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Asli Erdogan

Publié le par la freniere

Asli Erdogan

Diffuser, le plus largement, le plus fort possible, la voix de celle qu’un régime autoritaire croit pouvoir étouffer.

Mobilisons-nous, relayons la liberté.

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Demain, l'histoire

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Demain, l'histoire
Demain, l'histoire

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Paroles indiennes

Pour vous mettre dans l'esprit des fêtes, voici l'Ave Maria en Mi'kmaq. Saviez-vous que cette nation autochtone de l'est du Canada avait élaboré un système d’écriture logographique et phonétique (et ce, bien avant l'arrivée des premiers colons en Nouvelle-France)? En langue micmaque, on nomme ces symboles komkwejwika’sikl, «l'écriture d'esturgeon», nom dû à la ressemblance entre les hiéroglyphes et les traces laissées par les esturgeons dans la boue du lit des rivières. 

Publié dans Paroles indiennes

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La pâte syntaxique

Publié le par la freniere

Wounded Knee, Auschwitz, Hiroshima et les goulags rouges ne sont pas derrière, mais devant nous. Dans les pays où le cynisme règne, où le pétrole pollue, où l'argent fait la loi, parler de faire le bien nous mène à la prison. Ils doivent être plus nombreux qu'on pense ceux qui font le bien, mais on ne les voit pas. Des murs de Lascaux jusqu'aux écrans plasma, ce sont les mêmes yeux, mais la lumière change. L'infini joue du coude pour pénétrer dans l'homme. Trop de choses inutiles encombrent le passage. Il y a trop de pas perdus dans les rues vides, de passants pressés dans les foules sans âme. Il y a trop de rumeurs, de cancans, de ouï-dire, trop de bruit pour rien, de chicane pour un pet. Il faut protéger l'intimité de l'abeille avec la fleur, de la fillette avec sa poupée, de l'homme avec la femme. Comme le sang qui coule dans les veines, le sens doit passer des entrailles à la tête, de l'émotion à la pensée. Il faut des livres pour pleurer. Christian Bobin me tire des larmes à chaque page. Il faut des livres pour prier. Joël Vernet et Guillevic font chanter la lumière au milieu de la nuit. Il faut des livres pour penser. Lionel Bourg panse le monde. Il faut des livres pour aimer. Ile Eniger et Maria Borély suturent les blessures avec leurs doigts de fée. Il n'y a que les femmes pour connaître les femmes. Il faut des livres de révolte. Tristan Cabral, André Laude, André Chenet et Jean-Michel Sananès versent leur encre avec le sang des opprimés. La terre ne cesse de trembler. Les continents dérivent. La sève coule à notre insu. Certaines phrases servent d'appui. J'ajoute quelques lignes. Le besoin de connaître exacerbe la vie. J'écris avec l'espoir que la somme des phrases donne du sens à l'une d'elles, ajoute du sel aux voyelles, du ciel entre les mots, du miel pour les yeux. Je n'ai pas trouvé le temps ailleurs que dans le temps. Je n'ai pas trouver de mot transcendant tous les mots. Il vient un temps où l'on grandit par l'espace intérieur comme un arbre grossit à partir de l'aubier. Il faut un certain temps, un certain ton, avoir la patte comme on dit, pétrir la pâte syntaxique comme on le fait d'un pain.

 

Jean-Marc La Frenière

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Miron

Publié le par la freniere

Miron

Il y a vingt ans, le 14 décembre exactement, Gaston Miron est mort. Le lendemain, un dimanche, je me suis retrouvé chez lui, dans un espace qui m’était familier mais désormais privé des formidables lancées de sa voix.

Depuis mon arrivée à Montréal, Miron s’était beaucoup occupé de moi, jusqu’à devenir une sorte de figure tutélaire. Il m’offrait des livres, me présentait à gauche et à droite, me traînait à des événements culturels, parfois contre mon gré. Il participait activement à mon éducation, au décloisonnement de mon imagination, avec un sens de la transmission qui lui était propre, tel qu’il l’avait fait auparavant pour d’autres, dans une sorte de fraternité où la frontière des âges n’existe pas.

Miron s’employait au quotidien à sortir son pays d’un certain provincialisme. Pour lui, une langue, une culture et un vouloir-vivre en commun devaient recevoir l’appui constant d’une volonté collective qui partout s’appelle un État.

Vingt ans ont passé. Miron me manque. Je me sens pourtant de moins en moins apte à parler de lui correctement. Peut-être à cause de ce décalage que je ressens de plus en plus entre l’homme vivant que j’ai connu et celui que la société envisage maintenant à titre de monument.

Après sa mort, l’été venu, j’ai essayé de retrouver au milieu du cimetière de Saint-Agathe-des-Monts le lieu exact où j’avais lancé en hiver sur son cercueil une poignée de gravats froids. Je n’ai pas retrouvé son tombeau. Il faut dire que je ne me suis pas employé à le chercher bien longtemps : chemin faisant, ce bref pèlerinage avait suffi à me convaincre que Miron continue de marcher près de moi sans que je doive m’appuyer sur les béquilles d’une pareille mélancolie.

La première fois que j’ai vu Miron, j’étais étudiant à Québec. Un après-midi, contre toute attente, il est apparu dans une librairie de la rue Saint-Jean où j’avais comme lui mes habitudes. Le libraire est sorti de derrière son comptoir pour l’accueillir. Un petit groupe de curieux s’est rapproché pour former un demi-cercle afin de pouvoir mieux l’entendre. Quelqu’un à ce moment a avancé qu’il était de la dimension d’un Félix Leclerc. Miron a repoussé tout de suite l’idée. La question de son travail n’était pas à poser dans les termes d’une comparaison pareille, disait-il. Une culture n’était pas l’affaire d’un concours de popularité. En un mot, tout ne se résume pas à la place qu’on donne à des chansons.

Chez lui à Montréal, boulevard Saint-Joseph, Miron accumulait dans une bibliothèque de vieilles anthologies de poésie. « Tiens, ouvres-en une au hasard », me dit-il un soir où nous revenions ensemble de notre visite habituelle aux marchands de journaux.«Connais-tu ce poète?», me disait-il sans que sa mâchoire cesse un curieux mouvement de cisaillement. « Et l’autre ensuite, on ne le connaît pas davantage ! Ils étaient importants. Et tous sont oubliés ! » Une formidable leçon d’humilité qu’il transposait à l’échelle de notre temps. « Ce sera bien si on se souvient de deux ou trois de mes poèmes. » Mais le fait est que, vingt ans après sa mise en terre, rien de lui n’a été oublié.

Tout le monde parle aujourd’hui de la poésie de Miron. L’homme rapaillé est dévoré. Ce n’est pas pour rien que les étudiants du printemps érable portaient ses vers en effigie de leur révolte. Mais à l’heure de souligner le vingtième anniversaire de sa mort, je laisse à d’autres le soin de parler de la longue marche de son oeuvre. Moi, c’est de l’homme vivant que je m’ennuie.

Miron était une véritable forge à mots. Il s’intéressait à tout, disséquait de son regard et de ses considérations toutes les facettes du monde sensible. Certes, il jouissait déjà d’un statut informel de poète national, mais cela ne se sentait pas du tout au quotidien. Nous parlions. Nous marchions. Nous mangions. Il mangeait mal d’ailleurs, selon un horaire sans cesse remanié selon ses engagements fluctuants. À l’été 1996, au moment où je m’apprêtais à partir pour l’étranger, je me souviens qu’il n’avait pas réussi à terminer un de ces épouvantables hamburgers qu’il commandait au comptoir d’un restaurant plutôt douteux que lui seul ou presque osait encourager.

 À mon retour au pays, Miron était alité à l’hôpital Notre-Dame. Je suis allé le voir tout de suite. « Mon tour est venu pour Notre-Drame », me dit-il en m’expliquant sa condition, assis sur un fauteuil défoncé en vieux vinyle froid. Considérablement affecté par ses traitements, il vint tout de même au Salon du livre de Montréal en novembre. Je me souviens d’un photographe qui le pourchassait. Devant ce faiseur d’images par trop insistant, Miron enleva soudain sa casquette de gavroche pour révéler les effets saisissants de cette science qui nous donne désormais la chance de vivre plus longtemps avec notre cancer… Le monsieur recula d’un pas, s’excusa, décampa.

C’était il y a longtemps. Il y a vingt ans déjà. Pourtant c’était hier, en une journée froide de décembre. Ses funérailles furent nationales. Ce fait est sans précédent chez nous pour un écrivain. On l’a beaucoup répété, comme si cela pouvait constituer une forme de consolation à sa disparition.

Quelques heures après les funérailles, je remontai dans un avion. Je me rendis compte alors qu’il ne serait pas facile d’aimer ce mort pour moi à jamais si vivant.


Jean-François Nadeau         Le Devoir

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Paroles indiennes

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Patti Smith à la remise du prix Nobel à Bob Dylan

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Nataq

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Un grand texte de Richard Desjardins.

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Daniel Gagné

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Un chanteur québecois, poète, chanteur, peintre, un artiste dans l'âme...et un coeur gros comme ça!

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques. (...) Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d’homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu’est-ce qu’elle épargne, qu’est-ce qu’elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un bon moment sur la langue – mais soyez toujours prêts à recracher immédiatement. C’est cela, la démocratie. C’est le droit de recracher.
 

Romain Gary

Publié dans Ils ont dit

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