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L'espérance

Publié le par la freniere

Un jour la beauté reviendra
Sur ses pas
Les étoiles tourneront sur leur gond
Pour faire chanter les nuits
Et le soleil fêtera sa prière unique
Un jour
Un jour
Les miracles renaîtront
Nous les cueillerons
A pleines mains
Comme le plus beau cadeau
De la vie
Ils auront tes yeux que courtise l’espérance
Ils seront l’écho de ta voix
Ils nous liront tous les poèmes
Qui dorment sur tes paupières
Et sur tes lèvres
Ce sera un réveil
Une révélation
Une bénédiction
Et nous irons tous les deux
Caresser les rivières
Faire de chaque pierre
Une pépite du temps
Un jour
Un jour
Bercé par la mer
Nous enfilerons
L’aiguille neuve du beau temps
Les volcans ruisselleront d’amour
Et le matin s’habillera de papillons
Comme autant de jardins suspendus à nos rêves
Un jour
Un jour
Le monde recommencera
A la lumière de tes seins
Et ce sera pour nous tous
L’heure inespérée des renaissances
L’heure du beau baptême des astres
L’heure des arcs-en-ciel
Et des retrouvailles humaines

Ernest Pépin
Faugas
Le Vendredi 3 Avril 2020

 

glané sur emmilla gitana censuré par Facebook

 

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Un goût d'ailleurs

Publié le par la freniere

Il y a des mots qui servent à réparer les phrases, des syllabes qui s’enlacent, des phrases qui s’embrassent, des voyelles en forme de ciseaux. Le vent découpe des oiseaux sur la page du ciel. Hostile à la rivalité, je suis un pauvre qui ne rêve pas d’or pur, pour qui le fait d’être riche est un défaut. Mes sens forment des images et des phrases. Tout a un goût d’ailleurs. Les ombres se calment. Les mots forment des phrases, des poèmes, des rêves, des pensées. Vivre est cette part qui s’en va, l’inextricable écheveau du temps, le fil de la parole dont je serre les nœuds. Le nez traverse une frontière d’odeurs avant d’aborder les parfums d’un pays.

Depuis longtemps, la main géante du vent fracasse les collines. Je voyage des minuscules aux majuscules, du brin d’herbe aux montagnes. J’arpente les sentiers de la Fée Carabosse dont je connais toutes les entourloupettes, le chaos, les nids de poule aux œufs de carbone. Je poursuis la liberté du vent, l’innocence des enfants. Le ciel s’est posée sur la pointe de sapins. La terre fait son pain sous la farine blanche. Le cœur du monde bat dans son armoire humaine, entre les os, les nerfs et la chair fraîche. Chassés du paradis, mêlés aux marionnettes, les mains d’Adam cherchent les seins d’une Ève, Noé son arche, Jonas une baleine.

J’ai étudié longtemps à l’école de Dieu. J’ai tant cru aux sornettes et aux cloches de Pâques, je croyais que des ailes pousseraient aux boiteux, que les pattes de table auraient des cors au pied, que les notes s’accordaient aux chaises musicales. La neige donne la frousse aux ours. Ils hibernent et dorment toutes les nuits d’hiver. Il n’y a plus que des arbres fantômes, des tiges rachitiques, des traces de loup dans les pas des lièvres. Le monde tient à un fil toujours près de se rompre. Je m’accroche à chaque nœud que forment les humains en se donnant la main.

J’ai hâte que les oiseaux reviennent recoudre les nuages, les outardes, les oies blanches, les bernaches. Je reste seul en compagnie des chaises. J’écris avec la soupe à l’alphabet, un potage d’images où l’os prédomine. Quelques virgules suffisent pour relever la sauce parmi les bouts de viande et les morceaux de phrases. De la lumière s’ajoute aux feuilles, du miel aux abeilles et du ciel aux rivières. J’ai jeté mes cigarettes. Je ne fais plus de signaux de fumée en grillant des clopes. Je me contente du mégot des mots, de la braise des phrases. J’allume la parole avec un stylo Bic, son encre à pointe fine, son alphabet mouillé, ses adverbes rouillés.

J’ai hâte de retrouver mon loup, les chevreuils et leur chapelet de crottes, la course des lièvres, les écureuils courant à l’envers des branches, croquant des noix sur la pelouse, le poil roux des tamias, mes gestes de chasseur et ma cabane dans le bois, l’intelligence des érables, la tendresse des bêtes, l’alphabet des plantes, la sagesse des pierres, la fraîcheur des ruisseaux. Je suis en beau calvaire devant la condition du monde, la cruauté des guerres, le sang versé des hommes, la pauvreté du cœur.

Les bras du monde rembobinent leurs veines, la colline ses torrents, la forêt ses sentiers. Mes souliers débobinent leurs pas. Je mets la table où ma blonde n’est pas. Elle n’est pas loin, presqu’à portée de main. Elle bouge dans la pièce d’à côté où je n’ai pas accès. Son regard me scrute. Elle respire dans le souffle du vent. C’est pour elle que j’écris et mes petits-enfants. Les miens ne lisent plus que des mots virtuels, des avatars et des tweets.

Je rêve d’un arbre pour les oiseaux, de céréales pour le pain, de vignes pour le vin, de contes pour les enfants. Ils se fabriquent des jouets avec des bouts de rien, de boutons de chemise, des trombones, des clous rouillés, des planches vermoulues. Ils se fabriquent un trousseau de clefs pour les serrures du temps. J’attends que remonte la ligne d’horizon, que le soleil y boive entre les écrevisses et les paumes terreuses.

Jean-Marc La Frenière

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Les goémoniers

Publié le par la freniere

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Elles

Publié le par la freniere

 
La fermière, la cuisinière, l'infirmière, la mégère
l’écuyère, la sabotière, la danseuse, la peintre
la patineuse, l'élagueuse, la pleureuse, la nounou
la brodeuse, la caissière, la chauffeuse, l'auteure
la crâneuse, la méticuleuse, la boudeuse, la veilleuse
l'épicurienne, la chasseuse, la prostituée, la vendeuse
la liseuse, la dormeuse, l'amie, la philosophe
la voisine, l'éboueuse, la criminelle, la rêveuse
la fillette, la sorcière, la sans-culotte, la politique
la silencieuse, l'ensorceleuse, la graveuse, l'acrobate
la chanteuse, la dénudée, la sœur, la grande tante
la délurée, la mal fagotée, la discrète, la chirurgienne
la sportive, la mourante, l'évanouie, la pisteuse
la slameuse, la tradeuse, la Geek, la baroudeuse
l'échevelée, la menteuse, la cuirassière, la diseuse
la traitresse, la superbe, l'allumeuse, la flambeuse
la roturière, la sirupeuse, la mangeuse, la nageuse
l'allumée, la cafteuse, la bébé, la frimeuse
la vantarde, l'emmerdeuse, la poivrote, la bonne mère
la courageuse, la sangloteuse, la trotteuse, l'escamoteuse
la grimpeuse, la furieuse, la sans-souci, la bronzeuse
la folle, la révoltée, l'actrice, la tourmentée
la rockeuse, la frivole, l'habitée, la star
la volante, l'effrayante, la claudicante, la routarde
la royale, la fêtarde, la poussive, la servile
l'obéissante, la dévouée, la lucide, la droite
l'endimanchée, la fougueuse, l'éhontée, la bonimenteuse
la leadeuse, la belle, la nue, la flutiste, l'artiste
la sanglante, la chanceuse, la costumée, la taiseuse
la sauveuse, la videuse, la grossière, la primaire
l'arroseuse, l'engrosseuse, la malveillante, la dormante
la juge, la secrétaire, la prisonnière, la costumière
l'entremetteuse, l'espionne, la guerrière, la solaire
l'envahisseuse, la bonne soeur, la voyageuse, la cosmonaute
la statue, la têtue, la rendue, la fameuse
la tranchée, l'incisive, la finale, la première
l'ancêtre, la désirée, la phantasmée, la clown
la berceuse, la fumeuse, la terrible, la sainte
la magique, la rare, l'unique, la songeuse.
Et moi.
 
 

 

 

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Pendant que l'être humain s'enferme la terre respire.
 
 
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Le Gros Pierre passing by

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Mon vieux

Publié le par la freniere

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Décès d'Ellis Marsalis

Publié le par la freniere

Jazz Corner s'associe au monde pour faire le deuil de la perte de musicien, patriarche et éducateur #EllisMarsalis. Le père de 6 fils dont Wynton Marsalis, Branford Marsalis, Delfeayo Marsalis et Jason Marsalis nous vous adressons nos plus sincères condoléances. Branford a annoncé sur mer, que son père avait 85 ans et est mort de complications du coronavirus. La Nouvelle-Orléans Mayor LaToya Cantrell a déclaré que la ville a perdu une légende à la mort de Marsalis ; " Il était le prototype de ce que nous voulons dire quand nous parlons du jazz de la Nouvelle-Orléans," a déclaré Cant " C ' était un professeur, un père et une icône - et les mots ne suffisent pas à décrire l'art, la joie et l'émerveillement qu'il a montré au monde. Cette perte nous coupe profondément."

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The lost album

Publié le par la freniere

avec Donovan

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