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Festival de la Paraculture

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La légende de Tristan Cabral

Publié le par la freniere

Photo par André Chenet

Photo par André Chenet

Extrait d'un poème à paraître : "La légende de Tristan Cabral"

.../...
Funambule ivre bateleur inspiré
il n'aimait rien tant que les petits vins de terroir
"rouge comme le sang des ouvriers"
A Montpellier où il vivait au sommet d'une tour prolétaire
au lieu dit "Le Florian" Route de Mande
il préférait fréquenter la nuit les bars sordides
où des miséreux écumaient des océans inconnus
plutôt que les savantes institutions
il lui arrivait de discuter des heures entières
à une terrasse de café en face de la Fac de Lettres
avec des étudiants un peu ivres en mal de vivre
parmi eux c'était lui le plus alerte le plus juvénile
les escholiers riaient aux éclats
lorsqu'il faisait le clown sur la voie publique
ils n'en revenaient pas de voir danser et chanter ce vieux fou de Leila
C'était comme si Don Quichotte de la Mancha
avait jailli des pages du livre de Cervantès
accroché par la culotte à l'aile d'un moulin blanc
.../...

André Chenet


 

Publié dans Tristan Cabral

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Le poète russe Yevtushenko meurt à 84 ans

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Le poète russe Yevtushenko meurt à 84 ans

Zima station (extrait)

À mesure que nous vieillissons, nous devenons plus ouverts,

et donc nous Bénisse nos stars chanceuses ...

Les changements intervenant dans la vie assez souvent

Coïncident avec les changements qui se produisent chez nous.

Et si nous avons un point de vue différent,

si Nous avons changé

Si, regarder les gens,

ça veut dire Nous l'avons d'abord révélé en nous-mêmes.

Bien sûr, je n'ai pas trop vécu, et encore

À vingt heures, j'ai passé en revue ma vie:

Je n'aurais jamais dit

Et ce que je n'avais pas dit

J'ai vu que j'avais souvent été trop prudent,

N'avait pas été réfléchi, sensible, prétentieux,

Que dans ma vie, assez lisse, il n'y aurait

Être de véritables actes, mais plutôt de bonnes intentions.

Mais il y a encore un moyen de remonter

Et gagner de la force pour de nouvelles idées, juste

Retomber à nouveau sur le sol

J'avais l'habitude de marcher, pieds nus, poussant la poussière.

Cette pensée m'a toujours aidé partout,

Une pensée simple semble être, de loin,

Que je vais Vous revoir quelque part

Près du lac Baikal, station appelée Zima.

J'aimerais voir les vieux pins populaires,

Les témoins de l'ancien Des temps passés,

Quand l'arrière-grand-père, avec d'autres paysans,

Ont été bannis en Sibérie en tant que rebelle

Yevgeny Yevtushenko

traduction: Alec Vagapov


 

 

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Le réel a supplanté le rêve

Publié le par la freniere

Malgré mon loup, mes chats et les coyotes, je cultivais des poules, des lapins et des pommes. J'ai quitté la campagne pour un bout d'asphalte où les plantes respirent de l'exhaust à plein pots d'échappement. Dorénavant, je me contente de manger des légumes sans savoir d'où ils viennent. Je bine avec des mots la terre blanche des pages. Des virgules y poussent dans l'herbe des syllabes. J'aurai tenté d'écrire à ras du sol et de tremper dans l'eau d'érable la madeleine de Proust. J'ai toujours écrit au contact des choses, de la nature, des bêtes, des montagnes, des sources, mais qu'écrire dans ce trou perdu où l'on adore les skidoos, les courses de minounes, les seins siliconés et la télé-réalité. J'ai des mots trop petits pour la grandeur du monde. J'arpentais les ruisseaux à grandes enjambées. Aujourd'hui, j'avance à petits pas frileux dans le ghetto des rues. J'habite au bord d'un lac aux vagues odeurs de frites et d'essence à bateau. Les reflets du soleil sur le chrome des hors-bords sont des pétards mouillés. On ne voit plus les étoiles. Les lampadaires Dell ont remplacé la lune. Moi qui aimais tant le chant des ouaouarons et les aurores boréales, je dois dormir un bandeau sur les yeux et des bouchons d'oreille sur mes rêves en sourdine. Les livres ont remplacé la luxuriance des forêts. Au lieu de cueillir des fraises, je trie maintenant les ombres. Je m'ennuie du foin d'odeur caressant les mollets, des épines égratignant la peau, des feux follets qui m'indiquaient la route, du fil de l'air aiguisant les fougères, du sursaut des couleuvres, de la lenteur des bœufs, de la naissance des seins, du décolleté de l'air, des arpèges d'oiseaux, des phalènes aimantées par la lueur des lampes, du carré de fraîcheur que se partagent les vieux, de l'ombre des cerisiers où se disputent des merles, de la blancheur des neiges, du vert des collines, des verbes de Regain que conjugue Giono, des vers sous la terre, de la sève sous l'écorce, de l'écriture des mains, de la dentelle des gestes, des routes qui deviennent un sentier de montagne, des rivières gonflant l'estuaire d'un fleuve, de la pompe rouge du cœur, des artères du temps que pulsent les saisons, des os du squelette qui soutiennent la chair, des batailles de basse-cour et du poil des chevreuils, du pointu des ronces qui écorche leur peau. À travers le chahut, je dois me contenter d'une voix sans parole. Le temps manque d'épaisseur entre les murs de béton. Mes phrases ont le cœur gros dans les nuages de l'âme. Il en va d'un village comme des gens qui l'habitent. Il faut s'incorporer à leur insignifiance, au verre des écrans, à la froideur des chiffres, aux remugles d'huile et de gasoil. Je suis né à Beloeil, un village champêtre devenu trop vite une immense banlieue dans les années soixante. Un centre d'achats a remplacé les champs de blé ou de luzerne. Leurs pâturages devenus des cimetières d'autos, les vaches ont disparues. Où sont passées mes tortues d'enfance, mes œufs de buse ou d'alouette? On a bâti l'école sur nos cabanes dans le bois. Quand les églises se sont vidées, la musique punk a remplacé le grégorien. La poésie est mon latin d'église, l'espéranto des pauvres. À l'ère du numérique, où sont passés les vrais rebelles et leur âme d'apache? Comme du temps de la revue Tel Quel, la forme a remplacé le fond. Les mots sont devenus phonèmes. Le réel a supplanté le rêve. Les mots sont anémiques quand ils perdent leur sens comme l'homme son sang. Je ne rêve plus en dormant. Je ne dors presque plus. J'ai une mine de crayon coïnçée sous la paupière. J'arpente les zigzags. Je pique les continents du bout de mon crayon pour qu'ils s'alignent sur la page. Je suis un mouton noir prenant les sens uniques à l'inverse des foules, un maverick sauvage s'échappant du round-up. On arraisonne le rêve au lieu de raisonner. Les pupilles brillent à peine dans le coffret des yeux. Rien n'a changé pourtant des escales amoureuses, des routes provisoires, de la mort à venir. La neige absorbe la lumière comme le buvard boit de l'encre et l'ardoise la craie. Les mots qu'on m'a appris se vident et se remplissent. Ils roulent comme des cailloux dans le fond d'un ruisseau. Ils volent entre les lignes et s'assemblent à nouveau, portant le poids des choses dans la parole de l'homme.

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Prose

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À qui ça sert de chercher à comprendre?

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Rencontre avec Jean Perron

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La poésie

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La poésie

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Pour l'amour de l'art japonais

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Pour l'amour de l'art japonais

Le nihonga, un procédé d’art ancestral japonais qui consiste, entre autres, à faire de la peinture avec des minéraux, est connu ici des amateurs d’art et devient de plus en plus populaire. Mais on ne devient pas expert de la technique du jour au lendemain. Yolande Bernier a mis 10 ans à la maîtriser.

L’artiste exposera à la Galerie Louise-Carrier, dès le 9 avril, un corpus d’une trentaine d’œuvres qu’elle a mis quatre ans à créer.

Yolande Bernier, qui habite à Saint-Jacques-de-Leeds, près de Thetford Mines, pratique cet art millénaire depuis plus de 30 ans. Au fil des ans, elle a peaufiné sa technique auprès de maître Akira Itoh lors de nombreux voyages au Japon. Elle en a même fait son sujet de maîtrise en arts visuels à l’Université Laval – elle a obtenu son diplôme en 2013.

Minéraux

De la même manière qu’ont été conçues «les premières œuvres du monde», Yolande Bernier fabrique ses couleurs avec des pigments de minéraux, soit des pierres précieuses ou semi-précieuses et des feuilles d’or ou d’argent. Elle les mélange ensuite avec des os et du cartilage de chevreuil.

«C'est un liant sous forme de résine, explique-t-elle. Je fais fondre ça dans de l’eau et, une fois liquéfié, je le mélange avec mes poudres de pierres.»

«Ensuite, on y va par couches, par superposition. Les couleurs ne se mélangent jamais.»

C’est pourquoi une œuvre est si longue à produire. Le temps précieux accordé à sa technique confère aux œuvres maturité et réflexion.

L’effet de transparence est produit par des poudres minérales qui sont moins opaques. «Si j’utilise des terres, comme l’argile, ou des oxydes de fer, c’est très opaque, c’est comme de la gouache. Mais si j’utilise des pigments de pierre cristalline comme du quartz, de la malatite, de la tourmaline ou des poudres de marbre, il y a une certaine transparence.»

L’artiste, qui a travaillé avec un géologue pour mieux comprendre les minéraux, commande la plupart des choses dont elle a besoin directement du Japon. «J’en trouve en Europe aussi. Ici, on en trouve un peu, mais ce sont plus des pigments de synthèse, reconstitués en laboratoire. On ne trouve pas de pierres broyées.»

Inspirée par l’origine du monde

Yolande Bernier, qui a aussi étudié la fabrication de papier et la calligraphie japonaise, s’intéresse à l’art nippon depuis presque 35 ans maintenant. Les œuvres présentées dans l’exposition Nihonga: Terre d’offrande constituent une série inspirée du commencement de la terre, des noyaux, des planètes naissantes, des nébuleuses, de la galaxie.

On y trouve autant de grands formats qui font six pieds sur six pieds que de très petits formats.

«La formation de l'univers nourrit mes images actuelles», confie-t-elle.

Nihonga: Terre d’offrande sera présentée du 9 avril au 7 mai à la Galerie Louise-Carrier. Le vernissage aura lieu le dimanche 9 avril à 13 h 30 en présence de l’artiste. Dans le cadre de la série «Les rencontres artistiques», Yolande Bernier offrira le dimanche 30 avril, à 14 h, une conférence-atelier sur le nihonga.

 

Sandra Godin          Le Journal de Québec

Pour l'amour de l'art japonais

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Ils ont dit

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Ils ont dit

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