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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

 

Si ce qu'on possède nous possède, il faut s'en libérer.

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Y aurait-il une descente  après l’ascension

Je ne crois pas

La hauteur mène toujours plus haut

 

Adonis

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Jean-Paul Clébert

Publié le par la freniere

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Une entrevue de Jean-Paul Clebert sur les Tsiganes.

 

http://www.rts.ch/archives/tv/culture/voix-au-chapitre/4187767-jean-paul-clebert.html

Publié dans Poésie à écouter

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

J'aime les chemins de halage au bord des canaux, les reconstitutions archéologiques, le chant de l'alouette qui grisolle au zénith, les cernes et cercles de l'agate, le bleu du lapis-lazuli', les peintures sur les momies, j'aime le bruit des pieds nus sur la pierre, les cloîtres des églises romanes en plein soleil, l'odeur des capucines écrasées dans la main.

 

Je n'aime pas Montargis quand il pleut, les femmes aux jambes épilées, les endives et les salsifis, les pay­sages de Normandie, je n'aime pas le lait. [...]

 

J'aime les herbes folles, les mots sauvages, les papillons en liberté, la nébuleuse d'Andromède. J'aime la pro­chaine comète qui illuminera notre ciel.

Je n'aime pas les vérandas, les potages en sachet, les hypothèques, fussent-elles sur l'avenir. J'aime la poésie de René Char, les sources au coeur de la forêt.

Je n'aime pas les chiffres. Je n'aime pas Descartes. Je n'aime pas l'étang qui dort. Je n'aime pas le temps qui dort.

J'aime l'instant, le provisoire, le fugitif, le fragile, l'in­stable, l'éphémère. J'aime la vie improvisée. J'aime la moitié droite de mon cerveau.

Jacques Lacarrière 

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Jacques Lacarrière

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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Tout s'ébroue

Publié le par la freniere

Il arrive qu’un sourire colmate le malheur. Sur des écrans chargés d’annonces et de slogans, on assassine le dernier mot. Quelques uns se rebellent, sans majuscule ni point final. Dans le hamac d’une parenthèse, le rêve tient tête au réel et déshabille le bonheur. Il faut combattre l’injustice avec les lois de la nature. Un arbre chargé d’accords comme une guitare à douze cordes attire les oiseaux et nourrit les arpèges. Les nids y font de la musique. L’érable chante sans faux sucre. L’écorce des bouleaux donne du papier à lettre, des clins d’œil au soleil. Il y en a qui chante avec leurs racines. Il faut les écouter. J’avance entre les lignes sur un sol jonché de voyelles, de mots abandonnés, d’images délavées, de phrases en déshérence. Je me construis un nid avec la paille du cœur. Je ne vais pas où je suis. Je vais où je serai. Mon petit carnet noir s’étend à perte de vue. L’écriture m’est devenue une respiration. Je bois la parole à plein mots.

        

Le silence est une enveloppe attendant d’éclater. Il n’est pas plus sage de se taire que de crier dans le désert. Les fous qui parlent seuls en savent quelque chose. Partout où je vais, les mots contaminent le paysage. Je ne sais plus si je vois ou j’écris. On ne s’habitue pas à regarder le monde par les mots. On change de phrase comme on change de lunettes. Marcher, rêvasser, songer, me perdre ou me trouve sont devenus des synonymes de phrases. Les feuilles commencent à rougeoyer et délavent les verts. Tout s’ébroue, s’esbroufe, s’éblouit,  juste avant que l’hiver ne passe de l’excès au manque. Le vent fait le faraud avant de s’empâter sous le gras de la neige. Les oiseaux fanfaronnent avant de fuir au sud, remportant la musique et les concerts de l’aube. Le ciel s’épaissit. Un restant de vert s’accroche du côté des montagnes, là où les vaches semblent voler. Le paysage brille entre les cils mouillés. Il devient flou et réinvente ses contours. Les couleurs se mélangent et bavent sur le sol. De la peau de chacun à la peau de chagrin, le temps se racotille.

        

Les corneilles remplissent le silence à ras bord. On les entend de loin grincer pire qu’une poulie, une sciotte rouillée, un écorché vivant. La pluie laisse courir son corps sur le sol, éclaboussant la terre de ses milliers d’orteils. Les oiseaux toussent dans le rhume des arbres. Le ciel s’arc-boute sur des nuages noirs. De grosses pierres élèvent leur prière depuis des millénaires, un chapelet de cristaux, un rosaire de schiste. Une éclaircie fait suite à l’orage. Petit à petit, le ciel a replié les draps bleus des nuages. Un fer de lumière repasse l’horizon. De plus en plus, je délaisse les livres. Mes yeux tournent des pages plus charnelles Chaque racine est une table des matières. J’ajuste mes lunettes à la focale des ruisseaux. J’attends qu’il arrive quelque chose de plus beau, de plus grand que la vie. Je fais des trous dans l’horizon avec des mots et des images. J’accroche des métaphores aux ailes des oiseaux. Je fais des paragraphes au-dessus de l’abîme, des sparages dans l’air.

        

Avec mon air de bûcheron, les arbres me regardent d’un drôle d’air, les branches méfiantes et les feuilles en colère. Je dois les rassurer avec une voix d’oiseau. Toutes les racines s’étirent pour boire à la source. Le noir que l’on voit s’avère une lumière. À la fin de la journée, les arbres ont les épaules plus courbées. Ils dodelinent de la tête sous leur bonnet de feuilles. Les jours passent pareils que la vie. La chair que l’on met dans les bras des habits rend les gestes plus lourds. Les mots sans voix finissent tôt ou tard par trouver la musique. Les pissenlits se la jouent en poètes maudits, tachant de jaune les petits doigts de l’air, ceux qui s’étouffent sans boire la tasse et mangent du prochain. Les mots qu’on tient en laisse finissent par mordre tôt ou tard. Je ne suis pas du vide dont on fait les églises. Je suis du plein dont ont fait les outils qui servent à aimer. Je ne suis pas du foin dont on fait la monnaie. Tout le rien que je gagne ne sert qu’à la vie. Le soleil aimante les yeux des tournesols. Le noir serré en grains savoure la lumière.

 

Les heures font du surplace comme des chaussures vides. Les mots hennissent dans ma gorge, cherchant quelque avoine à brouter, quelques pierres à sucer, quelques phrases à goûter. L’ozone s’est enfui par les trous des nuages. Trop de soldats piétinent les doigts de pied du cœur. J’en ai le gros orteil aussi gros qu’un navet. Je ne veux pas du verbe avoir qui agenouille le verbe être. Je veux naître à chaque microseconde et connaître la mort à son plus haut sommet. Je ne fais pas semblant d’écrire. Je vis de chaque mot comme on grignote un pain. Mes doigts forment des lettres sur la main de la page. Penché sur une page, je traverse un alphabet de lettres. Le ciel tombe dans l’eau, laissant quelques nuages bras ballants sur le vide. Souvent les fleurs essaient de nous parler mais rares sont ceux qui les écoutent. Il faut entendre le son des mots avant qu’ils se prononcent. Ma tête, j’aimerais y faire place nette. J’y laverais la vie avec des mots tout propres, un savon d’espérance, un shampoing d’absolu.

 

Que faire avec des bouches où les mots sont absents, des oreilles encrassées de slogans, des mains aux gestes presque morts ? Je suis les anges aux pieds sur terre. Je les suis à la trace. Je ramasse leurs plumes pour en faire des phrases. Je souffle sur la braise. Il faut savoir donner pour mériter de vivre. Un râteau sur l’épaule présume d’un jardin comme un crayon qui coule dans une poche de veste. Je viens avec mon fagot de mots, de plantes, de vivants, ma besace de morts et de poissons, avec une main d’enfant retenant sa peluche. Les oiseaux veillent sur le chant comme la pierre sur le sol. Je ne fais pas qu’écrire. J’habille ma carcasse avec la chair des voyelles. Dans la grande bible de la terre, je vérifie l’espoir. J’acclimate ma bouche à la soif des plantes. Je fais l’ange et la bête. Cherchant des trucs dans le cœur, des choses dans la tête, des roses dans la neige, j’ai découvert la poésie.

Publié dans Prose

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Richard Galliano: Tango pour Claude

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Poésie à écouter

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Tout s'achète

Publié le par la freniere

Quand les murs sont vivants

les hommes sont en cage,

la sueur mise en gage.

Un ciel sans soleil a congédié la pluie.

Les arcs-en-ciel se terrent dans le fond des bouteilles.

La lie du désespoir leur sert de couleurs.

Le monde paie ses factures sans soigner ses fractures.

Les banques saignent l’espoir au profit de la mort.

Les enfants des banlieues braquent le désespoir

pour s’injecter du rêve.

À la Bourse des viandes le cours de la vie baisse.

Tout s’achète et se vend.

On ne donne que le sida, le cancer et la faim.

Les tiroirs caisses enterrent le chant des coloquintes.

Dans le ciel des hommes

les affiches des stars remplacent les étoiles.

Les oiseaux naissent avec du plomb dans l’aile.

De l’opéra des pauvres à la cour des miracles

les clowns grincent des dents.

Le monde sent l’essence et l’argent mal blanchi.

Laissant les vieux dans les mouroirs

et les enfants dans les couloirs

on ne verse plus de larmes qu’aux cimetières d’autos.

Il n’y a plus d’endroit

où la vie soit la vie,

où la mort soit la mort.

Tout s’achète et se vend,

même les mots et les couleurs,

même les hommes et la douleur,

les passions, les amours

et la chair des enfants.

 

(…)

Publié dans Poésie

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Tout ce qui tombe

Publié le par la freniere

Tout ce qui tombe dresse devant nous un paysage.

Un paysage de possibles, dont presque rien ne reste – que des traces.

Ce qui nous lie, ce qui nous sépare.

il y a une ville, Berlin, affalée au beau milieu des vies de tout le monde.

il y a de grandes amours.

il y a des murs.

il y a la mer Baltique, des violons, un aéroport, une cabine téléphonique à Budapest, un rosier sauvage, de l’acupuncture, des bagages, une voiture abandonnée, un coffre à outils, un banc de parc, la Spree, de la salade, de la vodka, des billets d’opéra, des fugues de Bach, un café sur Oranienstrasse, des lits, des téléphones, des lettres, des baisers.

Plein de gens qui se perdent.

Plein de gens qui se sauvent.

Des mots, que personne n’entend. Et qui tombent, comme une sorte de neige.

 

Véronique Côté

Publié dans Poésie du monde

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Jethro Tull: Thick as a brick

Publié le par la freniere

 

 

Really don't mind if you sit this one out.
M'en fiche complètement si t'attends juste que ça se termine.

My words but a whisper - your deafness a shout.
Mes mots ne sont qu'un murmure - votre surdité n'est qu'un cri.
I may make you feel but I can't make you think.
Je pourrais vous faire ressentir quelque chose mais je ne peux pas vous faire réfléchir.
Your sperm's in the gutter -- your love's in the sink.
Votre sperme est dans le caniveau - votre amour dans l'évier.
So you ride yourselves over the fields and,
Vous chevauchez donc à travers les champs,
You make all your animal deal and,
Et vous assenez des coups à tous vos animaux,
Your wise men don't know,
Et vos sages hommes ne savent pas ce qu'on ressent,
How it feels to be thick as a brick.
Quand on est bête comme ses pieds.

And the sand-castle virtues are all swept away in,
Et les vertus des châteaux de sable sont toutes balayées,
The tidal destruction, the moral melee.
Par la marée, la mêlée morale.
The elastic retreat rings the close of play,
La retraite élastique sonne la fin du jeu,
As the last wave uncovers the newfangled way.
Puisque la dernière vague découvre la nouvelle voie.
But your new shoes are worn at the heels and,
Mais vous portez vos nouvelles chaussures au talon,
Your suntan does rapidly peel,
Votre bronzage disparait à vue d'oeil,
And your wise men don't know,
Et vos sages hommes ne savent pas ce qu'on ressent,
How it feels to be thick as a brick.
Quand on est bête comme ses pieds.

And the love that I feel is so far away :
Et l'amour que je ressens est si loin :
I'm a bad dream that I just had today - and you,
Je suis un mauvais rêve que j'ai fait juste aujourd'hui - et vous,
Shake your head and say it's a shame.
Secouez la tête et dites que c'est dommage.

Spin me back down the years and the days of my youth.
Faites défiler les années et les jours de ma jeunesse.
Draw the lace and black curtains and shut out the whole truth.
Tirez la dentelle et les rideaux noirs et enfermez la vérité toute entière.
Spin me down the long ages : let them sing the song.
Faites défiler les époques lointaines, laissez-les chanter la chanson.

See there ! A son is born -- and we pronounce him fit to fight.
Regardez par-là ! Un fils est né - et on le déclare prêt à se battre.
There are black-heads on his shoulders, and he pees himself in the night.
Il y a des points noirs sur ses épaules, et il se pisse dessus dans la nuit.
We'll make a man of him, put him to trade,
On fera de lui un homme, on le mettra à vendre,
Teach him to play Monopoly and to sing in the rain.
On lui apprendra à jouer au Monopoly et à chanter sous la pluie.

The Poet and the painter casting shadows on the water -
Le poète et le peintre projetant des ombres sur l'eau -
As the sun plays on the infantry returning from the sea.
Pendant que le soleil joue avec l'infanterie revenant de la mer.
The do-er and the thinker : no allowance for the other -
Le faiseur et le penseur : pas de argent pour le deuxième -
As the failing light illuminates the mercenary's creed.
Pendant que la lumière faiblissante illumine le credo des mercenaires.
The home fire burning : the kettle almost boiling -
Le feu de la maison brûlant : la bouilloire presque bouillante -
But the master of the house is far away.
Mais le maître de maison est loin.
The horses stamping -- their warm breath clouding,
Les chevaux tapants du pied - leur haleine fétide formant des nuages de vapeur,
In the sharp and frosty morning of the day.
Dans le matin froid et mordant.
And the poet lifts his pen while the soldier sheaths his sword.
Et le poète pose son crayon tandis que le soldat range son épée.

And the youngest of the family is moving with authority.
Et le benjamin de la famille se déplace avec autorité.
Building castles by the sea, he dares the tardy tide to wash them all aside.
Construisant des châteaux le long de la côte, il défie la marée lente de les détruire tous.

The cattle quietly grazing at the grass down by the river,
Le bétail broutant silencieusement l'herbe en bas près de la rivière,
Where the swelling mountain water moves onward to the sea :
Où l'eau des montagnes grandissante s'écoule jusqu'à la mer :
The builder of the castles renews the age-old purpose,
Le constructeur de châteaux renouvelle son objectif d'antan,
And contemplates the milking girl whose offer is his need.
Et contemple la fille trayant les vaches dont l'offre est son besoin.
The young men of the household have,
Les jeunes hommes du ménage sont,
All gone into service and are not to be expected for a year.
Tous partis servir leur pays et ne sont pas attendus avant un an.
The innocent young master - thoughts moving ever faster -
Le jeune maître innocent - dont les pensées vont toujours plus vite -
Has formed the plan to change the man he seems.
A prévu de transformer l'homme qu'il semble être.
And the poet sheaths his pen while the soldier lifts his sword.
Et le poète range son crayon pendant que le soldat pose son épée.

And the oldest of the family is moving with authority.
Et l'aîné de la famille se déplace avec autorité.
Coming from across the sea, he challenges the son who puts him to the run.
Venant de par-delà les mers, il défie le fils qui l'a poussé à fuir.

What do you do when the old man's gone -
Qu'est-ce que tu feras quand le vieil homme sera parti ?
Do you want to be him ?
Prendras-tu sa place ?
And your real self sings the song.
Et c'est vraiment toi qui chante la chanson.
Do you want to free him ?
Vas-tu le libérer ?
No one to help you get up steam -
Personne ne peut t'aider à faire monter la vapeur -
And the whirlpool turns you 'way off-beam.
Et le tourbillon t'emporte loin dans la mauvaise direction.

I've come down from the upper class to mend your rotten ways.
Je reviens des classes aisées pour changer vos manières de merde.
My father was a man-of-power whom everyone obeyed.
Mon père était un homme de pouvoir à qui tout le monde obéissait.
So come on all you criminals !
Alors ramenez-vous, vous autres les criminels !
I've got to put you straight just like I did with my old man --
Je dois vous remettre dans le droit chemin comme je l'ai fait avec mon vieux -
Twenty years too late.
Vingt ans trop tard.
Your bread and water's going cold.
Votre pain et votre eau se refroidissent.
Your hair is too short and neat.
Vos cheveux sont trop courts et trop soignés.
I'll judge you all and make damn sure that no-one judges me.
Je vous jugerai tous et ferai très attention à ne laisser personne me juger.

You curl your toes in fun as you smile at everyone - you meet the stares.
Vos orteils frissonnent de plaisir quand vous souriez à tout le monde - vous croisez les regards.
You're unaware that your doings aren't done.
Vous n'êtes pas au courant que vous actes sont toujours à faire.
And you laugh most ruthlessly as you tell us what not to be.
Et vous riez le plus impitoyablement quand vous nous dites ce que nous ne devons pas être.
But how are we supposed to see where we should run ?
Mais comment sommes-nous supposés voir où nous devons courir ?
I see you shuffle in the courtroom with,
Je vous vois vous agiter dans la salle d'audience avec,
Your rings upon your fingers and,
Vos bagues à vos doigts et,
Your downy little sidies and,
Vos sales pattes couvertes de poils et,
Your silver-buckle shoes.
Vos chaussures à boucles argentées.
Playing at the hard case, you follow the example of the comic-paper idol,
Jouant aux durs à cuire, vous suivez l'exemple de vos héros de BD,
Who lets you bend the rules.
Qui vous autorisent à violer les lois.

So !
Hé !
Come on ye childhood heroes !
Venez par ici héros d'enfants !
Won't you rise up from the pages of your comic-books your super crooks,
Allez-vous enfin sortir des pages de vos BD petits coquins,
And show us all the way.
Et nous montrer à tous le chemin à suivre ?
Well ! Make your will and testament. Won't you ?
Allez, accomplissez votre volonté, si vous le pouvez !
Join your local government.
Rejoignez votre gouvernement local.
We'll have Superman for president,
On aura Superman comme président,
Let Robin save the day.
Laissez Robin sauver la mise.

You put your bet on number one and it comes up every time.
Tu paries sur le numéro un et il gagne à chaque fois.
The other kids have all backed down and they put you first in line.
Les autres gamins ont tous accepté la défaite et te poussent en avant.
And so you finally ask yourself just how big you are -
Et tu te demandes juste si tu es vraiment grand.
And take your place in a wiser world of bigger motor cars.
Et prends ta place dans un monde plus sage avec des voitures plus grosses.
And you wonder who to call on.
Et tu te demandes qui tu vas appeler.

So ! Where the hell was Biggles when you needed him last Saturday ?
Mais où diable était Biggles quand tu avais besoin de lui samedi dernier ?
And where were all the sportsmen who always pulled you though ?
Et où étaient tous les sportifs qui t'ont toujours fait passer devant ?
They're all resting down in Cornwall --
Ils se reposent tous à Cornwall -
Writing up their memoirs for a paper-back edition of the Boy Scout Manual.
Rédigeant leurs mémoires pour une version de poche du Manuel du Scout.

See there ! A man born - and we pronounce him fit for peace.
Regardez par-là ! Un homme est né - et on le déclare prêt à la paix.
There's a load lifted from his shoulders with the discovery of his disease.
Un poids est enlevé de ses épaules par la découverte de son mal.
We'll take the child from him,
Nous arracherons l'enfant hors de lui,
Put it to the test, teach it to be a wise man,
Nous le mettrons à l'épreuve, lui apprendrons à être sage,
How to fool the rest.
Et à manipuler les autres.

"We will be geared to the average rather than the exceptional
?Nous serons formatés pour la normalité plutôt que pour l'exceptionnel
God is an overwhelming responsibility,
Dieu est une responsabilité écrasante,
We walked through the maternity ward and saw 218 babies wearing nylons,
Nous avons traversé la maternité et vu 218 bébés habillés en nylons,
Cats are on the upgrade,
Les chats sont en voie de guérison,
Upgrade ? Hipgrave. Oh, Mac. "
De guérison ? Mais les tombes sont à la mode. Oh, Mac. ?

In the clear white circles of morning wonder,
Dans les cercles clairs et blancs de l'aube merveilleuse,
I take my place with the lord of the hills.
Je prends ma place auprès du seigneur des collines.
And the blue-eyed soldiers stand slightly discoloured (in neat little rows),
Et les soldats aux yeux bleus se dressent légèrement délavés (en petites rangés soignées),
Sporting canvas frills.
Des toiles chics et inutiles.
With their jock-straps pinching, they slouch to attention,
Etriqués dans leurs bretelles, ils sont avachis au garde-à-vous,
While queueing for sarnies at the office canteen.
Pendant qu'ils font la queue à la cantine pour des sandwichs.
Saying -- how's your granny and,
En disant - Comment va ta mamie et,
Good old Ernie : he coughed up a tenner on a premium bond win.
Le bon vieux Ernie : il a craché un billet de dix en gagnant un Premium Bond.

The legends (worded in the ancient tribal hymn) lie cradled in the seagull's call.
Les légendes (exprimées en ancien hymne tribal) reposent bercées par le cri de la mouette.
And all the promises they made are ground beneath the sadist's fall.
Et toutes les promesses qu'elles ont faites sont bien en dessous de la chute du sadique.
The poet and the wise man stand behind the gun,
Le poète et le sage se tiennent derrière le canon,
And signal for the crack of dawn.
Et font signe à l'aube.
Light the sun.
Et allument le soleil.

Do you believe in the day ? Do you ?
Crois-tu en ce jour ? Est-ce que tu y crois ?
Believe in the day ! The Dawn Creation of the Kings has begun.
Crois en ce jour ! L'aube de la création des rois a commencé.
Soft Venus (lonely maiden) brings the ageless one.
La douce Vénus (seule vierge) amène celui qui n'a pas d'âge.
Do you believe in the day ?
Crois-tu en ce jour ?
The fading hero has returned to the night - and fully pregnant with the day,
Le héros déchu est retourné à la nuit - et complètement plein de jour,
Wise men endorse the poet's sight.
Les sages approuvent la vision du poète.
Do you believe in the day ? Do you ? Believe in the day !
Crois-tu en ce jour ? Est-ce que tu y crois ? Crois en ce jour !

Let me tell you the tales of your life of your love,
Laisse-moi te raconter les contes de la vie de ton amour,
And the cut of the knife, the tireless oppression,
Et la coupure du couteau, l'infatigable oppression,
The wisdom instilled, the desire to kill or be killed.
La sagesse inculque le désire de tuer ou d'être tué.
Let me sing of the losers who lie in the street as the last bus goes by.
Laisse-moi chanter l'histoire perdants qui gisent dans la rue tandis que le dernier bus s'en va.
The pavements ar empty : the gutters run red - while the fool,
Les trottoirs sont vides : l'eau des caniveaux est rouge - pendant que l'imbécile
Toasts his god in the sky.
Buvait à la santé de son dieu dans le ciel.

So come all ye young men who are building castles !
Allez ! Ramenez-vous tous les jeunes qui construisent des châteaux !
Kindly state the time of the year and join your voices in a hellish chorus.
Déclarez chaleureusement le temps de l'année et mêlez vos voix dans un coeur infernal.
Mark the precise nature of your fear.
Rendez-vous bien compte de la nature précise de votre peur.
Let me help you pick up your dead as the sins of the father are fed,
Laissez-moi vous aider à ramasser vos morts puisque les pêchés du père sont nourris,
With the blood of the fools and the thoughts of the wise,
Avec le sang des imbéciles et les pensées du sage,
And from the pan under your bed.
Et avec la casserole sous ton lit.
Let me make you a present of song as,
Laissez-moi vous offrir cette chanson puisque,
The wise man breaks wind and is gone while,
Le sage s'est pris un vent et est parti depuis un moment.
The fool with the hour-glass is cooking his goose and,
L'imbécile avec le sablier cuisine son oie et,
The nursery rhyme winds along.
La comptine continue.

So ! Come all ye young men who are building castles !
Allez ! Ramenez-vous tous les jeunes qui construisent des châteaux !
Kindly state the time of the year and join your voices in a hellish chorus.
Déclarez chaleureusement le temps de l'année et mêlez vos voix dans un coeur infernal.
Mark the precise nature of your fear.
Rendez-vous bien compte de la nature précise de votre peur.
See ! The summer lightning casts its bolts upon you,
Regardez ! La lumière de l'été projette ses rayons sur vous,
And the hour of judgement draweth near.
Et l'heure du jugement approche.
Would you be the fool stood in his suit of armour,
Seras-tu l'imbécile dressé dans son armure,
Or the wiser man who rushes clear.
Ou l'homme plus sage qui se précipite dans la bonne voie.

So ! Come on ye childhood heroes !
Hé !
Won't your rise up from the pages of your comic-books
Venez par ici héros d'enfants !
Your super-crooks and show us all the way.
Allez-vous enfin sortir des pages de vos BD petits coquins,
Well ! Make your will and testament.
Et nous montrer à tous le chemin à suivre ?
Won't you ? Join your local government.
Allez, accomplissez votre volonté, si vous le pouvez !
We'll have Superman for president,
Rejoignez votre gouvernement local.
Let Robin save the day.
On aura Superman comme président,

Laissez Robin sauver la mise.
So ! Where the hell was Biggles when you needed him last Saturday ?

And where were all the sportsmen who always pulled you through ?
Mais où diable était Biggles quand tu avais besoin de lui samedi dernier ?
They're all resting down in Cornwall -- writing up their memoirs,
Et où étaient tous les sportifs qui t'ont toujours fait passer devant ?
For a paper-back edition of the Boy Scout Manual.
Ils se reposent tous à Cornwall -

Rédigeant leurs mémoires pour une version de poche du Manuel du Scout.
So you ride yourselves over the fields and,

You make all your animal deal and,
Vous chevauchez donc à travers les champs,
And your wise men don't know,
Et vous assenez des coups à tous vos animaux,
How it feels to be thick as a brick.
Et vos sages hommes ne savent pas ce qu'on ressent,

Quand on est bête comme ses pieds.

 

Ian  Anderson

traduction libre par Serge Gagné

 

 

Publié dans Poésie à écouter

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