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La vérité

Publié le par la freniere

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Yvi Marlin

Publié le par la freniere

Je me souviens d'un banc de brume,
Où j'allais m'asseoir pour rêver
Et de ces vagues frangées d'écume
Où mon coeur pouvait dériver.

Tout est bien flou dans ma mémoire
Quand je me remémore l’histoire
D'un film que je voudrais revoir
Sur mon écran, en blanc et noir.

Tout est trop flou dans ma mémoire.
Pour y loger un devenir
Seules des photos ombrées d'espoir
Éclairent encore mes souvenirs

Tout est bien flou dans ma mémoire
Qui est un peu vert-de-grisée
Comme un vieux bronze dérisoire
Qui fut trop longtemps confiné

C’est fou ce que tu sembles flou,
Sur ces images d'un temps passé
Qui se projettent peu ou prou
Sur un miroir trop embué.

C’est fou ce que tout semble flou
Je ne vois que couleurs fanées
Des tourbillons et des remous
Dans le brouillard de mes pensées.

Quand je reverrai banc de brume,
Et des vagues se frangeant d'écume
Quand la mer sera apaisée
Dans ton âme j'irai me lover

® Yvi

 

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L'hébétude

Publié le par la freniere

La nature n’a pas fait d’esclave ou de roi, elle a fait l’homme. À coups de soumissions et d’ulcères au cerveau, de béni-oui-oui et de ronds de jambes, l’économie a fait de l’homme un laquais. À force de vers dans la pomme, de spécialistes, de septicémies, de banquiers, le capital a fait de l’homme un esclave. Les plantes, les papillons, les petits mammifères, les asticots, les florifères des cimetières sont l’expression de la vie. De l’ornithorynque à l’hippopotame, du vin des mots au pain des jours, de la truite au moteur, tout se mélange d’une lettre à l’autre. L’écriture est une macédoine, un amas de voyelles, un pâté chinois, une salade de fruits, un abécédaire. Le fouillis des ordures laisse voir la vie des habitants. Tout au contraire, les sacs noirs aux attaches en plastique ne laissent rien filtrer.

Les collines sont des pubis de verdure où les oiseaux picorent. Il y a de tout dans le monde, du plus petit rien à l’immense paysage, des couches-culottes aux pleurs des bébés, des chiens léchant la merde à la poussière des tapis, du papotage des femmes aux chats blancs qui miaulent, de la goutte au ruisseau, de la lueur des lucioles aux deux-cents watts des lampadaires, des vers de terre aux galaxies, du zéro de conduite au chiffre d’or. Je ne décris pas, j’écris. Je contredis. J’évoque. Je vois la tête comme une flaque de boue, le ciel par les yeux d’une taupe. Je vois le monde comme la chair autour de l’os, le paysage comme un casse-tête ou un puzzle, la galaxie comme l’azote de l’air. Je vois la mer dans un ruisseau, la source dans une goutte de pluie. Je vois le corps comme le cœur pompant le sang, l’acupuncture des veines, la courte-pointe des nerfs, le tissu des neurones. La bouche, les lèvres, la langue, l’air des poumons, les cordes vocales aménagent la voix. Le dedans invente le dehors. L’homme est composé d’émois qu’il transforme en jardins, en livres, en paysages.

Il y a de tout dans le monde, des oiseaux, des roseaux, des ruisseaux, de l’au-delà, de l’eau. Le mouvement des papillons, le goût des papilles, les élytres des insectes, la prière des arbres, la tessiture des voix forment la structure de l’âme. Il y a de tout dans le monde, des sacs pleins d’argent aux poches pleines de sperme, de l’amertume du café à la douceur du miel, de la semence aux plantes, de la fleur au pollen, du sel de mer au sucre des vergers. Il y a de tout dans une ruelle, des vomissures, des éclaboussures, des crottes de chien, de l’urine de chat, de la pisse de pissenlit, des pisse-vinaigres, des pisse-froids. Il y a un mot pour chaque chose, un dieu pour chaque outil, une clef pour chaque porte, un nom d’arbre pour chaque famille de feuilles, un prénom pour chaque fleur, capucine, jasmine, marguerite, jacinthe, marie-jeanne, des lettres pour chacun, des o pour l’œil et les oreilles, des u pour les tubas et les tutus, la laitue et les esperluettes. J’habite la banlieue de l’âme. J’y monte l’escalier de soi-même à moi-même.

J’aurai toujours 5 ans, 10 ans, 60 ans. Je marchais, je marche, je marcherai comme un chien à trois pattes, les pieds dans les plats, la tige dans les plants, les mitaines pas de pouce, la chair de poule. Les hommes souffrent comme les enfants qui pleurent. Le sel de la nuit assaisonne la plaie. La pluie murmure dans les jardins mouillés. Il faut en finir avec la nostalgie. Il faudrait que l’intelligence de l’homme croise l’intelligence de l’orme, la sociologie arboricole, la psychologie des racines, la géographie des plantes.

Gourmands comme un ours, j’aime les framboises, les fraises, les myrtilles, la chair pommelée des fruits, le bleu des bleuets. J’aime les ronces, les fougères, les orties, l’odeur des sentiments et de l’espoir. L’homme est un trait d’union entre les choses, une virgule entre les mots, une phrase dans le hamac des parenthèses, une poubelle débordant de verbes et d’épluchures. On est au temps de l’hébétude. La pandémie nous confine à la peur. On cherche un antidote pour un nouveau virus.

 

Jean-Marc La Frenière

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La recluse incandescente

Publié le par la freniere

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La dernière phrase

Publié le par la freniere

La dernière phrase

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Le coeur usé jusqu'au trognon

Publié le par la freniere

On ne sait pas de quoi sont fait les hommes, encore moins les enfants. On sait pour l'eau et les os, le sang et les virus, les microbes et la chair, les neurones et la peau, mais que sait-on de la musculature de l'âme, des cris du cœur, des histoires d'amour? Toutes les essences de bois ne se prêtent pas à la sculpture. Toutes les graines ne sont pas bonnes pour la culture. Tous les hommes ne sont pas des soldats. Toutes les femmes ne font pas des enfants. Toutes les sources ne mènent pas à la mer. La respiration du monde dépend de celle des océans. Il ne reste qu'environ 300 espèces de tortues, et la plupart sont en danger de disparaître. Parfois, les petites choses importent plus que les grandes. C'est par le plancton que respirent les mers. C'est aussi le plancton qui nourrit les baleines. L'ancêtre des hommes vivait dans les hauteurs. Il voyageait de branche en branche. Ce sont les arbres qui ont façonné son corps. Nos mains sont encore faites pour s'accrocher aux branches. Les enfants apprennent beaucoup en grimpant dans les arbres. Au lieu de connaissances abstraites, ils apprennent la vie. Ce n'est pas de l’anthropomorphisme. La vie des arbres est différente de celle des hommes. Sans devenir des arbres, nous devrions les écouter et collaborer avec eux. Il est contradictoire qu'on doive les couper pour écrire, mais c'est plus naturel que de lire sur un écran. Les vers s'attaquent aux fruits. Les vagues transforment les rivages. Les rides façonnent les visages. Il faut qu'il en soit ainsi dans l'écriture, sinon, où serait la vie. Il faut briser les lois du classicisme, laisser surgir le baroque, l'effeuillaison, la genèse, l'immense pourriture sous-jacente à la terre, les taupes, les vers de terre, les ténébrions, semer dans la sphaigne et l'humus, caresser la pierre, ses cicatrices, ses entailles, ses entrailles, ses bavures de quartz ou de mica.

 

Pendant que des milliers d'enfants meurent de faim, on vend à chaque jour des milliers de Barbies. On élève partout les barbelés d'un camp pour les migrants du monde qui survivent à la mer, aux passeurs, aux pirates, aux vieux rafiots rouillés. Chacun a son nombril comme un drapeau. C'est assez pour se battre et faire la guerre, assez pour s'enrôler dans l'armée des fantômes. Je mets n'importe quoi dans mes cahiers, des animaux vivants, des corps morts comme des bouteilles vides alignées sur un boutte de prélat, bouteilles de verre ou de plastique, bouteilles de bière ou d'eau potable, des coups pendables, des cours d'école bruyantes de vie, des cormorans naviguant sur la grande mer de l'air, des grands-pères et des puddings, des dumplings, du pain, du sang, de la sueur, des larmes comme des gouttes de pluie, des rires cassés comme le cri des huards, l'âme des pauvres gens comme un torchon séchant sur le rebord du sink et les bas s'égouttant sur l'émail d'un bain Crane. Je mets n'importe quoi. Tout se mélange dans la vie, la naissance et la mort, l'huile à vidange et l'huile de bras. Pourquoi pas l'islam avec la chrétienté, les moujiks et les texans, les chintoks et les amérindiens, les vers d'un poème avec les verres fumées, les vers de terre avec les mouches à fruit. Les soldats se feraient jardiniers, les prêtres musiciens. Les banquiers redeviendraient des hommes et aideraient les pauvres. On peut bien rêver dans ce monde sans âme et remplacer l'argent par des sentiments, des émotions, des mots. La parole est comme un pain que l'on porte à la bouche, la levure des images dans la farine des mots, une croûte saupoudré d'alphabet, un croûton qu'on trempe dans la soupe, une lumière s'échappant de la nuit. Le cœur usé jusqu'au trognon, je chante encore la pomme.

 

Jean-Marc La Frenière

 

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En vélo de silence

Publié le par la freniere

Dans cette foire aux vanités
où s’égosillent les egos
je veux rester l’enfant
perdu dans le grand monde
en vélo de silence.

Dans la maison des pauvres
les roses sans épines
deviennent crocs de loup
et les tables sans pain
se préparent à japper.

Jean-Marc La Frenière

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Un bouquet de lavande

Publié le par la freniere

Tu es une fleur éclose dans la nuit,

un bouquet de lavande,

un miracle de Dieu,

une âme ouvrant ses jambes,

une musique secrète,

un ruisseau qui murmure

dans la forêt du cœur,

la clef trouvant la porte,

la poignée pour l’ouvrir,

l’étoile qui scintille dans l’ombre galactique,

le bocal des frissons,

une rose sous la rosée,

un pain d’éternité tartiné par la vie,

un essaim de lucioles au milieu de la nuit,

un miel de lumière dans une ruche d’abeilles,

un pollen d’or sur les parois de cire,

une semence qui lève

des racines à la cime.

 

Tu es ce que veut dire le mot femme,

la joie de vivre et le bonheur.

Tes jours ont quelque chose d’intemporel.

Je suis le quétaine disant je t’aime

avec l’arc d’Éros en guise de crayon,

faisant flèche de tout bois

dans les forêts de chênes,

dans ta forêt de chair.

 

Jean-Marc La Frenière

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Dominique Ottavi

Publié le par la freniere

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Strange kind of woman

Publié le par la freniere

Strange Kind of Women - Perfect Strangers - live at La Grande Ourse Concert Hall

Strange Kind Of Women playing "Perfect Strangers" of Deep Purple Recorded at Le Grande Ourse - St Agathon (FR) contacts: strangekindofwomen AT gmail . com

Posted by Strange Kind Of Women on Wednesday, April 22, 2020

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