Mercredi 19 septembre 2007

Je cherche du bout des doigts,

des orteils et des yeux

la faille ou la lézarde,

la petite bête du cœur

laissée pour morte

sur le trottoir

avec dans son poil

des caresses inutiles.

Je cherche dans la rue

ce qui reste de vie

dans les souliers percés,

les gants sans main

une robe qui bat

et déshabille l’ombre.

Je cherche entre les choses

ce qui reste de rêve

dans les valises mortes

et les âmes en consigne.

Je cherche le chemin.

 
(…)
 
par la freniere publié dans : Chienne de vie
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Mercredi 8 août 2007

Je n’ai pas honte des gens que je fréquente
qu’ils soient prophètes ou mécréant,

bandits ou imbéciles,

poètes ou vidangeurs,

trafiquants de rêve ou paresseux

mais j’ai honte pour l’homme

quand il se fait banquier,

flic, homme d’affaires ou bourreau,

avocat de la poursuite,

comptable du silence

ou notaire du cœur.

Je n’ai pas honte d’être pauvre
mais j’aurais peur d’être riche
sur le dos des enfants.
par la freniere publié dans : Chienne de vie
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Mercredi 13 juin 2007

Laissez-moi seul avec les pierres

qui ne demandent rien,
les fleurs sur les tombes
qui ne quémandent plus.
 
On marche toujours
un pas dans la lumière,
l'autre dans l'ombre,
un oeil qui voit,
l'autre qui pleure.

On donne la main pour la reprendre

et la parole pour se taire.
 
L'aveugle voit les roses
avec l'odeur et les épines.
On ne lui offre plus
que des fleurs en papier.
 

Le désespoir reste à l'affût

des oiseaux du malheur,

le cri des herbes qu'on piétine,

le désarroi des outardes
qui ont perdu le nord,
le rictus des poissons
la gueule sur l'hameçon,
la blessure des doigts
sous le marteau du boss,
le vent qui nous caresse
avec une main d'épines.
 
Je bute sur les portes
dans la maison des hommes
mais je reste à l'écoute
du moindre signe de vie.
J'écris avec l'espoir

comme un oiseau bâtit son nid

sur un arbre qui manque.
J'écris avec la page
qu'on arrache d'un livre
pour allumer le feu.
 
Le naufrage des vagues
porte déjà la plage.

Le moindre pas dans le désert

a le sourire de l'eau.
par la freniere publié dans : Chienne de vie
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Mercredi 6 juin 2007
Même si je n'ai rien
je donnerai quand même,
ma pauvreté aux riches,
ma sagesse aux idiots,
mon ignorance aux dieux,
ma naïveté aux autres.
Au visage calciné
je donnerai ma peau,
ma vue aux yeux crevés,
ma vie aux moribonds,
mon visage aux masques
et mes rides à l'enfance.

                                      Aux ignorants, aux cancres
                                      je donnerai mes lettres

                                      et mes cahiers jaunis
                                      le sang noir des blessures
                                     
sur la carte des choses,
                                      mes épines à la rose.

                                      Aux évangiles trahis

                                      je donnerai mon âme,

                                      une terre sans dieu

                                      que la magie décante,

                                      une route sans guide

                                      pour suivre la folie.

Aux langues étouffées
                                      je donnerai ma voix

                                      et une seconde chance

                                      aux épaves du temps.

 
 
 
 
Je donnerai ma croix
aux jésus de service,
une écharpe de laine
aux éclopés de la haine,
une flamme aux frileux,
un collier de sourires
aux visages de bœuf,
une patine au bois
qui me sert de crayon.
Je donnerai mes yeux
aux paupières qui prient,
l'errance de mes pas
à la route maudite.

                                    
                                     Je donnerai ma vague
aux sables du désert.
Je donnerai mes fruits
aux rêves impossibles,
ma chair aux amputés
et ma langue au silence.
Je donnerai mon cœur
aux abonnés absents,
ma solitude aux foules,
ma bouteille à la mer,
mes racines à la terre
et le bois de ma chaise
pour attiser le feu,
un monde qui commence
au monde qui finit.
 
 
 
par la freniere publié dans : Chienne de vie
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Vendredi 15 décembre 2006
Je laboure une terre de papier
Avec des mots qui mêlent
La poussière et le ciel,
Le rire avec le sel.

Avec mes pas sur le rivage

Je prolonge les vagues.
Avec les grains de pluie
Je sème des nuages
Sous le sable des choses.

Pour ne pas me noyer
Dans les larmes oubliées
Je tire avec moi
Le fil de l’histoire
Sans déchirer la trame.

J’accroche mon chapeau
Au clou de l’espérance.
Dans le café du cœur
Je parle avec ma chaise
Et les mégots jetés.
J’attends que l’horizon
Vienne s’asseoir avec moi.

06-12-14

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Aux éditions Chemins de plume:

L'Autre versant, 2006

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en France:

Ed.Chemins de Plume 156, Corniche des Oliviers-V 30 - 06000 Nice

 

autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

 

 

 

 

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