut réapprendre à marcher

avec des pas d'enfant,

prendre le monde à bras-le-corps

avec nos mains coupées,

tourner la page des blessures

entre la langue et la misère,

repeindre l'ombre de nos rêves,

enjamber l'horizon sur des échasses de verre,

semer des cailloux blancs d'une caresse à l'autre,

remailler l'espérance au fil du désir,

recoudre à l'eau d'érable les haillons du pays,

réparer l'âme du monde et le moteur du temps,

mesurer l'avenir à l'empan des révoltes.

L'homme n'a pas de prix

quand il donne son cœur.

 


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Samedi 9 mai 2009

Le Québec

c'est Miron portant le souffle du pays dans son harmonica

c'est Gauvreau s'inventant une langue

c'est Tremblay faisant parler le peuple

c'est Duguay faisant chanter Marlo

c'est Vanier cherchant l'or du sang

c'est Gagné rafistolant le monde collage par collage

c'est Gilles Groulx image par image

c'est Veilleux et ses machines folles

c'est Ronfard faisant boiter le roi

c'est Perron trouvant dans la ruelle un décor de théâtre

c'est Hénault avec ses sémaphores et ses signaux de fumée

c'est le blues clair de Straram qui se prend pour un Sioux

c'est Perrault chouennant la suite du monde

c'est la tendresse de Godin ses cantouques et ses sacres

c'est Beaulieu c'est Vignault c'est Lalonde

c'est Garneau et son bécique de brume

c'est Garcia dans la neige et l'asile

c'est Desbiens c'est Daoust c'est Cohen

c'est Langevin dansant sur les abîmes

c'est Lapointe humanisant le fleuve

c'est Lussier et ses turlutes à cordes

c'est Madore des guitares aux pinceaux

c'est Guilbault de Riel à Mingus

c'est Pélo Riopelle et Pellan

c'est Giguère dessinant sur les mots

c'est Leclerc et ses pieds nus dans l'aube

(...)

 

Il s'agit de Gaston Miron (poète, éditeur), Claude Gauvreau (poète, dramaturge), Michel Tremblay (dramaturge, romancier), Raoul Duguay (poète, musicien, chanteur), Denis Vanier (poète), Jean Gagné (cinéaste), Gilles Groulx (cinéaste), Florent Veilleux, (patenteux, pataphysicien), Jean-Pierre Ronfard (comédien, metteur en scène, dramaturge), Germain Perron (scénographe, peintre), Gilles Hénault (poète), Patrick Straram (critique), Pierre Perreancier, dramaturge, éditeur), Gilles Vignault (poète, conteur, musicien, chanteur), Michel Garneau (poète, dramaturge, homme de radio), Juan Garcia (poète), Patrice Desbiens (poète), Jean-Paul Daoust (poèrte, dandy), Léonard Cohen (poète, romancier, musicien, chanteur), Gilbert Langevin (poète, musicien, chanteur), Gatien Lapointe (poète, pédagogue), René Lussier (guitariste, compositeur), Michel Madore (ancien musicien devenu peintre), Guilbeault (contrebassiste de jazz, compositeur), Claude Peloquin (poète, performeur), Roland Giguère (peintre, graphiste, imprimeur, poète, éditeur), Félix Leclerc (poète, romancier, dramaturge, auteur-compositeur-interprète).


 


 

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D'un mot l'autre

Parutions

à paraître en novembre 2009:

Un feu me hante, Les Éditions Art Le Sabord, Trois-Rivières
avec des illustrations de Lino



Aux éditions Chemins de plume:

L'Autre versant, 2006




















Parce que, 2007












Manquablement, 2009














pour commander:

au Québec:

Jean- Marc La Frenière – 344 rang 6 Saint-Ferdinand Québec G0N1N0

en France:

Ed.Chemins de Plume 156, Corniche des Oliviers-V 30 - 06000 Nice

 

autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

Scribulations 0-1, collectif, Éditions La Madolière, 2008

Scribulations 0-1, collectif, Éditions La Madolière, 2009

 

 

 

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