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Elles ont dit

Publié le par la freniere

La poésie, c’est comme l’amour, comme la vie, elle est à la hauteur exacte où toi tu es avec elle.

Ile Eniger

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Le marcheur

Publié le par la freniere

Le cœur en bandoulière
Avec une vieille guitare
Et un chien
Mangeur d’étoiles
Il marche
Les pieds usés d’amour
Sur les courbes de la terre
Les rêves aguerris
Par tant de nuits
Sans lit ni femme
Ces comètes

Il marche
Au soc des siècles
Dans les sillons creusés
Sur le parchemin de sa peau
Il marche né du vent
Sans fruit ni racine
Les pieds rompus
Au crin de la route
Et sur des cordes sèches
Ses mains se ravinent
Il marche

Et on a retrouvé son chien
Endormi près de la guitare
Et lui il marche encore

Il marche sur un fil
Tendu au ciel
D’étoile en étoile.

Cathy Garcia

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Le virus

Publié le par la freniere

Coronavirus, attention danger, mais pas celui que vous croyez.
par Gilbert DERAY, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris

Depuis 30 ans, de mon observatoire hospitalier, j’ai vécu de nombreuses crises sanitaires, HIV, SRAS, MERS, résurgence de la tuberculose, bactéries multi-résistantes, nous les avons gérées dans le calme et très efficacement. Aucune n’a donné lieu à la panique actuelle.
Je n’ai jamais vécu un tel degré d’inquiétude pour une maladie infectieuse et d’ailleurs pour aucune autre.

Et pourtant, Je ne suis pas inquiet quant aux conséquences médicales du Coronavirus. Rien dans les chiffres actuels sur la mortalité et la diffusion du virus ne justifie la panique mondiale sanitaire et surtout économique.
Les mesures prises sont adaptées et efficaces et elles permettront le contrôle de l’épidémie. C’est déjà le cas en Chine, foyer initial et de loin le plus important de cet agent infectieux, ou l’épidémie est en train de s’éteindre.
L’avenir proche dira si je me suis trompé.

Par contre,
Je suis inquiet des vols de masques et que ceux nécessaires à la protection des personnels soignants et des personnes à risque, nos anciens et celles déjà malades, en particulier les patients immunodéprimés, soient distribués pour une efficacité nulle dans les aéroports, les cafés et les centres commerciaux.
Je suis inquiet des vols de gels nettoyants.
Je suis inquiet de ces rixes pour acheter du papier toilette et des boîtes de riz et de pâtes.
Je suis inquiet de cette terreur qui conduit à faire des stocks obscènes de nourriture dans des pays où elle est disponible dans une abondance tout aussi obscène.
Je suis inquiet pour nos anciens déjà seuls et qu’il ne faut plus ni voir ni toucher de peur de les tuer. Ils mourront plus vite mais « seulement « de solitude. Nous avions l’habitude de ne pas rendre visite à nos parents et grands-parents si nous avions la grippe, pas de les éviter « au cas où » et pour une durée indéterminée, ce n’est en rien différent pour le coronavirus • Je suis inquiet que la santé ne devienne un objet de communication belliqueuse et de conflit comme un autre, alors qu’elle devrait être une cause ultime de lutte dans le rassemblement.
Je suis inquiet que notre système de santé, déjà en grandes difficultés, soit prochainement débordé par un afflux de malades au moindre signe de syndrome grippal. Ce sont alors toutes les autres maladies que nous ne pourrons prendre en charge. Un infarctus du myocarde ou une appendicite ce sont toujours des urgences, un virus rarement. La couverture médiatique sur le coronavirus est très anxiogène et elle participe à l’affolement de chacun.

Cela conduit aux théories du complot les plus folles du genre, « ils nous cachent quelque chose ». Rien n’est obscur, c’est impossible en médecine dans ce monde du numérique ou la connaissance scientifique est immédiate et sans filtre. Le coronavirus ne tue (presque) que les organismes déjà fragiles.

Chipunta Shilombish

 

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Je m'envoie des mots

Publié le par la freniere

Je m’envoie le bleu Klein, l’outre bleu et le lapis lazuli, le bleu de chauffe, les révoltes ouvrières, les congés payés et les vacances à la mer, le turquoise et le polaire bien sur.
Je m’envoie ton ciel ardent, tes plages sauvages et celles bondées qui sentent la sueur et l’huile de coco, je m’envoie tes dents blanches entre le baiser et la morsure.
Je m’envoie des vers glacés à la pistache, des laits orgeat et grenadine, le lait de mère aussi, les sucettes à l’anis de Serge à pleine bouche et les petites orgies de Pasolini.
Je m’envoie le bleu fauve de Zéno Bianu et l’oiseau de Prévert, tous les bleus qui font mal, et ceux qui font la profondeur et le libre, ceux qui au blanc et au rouge mêlés font une Nation.
Je m'envoie la trompette de Miles Davis et celles de Jericho, tous les bras levés et les chants d’espoir, les cris de joie et les notes de Chopin à me soulever l’âme, les rondes d’enfants et les cours de récrée, toutes les racines carrées à faire pousser sur le tableau noir des solutions, et des arbres dans la terre du sens.
Je m'envoie le jardin d'Eden et la nature dévastée, les pleurs du gorille et les cendres du koala, toutes les larmes de la souffrance humaine à irriguer la terre.
Je m’envoie la voix des Jeanne Moreau et Orient qui me traverse comme un vent chaud et habille les mots de peau et de soie, et celle de la pucelle à combattre et résister mieux qu'un homme.
Je m’envoie des mots de colère et d’instinct, animés comme des dessins à faire bouger, du bruit dans les oreilles, des cris de gorge sous mon clavier sans oublier toutes les fausses notes.
Je m’envoie enfin les étincelles dans ton regard, de la lumière à projeter, la chaleur de son éclat et celle de ton étreinte à m’embraser.
Je m’envoie au front avec mon poème chargé comme un fusil, la peur au ventre et la gorge déployée à dire n’importe quoi mais surtout ce qu’il ne faut pas dire.
Je m'envoie la censure pour la vomir.

Pat Ryckewaert

 

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Libère-toi de tes chaînes

Publié le par la freniere

À l'école, ils ne t'ont pas parlé...
De la lune et de ses phases,
De la terre et de ses cycles,
Ils ne t'ont pas parlé de la mort
En tant que naissance,
Ils ne t'ont pas parlé de la sexualité
Comme sacrée,
Ils ne t'ont pas parlé du corps
En tant que temple émotionnel.

Ils t'ont dit de t'adapter,
De t'intégrer,
Ils t'ont dit de t'asseoir
Toujours au même endroit,
Ils t'ont dit de te taire
Et d’écouter leur seul point de vue,
D’étudier jusqu'à ce que tu t’écoeures.
De sortir une feuille,
Comme une menace !

A l’école, personne n'a jamais évoqué
Le pouvoir de la nature,
Personne n'a jamais expliqué
La puissance de tes pensées,
Personne n’a jamais partagé
Ton lien avec l’Univers.

Avec cette méthode qui nous veut tous pareils,
Nous sommes des loups baptisés des chiens.

Moi, je veux pouvoir hurler à la lune.
Sans qu'on me dise folle,
Je veux embrasser les arbres
Sans qu’on me dise farfelue,
Je veux pouvoir soigner mon Être
Sans qu’on me dise bizarre !

Je n’ai personne à convaincre
Je veux juste partager, transmettre
Et donner...

Je t’offre mon humble connaissance,
Je t'offre ma joie,
Je t’offre mon Amour.

Reste Libre et créatif
Même si ça dérange, reste TOI !

Auteur inconnu

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Éva

Publié le par la freniere

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La vieille

Publié le par la freniere

Guy Bornand

Guy Bornand

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Dans la maison qu'on quitte

Publié le par la freniere

Je ne veux plus qu’on m’embrasse. Je ne veux pas d’autres dieux. L’âme s’est retirée de l’homme. Les lèvres sentent la mort. Le rire se mêle aux excréments. Je ne veux plus d’adieux dans la maison qu’on quitte. Je ne veux plus de feu, l’homme de bois transformé en tison, les idéologies en barreaux de prison. La main qu’on tend n’est qu’une livre de chair dans la gueule d’un fauve. Les chercheurs d’or ont remplacé les chercheurs d’âme. Des pieds jusqu’à la tête, des cordes vocales jusqu’à la voix, des reins jusqu’à la queue, l’homme porte en lui sa propre usure. Je ne veux pas qu’on sème des orties dans ma cour. Je ne veux plus qu’on pose des hosties sur ma langue. Le ciel disparaît quand les étoiles s’éteignent. La colère se mêle au dialogue des sourds. Je ne veux pas des paroles trompeuses, des rides sous le masque, des ruisseaux prisonniers de la source, des engelures au cœur, des enfants de plus en plus vieux. Il ne faut pas confondre les yeux aveugles avec les yeux qui dorment, les dieux qui pleurent avec les hommes qui prient. La marche quelque fois est une chaussure qui fait mal, un grain de sable dans l’engrenage, une poussière dans l’œil. Un jour ou l’autre, tous les enfants deviennent des démons. Tous les amours finissent dans la haine. Je ne veux plus qu’on m’aime. Je ne veux plus écrire. Mon stylo devient lourd. Je ne veux plus d’amande dans la gangue du temps. Je ne veux plus de chants ni de chantage dans la rumeur des mots. Je ne veux plus d’enfants qu’on enrôle de force, de matricides, de parricides, d’infanticides. Les oiseaux de mauvais augures nous ont menti. Les couleuvres lovées entre les cordes de bois n’empoisonnent personne. Leur morsure est bénigne. On ne meurt pas sous un balai de sorcière, une échelle ou le passage d’un chat noir. Ils font corps avec la poussière du pollen.

Il faut passer de la haine à l’amour, du désespoir à l’espoir, de la détresse à la tendresse, du grain de sable au grain de la voix, du grain de sel au grain de la peau, de la graine à la fleur, des souvenirs antiques aux changements du présent, de la parole au geste, du silence à la voix, de l’épine à la rose. Il faut tourner la page, remplacer le calice des églises par la calice des fleurs, déjeuner de rosée et dîner de pollen, faire monter la sève au thermomètre d’un arbre et rêver le réel, laisser le vent souffler sur les bougies et l’âme déborder dans la vasque du corps.

Après tant d’angoisse, il faut écouter battre le cœur du monde, traverser une forêt de pins, respirer le parfum entêtant de la menthe, agiter les galets d’un ruisseau, en mettre dans ses poches comme un trésor d’enfant. Je cherche un synonyme pour le goût des fruits, la sonorité des bruits, le grondement des moteurs, le cillement des insectes, la maigreur odeur des herbes, la présence du rêve dans la mémoire humaine. Je me nourris de couleurs et de signes. Une lampe derrière les yeux éclaire les images. Je cherche la musique dans le bruit mat des gouttes, leurs éclaboussures hypnotiques, le play-back de la pluie. L’eau du ciel renverse le flacon des odeurs. Je peux être une abeille, un doryphore, un papillon, sentir la fleur sur une bouse de vache. Il me suffit de quelques mots, de prolonger la parole des plantes, de téter la cervelle comme les pucerons. Le mot caresse écrit sur du papier ne vaut pas la chaleur d’un sein. Il n’y a pas une phrase qui remplace la vie, un seul mot qui remplace l’amour. J’ai les mains pleines de cambouis, mais je n’ai pas de moteur. Je respire le crottin, mais je n’ai pas de cheval. Je n’ai que des mots qui sentent l’encre et le papier. La pluie remue dans le jardin du ciel. Chaque goutte creuse une petite crevasse en atteignant le sol.

J’ai changé tant de fois de maison, tant manié des cartons et de boites. Tant de fois la ficelle, les feutres, le papier d’emballage. Vingt fois j’ai changé d’adresse, remballer mes affaires et replacer les livres. J’ai égaré des choses et perdu des valises. J’en ai retrouvé d’autres. Chaque fois j’ai voulu faire du neuf, faire un dessert avec un œuf en séparant le blanc du jaune. Je n’ai fait qu’une omelette, des crêpes, du pain perdu. Le stylo remplace l’ustensile, le fouet, la cuillère. Le papier sert de bol, l’encrier de carafe. Je n’ai plus vingt ans depuis longtemps. Je me suis fait une carapace. Je transporte ma maison comme les tortues, les escargots et les bernard-l’ermite. Je suis entouré de tous les paysages traversés, les belles chansons plein les oreilles, les yeux ouverts sur le décor de l’enfance, le souvenir des seringues accompagnant l’acné, des pavés lancés au milieu des émeutes, la main de fer dans un gant de velours. L’ombre charrie l’écho des pas et des odeurs. Les doigts de l’herbe sous la plante des pieds, les brindilles entre les orteils ont remplacé la poussière des meubles et des toiles d’araignée. Un fil d’Ariane se faufile entre les mailles du filet.

Je cherche quelqu’un à mettre dans mes bras au lieu d’une phrase entre parenthèses, une caresse à la place d’une métaphore, une peau remplaçant le papier, une main humaine à la place d’une image. Mon âme est une eau calme sans poissons de surface, rien que de la flotte où bougent des brindilles, des algues, des friselis d’écume. Je veux refaire le monde par la main qui écrit, la plume qui dessine, mais je m’embrouille dans les mots. Je dérape sur l’encre et les taches d’essence. Une vingtaine de livres, des centaines de pages, des milliers de mots ne guérissent pas d’un seul amour perdu.


Jean-Marc La Frenière

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Le temps perdu

Publié le par la freniere

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Le silence

Publié le par la freniere

Je voudrais écrire le silence,

le dessiner,

l'entendre.

Les décideurs et autres sirènes du pouvoir

devraient instituer la journée du silence;

sans autos sans machines sans discours

sans fusils sans disputes sans télé.

SEULE

aurait droit à la parole

la goutte de rosée qui glisse doucement

sur le pétale d'une rose nouvellement éclose

et ce jour-là

TOUT

serait possible.

 

Jean Guibert

 

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