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Le monde et moi...

Publié le par la freniere

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                                                                                       cliquez : Le monde et moi

Publié dans Poésie du monde

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Roland Dinel (1916-2013)

Publié le par la freniere

Sculpteur dès l'aube et chauffeur de tramway au crépuscule, Roland Dinel passait de six à sept heures par jour dans son atelier à façonner sans arrêt des milliers d'oeuvres sculpturales. Aux côtés des Robert Roussil et autres Armand Vaillancourt, il aura été l'un des précurseurs de la sculpture abstraite au Québec.

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Issu d'une famille de 19 enfants, Roland Dinel a servi comme sergent instructeur au camp de Farnham durant la Seconde Guerre mondiale. À sa démobilisation, il s'est inscrit à l'École du Meuble où enseignait Paul-Émile Borduas et où étudiait le sculpteur et ami Robert Roussil, décédé le 15 mai dernier. «C'était une époque de grande effervescence. Après la guerre et le nazisme, la sculpture était pour eux une manière de se réapproprier leur travail, d'être les maîtres de leur création», raconte son fils Pierre Dinel.

 

Or, pour gagner sa vie, le père de famille a dû travailler de soir comme chauffeur à la Commission des transports de Montréal pendant 27 ans. «À la maison, il dessinait toujours sur un coin de table. Lorsqu'il terminait sa ligne de transport, il s'allumait une cigarette et faisait des croquis sur les petites bandes de papier qui enveloppaient les tickets de correspondance. Nous en possédons des milliers», confie son fils.

 

En 1953, Roland Dinel se joint aux Roussil, Henri Gagnon et Armand Vaillancourt à l'Atelier de la Place des Arts, un espace de création et de rencontres politisées, qui aura précédé l'actuelle Place des Arts de 10 ans. M. Vaillancourt garde en mémoire un homme bienveillant: «Une journée où je devais livrer une lourde sculpture dans le nord de la ville, Roland est arrivé sur Bleury et a empêché tout le monde de monter à bord de son tramway pour m'y conduire à une vitesse folle!», se souvient le sculpteur de 84 ans.

 

Grand maître

 

D'abord figuratives, puis abstraites, les sculptures longilignes de Roland Dinel seront exposées un peu partout au Québec et ailleurs dans le monde. Le sculpteur aura contribué au rayonnement de son art, puisqu'il comptait parmi les 10 cofondateurs de l'Association des sculpteurs du Québec en 1961.

 

«De peu représentée, la discipline a connu un essor très important», relate l'un des cofondateurs, Yves Trudeau, autrefois compagnon d'atelier de Dinel. «Il était un homme enjoué, même lorsqu'il travaillait. Sa méthode était intelligente, raffinée. C'était un grand maître de la sculpture sur bois.»

 

Grand voyageur et mélomane, Dinel aura été profondément marqué par ce mois d'été 1968 passé au symposium de sculpture d'Horice en République tchèque, qui était alors la Tchécoslovaquie. «Il partait à la rencontre des grands sculpteurs de sa génération, mais sur fond de Printemps de Prague. Il s'est par la suite éloigné des organisations communistes de l'époque. Mon père était un homme engagé, mais ce n'est pas lui qui montait aux barricades», remarque Pierre Dinel.

 

Sa spiritualité, l'homme non religieux la trouvait dans son art qu'il pratiquait encore il y a quatre ans dans son atelier à Saint-Roch-de-l'Achigan : «Pour lui, l'être humain devait nécessairement créer. Mon père était maître de son oeuvre et trouvait son plaisir à imaginer tout ce que la sculpture lui permettait d'imaginer», conclut son fils.

 

 Mélissa Proulx     La Presse

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Prix du roman du Lions Club 2013-2014

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La femme en vol d’Ile Eniger

 

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Publié dans Ile Eniger

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La grandeur du monde

Publié le par la freniere

Seule la grandeur du monde
peut raccourcir le temps
mais l'homme est si petit
quand il se prend pour Dieu.

Je ne veux pas servir de vol
aux oiseaux du malheur
ni de fumée sans feu
aux rêves qu'on éteint.
Le vent ramasse derrière nous
les pas qu'on n'a pas faits
et les fleurs trop brèves
pour chanter les racines.

De la fragilité du temps
nous ferons un brasier,
une fête plus tenace
que le bleu des nuages,
d'un simple nid d'oiseaux
un chemin vers le ciel,
d'un fardeau d'épines
la promesse des fruits.

Si je hurle parfois
à l'oreille des ronces
c'est toujours à voix basse
que je parle aux étoiles.

Publié dans Poésie

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Ce qui aboie au fond de l'homme

Publié le par la freniere

Je ne veux plus vomir à grignoter ma vie, mourir à siroter sa lie, jeter de l’huile sur le sang, ronger le paysage avec le sel des larmes, rogner les heures pour un salaire, coller ma langue sur la froidure des rails, m’user les doigts sur la rognure du monde. Je veux vivre, simplement, regarder le ciel, toucher la peau des pierres. Je dessine les branches pour habiter dans l’arbre. La pluie délace les mailles végétales. Je sors. Je marche. Je m’élève. Ce qui aboie au fond de l’homme, je veux lui rendre gorge, faire chanter les ruisseaux. Sait-on jamais ce qu’on va voir dans l’œil d’un héron, dans les cercles du lac, dans les sillons du jour ? Je marche dans mes tripes sans digérer le monde. Les mots sont comme ces miettes de pain qui restent sur la table. Il ne faut pas se laisser prendre aux bras des choses. Ils étouffent la vie. Sur les routes allant pourtant vers tout, chacun marche vers soi.   

        

Déjà les oies fendent le ciel. Leurs ailes bougent dans mes phrases et les portent plus loin. Déjà les érables rougissent. Ils saignent sur le lac et le blanc de la page. Il pleut des feuilles en attendant l’hiver. Déjà le gel mord les tiges des rosiers. Même les épines ont froid comme un stylo sans encre. Les couleurs exultent avant le gel. L’ailleurs nous environne beaucoup plus près qu’on pense. Tout se nourrit à l’infini. Tout se nourrit de tout. Tout se consume dans le filtre du corps. Il faut consentir au merveilleux, aller vers les hauteurs, sinon tout devient noir, tout reste bas. Les plantes, les bêtes, les minéraux s’unissent en liturgie grandiose, tant que les hommes ne s’en croient pas le maître. On tue l’amour quand on n’en manque. On ronge un os qui manque de chair. J’écris des comme partout, des histoires de fées, des messages sur l’écorce des arbres, des traces écrites sur la neige, des pas sur la route, des rides sur le visage des saisons, des rauques saccadés sur la portée du soir.

        

On voudrait que le bonheur soit fait pour la défaite, l’amour pour souffrir. On voudrait que l’argent soit le miroir de l’homme. Un son d’ortie pique le silence. Dans le tréfonds de l’être, il faut nourrir ses racines. Il faut saisir les mots dans le creux des corolles, le cri des volatiles, la brume du matin, le bec des macareux en saillie sur le fleuve. Il faut frémir d’être là comme un verbe réel malgré les bruits ambiants de ce théâtre vain, frémir d’être malgré tout, être le grain de sel dans les rouages économiques, être la chair sur l’ossature du monde, l’intime ontophanie du verbe être, une syncope d’amour dans le flux des secondes.  Il faut surgir, advenir, être là, non se dissoudre dans les choses. Il faut apprendre à effacer le maquillage du réel et retrouver la véritable source derrière les simulacres des écrans.

Publié dans Prose

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Je me laissais glisser...

Publié le par la freniere

Je me laissais glisser vers l'hiver

tout me semblait facile

je n'étais qu'un mendiant

dessous les porches verts

jamais tu n'aurais dû t'asseoir si près de moi

Je sais bien tu as froid

je le savais déjà

à regarder tes yeux

à deviner ta vie

que tu le veuilles ou non

que je le veuille ou non

tu danses dans mes nuits

mes jours deviennent nuits

pour rêver plus longtemps

et je nage éveillé dans ton visage-pluie

Je ne dirai plus rien

et pas même ton nom

mais ne vas pas trop loin

surtout ne dis pas non

et reste donc pour moi

 comme un printemps fragile

Sur ta poitrine douce

des saisons impossibles

jamais sur ton épaule ne s'useront mes lèvres

jamais je ne prendrai

ton regard dans mes mains

Une feuille de neige cicatrise ton ventre

je déchire les jours pour t'en faire un manteau

 

Jean-Pierre Metge

Publié dans Poésie du monde

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Le Raisin des ours (extrait)

Publié le par la freniere

Quelque chose qui ne fane pas, ne blesse pas, un amour d'altitude. Tout petits souffles, moindres rocailles, herbes maigres, creux de vents, traces d'insectes, je crois aux riens qui valident la vie. Seul l'amour sauve, ai-je un jour écrit désignant toutes formes, toutes choses. Accordée au vivant, malmenée par lui, la fragile condition cherche son sens dans son incomplétude. Je sais d’instinct que même l'ombre parle de lumière.

 

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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Nicolas Landré

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Poésie à écouter

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

 

Nous sommes toujours les mangés d'un mangeur.

Publié dans Aphorisme du jour

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Hasard

Publié le par la freniere

Prendre un papier

Une feuille

Un journal

Pourquoi pas

Au hasard imprimé

Prendre des ciseaux

Sans bouts ronds

Des ciseaux

Aiguisés et

Coupants

Pointus

Bien pointus

Découper la

Forme d’un

Homme

Couper

Couper

À coups de ciseaux

Que les coups

Pleuvent de

Tous les côtés

Attention

Il n’a plus de pieds

Ça fera un

Handicapé

Il en faut

Bien

L’humanité a besoin de

Diversité

Les malheurs font du bien

À ceux

Qui n’en ont

Pas

Couper

Couper

Les coups comme s’il

En pleuvait

Crever les yeux

Deux trous suffisent

Pour voir

L’état du monde

Mieux vaut la cécité

Crever sitôt né

Avant que de comprendre

Pas de bouche

Si

Un trou

Un autre

Une grande bouche

C’est mieux pour

Avaler

Les couleuvres par cargos

Entiers

Ne parler pas la

Bouche

Pleine

Combler cette bouche

Avide

Bourrage de gueule

Bourrage de crâne

C’est pareil

Ne laisser aucun

Espace

Vide

La liberté

Pourrait

S’y engouffrer

Il est ridicule

Votre homme

 

 

Il est mort

Il ne tient pas debout

Peu importe

Dans le lot

Serré contre les

Autres

Il tiendra

Forcément

Il tiendra

 

Dan Bouchery

 

Publié dans Poésie du monde

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