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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

 

Il n'y a plus d'éthique. L'honneur est sauf tant que la faute n'a pas été révélée.

Publié dans Aphorisme du jour

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Un langage

Publié le par la freniere

 

Las de tous ceux qui viennent avec des mots, des mots mais pas de langage,
je partis pour l'île recouverte de neige.

 

L'indomptable n'a pas de mots.
Ses pages blanches s'étalent dans tous les sens!
 

 

Je tombe sur les traces de pattes d'un cerf dans la neige.
Pas des mots, mais un langage...

 

Tomas Tranströmer

Publié dans Poésie du monde

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Jusqu'à demain

Publié le par la freniere

Même si le monde se massacre pour un plein de gasoil, l’espoir fait son nid dans l’encoignure du temps. Il suffit qu’un enfant titube vers la vie, qu’il tombe et se relève. Le moindre de ses pas nous sauve jusqu’à demain. Il grimpera jusqu’à l’arbre pour y manger ses fruits.  Il transporte avec lui la terre et la semence, la souffrance et la joie. Il suffit d’un loriot dans le champ du regard, d’une fourmi sur la pierre, d’une paupière qui s’ouvre sur un rai de lumière, d’un ventre de mésange au milieu de la neige, d’une silhouette de cerf sur un sentier perdu. Il suffit que l’épaule des routes partage son manteau. Il faut persévérer même quand la douleur épouse les dimensions du corps. Venu des arbres, le papier chante encore par le nom des oiseaux. Le silence bourdonne dans une chambre pleine d’oreilles. La vie passe trop vite. On n’a même pas le temps de se laver les mains, de voir jusqu’au bout, de boire à la fontaine.

        

J’ai l’appétit des mots. Ici, pas d’épithètes à lorgnon ni majuscules griffées, du simple Garamond en étoffe du pays, des syllabes gutturales qui font le sang épais. Mes seuls vrais liens avec le monde sont un crayon et du papier. Pour qu’une chose vive, il faut que je l’écrive. Je suis partout où je veux être. J’ai découvert la vie en rêvassant. Tout s’écrit sur la peau, le soleil et l’orage, la douceur et la rage. Tout se dit par le vent, les feuilles qui tremblotent, les nuages qui passent. Avant d’être abattu, un arbre porte ses fruits jusqu’à la graine en terre. Dans la garde-robe de l’univers, il y a assez de linge pour tout le monde, assez de notes pour chaque oiseau, assez de couleurs pour les saisons, assez d’amour pour chacun, mais les marchands disent le contraire. Ils préfèrent vendre que donner, tout détruire si la guerre est payante et transformer l’amour en objet de série. L’humanité pour eux se calcule en clients. Leur cœur est tellement vide qu’on s’y promène en limousine.

        

À l’oreille des patrons, un ouvrier vaut moins que le bruit des machines. On rentre dans une banque comme on entre à l’église. C’est enfantin de le dire, mais faire de l’argent rend les gens méchants. Quand les canons se taisent, on nous fabrique une paix pire que la guerre. Ceux qui ont mal cherchent vengeance. Ceux qui ont tort parlent plus fort. Ceux qui ont tout ne donnent rien. Ceux qui sont pauvres le partagent. À voir les choses disparaître, on se regarde disparaître. Monsieur Personne ne parle qu’au néant. S’il faut semer des larmes, que ce soit par amour. Un arbre ne sait pas qu’il finira cercueil, matraque ou bien gibet. Il travaille à produire d’autres arbres plus beaux. Je peins sans oublier les regards en banqueroute, les yeux sans provision. J’écris sans oublier le pain, celui qui manque sur la table, celui qu’on mange miette à miette, la sève qui voyage de l’écorce à la porte, de la bûche à la cendre. Qu’on ajoute un parfum aux roses de plastique ne fait pas le printemps. La vie n’est pas ce qu’on écrit. Ce qu’on écrit se vit. Même tachée de prose, une ombre de poème éclaire dans le noir.

        

Qui est-on pour juger une pomme, un colibri qui fuit, un platane qui pleure, une épine qui saigne, la prose de la pluie écrite goutte à goutte, le ruisseau qui renaît dans le cratère d’une bombe, les planches qu’on ramasse au milieu des décombres ? Qui est-on pour détourner les eaux et enchaîner le vent ? Qui est-on pour effacer le texte et teindre l’horizon ? Depuis que les mots se vendent pour du papier-monnaie, je n’ai pas plus de pain. Les miens tendent la main, non pour la quête mais l’accolade. Je transporte avec moi un azur inventé, un loup qui hurle dans mon ventre. Je suis en appétit. Je mange tous mes mots. On n’entend plus qu’un râle dans le coin d’un poumon. Une phrase fait la roue. Un mot en tire un autre. Une image fait la moue sur le grain du papier. Les mots comme les morts se cherchent un squelette. Habillé de voyelles et chaussé de consonnes, je garde l’âme à nu, la parole enfantine comme le cartilage.

Publié dans Prose

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La boucherie

Publié le par la freniere

Ses paroles sont comme des brebis : elles

bêlent. Et vont avec leur gros lainage blanc

comme vers une bergerie : librairie des champs

où les gardiennes des petits troupeaux de poésie

auront pour le livre des attentions de bergère.

 

(Mais ses bêlements finiront dans une boucherie.)

 

André Schmitz

Publié dans Poésie du monde

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

 

Pour être du verbe être, je tue le verbe avoir.

Publié dans Aphorisme du jour

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Dire trop et dire trop bien : mes deux épouvantails.

 

Alain Bosquet

Publié dans Ils ont dit

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Frères de Terre

Publié le par la freniere

Je n’ai pas de frères de race,
j’ai des frères de condition,
des frères de fortune et d’infortune,
de même fragilité, de même trouble
et pareillement promis à la poussière
et pareillement entêtés à servir
si possible à quelque chose,
à quelqu’un, même d’inconnu,
à quelque frère de même portée,
de même siècle, ou d’avenir….

 

Je n’ai pas de frères de race,
ni de religion, ni de communauté,
pas de frères de couleur,
pas de frères de guerre ou de combat,
je n’ai que des frères de Terre
secoués dans la galère
des espoirs et désespoirs
des mortels embarqués,
des frères de rêves partagés
et de peurs trop communes.

 

Je n’ai pas de frères de race,
j’ai des frères de condition,
bien différents et très semblables,
d’ailleurs terriblement interchangeables
dans l’égoïsme
ou dans la compassion…

 

Des frères tout pétris de l’envie
de partager leur solitude avec le pain
et parfois le bonheur insigne
d’apprendre ensemble à dire non…

Je n’ai pas de frères de race,
mais des frères dans le refus
de n’être qu’un passant,
des frères par l’art et par le chant,
et l’énergie déployée chaque jour
à tenir tête au néant.

 

Des frères à travers les âges,
la géographie et les frontières,
- et qui sait même, au-delà de l’espèce,
peut-être un frère en tout vivant…

 

Michel Baglin

Publié dans Poésie du monde

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Combien de temps

Publié le par la freniere

combien de temps combien de pages
avant la blessure du soir
combien de pluies et de nuages
et de lumières disparues
les regards brillent dans les songes
comme des étoiles perdues
les voix s’éloignent sur la rive
comme un écho exténué
fidélité du paysage
au crépuscule des saisons
combien de pas combien de gestes
sous la poussière des instants
sous la musique renaissante
et la vertu du quotidien
combien de mots à fleur de lèvre
combien de silences criés
et de combats et de défaites
et de cicatrices cachées
le fleuve coule dans nos veines
sa mélodie recommencée
et s’élargit vers l’estuaire
de la dernière traversée
c’est la rosée de l’habitude
sur cette ride devinée
comme une larme renaissante
à chaque instant de la journée
combien de corps et de visages
à oublier quand vient le soir
et de minuscules naufrages
pour préparer au gouffre noir
à quoi bon la folie des sages
et le murmure des savoirs
combien de temps combien de pages
avant la vérité du soir

 

Pierre Maubé

Publié dans Poésie du monde

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

bruchac.jpg

 

Joseph Bruchac est l’auteur aussi bien de récits de fiction que de poésie. Il a également recueilli les contes des peuples Iroquois et Abenaki dont le fameux : Thirteen Moons on The Turtle’s Back. Récompensé par un prix littéraire, il apparaît, en tant qu’auteur ou co-auteur, dans plus de cinq cent publications et dans une bonne soixantaine de livres. Il a fondé avec sa femme Carol la maison d’édition The Greenfield Review Press, et il est le directeur de la revue littéraire  The Greenfield review. Son travail d’éditeur et de revuiste ont débouché sur des ouvrages d’anthologie. Il aime aller à la rencontre des artistes comme lui, d’ascendance Indienne En effet Joseph Bruchac est certainement aux U.S.A. celui qui connaît le mieux la poésie Indienne et ses auteurs, en cela il est leur plus ardent défenseur. Il vit au pied de la montagne Adirondack, dans la ville de Greenfield, dans le nord de l’état de New-York, dans la maison où ses grands parents maternels, membres de la nation Abenaki, l’avaient élevé. Malgré des ascendances Anglaises et Slovaques, il affirme que c’est son héritage Indien qui l’a le plus nourri.

 En 2003-2004, Joseph a vu édités deux recueils de poèmes (éditions West End Press) : NDAKINA (notre terre en langue Abenaki) et ABOVE THE LINE.

En mars 2005 paraît un roman, intitulé CODE TALKER, retraçant la participation des Indiens Navajo à la deuxième guerre mondiale, notamment dans le codage des messages secrets de l’armée , à travers la vie d’un jeune héros de 16 ans.

Joseph Bruchac, est le plus ardent défenseur de la littérature Indienne sur le sol Nord-Américain. Il dédie son recueil NO BORDERS ( dont sont extraits les trois poèmes) à tous ceux qui pour regarder la terre n’ont pas recours aux cartes. Ces textes tout droit tirés de son héritage Abenaki, sont un témoignage mais aussi une réflexion sur la notion de frontière : un terme cher au mythe de la conquête de l’ouest qu’il convient de remettre en question sous l’éclairage des événements mondiaux contemporains.

 

 

Four Quatre                                

(en opposition au chiffre trois, à la trinité du monde chrétien)

 

Quatre est le chiffre
de la création,
les quatre grands parents
qui ont bercé nos souffles.
Quatre est l’équilibre
des directions :
nouvelle aube à l’est,

haleine chaude du sud,
rouge crépuscule à l’ouest,
chevelure blanche de notre aîné le nord.
Quatre est la parenté
entre les bras
de la terre et du ciel
la logique du croisement des chemins
au contraire du triangle –
pyramide hiérarchique
son élite au sommet aiguisé
pendant qu’au dessous la multitude
accablée par le poids
est incapable de tenir debout.
Quatre est la magie,
le choix fait pour partager
nos vies avec
les durables anciens,
Feu et Terre,
Eau et Air.

 

Maple sugaring moon

Just when the snow begins to leave,
the edges of our northen woods,
the maple trees once more will bring
sweet sap up from their roots.
An Abenaki story said
that maple trees once flowed pure syrup.
All through the year, you only had
to break a twig tofill your birchbark cup.
Thas was so easy, the people got lazy.
They just stretched out beneath the trees,
mouths open, drinking all through the days.
Glooskap, the giant who helped the people,
saw this was wrong, and so he placed
much water into every maple.
So, to this day, it is not easy
to get our harvest from the trees.
We boil down forty gallons of sap
for every gallon of maple syrup.
But even though Glooskap made it harder,
that work makes our maple syrup taste better.

 

Lune du sirop d’érable

Quand la neige commencera juste à disparaître,
à l’orée de nos bois nordiques,
les érables encore une fois nous apporteront,
montée de leurs racines, une douce sève.
Une histoire Abenaki racontait ceci :
Une fois, les érables versèrent du pur sirop.
Tout au long de l’année, il suffisait de casser un rameau
pour remplir votre coupe en écorce de bouleau.
C’était si facile, les gens en devinrent paresseux.
Ils se contentaient de s’allonger sous les arbres,
la bouche ouverte, et de boire toute la journée
Glooskap, le géant qui aidait le peuple,
vit que c’était là mal faire, et donc il mit en réserve
beaucoup d’eau dans chaque érable.
Et depuis ce jour, ce n’est pas aisé
de faire notre récolte auprès des arbres.
Nous faisons bouillir quarante litres de sève
pour n’obtenir qu’un seul de sirop d’érable.
Mais bien que Glooskap l’ait durci,
ce travail rend le goût de notre sirop bien meilleur.


Worn by the rain

Holding my father’s shotgun in my left hand
I pass it through the sweetgrass smoke,
 then touch the shell filled with #6 birdshot
to that wound in my flesh which will not close.
It is dark, clouds hide strarving moon
three days after full, and there is no wind
as I jack the shell into the chamber,
then lift the stock to my shoulder.
I point the barrel to the mourning sky,
towards the southeast and then I say,
Grandgfather, I send this back to the place
from which it came. Let the healing start.
The thud of the shot rings in my ears.
The cordite smell is sweet as srtuck flint,
and some where, from the arc of anger,
a green star falls after this thunder.
That night, five winters after his death,
I dream once more my father’s voice.
Takwanipihesan, he says. A guide
gave him that word in Newfoundland.
And now it begins, for he speaks
of sky colors, that ancient promisre
of peaceful days the Dawn People name
Takwinipihisan –" " Coat Worn by the rain. "

 

Usé par la pluie

Tenant le fusil de mon père dans la main gauche
je le fais passer dans la fumée de *sweetgrass,
puis mets la cartouche remplie d’un calibre six pour oiseaux
au contact de la blessure dans ma chair qui ne se refermera pas.
Il fait sombre, les nuages sont en selle sur une lune affamée
trois jours après sa plénitude, pas un souffle de vent,
j’enfonce la cartouche dans la chambre
puis lève la crosse à mon épaule.
Je pointe le canon vers le ciel endeuillé,
en direction du sud-est , puis je dis
Grand Père*, j’envoie ceci de l’endroit
où il est venu, que la guérison commence.
Le bruit sourd de la détonation résonne dans mes oreilles.
L’odeur de cordite est aussi douce que celle du silex frappé
et quelque part, après ce tonnerre, décrivant une courbe,
une étoile verte en colère tombe.
Cette nuit, cinq hivers après son décès,
Je rêve encore de la voix de mon père.
Takwanipihisan, dit-il. Un guide
lui avait donné ce nom dans le Nouveau monde.
Et maintenant apparaît
celui des temps anciens, la promesse des temps de paix,
celui dont le nom fut donné par Le Peuple De L’Aube,
parce qu’il parle des couleurs du ciel


takwanipihisan  "  Manteau Usé Par La Pluie . "
* Sweetgrass : herbe sacrée que les Indiens brûlent afin que sa fumée purifie. Nom scientifique : Hierochloe Odorata


Grandfather : mot utilisé pour les invocations au ciel. Les Indiens disent familièrement Grand-Père le ciel, Grand-Mère la lune.

 

Joseph Bruchac

 

Traduction : Béatrice Machet

Publié dans Paroles indiennes

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Avec mon loup

Publié le par la freniere

Un loup m’accompagna longtemps, treize ans de poils et d’amitié, de tendresse et d’instinct.  Il fut mon maître et mon élève. Il attendait de moi plus qu’une promenade à ses côtés, plus qu’un os à ronger. C’est pour ses saisons que j’aime ce pays, pas pour ses concours de peureux, ses diplômes de lâcheté, ses ministres aux doigts longs mais à la courte vue, ses petits maires de province dilapidant nos terres pour une auto de l’année et qui rêvent la nuit d’asphalter nos lacs pour en faire des parkings. C’est pour ses chevreuils, ses pimbinas, ses pins que j’aime ses forêts, pas pour ses skidos, ses seados, ses hummers. Même enfant, je n’ai jamais dormi d’un sommeil sans rides. Je dors sur le bout d’un crayon, perdant mon encre entre deux rêves. Il y a longtemps que les moteurs ont détrôné les anges, que les fusils parlent plus fort que le bois des violons, que l’espoir se nourrit de squelettes d’oiseaux. La grande voile de l’air est trouée de partout. Elle n’atteint qu’à grand peine les rivages du ciel. Trop d’avions, trop de smog et de fumées d’usine ont effacé d’un trait les leçons de lumière. Les fruits s’étiolent en recrachant leurs sucs remplis de pesticides. Les bourgeons ouvrent à peine les doigts tendres des feuilles. Les fleurs s’enfuient par le parfum des fruits. Dans les bols d’eau laissés par les chevreuils, des insectes se terrent. Les enfants, quittant la branche pour une chaise, désapprennent la vie. La terre sous la neige se résume à l’attente.

 

Le diable rôde, les poches pleines de fric. Il achète les âmes pour remplir ses usines. On vit dans le confort mais on ne sait plus vivre. On doit téléphoner pour se parler d’amour. On se donne un baiser sans fermer la télé. On ne rêve plus vraiment, on se fait du cinéma. Les moineaux mendigotent au parvis des églises. Une odeur d’épouvante se glisse entre les murs. Quittant les somnifères, je bivouaque encore du côté de l’abîme. Au passage des oies blanches, l’exubérance revient. La sève reprend vie. Les quiscales réveillent les arbres en dormance. La montagne relève sa longue échine usée. L’eau du lac faseille. Dans les trous d’arbres, les troncs, sur les fils électriques et le toit des galeries, les tamias font la fête. Les suisses font la course. Les oiseaux font la cour. Les mains du paysage caressent le regard. Je prends à même le tronc les lettres du pommier. J’agrandis l’enjambée à la longueur des routes. Un carnet à la main, je marche entre les mots et les images. Que chantent les oiseaux, que disent les ruisseaux, si ce n’est aimez-nous ? Je n’ai pour seule réponse que ma vie à manger. Je parlerai aux bêtes si les hommes sont sourds. Je hausserai la voix si les bras qui nous manquent sont ceux de l’accolade. Je baisserai le ton si la parole mord dans la chair des lèvres. Je referai les gestes si tous les doigts boudent la main. Fatigué de souffrir, j’effacerai l’ardoise si la mémoire ânonne des leçons mal apprises. Je me ferai marin sur le grand pont du monde. Des mots se lèvent dans les tombes à murmures pour rallumer la cendre.

 

Publié dans Prose

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