Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Je te regarde mon âme

Publié le par la freniere

Je te regarde mon âme, et je te voudrais belle, toi qui n'es qu'une âme de traverse-vie, une âme empruntée à l'Immense, toi qui cherches à te trouver une place à la taille de tes rêves.
Toi qui, comme cela arrive parfois, es trop grande, trop libre, pour vivre emprisonnée dans un esprit d’homme.
Je te regarde, ma vieille âme qui as traversé les Temps, tout connu du cœur des arbres, du rire des oiseaux chanteurs, de la joie de l'épi de blé, du vent capricieux, et des enfances blessées.
Je te regarde du fond de mes silences, toi qui as vu des millénaires d'âmes défenestrées de corps fatigués par l'usure. Toi qui fus la compagne de mille fusillés désâmés, toi mon âme ébréchée par la grisaille des souvenirs, toi, mon amputée des mille utopies, mon égarée, ma cabossée, ma mutilée, toi, ma vieille compagne d'ossuaires désertés, ma roturière sans papiers, perdue sur tant de chemins d'ennui, ma squatteuse de vie.
Moi, l'égaré des décennies, en ces temps précaires où les dieux se perdent, même si tu es une âme sans foi ni loi, au seul crime d'avoir aimé, je t'adopte, ma petite âme d'occasion, sans garantie de bonheur, sans même un état d’âme. Je t'adopte, avec cette conscience si lourde à traîner. Je t'adopte, et te porte en moi comme une boussole précieuse sur mes chemins d'exil et d'enfance perdue.

Je te regarde et te parle, mon âme, toi qui portes l'inlassable Question. Toi, l'habitante de ma tête, nue, sans mensonge, sans fard face à mes vagues à l'âme et à mes doutes traqueurs d'innocence.
Parmi les naufragés d'un Temps jonché de destins perdus, moi qui cherche le chemin des mémoires englouties, je te cherche mon âme, dans l'encyclopédie de l’impossible, à frontière de raison. Je te cherche et te dessine, te devine légère ou hexagonale comme l’infortune, lourde comme le devoir.
Toi, mon âme à peau d'enfance douce comme l'espérance et sage comme la raison, je te cherche et peu m'importe tes autres passés, tes errances, tes vagabondages millénaires.
Je te chercherais même si tu t'étais vendue au diable et que mille nuées de quidams t’aient con-damnée.
Moi, qui viens du cri et des larmes, je te porte au centre de tout ce qui m'est précieux. Tu es mon chemin, mon âme sœur qui sait le poids des âmes en peine.
Toi qui un jour me quitteras, ne m'oublie pas.

 

Jean-Michel Sananès

Publié dans Jean-Michel Sananès

Partager cet article

Repost 0

Blaise Cendrars se raconte

Publié le par la freniere

Blaise Cendrars se raconte

La voix de Blaise Cendrars
Archives RTS/RSF, montage de documents audio, durée 2’48.  
(Pour information, la musique est une interprétation à l’accordéon de la Gnossienne n°3 d’Eric Satie)

 

Lien vers la vidéo

Publié dans Glanures

Partager cet article

Repost 0

Silence là-dedans

Publié le par la freniere

Trop de monde, trop de bruit
trop de nuits cassées
trop de rêves dissipés !

Ça chante, ça parle, ça bouscule
ça crie, ça siffle, ça murmure
trop d'habitants dans ma tête
qui dansent sur mon silence

Arrêtez la cavale des mots fous
et la cohorte des moineaux tapageurs
terrassez la horde des pensées inquiètes
et des coquelicots qui déjà appellent le printemps
éloignez ces verbes excentriques qui chassent le réel
empêchez l'envolée de ces phrases qui parlent de tout et de rien
tirez à vue sur toutes les digressions
je ne veux plus ressasser l'inventaire du jour
et celui des musées de l’imaginaire
taisez les mots qui parlent à voix basse
les embusqués du subconscient
les pensées clandestines
les demi-mots, les petit mots, les dicos en goguette
et tous les souvenirs altérés

Laissez-moi vivre en moi, et seul

Je ne veux plus que ma tête soit ailleurs
quand je devrais être en moi et ici
donnez-moi du carré et des nombres
laissez partir les soleils de minuit
nourrissez-moi de tapioca, de patates et de chiffres
fermez la porte des folies
et tous les portiques de l'imaginaire
chassez ce hibou galéjeur qui ricane dans mes rêves
pourchassez les enfants poètes et leurs cerfs-volants
les jongleurs de mots et les papillons ivres
qui titubent autour des réverbères
congédiez mon neurone aux chimères
emprisonnez mes idées folles, mes pensées vagabondes
je veux la mise à l'arrêt des bruits qui courent
la mise en sourdine des verbes hauts, des jeux de mots
des gros mots, des traits d’esprit, des paroles en l’air
des désaccords et des accords et des promesses qui passent

Trop de monde, trop de bruit
trop de nuits cassées
trop de rêves dissipés
donnez-moi des mots d'ordre
des pensées à l'eau de rose
des pamphlets au pain béni

Donnez moi le sommeil et le silence des justes
fermez ma conscience et ses agitateurs

Allez, mots rebelles
Mots sauvages et petits rêves
ouste dehors !

Incroyable ! Je ne suis pas chez moi
dans ma tête
rien ne m'obéit
le désordre règne
comme quand le maître parlait au tableau
et jetait sur ma table des équations froides
en ces temps où le soleil attendait l'heure de la récréation
Rien n'a changé
les décennies ont passés
et dans mon lit
des mots des phrases des rires démentiels
squattent encore ma nuit
une cacophonie déchire mon silence
je cherche le calme et la paix


Il est trois heures
et la lune fait le guet
seule la caresse de mon chat
promène un silence bienveillant.

Jean-Michel Sananès

 

Publié dans Jean-Michel Sananès

Partager cet article

Repost 0

Ils ont dit

Publié le par la freniere

Le témoignage des djihadistes repentis évoquant les effroyables conditions de leur séjour en Syrie, c’est bien, mais il serait plus dissuasif encore d’obtenir celui des kamikazes relatant leur découverte du paradis promis.

 

Éric Chevillard

Publié dans Ils ont dit

Partager cet article

Repost 0

Ma main

Publié le par la freniere

Ma main aux dents d'écriture

Ma main attachée aux jours laborieux

Ma main tirant sur sa laisse

Ma main boudeuse et désertée

Ma main debout face au silence

Ma main tremblée en ses traces de souris

Ma main creusant, cherchant, criant, priant

Ma main ridée appuyée sur la page

Ma main fontaine aux écorces altérées

Ma main desserrant ses mâchoires

Ma main gardienne de mémoire

Ma main sur le pain et la joue des pivoines

Ma main d'aimance

Ma main, t'ai-je déjà remerciée ?

 

Ile Eniger

 

Publié dans Ile Eniger

Partager cet article

Repost 0

Où le nord

Publié le par la freniere

où le nord
me trouvera-t-il demain
quand les plages auront
vidé leurs vagues
le ciel son air
ma bouche toute soif ?

il n'y a d'issue
qu'aux mauvais contes

si j'y monte à pied
marchant sur la mer
de glace
chiche que je dépasse le lieu
de la fin
par inadvertance

jamais ne fus douée
pour clouer l'espérance
dans l'ombre d'un
drapeau

nord et mort riment
le vif se meut
c'est désorientée que
j'explore le pas d'après

 

Florence Noël

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

Plus que la blonde à Vanier

Publié le par la freniere

Plus que la blonde à Vanier
Plus que la blonde à Vanier

Trop en avance sur son temps pour certains cercles féministes, trop extrême pour les institutions, Josée Yvon jouit peut-être enfin aujourd'hui d'une infime partie de la reconnaissance qu'on lui doit.

Josée Yvon a fait son entrée sur la scène littéraire par une porte que l'on mesure généralement à l'aide d'un spéculum. Immortalisée par dix photos allant du close-up vulvaire extrême au portrait inspiré par L'origine du monde, dans le recueil de Denis Vanier intitulé Le clitoris de la fée des étoiles, elle a fait paraître son premier ouvrage, Filles-commandos bandées, en 1976.

Trop en avance sur son temps pour certains cercles féministes qui ne comprenaient pas son usage du « terrorisme pornographique », trop extrême pour les institutions – bien qu'elle a enseigné un moment au Cégep –, arrivée trop tard pour les soi-disant « belles années » de la contre-culture ludique et masculine, Yvon jouit peut-être enfin aujourd'hui d'une infime partie de la reconnaissance qu'on lui doit pour son travail de décloisonnement de la littérature québécoise et pour ses travaux sur les communautés LGBTQ.

 

La « Fée des étoiles », comme on la surnommait à l'époque où elle était éclairagiste pour le Grand Cirque ordinaire, est décédée en 1994, à l'âge de 44 ans, des suites du sida. Une maladie qu'elle aurait contractée volontairement par injection, selon la légende, par solidarité envers une amie atteinte du même mal. Certaines mauvaises langues diront qu'elle l'a probablement contracté entre deux piqûres, trois bières et un échange de claques avec Denis Vanier, compagnon dans l'ombre duquel elle a évolué un moment, avant de se révéler une grande (sinon une meilleure) poète. Vanier et Yvon incarnent encore ce couple mythique, ces anges noirs débauchés; John & Yoko en perfectos patchés « Hate and War », mariés par John Sinclair au Montréal Pool Room, prenant Susan Sontag et Claude Gauvreau comme témoins.

 

Pour sa 19e édition, le toujours débectant FestiBlues International de Montréal présentait le 12 août dernier le cabaret Blues du Centre-Sud : Hommage à Josée Yvon. La veille du cabaret, je passe un coup de fil à Caroline Scott, libraire chez Monet et coorganisatrice de l'événement. À 26 ans, elle a hérité du poste de Maxime Nadeau, un autre libraire qui a pris part au renouveau d'intérêt pour la contre-culture québécoise et qui opère désormais la librairie roulante Le Buvard avec l'écrivain et éditeur Michel Vézina. Scott bouscule quelqu'un dans l'autobus, avant de me confier au sujet de Josée Yvon : « Chaque nouvelle génération semble avoir sa raison de s'approprier Yvon. Il y a quelque chose de très contemporain dans sa volonté de se réapproprier le corps au day-to-day.Chez elle, il n'y a aucune honte. C'est pourquoi j'ai invité des poètes comme Daphnée B., Catherine Cormier-Larose et Chloée Savoie-Bernard, dont le travailfit avec celui de Josée Yvon. »

 

Dans l'environnement inoffensif du café de Da, sur la rue Fleurie, où la lumière tamisée souligne les accents de gris du plafond suspendu, Jean-Paul Daoust, le Liberace de la contre-culture québécoise, auteur des Cendres bleues (Les Écrits des forges, 1990), récite les mots d'Yvon. Je repense à Catherine Lalonde, poète et journaliste au Devoir, avec qui j'ai échangé des croissants contre un peu de son temps, le matin même : « J'ai pas l'impression qu'elle est en paradoxe par rapport à ses postures d'objet-sujet. Je crois qu'elle choisit d'être objet, ce que je n'ai pas l'impression de voir, par exemple, chez Nelly Arcan. »

 

Cette idée de la posture objet-sujet chez Yvon occupe mes pensées, jusqu'à ce que Catherine Cormier-Larose, la femme derrière les Productions Arreuh et lefestival Dans ta tête, m'apostrophe abruptement : « Elawani, t'as pas une flasque? Pensez-vous qu'ils vont nous mettre dehors si on boit ici? » Le lieu jure terriblement avec le thème de la soirée. Des slogans « soyez gentils » et « aidez-moi » rehaussent l'apparence des fenêtres, alors que la température extérieure incertaine ajoute un peu de paludisme aux mots de Chloé Savoie-Bernard, qui cite « mon amour je ne guérirai jamais / si tu me fourres dans ma blessure » (une citation également en exergue dans le plus récent recueil de la poète Véronique Grenier, Hiroshimoi, aux Éditions de Ta Mère).

 

Deux jours plus tôt, Valérie Mailhot, doctorante en littérature québécoise à McGill, me disait : «

On ne peut pas faire l'économie des lieux avec Josée Yvon. Toutes les figures rejetées l'intéressent. C'est vraiment pas ludique. C'est violent, agressif et colérique. Elle s'était distancée de bien des féministes de son époque parce que la diversité ne semblait pas trop encouragée. Yvon, ça pourrait être une pensée queer bien avant le temps, au Québec. » Le poète Sébastien Dulude, rédacteur en chef chez Spirale web (et batteur au sein de la formation Full Blood) en rajoute, autour d'une bière : « Chez Yvon, on peut parler de l'un des premiers cas de féminisme nihiliste au Québec. Une fille de terrain qui va à l'extrême. Si Vanier revient au vers et se précise très vite, Yvon est beaucoup plus complexe et ses textes demeurent stimulants. »

 

Josée Yvon pensait les choses dans la mobilité. L'auteure de Travesties-kamikazeet Filles-missiles (une plateforme de publication en ligne « pour les femmes, par les femmes » doit d'ailleurs son nom à cet ouvrage) se tenait visiblement « loin des rails somnolents de la bienséance et du bon goût ». En témoignent plusieurs de ses écrits théoriques mis en ligne sur Les épuisés, un blogue spécialisé dans la « diffusion des écrits pas trouvables ».

 

Il ne nous reste visiblement qu'à souhaiter une réédition complète des œuvres, depuis longtemps introuvables, en espérant qu'une firme de relations publiques glissera le tout par erreur entre les mains d'un ministre opportuniste le 12 août de l'an prochain. Qu'il serait doux d'entendre un cœur sauter un battement après avoir lu tout haut : « Francine en amour avec le cinéma / portait des jeans en satin comme une rock-star / Sous le rideau de ses cheveux teints / elle suce les diaphragmes / connaît le gras, la fatigue et la faim ».

 

Ralph Elawani

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

Partager cet article

Repost 0

Tire le coyotte

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

Partager cet article

Repost 0

La première page

Publié le par la freniere

La première page d'un livre dont j'ignore le but finit toujours par être la dernière. Il aura fallu un kilo de papier pour quelques grammes de mots, une tête en sueur, quelques doigts tachés d'encre, une poubelle engrossée de ratures. J'ai des doutes sur la santé mentale des vainqueurs. Quel plaisir y a-t-il à gagner? Après toutes ces années, je persiste à ne rien faire. J'envoie des lettres sans adresse. Je fignole des bateaux de papier. J'expédie des bouteilles à la mer. Mes guiboles flageolent dans l'herbe haute des mots. J'apprends le morse de la pluie sur le tam-tam des toits, l'espéranto des doigts sur le clavier du cœur. J'aime jouer avec les mots sans en téter le sens. Bien sûr, ce n'est pas un métier. Je ne suis pas le même quand je parle à quelqu'un. J'ai beau me réfugier derrière des mots creux, on voit mon ombre derrière les phrases. Je suis comme un enfant qui se croit invisible quand il ferme les yeux. Incapable de répondre aux questions, j'en formule de nouvelles. Où? Quand? Comment? J'ai perdu mon enfance. Le cœur n'y est plus. Une enquête se poursuit sur sa disparition. Les chatouilles de l'ortie rougissent la joue du vent. Les vers bougent sous la neige. Les pissenlits ricanent au retour des oies blanches. Les enfants s'amusent avec la pâte à sel. L'odeur musquée du vin transcende le cépage. Hébété par la beauté du monde, je reste l'attardé dans la course du rat.

Il y aura toujours parmi les cimetières des vivants indécrottables, ceux qui ne croient en rien, ni à Dieu ni à Diable. Ils ne croient qu'à l'amour. Je me méfie des hommes d'affaires. Ils préfèrent les chalands pleins de coke aux chats lents qui miaulent. Bien à l'abri du monde, ils effacent la marelle entre l'enfance et la vieillesse. Bien à l'abri des chiffres, ils passent et repassent les comptes. Ils plient les heures comme des mouchoirs et plient les hommes sous un salaire. Je me méfie des églises, des bureaux, des usines. La vraie vie coule ailleurs. Dans le chant des oiseaux, la fausse note est humaine. Rien n'est jamais ceci ou cela. Rien n'est jamais tout à fait rien. On a beau s'aliter, les jambes veulent courir. On a beau être seul, les sexes veulent bander, les bouches veulent s'ouvrir, les fentes se remplir. On a beau être las, les muscles veulent se tendre. On a beau être là, on est toujours ailleurs. On a beau être mille, chacun est seul avec sa mort.

Je peux comprendre que la beauté d'une fleur n'arrête pas la faulx, mais je ne comprends pas cette hargne à arracher les pissenlits pour faire d'un terrain une pelouse anonyme. J'aime qu'un brin d'herbe bouge dans ce monde figé, que les mésanges tiennent tête à l'hiver, que l'eau coule sous la glace. Il y a une page blanche devant moi. J'ai peur d'y tomber. Certains mots frappent dans le dos. Couché par terre, les bras croisés derrière la tête sur une pierre moussue, le ciel nous offre le plus beau des livres d'images, de jour comme de nuit, en toute saison. Les nuages sont comme des nœuds de bois dans l'écorce du ciel. Il y a aussi tout un semis d'étoiles semées à grands jets de pinceau. Sur la nappe sidérale, l'assiette de la lune passe du jaune au rouge. Je préfère ce livre à la télévision où ceux qui n'ont pas de vie volent celle des autres. Suis-je étranger au monde? Je regarde la vie comme un film fait sans moi. Je n'y tiens même pas le rôle d'un figurant. J'ai refusé le scénario, toutes ces guerres, ces morts, ces animaux tués, ces espèces disparues, cette monnaie de singe, ces médailles dérisoires. Je reste sans le sou, sans argument devant la banque. J'ai protégé mon âme d'un salaire et des horaires. Le problème entre le voleur et le volé, c'est toujours le trésor. J'oscille entre l'air bête et l'or du temps, entre le rêve et l'air d'aller. Il fait froid ce matin. Le vent cherche le sang sous les capots de laine. Il faut bouger les doigts pour réchauffer les mains. La terre est au plus mal. Les arbres ne jugent pas. Ils devraient pourtant. Les bêtes se méfient. Les pierres ont la couenne dure et une tête de caboche. Trouvera-t-on un nouvel homme sur ce monceau de merde?

Jean-Marc La Frenière

 

 

 

 

Publié dans Prose

Partager cet article

Repost 0

Coup de griffe

Publié le par la freniere

C'est la voix du premier personnage aux accents de télépathie venu au banquet des éveillés pour qui le passé est devenu complètement imprévisible. « Je veux bien, dit-il, assumer le dissolu, tordre jusqu'à plus soif les égophores ombrées de la vieille caverne de l'amour. Voudra-t-on pour cela me mettre à la porte encore une fois? Me sacrer là avec de gros mots qui brûlent, qui abrasent la lande ouverte au sauvage où je ne pouvais pas ne pas naître? Là où, sans que je le demande, on m'a donné le premier rôle? Je sais, c’est méchant. Ce sont mes chants offerts à la lumière crue du soleil. »

 

Jacques Desmarais

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0