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Le dortoir

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Viens

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J'ai rendez-vous

Publié le par la freniere

J’ai rendez-vous avec le foin et la paille des poèmes.

J’ai rendez-vous avec l’eau fraîche dans la coupe des mains,

le goutte à goutte de l’âme dans les os, de l’encre dans les mots,

des algues dans les eaux.

J’ai rendez-vous avec la terre, le soleil et la mer,

avec les hirondelles, les asperges et les fruits,

les bruits et le silence caché derrière la porte,

le vol des oiseaux sous les fusils.

J’ai rendez-vous avec le pain prisonnier de la faim,

les lèvres du baiser, le vin prisonnier de la soif ,

les oiseaux fanés dans le jardin du ciel.

J’ai rendez-vous avec Arsène Lupin, Robin des bois et Ravachol.

J’ai rendez-vous avec le temps

et les minutes qui manquent aux heures.

J’ai rendez-vous dans la mémoire des choses

 avec mes souvenirs et mes jouets d’enfant.

J’ai rendez-vous dans l’encre et le papier avec le bruit des mots.

J’ai rendez-vous avec les mendiants et leurs sous de misère,

le cœur aux quatre vents et leurs pieds dans les flaques.

J’ai rendez-vous avec les larmes, l’alouette en colère et les bêtes muettes.

J’ai rendez-vous avec l’aube et la nuit, le visage des hommes,

sa tombe et sa maison natale.

J’ai rendez-vous avec les nids, l’humus des racines,

l’entêtement des épis, le pointu des épines,

les fleurs qui poussent dans la neige,

le grain de beauté sur une montagne de bonté.

J’ai rendez-vous avec les slips usés, la chemise des pauvres

et les souliers des morts.

J’ai rendez-vous avec le ciel et la rumeur du monde,

la pluie neuve et les anciennes étoiles,

une cabane en pin,

une maison bâtie de pain.

Entre la tombe et le berceau, j’ai rendez-vous avec la vie.

J’ai rendez-vous avec la vue,

         un œil gauche, un œil droit.

 Les regards en disent beaucoup sur la pensée.

J’ai rendez-vous avec les fleurs,

un peu, beaucoup, passionnément.

J’ai rendez-vous avec l’aube et la nuit, le rêve et le réel.

J’échange des kilos de papier pour un seul mot d’amour.

Jean-Marc La Frenière

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Sans écho

Publié le par la freniere

Je suis l'arbre à la branche maîtresse coupée. Muette et nue devant la porte close, je quémande un jour plus doux, une nuit moins froide. Désordre des choses où plus rien ne vaut, je suis le cri sans écho, l'enfant de chemin seul, la pâture des heures cruelles, le point d'interrogation de la peur, du manque, de la douleur ; tu peux choisir. Je suis le coquelicot arraché des récoltes, l'épouvantail qui voudrait s'échapper, l'aile cassée de l'oiseau qui se traîne, l'éteule abandonnée. Me connais-tu moi qui te cherche sans savoir qui tu es ? Je suis le lendemain du bonheur, la sandale trouée, le poignet lié,  le dos roué. Un immense pourquoi tatoué sur un mur.

 

Ile Eniger

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Ode to Elvin

Publié le par la freniere

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Québec je t'aime

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Printemps des poètes

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Printemps des poètes

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Les mots

Publié le par la freniere

J’aime les mots fleurant bon l’encre noire. Je fais corps avec eux. Je vais au bout des phrases pour voir ce qui est vrai. Je ne suis plus tout à fait humain quand j’écris. J’ai une colonne verbale au lieu d’une colonne vertébrale. Chaque vertèbre est une phrase. Chaque mot est un geste. Chaque virgule est un doigt dans la grande main du texte. J’ai les poumons comme un accordéon, la bouche comme un ocarina. La caresse des mots est dure ou douce sur la page. Elle peut être une colère rongeant son frein, insultant le malheur, faisant chanter le bonheur. Les mois, les années s’amassent. J’en ai le dos voûté. Il est plus facile de parler avec les plantes que discuter avec les hommes. Un peu, beaucoup, passionnément. L’écriture laisse le choix des réponses. Les mots disent la glace ou le feu, des banquises de soleil, des cheveux de sorcière ou des chevaux de frise, le bon grain ou l’ivraie, la chaleur ou la pluie. L’enfance vit de ses rêves, de ces livres lus trop vite à la lueur d’une flashlight ou du bout d’une chandelle. Il faut dans le cerveau balayer les toiles d’araignée, blanchir les idées noires.

 Quand ce n’est pas une plume voltigeant sur la page, un stylo y creusant des ornières, c’est un clavier qui claque des dents et des lettres. Où sont passés les terrains vagues, les ombres de la nuit et les chats de ruelles? Ils traversent le no man’s land des mots et la cour des miracles où les cédilles servent de béquilles. Dans mes mots en guenille, je préfère les filles de rue aux rombières griffées, l’innocence à la philosophie, la révolte au pouvoir, les êtres à l’avoir, Hölderlin à Husserl, Spinoza à Descartes, Nietzsche à Heidegger, Rousseau à Voltaire, l’instinct de vie à la raison pure. Un déferlement de haine et de fake news envahit les écrans, une fleur de fumée dans un pot d’échappement. Les écoliers se transforment en adultes. Chez les enfants violés, les mitraillettes remplacent les poupées. Les billes sont des balles, les bâtons de pèlerin des seringues et les cordes à danser des cordes de pendus. Les vieux enfants deviennent des clients, très vite à la merci de la mode et du prêt-à-penser, préférant le plastique des roses aux plantes rudérales, le plastic des bombes au jus de la grenade.

Quand la porte se ferme sur les barreaux des cages, c’est au langage que je confie les clefs. Le regard ouvre le cadenas des yeux, les fenêtres du paysage, le passage des nuages, les sacs de voyage, le bagage des ans, la couleur des images. Dans l’histoire du monde, les causes sont les faits et provoquent les choses. J’écris avec ma chair, mes mains, ma tête. J’écris avec l’eau des ruisseaux, la poussière des choses, les souvenirs et les trous de mémoire. Que sent-on quand on sème des fleurs? Que fait-on quand on s’aime? Que dit-on dans le silence? Que rêve-t-on quand on dort? J’ai cherché la vérité dans la vie. Je l’ai trouvée parfois dans les livres et les comptes en souffrance. Je n’écoute pas ceux qui nous mènent et nous commandent. Ils mentent par intérêt. Je ne sers pas les mains de la chimère. J’écoute les rebelles, les insurgés, les insoumis. Ils vivent par amour.

Jean-Marc La Frenière

 

 

 

 

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Pour l'amour qu'il nous reste

Publié le par la freniere

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La confiance

Publié le par la freniere

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