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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Nous cherchons plus à durer que nous n'essayons de vivre.
Andy Warhol

Publié dans Ils ont dit

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Vivre avec les chats

Publié le par la freniere

Entre les pages des livres de poèmes, 
je m’arrête pour répondre aux requêtes 
d’une jeune chatte affectueuse, 
qui semble apprécier que je lui fasse 
la lecture en murmurant. Les chats 
sont ainsi, ils aiment l’étude et la méditation ! 
Indépendants certes, mais très affectueux 
du lever au coucher, les chats de la maison 
nous accompagnent avec discrétion. 
Ils connaissent bien nos habitudes : 
si l’une me visite pendant mes moments 
de lecture et d’écriture, une autre me suit 
à la cuisine au déjeuner… ainsi de suite 
pour les six chats avec lesquels nous vivons, 
car nous ne les possédons pas, nous partageons 
plutôt les espaces de la maison avec eux.

Claude Paradis

Publié dans Poésie du monde

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Robert Cuffi: Hibou du couchant

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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On n'écrit pas avec des larmes

Publié le par la freniere

Est-ce la pluie sur ma joue ou la sueur amère des jours passés à boire? Je ne suis ni gai ni triste, tout simplement poète. On n'écrit pas avec des larmes. On a beau faire les durs, le cœur saigne sous la carapace. Que deviendra l'enfance dans cet enfer moderne? Trop de barreaux remplacent la ligne d'horizon. Le matin vient trop tard pour réveiller le soleil. Les ombres sont partout et snipent l'infini. Je me sers des mots pour saluer la mer, la duvet des palombes et le vent dans les branches. Il faut bien que les mots dépassent le réel et qu'ils résistent au froid. Une pause, une rose, une chose, ce sont plus que des rimes, plus que des mots, plus que des lettres et de l'encre. Des milliards d'atomes ont engendré la voix. Chaque paragraphe peut être une maison.

Sans la chaleur d'une histoire, un peuple meurt de froid. Nous avons nos hivers pour réchauffer les mots autour d'un poêle à bois, des bancs de neige en pleine réflexion, des chiens qui hurlent à la lune et des chasses-galeries. La mort est à l'aise avec nous malgré notre méfiance. Nous refusons de croire au temps, mais nous faisons confiance aux vendeurs d'assurances. Dans les moments d'émoi, mon corps bouge plus vite. La bête butée repart. Chaque nouveau matin sera peut-être le dernier. J'aime la pluie et ses dentelles de brume, les levers de soleil où tout saigne soudain, les orages trop courts. J'écris de longues lettres. Quelques phrases macèrent dans le bocal des ratures. Un soupir de géant crache des milliers d'insectes. Il m'arrive de lire comme on écosse des petits pois, pour l'odeur et le goût. Les mots avec leurs pattes et leurs antennes avancent sur la page, laissant une traînée d'encre comme une bave d'escargot. À défaut de balles à blanc, je tire avec des caractères d'imprimerie. Je farcis l'horizon de garamond 14, de Bodoni et d'elzévir.

Où vont tous les objets perdus, les projets avortés, les cœurs de chien sans maître, les poupées oubliées, les peaux mortes, les paroles muettes? Le corps garde en mémoire les blessures subies. Sur la peau qu'est ma vie, chaque phrase est une cicatrice qui démange. Les fantômes s'unissent à la mémoire du monde. Il est toujours trop tard pour la main qui écrit. Le mal est déjà fait. On placarde les murs d'affiches publicitaires. Le strass y cache la détresse. Lors des enterrements, chaque mort est notre mort.

Il manque toujours un mot pour être entier, jamais d'os à ronger. Au moindre envol, les poètes et les oiseaux laissent des plumes. Avec le temps, le corps devient triste. Les muscles s'atrophient. Les pieds regimbent à danser. Les doigts cherchent leurs gestes et je cherche mes mots. Ce qu'on oublie devient pesant. Il faut saisir l'oiseau sous le soustraire au ciel, croquer la pomme sans effacer les branches, mettre à nu l'espérance sans la déshabiller.

J'aime les phrases qui ne finissent pas, les maisons hantées par la forêt. Malgré les apparences, la vie finit toujours par renaître. Les chemises au dos d'une chaise ont les gestes du vent, les muscles des fantômes. Chaque enfant qui naît réinvente les larmes.

Jean-Marc La Frenière

 

 

 

Publié dans Prose

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Mon oncle Hulot

Publié le par la freniere

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Un bout de chiffon

Publié le par la freniere

Enfant, je fréquentais le bois, bien avant le béton et les rangées de bungalows. Ce n'est pas pour rien que nous mettions le feu aux maisons en construction. Elles nous privaient de jeux, de ruisseaux, de petites bêtes des champs, de cabanes dans les arbres. Où les lapins de campagne pullulaient, les nains de jardin restent immobiles. Où se dresse maintenant un immense parking, c'était le paradis. Nous y pêchions des ouaouarons à la sortie des classes. Il suffisait d'une ligne, d'un hamecon et de bout de chiffon. L'eau avec ses bruits de bouche nous réveillait les sens. Nous nous embrassions sur le radeau de Bozo. Nous apprenions la quête aux champignons, celle des lactaires précédant les russulles. Ces heures sont parmi les plus belles de ma vie. S'il n'y avait pas eu l'enfance, nous serions tous des robots.

Jean-Marc La Frenière

 

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Ma poésie n'est pas la votre et votre poésie n'est pas la mienne. Ecrire, ce n'est pas écrire. Hurler, ce n'est pas hurler. Avec ma tête couchée sur une feuille innocente, et les doigts tremblant d'alcool fou-mineur, je demeure un mutin intégral, nourri de tous les fléaux. Art ancien, art moderne, art futur, j'en ferai une ratatouille pour des chats sauvages. _ Car je suis trop puissant pour vos entreprises somptueuses. D'autres paroxysmes me nourrissent. Ils ne sont pas de votre cru. J'aime l'art tordu aux embryons de poèmes. Toute votre superbe y sombrera.

 

Paul Valet

 

Publié dans Ils ont dit

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Ella Fitzgerald

Publié le par la freniere

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Cassandre Prévost

Publié le par la freniere

Publié dans Glanures

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Les aiguilles du monde

Publié le par la freniere

Des hommes de proie

des homme de foi

disent la messe en mort

 

est-il déjà trop tard

 

sous le verre des cadrans

les aiguilles du monde

indiquent le malheur

le désespoir clignote

sur les réveille-matins

 

faut-il que le monde soit fou

 

pour un soldat de Dieu

chaque mort est une victoire

chaque victime une prière

 

que se passe-t-il dans les tripes du cerveau

 

les soldats de l'argent

bombardent un hôpital

pourquoi tuer les autres

l'ennemi est en nous

sapé d'encens et de dollars

de médailles et d'horreur

 

le siècle avance et mange les forêts

les icebergs fondent à la vitesse du pétrole

la vertèbre s'incline devant l'écrou

le paysage devant l'écran

les muscle s'agenouillent devant l'ordinateur

 

sous les paupières de chaque homme

les yeux se terrent et se refusent à voir

le temps que nous vivons

se déduit de la mort

 

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Poésie

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