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Le mot n'est pas l'amour

Publié le par la freniere

Le mot n'est pas l'amour
Le mot n’est pas l’amour
l’amour n’est pas la rue quotidienne
avec ses poissons crevés
Ses rats squelettiques
la rue n’est pas le delta des gestes fiévreux
Les gestes fiévreux ne sont pas
le matin du monde
et l’aube des femmes des hommes des vieillards et des enfants
n’est pas cette flaque d’urine au bas du mur de l’usine
l’usine n’est pas la forêt
la forêt n’est pas l’oiseau
qui chante malgré sa gorge rouge
le chant du sang n’est pas la sève d’avril
Un jour peut-être
nous ferons en sorte tous unis
de donner des ailes
au pauvre langage des habitants des limbes.
 
André Laude
Poème cité dans “C’était hier et c’est demain” : anthologie.
Le Printemps des poètes/Seghers « Poésie d’abord », Paris
 
 
 
 
 
 
 
 

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Le fil

Publié le par la freniere

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Cette ordure

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Cette ordure

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L'oeil au ralenti

Publié le par la freniere

L'oeil au ralenti

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Stupeur

Publié le par la freniere

Les gestes ne courent plus. Le vie médite dans le vol des oiseaux, le repos des sols, la respiration des arbres. Sur la rambarde du vide, l'âme se penche, muette. Stupeur de seul au monde, le coeur observe sa route. La pensée désertée racle ses fonds de tiroirs. Une vague floue croise la solitude et porte des heures pauvres. Les mains jointes ne s'agitent plus. L'eau, la terre, l'air, imposent le silence, bâillonnent l'inutile, ligotent les frénésies, remettent à l'heure les pendules. L'enfant perdu rassemble ses cailloux blancs.  Et, derrière la vitre du jour, l'appel du vivant fait signe.

 

Ile Eniger

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À Marcel Moreau

Publié le par la freniere

A Marcel
(Moreau)

Ou t'en es tu allé Marcel?
Ou es tu passé?
Avec ta horde de fous ligotés
Escorté par des squelettes sortis de chez Ensor...
Des monstres se donnant la main au bord d'un grand volcan, des beaux malades, des fantômes ivres et des clochards fiévreux de mots...

Tu prends des bains de lave au bord des précipices!
On ira en Islande je ne t'ai pas menti!!!
Et on jouera a invoquer les poètes depuis l'infini...

J'aimerais te présenter à Silvia, partie peu avant toi
Elle t'aurait plu
Mais sans doute les présentations sont déjà faites!
Vous devez fumer comme des pompiers la-haut et boire et parler et rire!
Et puis peut être que finalement il est plus simple de se rejoindre que de se rencontrer
Ce qu'on fait bien dans les nuages
Vous aimiez le flamenco tous les deux
Et saurez vous enflammer dans la parole ininterrompue

Je dépose pour toi Marcel
Pour vous deux Silvia
Des fleurs incandescentes
Des fleurs en flammes célestes
Des pétales prêts à prendre feu
Vos mots dansent en profondeur
Dans des robes souterraines et cela dégage des nuages noirs et rouges
Des nuits d'ivresse absolue
Des grandes étreintes dans le plus grand silence
Ou l'on se dit  l'effroi en faisant l'amour
En se dévorant de néant dans un ultime festin.

Aurélie Ondine Menninger

 

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Hélène Cadou

Publié le par la freniere

Hélène Cadou

Faire tenir
Entre quatre murs

La table
Cheval au galop

La pomme
Et son mystère

Le couteau du soleil

Le ciel
Qui a ses raisons

Tes mains
À ne savoir que faire

La parole
Pour dire tout cela

Le rien
Le vif
La poésie.

Hélène Cadou (1922-2014), « L’Innominée », Éditions Jacques Brémond, 1980

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Terre

Publié le par la freniere

emmilagitana

emmilagitana

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Stances de Ronsard

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La gueule des loups

Publié le par la freniere

Je ne craindrai plus la gueule des loups à l'heure où les chiens poussent des soupirs aux pieds de leurs maîtres.

Je n'entretiendrai plus la tendresse vouée aux amis qui depuis longtemps ont oublié mon nom.

Mon image coule dans la tranquillité de leur indifférence, chaque année en eau plus profonde je dois la puiser.

Chacun sa parcelle d'hexagone ou de terre étrangère et la distance sauvegarde la vie privée de fraternité.

Ainsi vont les jours dans leur normalité, l'oubli de l'autre au coeur des chaumières brûle assez de feu pour cuire le pain du quotidien.

Les grands absents sous leur cape de silence emportent la pure lumière par les chemins où se dépouillent les chênes.

Cette même lumière ouvre le cahier où l'écolière de toujours note et tache ses pages car elle a effacé le devoir de sagesse de ses afflictions morales.

Lucide, la mine graphite brouillonne le noir et l'éclat de la vie car aucun souvenir ne la quitte. La mémoire vient de l'écoute des hommes et de l'amour que l'on porte aux personnes, aux lieux et au temps traversés avec eux. Le souvenir prolonge le dialogue des amitiés intarissables.

On me dit que je garde l'écoute des mots que jamais personne n'a entendu, ils tintent pourtant par toutes les fêlures des coeurs qui ont trop ou pas assez donné.

Où poser son souffle pour que la présence sur Terre entre en résonance avec le cosmos ? Le réel n'offre que ses mirages ou le tranchant de la lumière pour attirer l'éveil, parfois il suffit de tenir son attention sur l'ombre d'un arbre couché dans la lumière projetée d'une fenêtre.

Carmen Penn Ar Run

photo:G. Pennarun

photo:G. Pennarun

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