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A l'auberge du passeur d'hommes

Publié le par la freniere

ce soir à l'auberge du passeur d'hommes

une pitié me vient pour mes bras mutilés

ce soir j'ai découvert sur le chemin de ronde

deux jeunes fiancés une plaie rouge au front

et j'ai conduit l'enfant vers les barques cachées

revêtu pour la route d'un manteau de phalènes

ce soir je ne suis plus que le veilleur de sable

ce soir je ne sais plus à quelle mort me donner

et qu'importe après tout si mes doigts sont en sang

j'écris pour que le monde devienne un grand poème

 

Tristan Cabral

Publié dans Tristan Cabral

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Ne dis rien

Publié le par la freniere

Ne dis rien

oh! surtout ne dis rien

toi le témoin silencieux

ne dis rien qui puisse établir la vérité

crier à l'injustice

réfuter dénoncer et faire tourner la vague

et damer le pion

et clouer le bec

river le clou

ne dis rien

toi qui ne veux pas de troubles

qui détestes la chicane

ne dis rien

tous les yeux se poseraient sur toi

comme d'horribles corneilles sur la floraison d'un amandier

toutes les vouches jacasseraient contre ta vérité

 

ne dis rien

tu serais obligé d'être le héros de l'enfant humilié

tu serais tenu d'accepter la gloire

ne dis rien

on se retournerait aussi contre toi

toi qui aimes et ne connais pas ton pouvoir

 

la lumière transformerait ton antre en feu de joie

et tu ne supportes que la pénombre de ta vie de moisissure

me par le pas de ton pays

au cas où il y aurait un Canadien dans la place

ne te bats pas pour tes idées

ne dis rien

le silence te fera traverser le désert sain et sauf

mais tu ne verras pas l'ombrelle des fleurs

ni la magnificence du soleil derrière les dunes

ni la beauté des contrastes

ni l'inutilité de ta présence

ne dis rien ne dis rien ne dis rien

mais sache que même les moutons peuvent mordre celui qui les suit

de trop près

 

Francine Allard

Publié dans Poésie du monde

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Chevaliers de la gratuité

Publié le par la freniere

Un type au charme vénéneux qui observe le trafic sur Market street, aplati derrière la vitre d'un abri bus. Son caban est boutonné haut et sa coupe rockabilly un peu indisciplinée lui avale les oreilles. Pas d'accessoire dans le fond, pas de nom ni de logo visible de loin, sauf un cartouche noir avec un paragraphe que je n'ai fini par lire qu'après plusieurs jours à tenter de deviner s'il s'agissait d'une oeuvre d'art, d'un avis de disparition ou du lancement d'une nouvelle collection de mode. Celui qui pose là en plan américain aurait sans doute goûté cette ambivalence entre l'exposition et le secret, tant le groupe qu'il animait a jonglé entre les coups médiatiques et une féroce volonté d'anonymat. L'homme s'appelle Emmett Grogan, son passage sur Terre a duré aussi peu que celui de Mozart, et il a fondé, au milieu des années 60 à San Francisco, un collectif d'acteurs anarchistes, les Diggers.

Les années 60, San Francisco, des artistes libertaires et idéalistes? Une classique bande de hippies alors? Eh bien non, justement, en tous cas, pas tout à fait. Sans doute, la bande d'Emmett s'envolait-elle aussi sur les ailes psychédéliques de Jefferson Airplane, de l'amour libre et du LSD, mais leur groupe militait pour un véritable projet de reconstruction sociale, basé sur une approche redistributive des ressources. Au 17ème siècle, les premiers Diggers (les "bêcheurs") étaient un collectif d'anarchistes anglais qui avaient décidé d'investir sans autorisation les terres communes inutilisées et d'y cultiver des plantations au bénéfice des plus pauvres. Les néo-Diggers du quartier d'Haight-Ashbury s'en sont inspiré, avec l'idée d'offrir gratuitement à la jeunesse "aux semelles de vent" de quoi se nourrir, se vêtir et se soigner. Si les hippies s'intéressaient surtout au sens de liberté que l'on entend dans le mot free, les Diggers s'attachaient plutôt à son autre acception en anglais, celle de gratuité. Mi-Zorros, mi-Robins des bois, leur petite compagnie s'affairait dans une clandestinité joyeuse, parfois aux franges de la légalité, mêlant les performances de théâtre de rue, la distribution de tracts politico-poétiques, et les actions d'entraide sociale au ras de la population, dans l'esprit des situationnistes. Venant pour la plupart du théâtre d'improvisation, ils offraient dans les parcs des représentations de l'Avare ou de Guignol, tout en organisant des processions carnavalesques pour célébrer "la mort de l'argent", déguisés en marionnettes géantes à têtes animales.

 

 

pour lire la suite

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Je couche avec la mort

Publié le par la freniere

J'avance vers chacun

avec des mots qui frappent,

des mains qui apprennent,

des gestes fous

dans le vent des caresses

les ongles des morts

qui continuent de pousser,

des gants d'épines

sur une peau trop tendre

et le blues des Noirs

dans le coton des Blancs.

 

Je couche avec la mer

et sa pensée sauvage,

les ronces dans les fossés,

les rats dans les caves,

les araignées du soir

dans les greniers en feu,

les bâtons dans les roues.

 

Je descends dans l'ornière

comme un poing qu'on écrase,

comme une femme qui dort

avec les cuisses ouvertes

pour accueillir le rêve.

Je cours avec les fous

pour boire à genoux

la rosée des étoiles.

 

Je couche avec la mort.

Je dors dans ses linceuls

au milieu de l'humus,

l'âme vêtue de chair

dans la boue des limons,

dans la fange et l'affront.

 

Je porte sous ma peau

le squelette du premier homme.

Je porte dans les yeux

le regard des insectes

surplombant les abîmes.

Il n'y a plus de miracle

dans les vestiges du réel

seulement des mirages

dans les vertiges du rêve.

 

Au milieu du désert

j'apprends à boire mes larmes.

 

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Poésie

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La même source

Publié le par la freniere

Quand les géants vacillent sur le socle du monde, les nains se perdent dans leurs bottes de sept lieues. Où bat le sang? Où bat le temps? Où va le chant? Où va le vent? Où vont les cris des suppliciés? Où bat le cœur des mal aimés? Où vont les larmes des enfants? La même source coule en chacun. Mal assumé, mal assuré, j'ai la rougeur des timides. Imitant la luciole, je craque une allumette dans l'aube violacée. La façon dont j'écris, je peine à redonner un sens aux mots de la tribu, aux pièces du puzzle. Il pleut du sens sur la rocaille des syllabes. Des caresses se perdent et saignent dans un buisson de griffes.

Les mots se forment et se déforment. La chair cicatrise sous les points de suture. Les enfants meurent sous l'uniforme, la cravache, la cravate et le treillis de guerre. Les rainettes vertes ont cinq doigts et la larve d'agrile squatte sous l'écorce des bouleaux. Les achigans manquent d'air parmi les algues bleues. Les bas de laine sont rongés par les termites bancaires. Les fleurs ont un parfum de cendre et les sentiers se perdent en rubans d'asphalte.

Il existe des lieux que l'on porte avec soi. On ne quitte jamais vraiment les maisons vides. Des odeurs persistent. Des ombres font de l'ombre. Chaque mémoire agrandit les secondes. La mort n'est pas qu'une tache de sang. Elle dépasse l'entendement. À la merci des poings et des virgules, le temps étire ses longs bras dans les points de suspension et l'infini s'étale entre les parenthèses. Le chant des oiseaux et le bruissement des insectes rapiècent le silence. Feuille à feuille, le vent perd de sa voix et s'étend sur la rousseur du sol entre le rouge et l'or.

Pour échapper à l'hébétude ambiante, je rêve d'un grand lit où repoussent les feuilles, les bourgeons et les fruits, d'un lieu où les prèles arborescentes colonisent les choses, les immeubles et les meubles, où les abeilles essaiment dans les banques, de lierre s'enroulant aux rampes d'escalier, de ginkgos remplaçant les poteaux. Il a neigé cette nuit. En octobre, l'hiver pointe son nez et repart aussitôt, laissant pour quelques heures une blancheur éphémère, une gaze paresseuse flottant sur les hameaux. Les arbres chichiteux n'ont déjà plus de feuilles. La rosée mouille les nids secs. Les maisons fument déjà dans leur jupe de bois, la pipe sur le toit et les yeux enneigés. Il me revient alors des souvenirs d'enfance. Il n'y a pas que Rome qui possède sept collines. Le saint-Hilaire aussi. Elles s'accotent l'une sur l'autre autour du lac Hertel. J'y passais mes journées.

Le paysage du village décourage les yeux. Tout a l'air pas vrai. Il est difficile d'éviter les sirènes commerciales, les couacs télévisés, les grondements des moteurs, les mensonges politiques. Dans cet univers de poupées gâtées rien n'est fait pour les pauvres. Le monde courbe l'échine. Chacun navigue sur un écran. Où l'on bredouille des textos, je goualante à pleine gueule.Quelques notes de blues, quelques mots d'une chanson mènent plus loin que les dernières nouvelles. Je marche sur la terre, les pieds appuyés sur ses épaules de pierre. J'ai besoin de marcher, d'aller dans la montagne errer sans but. Il y a dans la forêt une sorte d'apaisement. C'est comme un coin d'enfance. Les saisons y survivent aux raisons.

Si je n'ai pas d'I-pad, c'est pour écouter la pluie faire chanter les roseaux, le babillage des oiseaux, le ruissellement des eaux, les fleurs qui pétalent sur le vélo du vent, les guêpes piquant l'azur, les bêtes, les insectes, les nuages méditant dans la pensée du ciel. Je suis pour le soleil, l'eau sauvage, les ronces, le souffle court d'une musique à bouche. J'ai grandi près des murs pour mieux m'en éloigner. Je ne suis jamais là où les autres s'assemblent. J'aurai passé ma vie à faire les cent pas, les portes qui s'ouvraient ne m'offrant que l'ennui.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Prose

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Claude Gauvreau

Publié le par la freniere

À Montréal, le 27 mars 1970, au théâtre Gesù, des milliers de québécois célébraient la poésie dans un rassemblement grandiose et enthousiaste. L'événement a fait date dans l'histoire du Québec. Il réunissait dans la plus grande célébration de la parole qui ait eu lieu au Québec, les chantres de la langue nationale.

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Catherine Major à Verte Irlande

Publié le par la freniere

photo: Valérie Jodoin Keaton

photo: Valérie Jodoin Keaton

Talent fort de la chanson au Québec, Catherine Major présentera un spectacle solo intime, concocté sur mesure pour Verte Irlande, dans le décor enchanteur de l’église Holy Trinity. Comme les places sont limitées, nous vous invitons à acheter vos billets rapidement!

Coût : 30$ (gratuit pour les moins de 16 ans)

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L'univers de Catherine Major est singulier : elle livre sans retenue des chansons aux couleurs éclectiques, et surtout teintées d’humanité ; quelques-unes explosives et effrénées, d’autres dans la plus profonde des intimités. Elle vit ses chansons en symbiose avec son instrument, le piano, ainsi qu’avec ses musiciens, et ce, jamais sans cette ardeur et cet embrasement qui n’appartiennent qu’à elle.

Publié dans Glanures

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Dix millions

Publié le par la freniere

Dix millions de soldats

pour un million de médecins

dix millions de coiffeuses

pour un million d'infirmières

dix millions de pigeons

pour un million de mésanges

 

dix millions de mouettes de centre d'achat

pour un million d'espèces disparues

dix millions de grenouilles de bénitier

pour quelques vrais chamans

dix millions de Barbie

pour dix millions de Kenny

dix millions de bombes

qui rasent les écoles

pour un million d'illettrés

 

dix millions d'estropiés

pour un million de prothèses

dix millions d'autos

pour un million de brouettes

dix millions de chevaux-vapeur

pour quelques chevaux sauvages

des tonnes d'éléphants

pour quelques livres d'ivoire

 

dix millions d'épinettes

pour la paperasse des fonctionnaires

dix millions de post-it

pour quelques lettres d'amour

dix millions de cabanes qui tiennent à peine debout

pour un million de bungalows

dix millions d'attachés-cases

pour un million de sacs à dos

 

dix millions d'âmes en peine

pour un million de consciences tranquilles

dix millions de voleurs

pour un même trésor

dix millions de HLM

et de verdure sans chlorophylle

pour dix domaines en bord de mer

dix millions de portables

un million de mots pour ne rien dire

 

à peine quelques rires

dans une vallée de larmes

à peine quelques pains

dans une volée de graines

dix millions de pétarades

pour une seule envolée lyrique

dix millions de caniches

pour une centaine de loups

dix millions de vieillards encabanés

pour un million d'enfants courant la galipette

 

dix millions d'esclaves

pour quelques milliardaires

 

Jean-Marc La Frenière

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Exposition d'Errol Gagné

Publié le par la freniere

Une exposition photographique
d’Errol Gagné

QUARANTAINE/TOTEMS-rails
avant que le train nous happe
Un voyage avec et dans l’histoire de la création inconnue du Québec

Centre d’exposition de la gare de Rivière-Rouge
682, rue L’Annonciation Nord, Rivière Rouge (secteur l’Annonciation)
Du 16 juin 2017 au 1 septembre 2017 (pour tous - gratuit)

 

 

Errol Gagné est un photographe autodidacte né à Jonquière et parti en exil dans la métropoule en 1971. Il a aiguisé son regard et développé ses perception dans une période d’effervescence et de grands voyages. Par la suite il a continué sa démarche d’observation à sa manière en utilisant la multiplicité de ses moyens pour l’exploration : menuiserie, chansons, musique, improvisations, travail, rencontres, dessins. Son œil/caméra permanent n’a jamais été au repos.

Il a regardé son époque. Il en possède quelques moments captés sur pellicule 400 asa développé à 1200. Très peu ont pu partager son trésor.
Aujourd’hui, dans cette orgie à surconsommer pourquoi encore d’autres morceaux de papier ou de pixels à consommer?
Pourquoi pas d’autres images, argentiques, digitalisées à une résolution devant recréer la texture d’un temps flou sous-exposé et se révélant par magie?
Ces gestes, ces événements, ces drames sont-ils vraiment pistes d’un sens d’éternité ou sont-ils eux aussi les enflures de ce moi qui nous assaille à chaque micro-seconde pour nous bombarder de leur triste non-réalité?
Avec Errol Gagné, ces signes anonymes de ce futur antérieur pourront-ils se transformer en «porteurs de nous»? Ce présent/futé-rieur peut-il nous aider à voir, entendre et comprendre qui nous sommes?
Que sont ces individus, ces regards, ces rencontres, ces événements, ces moments, ces images du réel, du pays, de la ville, de l’horizon dans le trésor incommensurable de l’espérance?
Pour cette exposition Errol a invité ses frères Jean et Serge cinéastes/collagistes
qui présenteront quelques traces du parcours et aussi le film Une Semaine dans la vie de camarades - version réalisateurs, une oeuvre charnière pour comprendre où nous en sommes et d’où nous venons.
Lors du lancement le 16 juin 2017 vers 16:00, Errol Lorre se joindra à des complices musiciens pour interpréter quelques pièces de leur répertoire.
Cette exposition organisée par Annie Coulombe responsable du Centre d’expositions de la Gare de Rivière Rouge est un événement rare, comme des signes de sentiers vers un trésor qu’il faut aller voir pour apprécier.

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Dans un corps vide

Publié le par la freniere

Les yeux trop pleins de choses ne voient pas l’horizon. Trop de mots se perdent dans les bulles du bruit. Trop d’images s’effacent. Le réel ne vaut rien s’il interdit le rêve. J’avance dans ce que j’ai perdu pour trouver l’inconnu. Un petit vent caresse les arbres et un oiseau rafraîchit l’air. Sans âme, sans amour, le cœur bat dans un corps vide. À force d’enjamber les larmes, la route s’est noyée. D’une frontière à l’autre, on porte tous nos accessoires de réfugiés. Quêteur d’absolu, je traîne en plus d’un guichet de banque à l’autre mon attirail de pauvre. Il faut des ruses de vivant pour affronter la mort, protéger l’âme avec des mots sans craindre de se brûler. On ne reconnaît plus ses frères. Les masques poussent à même la chair. Partout les délateurs avancent dos à dos. Chaque homme dans la foule n’est qu’une portion de mur. Nous sommes tous à la même enseigne. Être des hommes avec les hommes, est-ce si difficile ? Les belles années passent sans vaincre la laideur.

L’eau s’achète et se vend. Les larmes des enfants servent de sel aux tyrans. On compte la recette en omettant le déficit du cœur et les laissés-pour-compte. On piétine les herbes qui poussent sans permis, les fleurs sauvages, les orties. À tant tirer sur les ficelles de la haine, toutes les marionnettes se valent. On plante des épines sur la peau des mots nus, des bombes dans les gares, des mines dans le désert, des aiguilles souillées dans les veines encore bleues. On s’accroche aux clous du Christ, aux sourates d’Allah, au bruit des tiroirs-caisses sans trouver la lumière. On reste là sans voix, les nerfs en boule et les jointures à vif en nous mordant la langue, le petit pain des jours émietté dans l’absurde.

Quand les paupières se ferment, je garde ouverte la main des yeux. Je n’ai pas besoin d’un Dieu pour regarder la mort en face. J’ai besoin d’un poème pour remercier la vie. Je n’ai pas besoin de lois pour reconnaître un juste. Je n’ai pas besoin de pardon. J’ai besoin de beauté, de bonté, de bon temps. Je n’ai pas besoin de signes de croix, de salamalecs, ni de génuflexions. Le coude à coude du partage est un acte sacré. Je n’ai pas besoin de cash mais de chaque grain de sable, chaque goutte de pluie, chaque plume d’oiseau, chaque feuille d’un arbre, chaque atome d’atome, chaque pulsation de vie.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Prose

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