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Les sculptures

Publié le par la freniere

Les sculptures

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Des mots

Publié le par la freniere

Il y a des mots qui sonnent pour rien
Et d'autres qui disent tout et bien
Des mots doux, des mots forts
De nos pensées, de nos corps

Il y a des mots froids comme l'hiver
Des mots tristes , des mots amers
Qui couvent leurs secrets en mer

Il y a des mots qui se cachent dans nos désirs
Des mots du beau feu de l'amour et plaisir
Des mots des francs fins sourires
Des mots timides qui ne veulent partir

Il y a des mots tristes comme la mort
De temps de guerre et ses malheurs
Il y a des mots comme des imbéciles
Qui ne savent ni chanter, ni dire

Des mots traîtres dans le noir
Qui cambriolent nos mémoires
Il y a des mots qui charrient des colères
Qui explosent et disent de beaux vers

Il y a des mots nobles des mots héros
Qui donnent leur valeur aux zéros
Des mots qui font des percées
Inventent les routes bien tracées
Des lumières et de la pensée

Anne Perrin

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Poeme pour un rouleau de printemps

Publié le par la freniere

dédié au grand masturbateur

« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles »
Paul Valéry, 1919

“La poésie a toujours été le cri des hommes oubliés et de ceux qui ne se résignent pas.” Danaël (un anonymus)

Je vis dans une grande ville sans limite
où tout s'est arrêté
les oiseaux de chanter
les habitants de vivre
les arbres de pousser
et le temps lui-même semble
avoir cessé sa course de lapin de garenne
pourtant nous vieillissons
plus vite que jamais auparavant
nos visages ressemblent
à des cadrans d'horloges molles
il n'y a plus d'amoureux dans les parcs
des soldat armés jusqu'aux dents
contrôlent tout ce qui bouge
où sont passés les enfants
qui les a fait disparaître
seuls quelques ancêtres en claudiquant vont priant
entre les mausolées de cette cité naufragée
Des écrans plats à longueur de jours et de nuits
diffusent de mauvais films américains de science-fiction
aux scénarios identiques
seul le point de vue change
mais il n'y a plus personne pour écouter
bientôt les meilleurs amis ne se reconnaîtront plus
déjà les miroirs se brouillent les repères se perdent
la vérité s'est retranchée dans un no man's land inaccessible
des rêves brûlent avec des fumées noires
sortant de la gueule des crématoriums.
Il règne dans les avenues vides une atmosphère mutilante
ou quelques fantômes sans sexe, des spectres masqués
déambulent en flottant comme des nuages entre les murailles
parfois un mort soupire sous un soupirail
mais plus personne ne s'en soucie
depuis qu'un décret en lettres de sang
a rendu obligatoire l'interdiction de mourir
Autrefois j'ai entendu dire qu'en Chine
un vieux sage en marchant sur les mains
était venu voir l'Empereur pour lui apprendre
à applaudir avec une seule main
Le soleil rumine sur les toits de vieilles chansons d'antan
et derrière les fenêtres les cerveaux détraqués cuisent à gros bouillons
il fait un temps à se tirer une balle dans la peau
à sortir de sa tanière comme un animal féroce
Dans ma ville s'est répandu comme traînée de poudre le bruit de fond
d'un silence mortel lourd comme une rumeur d'apocalypse.

André Chenet, le 18 avril 2020

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Les marginaux

Publié le par la freniere

Jack Kérouak

Jack Kérouak

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Comme un enfant perdu

Publié le par la freniere

Je traverse les mots comme un enfant perdu qui cherche ses parents. J’écoute sur les rails le passage des trains. Je fais des signaux de fumée sur le territoire des Indiens, des signes de piste sur la boue des sentiers. Je laisse des pas fangeux au fond des fondrières. Le pollen féconde le papier des poèmes et même les boulettes qui finissent au panier. De grosses mouches velues tapissent l’émail du bain. Je laisse couler l’eau. Les fientes noires du rêve disparaissent à mesure. Le soleil des mots se lève dans la clairière du silence, faisant éclore des fleurs de rhétorique. Le sel des tempêtes fait rouiller les épaves comme des vieux poèmes. Si Pessoa n’est personne, je le suis encore moins. Les souvenirs refluent avec les diastoles du cœur. La mémoire est un fouillis d’ondes courtes, un immense bavardage balloté par le temps, un appel d’air dans la tête.

Quand le train passe, on dirait que les vaches le saluent ou lui font des prières. Autrefois, une sirène répondait. Aujourd’hui, il n’y a plus que le bruit du fer contre le fer, des roues contre les rails. Il n’y a plus de fumée pour répondre aux nuages. Je ne crains pas le ridicule, les fleurs bleues, la vie en rose. Les souvenirs d’enfance enjolivent le temps, transformant les fils téléphoniques en mariages d’oiseaux. La mémoire embellit les routes, les chemins de campagne, les sentiers où les fourmis s’amusent. Le paysage est une ivresse pour les yeux. Chaque vague est tirée par le tracteur de l’eau. Chaque feuille d’un arbre, chaque éolienne, chaque nuage est poussé par le vent. Chaque œuvre d’art garde l’œil plus vivant. Chaque page d’un livre éveille l’esprit. Le prisme des couleurs irise le regard.

Le printemps inonde de verdure les trous du paysage. Les arbustes font naître la forêt. J’assiste à la classe des mots, à l’école buissonnière, à la leçon de choses, à la chasse aux papillons, à la chiasse des moissons. La terre est un garde-manger qu’arrose l’urine jaune. Lorsque tout va de mal en pis, je m’assieds sur une pierre comme au fond d’un sofa avec la vague idée d’un amour de jeunesse. Je déguste des fruits frais, fraises, framboises, frangipanes. L’essence s’évapore sous l’odeur de l’humus. Le sang des abattoirs se mêle à celui des affaires. Le pollen se répand sur les ailes des abeilles. Je me promène en été et non pas une auto. Le poète se tient au bord d’une falaise, cherchant la lumière tout autant que l’ombre. Dans l’atelier des meubles et cercueils, les copeaux de bois forment une neige blonde. Je pleure d’être un homme, plus souvent que j’en ris. Je n’ai pour me vêtir qu’une chemise tachée d’encre, un string de voyelles, un langage de voyou, un argot de canaille. Je surine les phrases avec un vieux canif, un opinel crochu, un couteau de boucher sur l’étal d’un livre.


Jean-Marc La Frenière

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I contain multitudes

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Est folle

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Le beau bizarre

Publié le par la freniere

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Les vieux enfants

Publié le par la freniere

Ils recherchent leur vie dans le creux de nuages
Qui couvrent leurs pensées d'un voile cotonneux,
Leur mémoire qui s'amuse au pays des enfants
Est allée se cacher au mitan des saisons
Dans leur château de sable qui lentement s'écroule
Sur tous leurs souvenirs, ces brisures du passé.

Entre leurs vieux doigts gourds ils font glisser les grains
En comptant chacun d'eux, pour mesurer le temps.
C'est une nostalgie qui tombent de leurs mains
Avant d'aller se fondre à l'aura de leur brume.

Leurs jours s'enfuient sur la pointe des pieds
Leurs nuits s'avancent sur la pointe des rêves
Un crissement d'aiguilles au matin les éveille.
Quand la trotteuse s'égare sur la montre brisée
Poursuivant les secondes qu'elle a peur d'oublier.

Il fait tellement sombre dans leur vie de silence
Où s' emmêlent les fils les reliant au passé.
C'est un rideau tissé qui cache leur visage ,
C'est un reflet brouillé dans un miroir concave,
C'est kooning égarant ses couleurs sur ses toiles,
Hugo Claus égarant ses mots dans ses poèmes ,
C'est le vieillard qui grignote la mort
Où qui fixe avec soin sur le mur lézardé
Des instants de bonheur qu'il vole aux nuages
Pour revoir ces avant oubliés en chemin.

® Yvi Marlin

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Brèves de poésie

Publié le par la freniere

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