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Mon Apache des Appalaches

Publié le par la freniere

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T'es parti comme le vent,

Partis rejoindre les grands,

Tout est arrivé en même temps

Y'a tellement eu de bons moments

Que je me remémore maintenant...

J'ai plus les enregistrements

Ma maison est partie aussi

Avec tout ce qui avait dedans

Même les souvenirs du bon vieux temps,

Même la galerie ou on jouait souvent,

Les murs, le toit, le plancher ou on a dansé, 

Ton foulard que tu me prêtais et la guitare que t'aimais...

Même les paroles que tu chantais ont pris feu avec tout ce que j'avais...

Et mon chien qui donnait la mesure en tapant dans le mur...

Te souviens tu des paroles... les tiennes, les miennes

Celles qui se mélangent en paraboles, qui sonnent en ciboles...

Des tounes qu'on devait écrire, celle qui veulent pu finir...

Te souviens-tu...des belles soirées au clair de lune autour d'un feu de joie et d'une belle bouteille,

Des amis pis des guitares qui résonnent fort dans le village...

Ici c'est pu pareil... les maisons ont changé, le fun a lâché...

Honnêtement depuis que t'es parti y'a plus rien de pareil...

J'm'ennuie de ton pays des merveilles

Ton Neil Young ton Nelligan me manquent...

Tu me manques...moi qui pensais que t'étais éternel... encore une autre chose que tu m'as enseigné....personne l'est! J'ai pris une photo de toi, elle est accrochée dans ma chambre noire...

À toujours mon bel Apache des Appalaches....

 

Marianne Legendre

Publié dans Poésie du monde

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On dirait du Ponge

Publié le par la freniere

Cette espèce de petite peau rouge…, cet espèce de peluche, de pelure délicate…, cette manière de chemise de dessous, délicate et moulée sur le torse, doucement plaquée, entreposée entre la vraie écorce et le vrai bois…, ce tissu rouge et filamenteux qi n’apparaît jamais qu’aux déchirures de l’écorcement…, maillot rouge brique, rouge très brun moulé sur le corps blanc du bois, blanc bleuté, blanc laiteux, blanc gris, ambré, roux, veiné, tous les blancs moulés sur les muscles du bois, sur les rotules, sur les nœuds, modelant toutes les intentions de l’arborescence, protégeant tout le réseau, le beau corps blanc, les veines et les artères, tout le sang de la sève…

 

Charles Péguy

Publié dans Poésie du monde

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À la recherche du temps perdu

Publié le par la freniere

… tout se passe dans notre vie comme si nous y entrions avec le faix d’obligations contractées dans une vie antérieure ; il n’y a aucune raison dans nos conditions de vie sur cette terre pour que nous nous croyions obligés à faire le bien, à être délicats, même à être polis, ni pour l’artiste athée à ce qu’il se croie obligé de recommencer vingt fois un morceau dont l’admiration qu’il excitera importera peu à son corps mangé par les vers (…). Toutes ces obligations qui n’ont pas leur sanction dans la vie présente semblent appartenir à un monde différent, fondé sur la bonté, le scrupule, le sacrifice, un monde entièrement différent de celui-ci, et dont nous sortons pour naître à cette terre, avant peut-être d’y retourner, revivre sous l’empire de ces lois inconnues auxquelles nous avons obéi parce que nous en portions l’enseignement en nous, sans savoir qui les y avait tracées (…)

 

Marcel Proust

Publié dans Poésie du monde

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Jean-François Caron

Publié le par la freniere

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Publié dans Glanures

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

La littérature opère une décantation des phénomènes du monde et son fonctionnement possède la faculté d’aiguiser les sens, de les décloisonner, offrant une perception multidimensionnelle de ce monde. Le soi-disant problème de la page blanche trouve sa cause dans une grave insensibilité temporaire au monde. Et l’inspiration me paraît être une extrême sensibilité (ou empathie) aux phénomènes physiques, chimiques, biologiques, sociaux, une sensibilité telle, qu’elle oblige le créateur à la canaliser pour ne pas courir le risque d’être blessé par ses perceptions trop aiguës. 

 

Eugène Savitzkaya 

Publié dans Ils ont dit

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La lettre

Publié le par la freniere

J'écris depuis l'intérieur de l'enveloppe.
Les mots ne sont lisibles que les yeux fermés, ou bien il faut faire un
pas jusqu'à un peu plus tard.
Mais c'est juste mon avis. Peut-être, vous savez lire tout le temps.
Moi, ça dépend.

 

L'enveloppe m'ouvre.

 

"Chère vie.
Demain, j'ai tout mon temps pour nous retrouver. Aujourd'hui, je t'écris
et j'essaye de trouver ton nom pour que cette lettre me parvienne..."

 

J'ai compris.
Le corps d'une lettre coud des absences, colle les distances l'une sur
l'autre.
Cette lettre fut un homme.
Il habitait dans les traces de pas sur les plafonds.

 

Je suis ses paumes évanouies, l'orbe de son corps cassé.
Je suis peut-être son souvenir dans vos têtes, visage imprécis,
ondulations écartées. Je reste à inventer.

 

Je suis un peu moi.

 

Je passe à l'intérieur de l'enveloppe. J'ai oublié l'adresse de l'encre.
Je prends une couleur au hasard dans le temps.
Doucement, je me laisse guider par les mains que je serai.

 

... Hier nous a écrit ce matin. Il paraît que tout va bien chez moi. Il
est un peu distrait, il ne se souvient plus de combien tu es..."

 

Je regarde mon reflet dans l'enveloppe.
Les mots à l'envers se contempleront en arrière.

 

Il fut un temps où je ne serai pas recouvert par tout ça.

Est ce que vous me souvenez ?
Dans quel ordre étaient les choses, déjà ?
Ah oui, autour de ma voix, tournait mon visage.
Est-ce qu'ici, on peut être tout soi en même temps ?
Ou ça ne se fait pas ?

 

Poliment, je reste éparpillé en quelques morceaux, très peu, au cas où.

 

J'écrivais des voix avec mon visage sur la feuille.

"... Je préfère demain. Lui, il est drôle. Souvent il invente des
blagues et je me retrouve à l'endroit d'où je suis parti, mais ce n'est
plus moi..."

 

Un jour, les arbres m'écrivaient à travers mes plis.
Quelque chose venait voler la mort dans mes poches, la remplaçait par
des petits cris pliés.

 

Oui, je m'en souviens, ça se passait pas plus tard qu'en ce moment.

 

Un éclair vient me prendre et me rassembler
Le temps d'un grand instant.

 

Ces encres dressées comme des pierres.
La nuit viendra trembler en elles.
Elle est venue déjà, mais c'était en plein jour et elle est passée
inaperçue.

 

Mais elle m'a laissé mes coordonnées.

 

"... Chère vie, il faut que je te laisse, maintenant, car je me suis
oublié. Aujourd'hui, je me souviens juste de qui je ne suis pas. C'est
déjà pas mal. Merci de me dire qui je suis dans ma réponse"

 

J'étais cette enveloppe qui cherchera mes mots

 

Aujourd'hui, j'ai reçu une lettre.
Calmement, je me suis ouvert

 

Stéphane Méliade

Publié dans Poésie du monde

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Entre deux quintes de toux

Publié le par la freniere

Nous ne sommes jamais au-dessus de la souffrance ou de la joie, à peine en-dessous. Tant qu’on reste un homme, on n’est jamais tout à fait bête, mi-ange mi-démon. On a tous un double qui nous prend à la gorge, une main en forme de larme, une autre en forme de poing. Le monde est rempli de clôtures, des barbelés, de portes. Il y a encore des hommes qu’on fusille debout, des femmes qu’on torture, des enfants qu’on enrôle de force. La vie du siècle me déchire. L’avis des comptables m’indiffère. Je n’ai jamais été crédible au regard des banquiers. J’ai raté l’aiguillage. Je me sens frère de chaque goutte de pluie, complice de l’orage, confident des étoiles, narrateur de la beauté perdue. Les choses les plus simples sont de petits miracles, un insecte inconnu folâtrant sur la table, un suisse roux entrant par la fenêtre et chipotant mes mots, un poisson rouge dans ses cloisons de verre, deux geais bleus dans les cèdres me regardant sourire, une souris trottinant sur mon ordinateur, un papillon qui pompe le pollen, les pots de fleurs du balcon dégouttant de soleil, des milliards de larves qui éclosent, un cri de corvidé, une lettre que je croyais perdue qui glisse d’un fauteuil, un poème surgi entre deux quintes de toux. Les dates historiques importent peu. Toutes les pierres existaient avant l’homme. Les jours de montagnes ont des millions d’années. À la merci les uns des autres, chacun cherche à se vendre. Un banquier ne vaut pas un chevreuil, un soldat moins qu’un chien, une simple caresse plus qu’un chèque au porteur. Pour les marchands, la vie est une affaire d’épicerie. Ils auront beau me fouiller, je n’ai rien dans les poches à part mon amour.

 

Cette nuit il a neigé jusqu’au cœur des hommes. Le café chante sur la table, premier regard, premier goût, première odeur. Le pipi du matin réveille l’eau dormante. Je repêche dans l’air des paroles vides ou pleines, des bouts de vie à recoller, des enfants égarés. Derrière les mots, il y a des questions, derrière les gestes des réponses. Il est rare que les deux coïncident. L’être et l’avoir se regardent en boxeurs. Malgré le froid du temps, la chaleur palpite sous mes ongles. Oubliées par la vie, des patates ont germé dans la brocante du cœur. Des oignons font la queue. Rien n’est vraiment perdu tant que le blé repousse dans les tranchées de guerre. Des anges naissent au dépotoir avec des rêves plein la bouche. Des pissenlits tiennent tête au smog des cités. Un chant d’oiseau se mêle au bruit des éboueurs. Des casquettes font la tête sur le cou des années. Le lichen s’accroche aux visages de granit. Une caille courcaille en picorant les foins. Les autochtones voient rouge. La terre battue des pauvres relève son index et pointe vers le ciel. La faim prépare le pain. Un peu de soleil passe à travers les pigeons. La pluie soude toujours l’azur avec la terre, augmentant la focale des yeux. J’ai les mains rougies à force de tirer sur la corde raide et le diable par la queue. Un colibri volant à reculons me provoque à sourire. Je varlope à la ripe en menuisier des mots.

 

Les arbres parlent en dormant, les pierres en se taisant.  Un seau vide préserve le souvenir de l’eau. Avec le pas des phrases, je traverse ma gorge dans le vertige d’être debout. Ce n’est plus l’heure du nombre. C’est un par un qu’il faut toucher la foule, faire de tous quelqu’un. Trempant les mots dans l’encre chaude, renchaussant mes cahiers, je m’apprête à l’hiver. C’est terrible d’écrire. Il faut apprendre à vivre. Il faut savoir aimer. Le véritable bruit de la vie est imperceptible à l’oreille. Il circule des atomes aux voyelles, des étoiles aux consonnes. Il pulse sous la peau et les muscles de l’air. Ce n’est pas la destination qui compte mais le voyage dans l’immobilité. Il permet d’accéder à la vie intérieure. Une simple fourmi peut nous guider vers la lumière. C’est la métamorphose du bas vers le haut nous permettant de voir ce qui n’a pas de fin.

 

C’est l’automne. Les arbres laissent tomber leurs feuilles, dévoilant à chacun leur intimité. Ce qui est fini se prépare à commencer. Ce que l’on perd en profusion se gagne en intensité. Un doigt garde la page où le monde se cache. Il n’y a pas d’attente sans trouvaille. J’ai toujours pris mon temps. On peut vivre sans sauter au cou de chaque minute, sans partir à la course sur le pas des secondes. Habiter dans les bois resserre les liens avec la vie. Habiter la ville les dilapide en gestes dérisoires. Je n’ai jamais vraiment quitté ma vie d’ermite. La présence des autres affadit la nature. À la saison de la chasse, il suffit que les hommes s’en aillent pour que les bêtes reviennent. J’ai découvert ma voix entre une caisse de livres et des raquettes à neige. J’offre mes heures aux pages blanches, celles de la neige ou des cahiers. J’appartiens aux forêts, aux clairs de lune, à l’alphabet. J’aime les gens mutiques, les vieillards sur un banc qui ne parlent qu’aux oiseaux. Le temps des bêtes respecte les saisons, celui des hommes souille le cours des choses. La vraie vie s’agrandit des gestes les plus simples.

Publié dans Prose

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Étude Bush 2005

Publié le par la freniere

Si le monde entier pouvait voter

il n'est pas douteux que le deux novembre 2005

Bush serait battu

en Irak même

dans les pays dont les gouvernements ont soutenus

la politique des US

dans le monde entier le deux novembre 2005

Bush obtiendrait 20% des voix à grand peine

en Grande Bretagne

en Italie

en Pologne

au Pakistan

dans le monde entier le deux novembre 2005

si le monde entier pouvait voter

 

dixit Immanuel Wallerstein,

( Fernand Braudel Center, Binghamton University )

traduit par le site internet Qibla qui les présente ainsi:

"Ces commentaires percutants et pertinents nous aident à comprendre le monde comme il va"

puisque la majorité de la population

pense:

"la guerre était au mieux une grave erreur"

 

et pense encore:

"la guerre était au pire une action illégale et immorale"

 

et également la majorité de la population

dans les pays dont le gouvernement était ( pourtant ) favorable

à l'action des Etats-Unis en Irak: la guerre en Irak,

renversement du gouvernement actuel irakien

( Sadaam Hussein et les cadres du Parti Baas )

mise en place d'une société civile démocratique

dont le système ferait tache d'huile dans toute la région

et réussirait là où les politiques antérieures ont échoué,

à savoir amener la paix au proche orient,

assurer la sécurité de l'état d'israël ainsi que l'accès à la richesse en hydrocarbures

 

mais ce que pense la majorité de la population

c'est que la politique américaine était au pire

une action illégale et immorale

au mieux une erreur grave

au pire illégale, au pire immorale, au mieux une grave erreur,

 

c'est ce que pense la population des pays dont les gouvernements ont soutenus

la politique du gouvernement des Etats-Unis,

la politique du gouvernement de Georges W Bush en ce qui concerne la guerre en Irak.

 

selon ce que pense la majorité de la population du monde entier

selon Immanuel Wallerstein, du Fernand Braudel Center

( ils y ont les moyens de savoir de que pense une bonne majorité

de la majorité de la population )

 

 

 

donc pour résumer:

Si, le le deux novembre de l'année 2005, le monde entier pouvait voter,

il n'est pas douteux qu'en Irak même, Bush serait battu;

Dans le monde entier, il obtiendrait à grand peine 20% des voix.

Et dans les pays dont les gouvernements ont soutenus la politique des US,

- GB, Italie, Pologne, pakistan,

la majorité de la population pense que la guerre était au mieux une grave erreur,

la majorité de la population pense que la guerre était au pire

une action illégale et immorale.

Au pire illégale, et au pire immorale, et au mieux une grave erreur,

c'est ce que pense la population des pays dont les gouvernements ont soutenus

la politique du gouvernement des Etats-Unis,

la politique du gouvernement de Georges W Bush en ce qui concerne la guerre en Irak.

 

Michel Gerbal

 

Publié dans Poésie du monde

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L'urine des forêts

Publié le par la freniere

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Il me faut réintégrer ce réel que je fuis.

En ce sens, les objets me sauvent

de l’accalmie mentale,

voire d’un désespoir impitoyable.

Je regarde le miroir

orné d’étoiles phosphorescentes

depuis que nos baisers ne s’entendent plus.

J’y vois cette femme-objet

dont j’aimerais tant qu’elle m’aime.

Ceci n’est pourtant que l’absence photographiée,

une image déchirée

dans mon cœur.

 

Je parle aux objets dans la nuit,

je n’existe pas

sans liens à soupeser.

Une fenêtre est trahie

par le drap de l’amour :

un rideau en caoutchouc mauve.

Un insecte se promène sur mon bureau,

                        je l’achève

                        ainsi que ce texte,

                        comme la fin d’une vie.

 

Je ne comprends rien à l’univers.

 

Ce sont les objets dont s’émane la vie abstraite

qui seuls me retiennent à la réalité.

Une peine d’amour

qui coule le long de mes joues

comme l’urine de la forêt.

 

Denis Vanier

Publié dans Denis Vanier

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Coucher de soleil à Saint-Norbert d'Arthabaska

Publié le par la freniere

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photo: Dominique Huot

Publié dans Glanures

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