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Journées mondiales de mars

Publié le par la freniere

 

Pourquoi pas une vie mondiale de rien ?

 

Publié dans Glanures

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Une lunule

Publié le par la freniere

Derrière la menace du temps et les semelles de plombs, des semailles d'étincelles éclairent le travail des graines. La bouche du vent sifflote. Les épaules de la pluie portent des promesses de soleil. Sur la route où rien n'a de sens que celui qu'on lui donne, une lunule de lumière désigne l'horizon et le lever du jour. Les jardins reprennent leurs conversations odorantes. On n'en ferait pas un poème mais les choses du commun réconfortent.

 

Ile Eniger 

Publié dans Ile Eniger

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

S'il n'est pas nécessaire d'être malhonnête pour être politicien, pourquoi le sont-ils tous?

Publié dans Aphorisme du jour

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Henry Miller

Publié le par la freniere

Publié dans Les marcheurs de rêve

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La gamelle du chien

Publié le par la freniere

Que serait une vie sans conte de fée, un meuble sans tiroir secret, un espoir sans amour? À la recherche de l'essentiel, nous butons sur des riens. Des charrettes inutiles nous encombrent la tête, allant cahin-caha vers le même dépotoir. Seuls les mots, quelquefois, perlinpimpinent le réel, mais trop souvent le lapin du sens refuse de sortir du chapeau. Il dort comme un loir dans un nid de syllabes. Rien n'est tout à fait blanc ou noir. L'inclination à la débauche côtoie l'aspiration à l'ascétisme. Il y en a qui ne supportent pas les portes ouvertes. Le bruit du monde les rend sourds. La vue du sang les aveugle. Toujours dernier dans la course du rat, je m'inquiète pour un mot, une brindille, une pierre. On a donné tout le pouvoir aux caisses enregistreuses. La vérité navigue entre les statistiques et les rendements boursiers. Le sens des valeurs se perd. Trop d'enfants affamés aimeraient bien manger dans la gamelle du chien.

Le bout d'une allumette palpite comme un cœur et finit par s'éteindre. Trop de choses inutiles, l'ordre et l'argent, nous empêchent de vivre. Il y a des heures qui sont une douleur au ventre, une otite, un oedème. D'autres pétillent on ne sait trop pourquoi. Les jardins ont tous des araignées, les maisons des milliers de fantômes, les hommes des secrets qu'ils n'osent pas révéler. Des milliers de secondes s'entretuent dans ma tête. D'autres chantonnent en faussant. Trop de veuves hantent les cimetières croyant vaincre le temps en vérifiant les morts. La vie est trop souvent ratée et bien ratée. La légèreté pendouille comme un ventre d'obèse. On ne vit pas longtemps avec sa jeunesse en guise de victoire. À force d'habitude et de routine, quand on détache le chien du sens, il ne va pas plus loin que la longueur de la chaîne. L'horizon n'est qu'un leurre. Dans ce tintamarre d'usine, ces gloussements télévisés, ces murmures marchands, l'insatiable vacuité de la volaille humaine, reste-t-il une petite place pour le cœur, une goutte de tendresse, une pincée d'espoir? Si j'ai fait le ménage dans le vocabulaire, j'ai négligé le reste. Il y a sous les meubles un peu de terre sale et des minous de poussière, la poudre blanche du temps sur le bord des fenêtres, des vergetures sur la patine du bois. Les bateaux ensablés m'intéressent beaucoup plus que le strass des vitrines et l'éclat des néons. Ce qui porte le temps porte aussi l'histoire. Les peurs sont là, pleines de crimes à ras bord. Elles se cachent partout, un bruit de chaîne, le hurlement d'un loup, les pas précipités d'un rôdeur à l'affût de la nuit, l'éclair précédant le tonnerre, la suie des ombres sur le mur. Si le dompteur est seul dans la fosse aux lions, il doit sentir la bête. C'est avec des caresses qu'on dresse le destin, qu'on amadoue la mort, qu'on affronte les peurs.

Toute une journée à ne rien faire, à me tourner les pouces vaut mieux qu'une minute à l'usine. Toute une vie bien ratée vaut mieux qu'une gloire illusoire. Il ne suffit pas de fermer la télé pour que règne la paix. Des enfants meurent de faim. Des hommes se tirent dans le dos pour de vrai. Des rats grignotent des cadavres. On bombarde jusqu'aux lits d'hôpitaux. Malgré soi, on pose des questions. Comment ça va la douleur? Comment ça meurt le bonheur? Je me perds dans mes rêves. Aurais-je mieux fait en grand nègre athlétique qu'en petit poète blanc crachotant des sonnets, prenant pour des proverbes quelques roupies de sansonnet. Je me fie à l'indulgence des orties beaucoup qu'à celle des humains. Il y a sûrement des lieux où les clous de girofle remplacent les passages cloutés, où les chapeaux de champignon font oublier les chapeaux de roue. Enlever sa montre ne suffit pas pour que le temps s'arrête. Entre la naissance et la mort, il nous faut bien essayer de vivre. Où certains se dissipent dans l'or, les affaires et l'argent, je bouge les orteils pour me sentir en vie. J'écrase quelques larmes sur la joue, quelques gouttes d'encre sur la page. Je transforme les mots en mer démontée, en bateaux de papier, en pirogues antiques remontant l'Amazone, en criquets pèlerins et leur scie musicale.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Prose

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Nuit blanche, poésie invisible

Publié le par la freniere

photo: Jacques Nadeau  Le Devoir    Le poète Raoul Duguay en 2011

photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le poète Raoul Duguay en 2011

L’équipe de Plus on est de fous, plus on lit promettait une soirée de poésie historique au Musée d’art contemporain (MAC) pour la Nuit blanche de cette année, teintée du double anniversaire de la ville de Montréal et d’Expo 67. Or, c’est à la Nuit de poésie de 1970 que la société d’État a souhaité rendre hommage, ouvrant son spectacle avec le classique de Michèle Lalonde, Speak White, et le clôturant avec le non moins célèbreAlllô Toutlmond de Raôul Duguay.

La salle Beverly Webster Rolph du Musée d’art contemporain était remplie au maximum plusieurs heures avant minuit, et nous avons assisté, debout, à l’événement dans la Rotonde du Musée, pleine aussi. Poésie sold out ! Que pouvait-on espérer de mieux pour la poésie, parent pauvre de la littérature, championne toutes catégories des ventes faméliques en librairie et de la visibilité médiatique diaphane.

Nous en sommes pourtant sortis atterrés, comme dépossédés de ce en quoi nous croyons le plus au monde : la poésie. Celle d’avant, bien sûr, mais surtout celle d’aujourd’hui, parce que vivante, précieuse de son existence devant nous, parmi nous. Maintenant.

Délégation

Le modus operandi de la Nuit de la poésie de 1970 était archisimple : une cinquantaine de poètes se sont succédé pour lire leurs propres textes. Quelques acteurs et chanteurs ont ponctué la soirée, certes, pour offrir des prestations complémentaires aux poèmes. Le portrait de groupe de cette Nuit était un formidable instantané de la poésie qui avait cours le 27 mars 1970.

En comparaison, l’événement de samedi dernier a accordé aux poètes actuels un minable 25 % de son espace total. En effet, sur 44 blocs de prestations, seulement 11 étaient occupés par des poètes qui lisaient leurs propres textes (et nous incluons un conte dans ce nombre) : moins de 30 minutes sur les deux heures du spectacle.

Pour être honnêtes et clairs : plusieurs textes de nos poètes contemporains ont été lus, mais par des comédiens ou en voix off d’archives. Étant donné que Mathieu Arsenault, Joséphine Bacon, Daphné B., Patrice Desbiens, Marie-Andrée Gill, Natasha Kanapé Fontaine, Rodney St-Éloi et Maude Veilleux, notamment, sont des poètes toujours vivants et disponibles (présumons-le), comment justifier que leur oeuvre ait été lue en leur absence ?

Et nous voulons ajouter à ceci une donnée importante : non seulement ces poètes n’ont pas reçu une invitation à venir lire leurs poèmes à la Nuit blanche, mais ils n’ont pas été payés non plus. Vous avez bien lu. On ne les a même pas mis au courant, pas plus qu’on a contacté leurs éditeurs.

L’injure est à son comble. Non seulement considérons-nous que ces poètes étaient les mieux placés pour livrer leurs poèmes, et ainsi faire de la poésie un geste de communication authentique, vrai dans toutes ses imperfections potentielles, vivant parce que fragile, fébrile, mais nous sommes également outrés que leurs oeuvres aient été utilisées sans leur consentement.

Si l’équipe de Marie-Louise Arsenault se targuait d’avoir « célébré en grand la si belle et si riche poésie d’ici », selon le profil Facebook de l’animatrice, il est honteux que cette fête ait été donnée aux frais et aux dépens des poètes.

Nous sommes capables d’apprécier le talent évident de ces visages connus de notre culture télévisuelle qui y participaient, mais une Nuit de la poésie doit être composée de poètes vivants (c’est pourtant pas compliqué !), sans quoi elle n’est qu’une mascarade précautionneuse pour bien-pensants. Mais à Radio-Canada, on doute manifestement de la capacité de la poésie à se défendre seule.

Félicitations, donc, aux quelques poètes invités pour votre présence cruciale. Nous aurions tant souhaité vous voir entourés de poésie actuelle et vivante, des dizaines et dizaines de poètes merveilleux que nous voyons, régulièrement, sur toutes les autres scènes de la poésie, auxquelles nous convions par ailleurs chaleureusement le public — et les gens de Plus on est de fous, plus on lit.

Enfin, à toutes et à tous les poètes absents de la Nuit blanche, nous nous rallions derrière ces mots de Raôul Duguay, prononcés en fin de spectacle : « un instant de silence, s.v.p., pour tous les poètes, les vrais, qu’on n’entendra jamais ».

 

Catherine Cormier-Larose et Sébastien Dulude - Respectivement poète, critique et fondatrice du festival Dans ta tête et poète, critique et éditeur |

Publié dans Glanures

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Traverser la pluie

Publié le par la freniere

La pluie tombe tranquillement sur les briques d'Albi. Je tue le temps entre deux rencontres dans ma chambre d'hôtel, devant un douteux reportage télé qui raconte l'obsession d'une dame pour retrouver son yorkshire et l'obsession d'une autre à ne pas vomir. La première passe ses journées dans sa voiture à scruter avec des jumelles tous les caniches qui passent. La peur d'être malade rend malade la seconde. Je coupe rapidement le son et regarde la pluie ronronner dans le ciel gris. Aujourd'hui j'ai rencontré des lycéens et des professeurs qui m'ont invité pour partager quelques poèmes. J'ai fait sept heures et demi de train pour partager quelques poèmes. Je suis seul maintenant dans cette chambre d'hôtel et c'est comme si la pluie réduisait toutes les distances. Entre moi et eux. Entre moi et les miens. Entre moi et les autres. Les humains sont prêts à tout pour se sentir un petit peu moins irrémédiablement seuls. Prêts à chercher sans fin un caniche perdu. Prêts à se rendre malade de tout même d'une idée. Prêts à traverser le pays. Prêts à traverser la pluie pour partager un poème. Les journées de train et d'hôtel ne me dérangent pas. Elles me permettent de mieux retrouver ceux que j'aime quand je rentre. Des élèves m'accueillent et m'écoutent avec curiosité. Des professeurs m'invitent et transmettent mes textes avec bienveillance. La poésie m'a sauvé la vie. Elle accompagne mes peurs, mes manques et mes doutes. Elle tient ma solitude par la main. Elle m'a donné une raison valable de traverser la pluie. Le temps de gribouiller ce texte, la jeune fille aux tocs du reportage se torture pour ne pas replier complêtement le rideau de douche, et la dame consulte une voyante pour son yorkshire. Je n'ai pas envie de me moquer d'elles. Nous sommes ces petites bêtes tragiquement grotesques. Nous luttons, toutes et tous, avec nos grigris dérisoires. Notre insignifiante magie. Nous luttons. Nous nous mouillons. Et parfois d'un petit coup de langue nous gouttons la pluie. Et parfois c'est bon.

(dans une chambre d'hôtel d'Albi le 7 mars 2017)

 

Thomas Vinau

Publié dans Poésie du monde

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Comme un hiver satisfait du gel

Publié le par la freniere

Le gel qui mange la terre
Est-ce le signe d’un pays
Réduit à disparaître
Sous une neige de passage
 
Nous sommes cet hiver de force
Nous sommes venus ici
Pour vaincre le temps
Par le silence que nous fûmes

L’arme des condamnés d’avance
À mourir de froid
 
 
 

Publié dans Poésie du monde

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L'écriture au canif

Publié le par la freniere

photo Jacques Desmarais

photo Jacques Desmarais

Berma Biou, Dear Abedul, ils disent que tu supportes humblement la chaleur, les grands froids, les sols pauvres, les voyageries en canot, les alexis, n'importe quoi, mais pas la sécheresse. Pas la sécheresse! Du frèle. Du trèfle. Des rêves. Arbre au bas mot dentelé des amoureux. Arbre de sève entre les arbres et le ciel bleu. Arbre du renouveau, de la lumière. Centenaire. Dépuratif. It ain't me Babe. Arbre aux allures féminines, aux branches noires qui pincent, à l'y " de noir Jésus " qui s'exfolie, aux fourches qui attisent avant les braises. Arbre de lenticelles horizontales, arbre des amoureux de la salive. Arbre de l'écriture au canif. Pas la sécheresse bouleau! Pas la sécheresse du temps présent.

Jacques Desmarais

Publié dans Poésie du monde

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Chaque pissenlit

Publié le par la freniere

Les gens de mon village n'ont pas de pieds, mais des pneus, de l'huile à vidange au lieu du sang, une soupape à moteur à la place d'un cerveau. Même les fraises y ont un goût de pétrole. La culture reste en panne au fond d'un vieux garage entre un licol et deux charrettes à foin. L'économie éteint le feu dans la paille des mots. La terre a mis sa robe d'été, son calicot de fleurs sauvages. Ce qui s'habille se dénude, de la plage à la branche. Chaque pissenlit fait sa fête au soleil. La pluie n'est pas jalouse. Elle se souvient de la caresse des vers de terre et de la soif des fougères. J'ai traversé la plaine où terre et ciel se marient. Me voici dans les pins, les chênes, les bouleaux. Un arbre en appelle un autre comme un oiseau de branche en branche. Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres.

Les années s'accumulent, mais alourdissent l'ignorance. J'ai toujours préféré le hi-han des ânes à celui des ambulances, le bonnet d'âne au képi militaire, la peau nue d'une femme aux robes griffées, le jardin de Prévert aux graphiques de Marcellin Pleynet, le fracas des abeilles aux statistiques des comptables, m'écorcher la peau aux ronces des mûriers à brouter les pavés. Sans vraiment le vouloir, les yeux finissent par créer ce qu'ils voient. Si la chaleur augmente la lumière, le froid améliore la clarté. Quand il ne restera plus que les mots de la terre, j'en sèmerai partout. Il poussera des fleurs sur le plancher des banques, des arbres dans les rues, des ruisseaux pour les pieds des enfants, des pierres pour s'asseoir. Il faut savoir aimer pour que les mots retiennent la mémoire des corps.

Ce n'est pas la loi qui m'inquiète, mais ceux qui la respectent, le Christ aimant sa croix, les esclaves qui caressent leurs chaînes et dilapident leur espoir en billets de loterie. Qui donc leur a fait croire qu'on peut sauver le monde par une catastrophe? On entre à l'usine comme dans l'idée de Dieu. La paie est devenue l'église. Nulle part c'est partout et partout c'est nulle part. Même fermés, les yeux n'arrêtent pas de voir. L'ouvert et le fermé s'épousent. On vit, on meurt, à chaque instant. On ne voit pas le temps. Il y a trop d'espace autour. Il est déplorable qu'on doive connaître la prison avant de s'évader. Ce n'est pas comme la chenille dans un cocon. L'homme n'est pas un papillon.

Je ne sais pas tout à fait ce que je vois. Malgré le jargon des savants, la vie reste un mystère. Je regarde le monde à travers les robes des femmes. Il ne faut pas confondre le labyrinthe avec l'errance, l'abstraction et la transcendance. Tant qu'il reste un contraste entre la chair et l'acier, l'espérance subsiste. Je cherche un peu d'amour parmi les blessures, les maladies, les morts. J'ajoute du réséda à l'abstraction, de la menthe à la tisane amère des années. Le temps est parfois si compact qu'on le touche du doigt. Il est difficile d'imiter le pschi des chats avec des cubes d'alphabet rongés par les souris. Il faut avoir aimé pour créer la beauté, avoir été heureux pour croire à la bonté.

Jean-Marc La Frenière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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