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La complainte de Jean Quemeneur

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Le garde-fou

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Tourments de mémoire

Publié le par la freniere

Il y a toujours des mots et des cris
dans les mémoires d’hommes.
Moi, je ne sais oublier.
Encore résonnent ces mots
qu'aux veillées
l'on cachait aux enfants.

Derrière l'air grave des anciens
je n'ai rien su de l'oncle disparu dans un camp
ni vu la douleur et les larmes
quand, dans un sourire amer,
on nous disait : "Allez jouer les enfants".

Longtemps, sous les nuages,
des mots et une terre effacée
ont joué l'amnésie
avant que je n’apprenne l'histoire des "Amants d'un jour"
celle d’Odette, cette tante suicidée
qu'Edith Piaf chanta.

Longtemps les mots ont joué l'amnésie
avant que l'on ne me raconte
l'histoire d'une lettre insipide
dont l'endos indiquait : "Madame veuve S"
en un temps où Franco assassinait
en un temps où être républicain était un crime.

Sous le franquisme, parler des purges était périlleux !
Un simple revers d'enveloppe nous avait alertés :
le cousin de grand-père était mort

C'était un temps
où la censure imposait le silence
jamais nous ne sûmes
ce qu'il advint de ces parents.

Seul, parfois un cri remonte
d'une mémoire qui ne veut pas mourir.
Cette nuit encore il grinçait
un peu plus fort que la nuit.

Jean-Michel Sananès

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En répétition

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En répétition

Le pianiste Philippe Noireault en répétition avec Renée Claude, Monique Giroux et Andrée Lachapelle en 2001.
(crédit photo: archives La Presse)

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Le Conventum

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C'était le 13 mai 1974 que naissait légalement un lieu ou ont convergé un grand nombre d'activités expérimentales qui ont permis la rencontre de tant d'artistes: Le Centre d'essai le Conventum. Le lieu avait d'abord appartenu à un groupe de comédiens (Jean-Louis Roux, les frères Gascon, Guy Hofman, et ?) qui y avait installé l'atelier de décors et de costumes du Théâtre du Nouveau Monde avant de devenir le local de l'association des peintres, graveurs et sculpteurs du Québec. Nous y avons été accueillis par Armand Vaillancourt et Jean Gauguet-Larouche et nous y avons fondé l'Atelier d'expression multidisciplinaire et de ses rencontres / questionnement animé par Patrick Straram le bison ravi, le poète Gilbert Langevin et le sculpteur Armand Vaillancourt lors de sa création en 1972. Arts, Cinéma, Écriture, environnement, sculpture y étaient discutés à chaque semaine. Ce haut lieu de la création que l'on pourrait comparer au célèbre Kitchen de New York fondé en 1971, sera actif jusqu'en 1983. Un groupe du Saguenay s'installe au 1237 Sanguinet: André Duchesne (Premier président du syndicat de la musique au Québec, CSN), les frères cinéastes Serge et Jean Gagné, les frères Alain-Arthur et Régis Painchaud. D'autres amis se loindront au noyau initial avec les différentes moutures du groupe musical Conventum. Avec André Duchesne viendront Jean-Pierre Bouchard, René Lussier, les frères Michel et Jean-Pierre Tremblay, Bernard Cormier, Mathieu Léger, Jacques Laurin, Jean Derome et le poète Alain Arthut Painchaud. La scène du Centre d'essai est active 365 jours par année,10 années durant. Petite salle de 168 places, parfaitement équipée pour la danse, le cinéma, le théâtre et la musique, un Hall servant aux expositions et le Bar A au rez de chaussée, notre première cellule d'autofinancement!. Parmi les activités organisées par le Centre d'essai, retenons La Semaine du film sur les Tablettes (1974); la Rencontre internationale de la contre-culture en présence de William Burroughs et d'Alan Ginsberg (21-27 avril 1975); les Journées du cinéma différents français, suisse et belges; les concerts du groupe Nébu formé en 1974 par Jean Derome, Pierre Cartier, Robert Leriche et Pierre St-Jak; le groupe Gropus 7; Claude Vivier et ses huit voix de femmes; Le Mai Théatral,16 troupes de théatre, 37 représentations qui a donné naissance à l'ATTAQ (Association des travailleurs et travailleuses du théâtre autonome autogéré du Québec; la Quinzaine des femmes organisée par Christine Balta; la quinzaine des premiers combattants du cinéma d'hier et d'avant-hier; Les journées des prisonniers politiques; Areski-Fontaine; La Nuit Expérimentale; ORANGES la première chorégraphie d'Édouard Lock, JOE ET RODOLHE de Jean Pierre Perreault aux vénements de la Pleine Lune; MARGIE GILLIS en solo; GINETTE LAURIN DANSE; PARLEZ-MOI DU CUL DE MON ENFANCE de Paul-André Fortier; Petite danse pour Serge Lemoyne de Monique Giard; NOUVELLE AIRE en liberté dirigée par Martine Époque; 13 chorégraphes pour 2 danseurs avec Monique Giard et Daniel Soulières et de multiples ateliers choréographiques QUI DANSE?. Plusieurs événements ponctuaient les programmations régulières: A propos de la question du logement; l'Événement 1837; CLOCKVILLE pour célébrer la 1000e représentation d'un spectacle sur scène au Conventum; des Tournées ponctuelles au Québec et en Europe: QUÉBEC À BORDEAUX avec une trentaine d'artistes du Québec en danse, peinture, photographie, musique et cinéma); QUEBEC À MASSY avec l'escousde de la Muralité, Les Enfants du Paradis, les musiciens de Conventum et une équipe de cinéma.

Si le temps me le permet, je reviendrai certainement sur cette époque parfois opaque ou la lutte contre les ralentisseurs a fait partie du quotidien et ou le pic des démolisseurs a eu raison, comme l'avait fait 10 ans plus tôt, notre bon maire Drapeau, avec l'Îlot des Voltigeurs!.

Régis Painchaud

Le Conventum

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Dans les bois

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Dans les bois

(Marchant dans les bois un jour sec de début

printemps, sur les pentes derrière la ferme de Landing Lanes

sur la rivière Kentucky avec Tanya et Wendell)

Sous les feuilles mortes Tanya trouve une tortue

Qui se confond avec les feuilles - les pattes à l'intérieur -

Et regardons les taniers des marmottes couler

sous les saillies de rochers

Couches au fond de la mer,

Celui qui vit là-bas laisse derrière le poil

sur les coquillages et les coraux,

Presque tous les taniers avec des feuilles et des brindilles à l'entrée,

Personne à l'intérieur.

Wendell, accroché,

Mets ton visage dans un repaire de marmotte

" Hé, sentez ici, c'est un renard !"

Je me plie sur les genoux,

Je mets l'ouverture sur le visage

comme un masque. Pas de lumière ;

Tout odeur : acre - chaud -

Des os en morceaux, le crack ? Des plumes ?

Corps entrelacés - sauvage -

Une sorte de maison.

Gary Snyder

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Renée Claude chante Les Beatles

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Shippagan-La vie d'factrie

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La cervelle des anges

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J’ai passé deux mois en Louisiane à manger des écrevisses et du gombo, deux mois dans les bayous, deux mois au pays des crocodiles et des tortues géantes. De la ville des anges au désert navajo, des villages red-neck aux gratte-ciel new-yorkais, j’ai traversé tous les états. J’en parle encore avec le cœur du continent. Du western aux rythmes noirs, de la guitare aux tambours amérindiens, mes mots portent le blues et l’odeur des marais. Before I die, I want to live. Me faut écrire pour être vivant. Les chapeaux des champignons nous saluent, le chagga des bouleaux, les entailles des érables, les entrailles du vent. Les petits doigts de l’herbe nous font signe. L’écriture est posée comme un emplâtre sur la langue, un moignon soulevant la grammaire. Les mots ont la figure d’un clown. Ils passent en un rien de temps du rire aux larmes, du silence à la parole, de la joue à la boue, de la roue à la route. Le blues est un ami. Quand je suis seul, il remplace l’alcool. Chaque note est une goutte. Chaque note bleue soule mon âme. Parfois c’est de l’eau, parfois c’est du jus. Ce n’est jamais du coke ou de la coke. J’ai troqué la dope pour la luzerne, le cash pour du foin, les bras percés pour l’avoine et l’aveu.

 Ce qui manque prend le pas sur le reste. Écrire, c’est écouter les autres. Le plus important est de rester libre. Les paysages nous collent aux paupières. Le bleu du ciel farde les cils. Le blues imprègne jusqu’à la peau des blancs, des jaunes, des rouges. C’est une question de cœur et de cul, de musique et de souffle. Les phrases ont les yeux remplis de couleurs. J’ai marché longtemps vers l’horizon. Je continue la route sans sortir de chez moi. Je suspends la lessive des mots, les guenilles du sens, dans la cabane du vent, la cahute des saisons. Je recouds les haillons du discours.

Peut-être que les blessures bleuissent, que les feuilles rougeoient, que les bosquets verdissent, peut-être que les silences se mettent à parler, que les fleurs, que le plantes, que les mots, que les haillons s’habillent de beauté, que les mains font des gestes et les regards dessinent, peut-être ai-je pris goût au vol des oiseaux, à la force des bêtes, à l’encre et au papier, peut-être que le temps vide les tiroirs, change les meubles de place et secoue les tapis, peut-être que je fais des fausses notes dans les chaises musicales, des faux pas sur la route, que les idées colorent la cervelle des anges.

 

Jean-Marc La Frenière

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Le monde est fou

Publié le par la freniere

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