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Mi-octobre

Publié le par la freniere

 

Ouvre la porte
Ouvre la cour
Décroche les escaliers
Réveille toute la cuisine et
Laisse entrer la pluie

 

Nicolas Comtois

Publié dans Poésie du monde

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V'la l'printemps

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Glanures

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Il n’y a pas de poésie. Il n’y a que des poètes.

 

Gilles Hénault

Publié dans Ils ont dit

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La violence et l'argent

Publié le par la freniere

L

a violence et l’argent ont perforé l’espoir, dilapidé le potentiel du rêve. Il y a trop de sourds au milieu de la parole. Nous ne savons plus qui nous sommes. Devant l’échec de l’avoir, la question se pose plus que jamais : to be or not to be. Il faut rendre à la terre ce qui lui appartient, rendre à l’homme son âme. Je poursuis ma route jusqu’à la fin des phrases. Chaque mot que j’écris aimante l’horizon. Je suis resté un écolier rebelle, un rêveur qui s’éveille dans un lieu inconnu. J’aurai toujours marché à côté du trottoir, cherchant à être qui je suis, un peu de rêve dans les souliers. Le soleil a beau nous acclamer, le gel nous récuse. Le temps persiste contre la montre en brouillant les horaires. Les clôtures à neige n’arrêtent pas le soleil ni ses atomes de lumière. Je regarde les arbres comme si c’était ma main. Les doigts du vent pianotent sur ma peau. Un oiseau affranchi de son nid s’égare dans son vol. La croissance des feuilles est fidèle aux racines.

         Quand je ferme le livre, je dors avec les mots. De nouvelles phrases m’éveillent à chaque fois que je rêve parmi les draps mouillés de lettres. Des herbes marchent dans ma tête. Les mots plus pesants que la bouche s’envolent du néant. Si toute chose doit avoir une fin aussi bien commencer par là, trouver la route derrière la route, l’infini sur la table, la mer entre les pages, de l’encre dans les choses, de l’amour dans l’homme. Si le temps change, ma langue sera le vent, la pluie, la neige. Mes mots seront la main, le marteau, le baiser. Mes phrases seront la terre, la rivière, le ciel. J’avance comme une eau cherchant de l’eau. Lorsque la mer est calme, aucun port ne retient le marin. Il faut faire avec peu ce que fait une graine, une source, une main, non pour le vendre mais pour le vivre. Il ne faut pas faire une route à partir de la roue mais méditer chaque pas. Il ne s’agit pas de savoir où aller mais d’apprendre à voir. Il ne s’agit pas non plus de copier les clefs mais d’ouvrir les portes.

Est-il déjà trop tard ? Chaque jour, des espèces d’insectes disparaissent. Des milliards d’oiseaux sont tristes. Il n’y a pas que les oiseaux. Il fait mal de vivre à voir le monde se tuer, entendre la parole humaine se remplir de chiffres. Il est difficile d’être un homme parmi les hommes, entre la haine et la finance, alors que le sang épouse la poussière et que les eaux de la tendresse deviennent glace vive. Pour de la poudre aux yeux, nous quittons notre peau comme on rend la monnaie. Chaque sourire se paie d’une grimace. La parole des hommes n’est plus qu’une musique aux oreilles cassées. Lorsque mes pieds boudent la route, je prends la mer sur un voilier d’outardes. Il n’est jamais trop tard pour se mettre debout. Le matin va venir. La rivière frileuse étire ses biceps. Les rires des poissons d’avril vont diluer la neige. Les collines gonflées d’eau dressent leurs mamelons. L’herbe repousse sur les tombes. Le vent dépose le duvet d’un sourire sur le visage de la pierre. Semer, croître, éclore, les verbes chauds se lèvent sur la terre des pages. Les jours de mort s’amusent avec les jours de vie. Un enfant bouge au ventre de ma fille. Le soleil sur l’épaule, j’écoute la rumeur du fleuve, le froissis des alentours, le vol des outardes, le cri des glaces dans la débâcle.  J’accueille l’espérance un peu plus chaque jour. Le même soleil qui fait de l’ombre écarquille les yeux. Je regarde le monde par l’œil fou de la flamme.

Mars brumasse encore chaussé de neige. La terre peu à peu ouvre ses yeux d’avoine. Mes espadrilles attendent à côté des raquettes. L’espérance du monde n’est pas sur les sentiers battus. Je dois trouver mes mots pour retrouver mes mains, aborder le silence comme on hèle un ami. Je suis de ceux qui viennent ensemencer la vie. Des larmes d’enfant coulent sur mes joues barbouillées de passé. Le temps manque d’espace pour agrandir le cœur. Je n’ai pas trouvé le pain de la journée mais j’apprends à chanter avec des mots nouveaux. Sans feu ni lieu, je m’attelle quand même à la tâche d’aimer. Toute la beauté du monde a mal de se taire. La fleur sur sa tige fait des signes à la pluie. Le matin penche la tête pour boire la rosée. Avril fait sa cour dans un éclair de cuisse. J’épouse la parole du regard des doigts. Fuyant la nasse des mensonges, chaque nouveau poème est un poisson sauvé des eaux, un oiseau qui s’envole. Un matin d’hommes ouverts se lève sur la page.

Publié dans Prose

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Une lumière

Publié le par la freniere

 

On reconnaît l'arbre à ses fruits.
Un arbre jaloux de lui-même,
une spiritualité close sur elle-même
et se prenant pour fin
ne donne plus aucun fruit.

Pour mesurer la puissance d'une lampe

il ne faut pas tourner sa lumière vers soi

mais l'orienter vers l'horizon

dont on veut qu'elle éclaire les objets.

 

La spiritualité n'est pas un objet

mais la lumière qui éclaire tout objet.

 

 

Martin Steffens 

 

Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Le style, c’est de sentir, de voir, de penser, rien de plus.

 

Rémy de Gourmont

Publié dans Ils ont dit

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Ils crient

Publié le par la freniere

 

ils crient

crient

de plus en plus fort

toujours plus fort

parce qu’ils ont

peur

qu’on les oublie

parce qu’ils ont peur

du face à face

avec leurs petites vies

minables

minables

crier plus fort

se croire supérieur

parce qu’on a un

peu plus de fric

parce qu’on se croit

plus intelligent

parce qu’on fait

de la politique

ou parce qu’on en connaît

des politiciens

oui se gaver d’illusions

la plus grossière

étant celle de

son importance

après moi

le déluge

les cataclysmes

l’apocalypse

vous dis-je

ils crient fort

de plus en plus fort

toujours plus fort

parce qu’ils ont peur

du face à face

avec leurs petites vies

petites vies

minables

minables

ils veulent exister

prouver qu’ils sont

quelqu’un

oui monsieur

oui madame

je suis quelqu’un moi

je fréquente UNTEL

je suis membre

de telle association

castéo-mégalo-

communaliste

et si je ne suis pas encore

bourgeois

et bien figurez-vous

que le serai un jour

parce que Dieu le veut

et Dieu nous aime

parce qu’on a beau déconner

on le fait 

sous l’œil bienveillant

de NOTRE Dieu

parce que Dieu nous appartient

il est à NOUS

et ce sont

de petites vies minables

minables

minables

pendant ce temps

à des années-lumière

de nos peccadilles

élevées au rang

de tourments existentiels

à des années-lumière

de notre moelle corrompue

de nos lâchetés

de nos compromis

de notre inculture sans fin

de notre pseudo du pseudo

pseudo-artistes

pseudo-intellectuels

pseudo-politiciens

pseudo du pseudo

à des années-lumière

de nos cultissimes hiérarchies

de l’attirail de nos mesquineries

de l’acide de nos complots

de l’exercice puéril

d’un pouvoir fantoche

le vaste monde se perpétue

le vaste monde

n’a guère besoin de nous

mais ils n’arrêtent pas

ils n’arrêtent pas

de s’auto proclamer

les meilleurs

ils n’arrêtent pas

de mépriser

car ils sont supérieurs

supérieurs

à tout prix

à tout prix

vous dis-je

culte du fric

des grosses bagnoles

et du A+

A+

A+

toujours plus de A+

société de merde

société de merde

mais rien ne les arrêtera

ils crient parce qu’ils ont peur

du face à face

avec leurs

petites vies minables

minables

minables

minables

 

Umar Timol 

 

Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

 

Ce que l’humanité moderne a peut-être le moins produit, ce sont des hommes; préoccupée qu’elle était de fabriquer des savants et des machines.

Quand je dis un homme, je ne pense pas et je ne dis pas une intelligence ou une volonté seule, un corps ou un cœur seul, un esprit ou un jugement seul; non. Quand je dis un homme, je parle d’une intelligence dans une tête et d’une tête sur des épaules; je parle d’un cœur dans une poitrine, d’un corps sur des jambes, et sur des jambes qui se tiennent debout devant le mensonge et l’injustice; je parle d’un animal raisonnable qui ne soit pas trop animal ni assez raisonnable, je parle d’un homme complet qui ne soit pas complètement vendu ou vendable.

 

Gilles Hénault

Publié dans Ils ont dit

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

 

Pour qui ne connaît pas l'hiver, le mot neige est abstrait.

Publié dans Aphorisme du jour

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Le ciel est grand

Publié le par la freniere

 

Tu peux venir sans crainte, j’ai congédié les ombres. Les oiseaux tracent des fleurs sur les fils électriques. Le ciel est grand comme une main d’enfant. L’échine se redresse d’une vertèbre à l’autre. Les nuages dénouent leur dernier bout de laine. Les sources chantent de la margelle aux lèvres, de la marge aux voyelles. J’ai invité le feu, le vent, le soleil. J’ai mis la table sur l’azur. Le beau temps sert le pain. Les visages des arbres se penchent sur une herbe. La vie soutient la vie. Les choses les plus humbles se donnent l’accolade. Le rien s’accompagne de tout et l’espérance talonne le désir d’aimer. Je vais pieds nus sur l’horizon, ouvrant le livre de l’azur. Une tache d’encre bleue fleurit sur le papier. Une miette d’homme s’agrandit sous les doigts d’une fée. On n’en finira pas avec l’amour. On recommencera d’une étreinte à l’autre.

Publié dans Prose

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