Vendredi 20 juin 2008

Déclaration poétique du 5 avril 2008 à Bruxelles

de reconnaissance des génocides amérindiens


Déclaration écrite et dite en place de nos amis américains de tout le continent, du Grand Nord au Grand Sud, qui pour de multiples raisons ne peuvent encore prendre la parole comme nous le faisons aujourd'hui. Car le Tabou que représente pour eux toutes et tous, citoyennes et citoyens des Amériques, la question dite autochtone, des premières nations, des natives ou des amérindiens est encore comme feu qui brûle en plein hiver, cœur froid qui ne peut voir ou ressentir encore, car il faut avancer, il faut brûler, conquérir tous les territoires sans trop de questions se poser, et oui, sans se poser, courir loin loin et vite vite toujours et encore plus loin et plus vite... vers l'ouest, à l'opposé d'où surgit le soleil...

Nous,
belges, français, anglais, espagnols, portugais, italiens... et donc Européens.
Nous, arrière, arrière, arrière petits-enfants de Tous ceux qui d'ici ont vu partir ou dû partir ou décidé de quitter ce vieux continent pour conquérir un Nouveau Continent pourtant aussi ancien que le nôtre.

Nous,
reconnaissons qu'au nom de l'asile, de la conquête, de l'avidité, de la possession, de l'espoir et parfois même au nom de nos dieux,
Nous,
avons perpétré l'Innommable et qu'ici en ces lignes
Nous,
Déclarons comme Inacceptable, comme un regret trop tard arrivé : systématiquement nous, là-bas, encore européens puis américains, canadiens, mexicains, brésiliens, colombiens, argentins et autres centre et sud-américains, avons arraché à d'autres hommes leurs terres et leurs rêves, les terres et les rêves de leurs aïeux, leurs richesses, leur mémoire...
Nous,
les avons d'abord considérés comme sans terre, puis «sans âme» (comme nos femmes jadis), puis avons pillé, épuisé, territoire et humains, et sommes rentrés en Guerre contre des frères, les avons tués, massivement et ensuite expulsés...
Nous,
les avons acculés à l'occupation de maigres zones-territoires où nous nous efforçons de les maintenir aujourd'hui encore. Si nous les en sortons, c'est pour leur demander de renoncer à eux-mêmes, à oublier qui ils sont, d'où ils viennent et où les portent leurs rêves, pour qu'ils ne se rendent ailleurs que dans l'Invisible : les acculturer, changer leurs noms, les baptiser de nos religions, les violer dans ce qu'ils ont de plus intime, au plus profond d'eux-mêmes, au plus profond de nous.
Les Réserves n'hébergent les Casinos, zones hors taxes, que pour mieux les soûler - ivresse de l'Or qui a perdu toute vraie valeur de l'Esprit !
Ces Camps de la Mort Lente nous appellent à dénommer cette série d'actes qui dure depuis plus de 500 ans par son nom : l'un des Génocides les plus longs, durables et massifs de l'histoire connue de l'Humanité, celui des populations dites Indiennes des Amériques !

Nous,
petits-petits, minuscules enfants de ces hommes et de ces femmes qui pourtant rêvaient d'avenirs meilleurs, de mondes nouveaux, d'utopies... et qui ont commis ces actes...
Nous,
demandons PARDON.
À travers toi, Charles Coocoo, nous demandons humblement et insuffisamment PARDON.
Nous,
te confions, Charles, à toi, maître de cérémonies, Matotoson Iriniu, à toi et à tes ancêtres, cette Déclaration, signée par toutes les personnes de bonne volonté réunies ici ce soir, dont la liste est reprise ci-après... toutes personnes réunies autour de la Poésie, de la Musique, de l'Art et de la recherche de sens...

Cette Déclaration est un acte de Reconnaissance et de Repentance. Sa limite est le retard avec lequel elle est venue. Ses horizons sont sa sincérité et les gens qui la portent.
Cette Déclaration est aussi une Affirmation : l'être humain peut s'épanouir, continuer à découvrir et élargir ses territoires sans piller, tuer, massacrer, annihiler.
Cette Déclaration se veut enfin une Promesse : dorénavant, ensemble, construisons des formes nouvelles de coexistence des âmes, des pensées, des cœurs, des actions et des aspirations...
La Parole est pour nous tous la possibilité d'un pouvoir de Transformation de nos limites en réalisations de la Vie et donc du Sublime.
Un poète de chez nous, français, disait que s'il existait une montagne qui reliait la Terre au Ciel, cette Montagne était invisible à notre Vision ordinaire mais que pourtant, la Base de cet Invisible devait bien se trouver quelque part, et être Visible ! forcément...

À toi, poète, chamane, humain,
Nous,
confions cette Déclaration.
Elle voyagera après ce soir, rejoindra d'autres Ambassades que celle que symboliquement nous constituons ce soir.
Que de cette petite base visible, ton peuple et tous les peuples frères qui de tout temps, depuis l'expansion de l'homo sapiens, ont vécu de telles abominations, depuis l'invisible, fassent nourriture bien réelle pour les Fêtes, Danses et Créations que nous sommes appelés à vivre ensemble !


 

 

par la freniere publié dans : Paroles indiennes
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Lundi 5 mai 2008

On nous a tout volé,
l'île aux trésors pour une fausse carte,
la peau des bêtes pour des miroirs de toc,
l'eau des rivières et l'écorce des arbres
pour des pylônes et du papier,
le calumet de paix pour une eau qui rend fou,
l'âme de chaque chose pour un Dieu mis en croix.


On nous a tout volé,
notre langue, nos chants et le sens des rêves
pour de fausses promesses et des écrans de fumée,
nos rivières à saumons et nos canots d'écorce,
la course des lièvres pour des lapins à piles,
la terre qui est à tous pour des lopins de malheur,
l'or des foins pour du papier monnaie,
le foin d'odeur pour des relents d'essence.

On nous a tout volé
les cristaux de la neige pour des étoiles de verre,
la lenteur du bois pour la vitesse du fer,
un lit d'herbes et de feuilles pour un lit d'hôpital,
les plantes qui guérissent pour une pompe à morphine,
les couleurs du visage pour du rimmel toxique,
le livre des odeurs pour un missel unique.

On nous a tout volé,
les signaux de fumée pour une carte postale,
la chaleur du feu pour l'électricité,
la clef des songes pour un trousseau de clés,
notre mémoire, nos enfants, nos aïeux.
tout ce qui est vivant.

Les klaxons crèvent le tympan des chevreuils
et les chiens de traîneau en perdent l'odorat.
Dans la nuit noire des hommes blancs
même nos ombres sont des lampes.
Je dis cela sans haine comme on bande son cœur.
Ma main cherche une main qui ne soit pas qu'un gant.
J'écoute les premiers bruits du monde,
l'appel des loups et les bourgeons qui s'ouvrent.
Mon âme prend la forme de tout ce que je vois,
le vol d'un oiseau, la pointe des hautes herbes,
le cercle des tipis ouvert à l'infini.

Je n'attends pas ce qui finit.
J'attends toujours ce qui commence.
Je ne veux pas d'un pont mais t'apprendre à nager.

par la freniere publié dans : Paroles indiennes
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Jeudi 21 février 2008

Quand le dernier arbre aura été coupé
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée
Quand le dernier poisson aura été attrapé,
Seulement alors, l'Homme se rendra compte que l'argent ne se mange pas...


Prophétie indienne
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Mardi 12 février 2008

Les Indiens Sioux rompent les traités signés avec les Etats-Unis par leurs ancêtres

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Les Indiens Lakotas, véritable nom des Sioux, ont rompu les traités signés par leurs ancêtres avec les Etats-Unis, ont annoncé mercredi 19 décembre des représentants de la tribu."Nous ne sommes plus citoyens des Etats-Unis d'Amérique et tous ceux qui vivent dans les régions des cinq Etats que comprend notre territoire sont libres de nous rejoindre", a déclaré leur représentant Russell Means, lors d'une conférence de presse à Washington. Il a précisé que des passeports et des permis de conduire seraient délivrés à tous les habitants du territoire s'ils renonçaient à leur nationalité américaine.

Les traités signés il y a plus de 150 ans représentent "des mots sans valeur sur du papier sans valeur" et ont été "violés maintes fois afin de voler notre culture, notre terre et nos coutumes", ont indiqué des responsables de la communauté. Des leaders lakotas se sont rendus en délégation dans les ambassades de Bolivie, du Chili, d'Afrique du Sud et du Venezuela et comptent entreprendre une mission diplomatique dans plusieurs pays au cours des prochains mois.

Le territoire lakota se situe dans le nord-ouest des Etats-Unis et comprend notamment les régions du Nebraska, du Dakota du Sud, du Dakota du Nord, du Montana et du Wyoming. Les Lakotas, auxquels appartenaient notamment les grands chefs Sitting Bull et Crazy Horse, ont été la seule tribu à infliger une défaite à l'armée américaine lors de la bataille de Little Big Horn en 1876 dans le Montana.

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Dimanche 10 février 2008

Les angles

Aux coins des rues
devant les magasins de boissons alcoolisées
les gens s’appuient au mur
dans des volutes de fumée
que le vent pousse
au bout du monde
Dans ces angles aigus
ils oublient un monde
qui une fois fut rond
et, hors de leur conscience , ce vent
les emporte par dessus une limite
plus tranchante et plus impitoyable
que les éclats de verre
de la bouteille qui tombe
et brise les ailes de l’Oiseau Tonnerre.

Joseph Bruchac  traduit de l’anglais par Béatrice Machet

Les oiseaux Tonnerre, ou l’Oiseau Tonnerre est une émanation du grand Esprit, dite puissance rouge chez les Sioux. Rêver de L’Oiseau Tonnerre est une vision très puissante qui détermine un grand changement dans la vie d’un homme, voire dessine sa destinée . N.d.t.

par la freniere publié dans : Paroles indiennes
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Ed.Chemins de Plume 156, Corniche des Oliviers-V 30 - 06000 Nice

 

autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

 

 

 

 

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