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Exposition d'Errol Gagné

Publié le par la freniere

Une exposition photographique
d’Errol Gagné

QUARANTAINE/TOTEMS-rails
avant que le train nous happe
Un voyage avec et dans l’histoire de la création inconnue du Québec

Centre d’exposition de la gare de Rivière-Rouge
682, rue L’Annonciation Nord, Rivière Rouge (secteur l’Annonciation)
Du 16 juin 2017 au 1 septembre 2017 (pour tous - gratuit)

 

 

Errol Gagné est un photographe autodidacte né à Jonquière et parti en exil dans la métropoule en 1971. Il a aiguisé son regard et développé ses perception dans une période d’effervescence et de grands voyages. Par la suite il a continué sa démarche d’observation à sa manière en utilisant la multiplicité de ses moyens pour l’exploration : menuiserie, chansons, musique, improvisations, travail, rencontres, dessins. Son œil/caméra permanent n’a jamais été au repos.

Il a regardé son époque. Il en possède quelques moments captés sur pellicule 400 asa développé à 1200. Très peu ont pu partager son trésor.
Aujourd’hui, dans cette orgie à surconsommer pourquoi encore d’autres morceaux de papier ou de pixels à consommer?
Pourquoi pas d’autres images, argentiques, digitalisées à une résolution devant recréer la texture d’un temps flou sous-exposé et se révélant par magie?
Ces gestes, ces événements, ces drames sont-ils vraiment pistes d’un sens d’éternité ou sont-ils eux aussi les enflures de ce moi qui nous assaille à chaque micro-seconde pour nous bombarder de leur triste non-réalité?
Avec Errol Gagné, ces signes anonymes de ce futur antérieur pourront-ils se transformer en «porteurs de nous»? Ce présent/futé-rieur peut-il nous aider à voir, entendre et comprendre qui nous sommes?
Que sont ces individus, ces regards, ces rencontres, ces événements, ces moments, ces images du réel, du pays, de la ville, de l’horizon dans le trésor incommensurable de l’espérance?
Pour cette exposition Errol a invité ses frères Jean et Serge cinéastes/collagistes
qui présenteront quelques traces du parcours et aussi le film Une Semaine dans la vie de camarades - version réalisateurs, une oeuvre charnière pour comprendre où nous en sommes et d’où nous venons.
Lors du lancement le 16 juin 2017 vers 16:00, Errol Lorre se joindra à des complices musiciens pour interpréter quelques pièces de leur répertoire.
Cette exposition organisée par Annie Coulombe responsable du Centre d’expositions de la Gare de Rivière Rouge est un événement rare, comme des signes de sentiers vers un trésor qu’il faut aller voir pour apprécier.

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Dans un corps vide

Publié le par la freniere

Les yeux trop pleins de choses ne voient pas l’horizon. Trop de mots se perdent dans les bulles du bruit. Trop d’images s’effacent. Le réel ne vaut rien s’il interdit le rêve. J’avance dans ce que j’ai perdu pour trouver l’inconnu. Un petit vent caresse les arbres et un oiseau rafraîchit l’air. Sans âme, sans amour, le cœur bat dans un corps vide. À force d’enjamber les larmes, la route s’est noyée. D’une frontière à l’autre, on porte tous nos accessoires de réfugiés. Quêteur d’absolu, je traîne en plus d’un guichet de banque à l’autre mon attirail de pauvre. Il faut des ruses de vivant pour affronter la mort, protéger l’âme avec des mots sans craindre de se brûler. On ne reconnaît plus ses frères. Les masques poussent à même la chair. Partout les délateurs avancent dos à dos. Chaque homme dans la foule n’est qu’une portion de mur. Nous sommes tous à la même enseigne. Être des hommes avec les hommes, est-ce si difficile ? Les belles années passent sans vaincre la laideur.

L’eau s’achète et se vend. Les larmes des enfants servent de sel aux tyrans. On compte la recette en omettant le déficit du cœur et les laissés-pour-compte. On piétine les herbes qui poussent sans permis, les fleurs sauvages, les orties. À tant tirer sur les ficelles de la haine, toutes les marionnettes se valent. On plante des épines sur la peau des mots nus, des bombes dans les gares, des mines dans le désert, des aiguilles souillées dans les veines encore bleues. On s’accroche aux clous du Christ, aux sourates d’Allah, au bruit des tiroirs-caisses sans trouver la lumière. On reste là sans voix, les nerfs en boule et les jointures à vif en nous mordant la langue, le petit pain des jours émietté dans l’absurde.

Quand les paupières se ferment, je garde ouverte la main des yeux. Je n’ai pas besoin d’un Dieu pour regarder la mort en face. J’ai besoin d’un poème pour remercier la vie. Je n’ai pas besoin de lois pour reconnaître un juste. Je n’ai pas besoin de pardon. J’ai besoin de beauté, de bonté, de bon temps. Je n’ai pas besoin de signes de croix, de salamalecs, ni de génuflexions. Le coude à coude du partage est un acte sacré. Je n’ai pas besoin de cash mais de chaque grain de sable, chaque goutte de pluie, chaque plume d’oiseau, chaque feuille d’un arbre, chaque atome d’atome, chaque pulsation de vie.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Prose

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Fanfare Pourpour: Tango de l'avion

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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Comme tout le monde

Publié le par la freniere

Thomas Vinau

Thomas Vinau

Publié dans Poésie du monde

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Il faudra bien un jour

Publié le par la freniere

photo: Jean Désy

photo: Jean Désy

Il faudra bien un jour admettre
Que sans le silence infini des forêts
Sans la paix démesurée des muskegs
Et l’énorme solitude des barrages à castors
L’humanité entière court à sa perte

Il faudra bien un jour admettre
Que sans la musique des sphères
La sarabande des plus lointaines galaxies
L’humanité n’est qu’une vaste foule anonyme
Un magma d’êtres en désespoir de cause

De toute urgence il faut refaire acte d’allégeance
Aux puissances chtoniennes et célestes
Pour que s’éteignent les voix de toutes les radios
Ces pans d’ondes pétries de triste humanité
Pour qu’enfin pulse un nouveau Soleil
Une pleine lumière de froid d’or et calme

 

Jean Désy

Publié dans Poésie du monde

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Guillevic ou l'épaisseur des choses

Publié le par la freniere

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Le coeur au Nord

Publié le par la freniere

Entre deux nuages, le vent s'est engouffré, un frisson se faufile tout au long de la colonne vertébrale, la chair de poule envahit les extrémités du corps, l'engourdissement se répand à l'intérieur des os. Les cheveux se dressent sur la tête, le torticollis m'empêche de rire et de pleurer. L'étoile a perdu sa luminosité, le nuit s'enfuit et le tonnerre gronde, la pluie froide tombe comme des glaçons, la cabane au fond des bois navigue entre les arbres qui fouettent les fenêtres, les feuilles sifflent et crient, les animaux de la forêt, dans le silence se préparent à la catastrophe. Dans les changements de saisons, le sapin sombre dans le ravin, arraché par la violence des rafales. Dans sa tanière il n'y a plus personne, les petits loups se sont sauvés dans la lande, les nids sont éparpillés dans le sous-bois, les plumes au vent s'envolent, les rapaces rôdent encore, les oeufs cassés racontent le désastre, tout est à recommencer. Amina, telle un rouge-gorge va refaire sa vie dans un autre univers, la nature a horreur du vide, avant la prochaine saison, elle reprendra le chemin du Sud. Comme un accord avec les éléments, même sur le bord du précipice, l'espoir renait entre les risques et les périls, entre l'arbre et l'écorce, entre la survie et les faillites, entre discipline et anarchie. Le soleil se lève à l'Est, la lune se cache à l'Ouest, le vie suit son cours...

Alain-Arthur Painchaud

Publié dans Poésie du monde

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Il se peut

Publié le par la freniere

L'écriture est la fleur au-dessus des épines. Il faut monter pour approcher sa vérité. En quête de rectitude, j’écoute le silence, le chat bien plus confiant que moi, le sentier guidé par la montagne, toutes ces choses de la présence pure. Il se peut que les mots, les gestes, les espoirs, se trompent de planète et de locataire. Il se peut que le cuir tanné des terres d'hiver, les maraudes d'oiseaux sur des graines de faim, les gifles des vents dans les arbres dépouillés, soient plus résolus que mes pas sur la route. Il se peut que la funambule craigne le vide, le grand vide affamé où s'éteint la lumière. Mais il se peut aussi que la vie dans la vie ranime la pierre.

 

Ile Eniger

 

Publié dans Ile Eniger

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Les jardins minés

Publié le par la freniere

Je concède aux étoiles au peu de ma naissance. Je dois au capital le règne de l’angoisse, du néant et du manque, toutes les sortes de bombes et le rictus des marchands, la bêtise et la faim, l’adoration du fric, la haine qu’elle implique, l’agonie de la mer et les jardins minés, les bras qui se prolongent en seringues, les épaules en fusil, les camps de réfugiés, les enfants de la rue, les fillettes qu’on vend, les anges en beau calvaire, les poètes en hostie. L’ambition d’être tout a dévasté le monde. Ne sachant où mène ce néant, j’arpente le chemin qui s’éloigne des lois. Je donne à l’espérance un visage verbal. J’ai choisi l’air pour bâtir ma demeure. J’y creuse des fenêtres assoiffées de lumière. J’alimente la laine quand le tricot a faim. Une seule image, un seul oiseau, une seule phrase peuvent adoucir le monde. Il arrive qu’un seul coup de pinceau résume l’immensité. Une lettre est le début du monde. La moindre des moissons revient à sa naissance.

Je veux le fruit du fruit, la fleur de la fleur, l’âme de l’homme retrouvée par amour, faire de chaque miette la naissance d’un pain, d’un brin d’herbe une flûte, d’un regard de pierre une source d’eau fraîche. Je cherche dans la nuit ce que nul ne voit, un bol de bonheur, un bout de vérité, l’amande solitaire cachée dans son écale, la graine naissant dans l’ombre pour voir le soleil. L’écart entre les hommes est la table où j’écris pour rapprocher nos vies. Les mots viennent de trop loin pour se permettre de mentir. Le cri du premier homme quand il a vu la mer traîne encore dans les phrases, ses oh devant le feu, ses premiers pas dans l’eau. De trop avoir cherché, je me suis égaré. La nuit gagne sur moi. Quand le passé se tait, l’avenir est muet. Ce qu’un instant dessine est effacé par le suivant. Il faut s’aimer plus fort quand le vivant rapetisse. Je m’éveille ce matin avec de vieux mots échappés de l’hospice.

Les souvenirs fleurissent les à-côtés du cœur. La vie nourrit la mort. Il faut piller la terre, écraser quelques hommes, pour amasser de l’argent, avoir des griffes au bout des mains, un cœur à marée basse, une tête mal lunée, une tache de pétrole en guise de conscience. Le temps devient bizarre à cause des cultures, des pesticides, des essais nucléaires. La mort vient du sol comme elle descend du ciel. Qu’il fasse nuit, qu’il fasse noir, qu’il fasse froid ou faim, toute la question est de ne pas se vendre.

La mort d’un homme n’est pas un drame, mais une vie ratée, une enfance avortée, un vieux sans souvenirs, un rêve mutilé, une bouche sans pain. La guerre d’Espagne se perd à chaque jour. L’argent a gangrené chaque cellule du corps et la vie s’empoisonne. De la gueule du volcan à la tanière du loup, du grenier de la nuit au sous-sol du jour, je tire la langue au néant et convoque à l’amour. Je fabrique des clefs pour les portes qu’on ferme, des fenêtres d’oiseaux, des comptoirs à épices dans la fadeur du temps. Il y a longtemps que Dieu est mort en sautant sur une mine. Je regarde le Christ refaire ses bagages. Il jette à la poubelle ses épines en plastique, ses paroles trahies par les bouches dévotes, ses tables de la loi usurpées par la banque, son amour en faillite, sa tunique de pauvre redessinée chez Dior. Une guerre a beau finir, ce n’est jamais la paix. D’autres commencent quelque part. Les vautours cachent leurs œufs dans un nid de colombes. Autour de moi, des gens rient, gesticulent, parlent fort. À l’usine ou ailleurs, ils nourrissent la bête. Rivé à mon crayon comme un fou sur sa chaise, je suis d’un autre monde, celui des schizophrènes, des parias, des enfants alités. De nœud de viscères en nid de vipères, je desserre l’étreinte. Je traverse le rêve en bicyclette rouillée.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Prose

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Ils ont dit

Publié dans Ils ont dit

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