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Brigitte Fontaine et Jeanne Moreau

Publié le par la freniere

photo: Jérome Mars

photo: Jérome Mars

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Nouveaux Délits

Publié le par la freniere

Nouveaux Délits

Allez encore un ancien édito estival, et je rappelle que les 40 premiers éditos ont été regroupés avec une illustration par édito dans Nouveaux Délits et les 40 éditos < qu'on peut commander à tous moments (10 euros, port offert)

* Juillet 2006 *

De licence à licencieux, d’abandon à délinquance…

Le mot licence vient du latin, licere, licetus, signifiant « être permis » mais aussi « être mis aux enchères, être évalué à »… Il serait sans doute très intéressant de connaître le rapport entre licencia « permission » et licitatio « enchère »… Au XIIe s., le mot loisir, qui vient aussi du latin licere, est un verbe qui signifie « être permis ». Société des loisirs, société du tout permis ?
Au XIIe s., licence est un mot savant, qui signifie « liberté », au XVème, il devient « liberté excessive » et un siècle plus tard, apparaît licencieux, dérivé de licentiosus, « déréglé ». En même temps, la licence devient un titre universitaire, licentia docendi, un permis d’enseigner. Et puis arrive la licence fiscale au XIXème, avec les bienfaits de la révolution industrielle et des colonies… Pour l’argent, avec l’argent, tout est permis. Sans aucun doute.
Et les licenciements alors ? Des permis aussi ? Mais permis de quoi et permis pour qui ?
Quel rapport entre un licencié économique et un licencié en économie ? Lequel des deux est licetus, « mis aux enchères » ?
Saviez-vous que délinquant a la même origine que relique, avec cette racine indo-européenne, leik, « laisser » ? En grec, leipen d’où ekleipen, « laisser en dehors, abandonner » et en latin, linquere, lictus, d’où delinquere, « faire défaut » et puis surtout « faillir, être en faute ». Son participe présent delinquens, a donné délinquant au XVIe s.
La délinquance, elle, est née au XXème, mais est-il besoin d’étymologuer pour comprendre que l’exclusion mène à la délinquance ?
Le licencieux ne serait-il pas un excès, un dérèglement de la liberté de quelques-uns au dépend de tous les autres ?… Lorsque liberté et responsabilité ne marchent plus de pair ?
Imaginons que nous donnions à une poignée de très jeunes enfants la liberté de faire constamment tout ce qu’ils veulent. Imaginons que ces enfants là soient des chefs, d’entreprise, de banque, de partis, d’Etat… L’élite. Des enfants gâtés de trois ans, surdoués peut-être, nés du « bon » côté, c’est certain, et auxquels n’a été fixée aucune limite. Et puis imaginons, la multitude d’enfants laissés en dehors, abandonnés… qui ne vivent que de limites, sur la limite fixée par la conduite irresponsable de la dite élite…
Et moi je vous demande, où sont passés les Anciens dans nos sociétés infantiles ?

Cathy Garcia


 

La moitié des brésiliens ne dorment pas parce qu’ils ont faim.
L’autre moitié ne dort pas non plus, parce qu’elle a peur de ceux qui ont faim.
Jose de Castro

 

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Michel Chartrand

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Les chemins perdus

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Je ne suis plus là. Je ne suis pas où vous croyez. Nombre dissous parmi les nombres, j’ai perdu ma trace. J’ai traversé la route. Je suis là-bas. J’ai crevé l’écho, l’écho même de l’écho. Je suis dans l’invisible. Les mots ont pris la forme de mon corps. Ce sont eux que l’on voit. Je suis ailleurs. Les chemins perdus se confondent dans mes pas. Le feu bascule dans l’eau froide. Je tombe. Je n’arrête pas de tomber. Je marcherai plus loin malgré le froid qui règne et la noirceur qui dure. Je cherche la lumière et la chaleur du monde.

Tant de rêves sont morts. Tant de neige est tombée. Tant de larmes ont gelées. Il faut croire à la source. Je ne sais plus rien. Je n’ai jamais rien su. Je ne suis pas là. Les balises perdues. Les phares vacillants. Les rails arrachés. Je tombe. Je regarde sans voir. J’écoute sans rien entendre. J’habite les mots frêles, une brume avant l’aube. Je brûle sous la cendre. Je coule sous la neige. Je suis ici sans être ici. Je suis ailleurs sans être là.

Les lignes brisées du temps s’écartent à l’infini. Les lignes du silence bougent. Il ne fait plus jour. Il ne fait plus nuit. Il ne fait plus rien. Je dessine un sourire sur la douleur des murs, mais je ne suis plus là. Je suis là-bas. Je tourne en rond dans un monde carré. Je perds mes pas par les trous d’un soulier. Je n’entends pas. Je ne vois pas. Je ne sais plus qui être. Le circuit des neurones a perdu ses blue-prints. Je me dois d’inventer le sol où je m’appuie.

Nous survivons posthumes dans l’ère nucléaire. Je suis inadapté, irrécupérable, statistique quantitativement négligeable. Je n’ai pas lieu dans ce monde rempli de faussaires et de parasites. Je suis comme une offrande dans la gueule du loup. Comme des aveugles et des sourds, nous tâtonnons les uns devant les autres. Je ne sais plus qui je suis. J’attends sans espoir. Je n’attends rien. Je suis déjà là-bas. Trop de mots, trop de choses. La machine, la roue, le retour, le départ. On m’a tout pris, tout brisé. La révolte et la grâce. L’impossible et la chance. J’ai traversé la mer sans phare, le miroir sans fard, le midi sans soleil. J’aspire à ce qui m’échappe, l’insaisissable, l’inaccessible. Mes mots s’arrêtent toujours au seuil de l’inexplicable, au début du silence. Je crois aux mains tendues. Je crois à la vue des aveugles. Leurs yeux me guident vers ailleurs.

Ailleurs, nulle part, quelque part sans doute. La vue nous aveugle. La surdité nous oblige à entendre. Je ne suis sûr de rien. J’habite un lieu sans consistance où je rêve de voyage. L’ici est vide. L’ailleurs est plein. Terre d’abandon, d’imprévu, d’impossible. La vraie beauté est celle qui s’efface. Sans cause ni raison. Je ne sais ce qui vient. Je ne sais ce qui part. On ne voit jamais ce que l’on est. Je ne suis pas d’ici. Je ne suis pas d’ailleurs. Je suis là-bas. Je suis inadéquat. Je crois à la lumière, celle qui allège du fardeau, l’essence du miracle.

J’ai ma vie posée dans un coin. Elle vacille sous les coups, mais n’a rien renié. Je suis mort tant de fois dans les cours d’école, les salles d’attente, les parvis de banque, les terrains vagues. Je ne sais plus si j’approche ou m’éloigne. Les portes claquent. Les planchers craquent. Un verbe dans chaque main, je saurai me défendre.

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Prose

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Un instant

Publié le par la freniere

La vie court à la mort

avec les pieds des hommes.

Elle s'ouvre à l'infini

avec la peau des fruits.

 

Si je n'abdique pas,

c'est à cause d'un loup,

d'une abeille,

d'un mot,

d'une vague odeur de menthe,

des sentiers d'herbe verte

qui prolongent mes jambes.

 

Je porte en moi les yeux

d'une femme très loin.

Je me nourris du pain des livres

et leurs miettes de lumière.

 

Un instant, une seconde,

la beauté passe et nous salue,

cela suffit pour continuer.

 

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Poésie

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My buddy

Publié le par la freniere

My buddy

He would call me late in the night from somewhere on the road, a ghost town in Texas, a rest stop near Pittsburgh, or from Santa Fe, where he was parked in the desert, listening to the coyotes howling. But most often he would call from his place in Kentucky, on a cold, still night, when one could hear the stars breathing. Just a late-night phone call out of a blue, as startling as a canvas by Yves Klein; a blue to get lost in, a blue that might lead anywhere. I’d happily awake, stir up some Nescafé and we’d talk about anything. About the emeralds of Cortez, or the white crosses in Flanders Fields, about our kids, or the history of the Kentucky Derby. But mostly we talked about writers and their books. Latin writers. Rudy Wurlitzer. Nabokov. Bruno Schulz.

“Gogol was Ukrainian,” he once said, seemingly out of nowhere. Only not just any nowhere, but a sliver of a many-faceted nowhere that, when lifted in a certain light, became a somewhere. I’d pick up the thread, and we’d improvise into dawn, like two beat-up tenor saxophones, exchanging riffs.

He sent a message from the mountains of Bolivia, where Mateo Gil was shooting “Blackthorn.” The air was thin up there in the Andes, but he navigated it fine, outlasting, and surely outriding, the younger fellows, saddling up no fewer than five different horses. He said that he would bring me back a serape, a black one with rust-colored stripes. He sang in those mountains by a bonfire, old songs written by broken men in love with their own vanishing nature. Wrapped in blankets, he slept under the stars, adrift on Magellanic Clouds.

Sam liked being on the move. He’d throw a fishing rod or an old acoustic guitar in the back seat of his truck, maybe take a dog, but for sure a notebook, and a pen, and a pile of books. He liked packing up and leaving just like that, going west. He liked getting a role that would take him somewhere he really didn’t want to be, but where he would wind up taking in its strangeness; lonely fodder for future work.

In the winter of 2012, we met up in Dublin, where he received an Honorary Doctorate of Letters from Trinity College. He was often embarrassed by accolades but embraced this one, coming from the same institution where Samuel Beckett walked and studied. He loved Beckett, and had a few pieces of writing, in Beckett’s own hand, framed in the kitchen, along with pictures of his kids. That day, we saw the typewriter of John Millington Synge and James Joyce’s spectacles, and, in the night, we joined musicians at Sam’s favorite local pub, the Cobblestone, on the other side of the river. As we playfully staggered across the bridge, he recited reams of Beckett off the top of his head.

Sam promised me that one day he’d show me the landscape of the Southwest, for though well-travelled, I’d not seen much of our own country. But Sam was dealt a whole other hand, stricken with a debilitating affliction. He eventually stopped picking up and leaving. From then on, I visited him, and we read and talked, but mostly we worked. Laboring over his last manuscript, he courageously summoned a reservoir of mental stamina, facing each challenge that fate apportioned him. His hand, with a crescent moon tattooed between his thumb and forefinger, rested on the table before him. The tattoo was a souvenir from our younger days, mine a lightning bolt on the left knee.

Going over a passage describing the Western landscape, he suddenly looked up and said, “I’m sorry I can’t take you there.” I just smiled, for somehow he had already done just that. Without a word, eyes closed, we tramped through the American desert that rolled out a carpet of many colors—saffron dust, then russet, even the color of green glass, golden greens, and then, suddenly, an almost inhuman blue. Blue sand, I said, filled with wonder. Blue everything, he said, and the songs we sang had a color of their own.

We had our routine: Awake. Prepare for the day. Have coffee, a little grub. Set to work, writing. Then a break, outside, to sit in the Adirondack chairs and look at the land. We didn’t have to talk then, and that is real friendship. Never uncomfortable with silence, which, in its welcome form, is yet an extension of conversation. We knew each other for such a long time. Our ways could not be defined or dismissed with a few words describing a careless youth. We were friends; good or bad, we were just ourselves. The passing of time did nothing but strengthen that. Challenges escalated, but we kept going and he finished his work on the manuscript. It was sitting on the table. Nothing was left unsaid. When I departed, Sam was reading Proust.

Long, slow days passed. It was a Kentucky evening filled with the darting light of fireflies, and the sound of the crickets and choruses of bullfrogs. Sam walked to his bed and lay down and went to sleep, a stoic, noble sleep. A sleep that led to an unwitnessed moment, as love surrounded him and breathed the same air. The rain fell when he took his last breath, quietly, just as he would have wished. Sam was a private man. I know something of such men. You have to let them dictate how things go, even to the end. The rain fell, obscuring tears. His children, Jesse, Walker, and Hannah, said goodbye to their father. His sisters Roxanne and Sandy said goodbye to their brother.

I was far away, standing in the rain before the sleeping lion of Lucerne, a colossal, noble, stoic lion carved from the rock of a low cliff. The rain fell, obscuring tears. I knew that I would see Sam again somewhere in the landscape of dream, but at that moment I imagined I was back in Kentucky, with the rolling fields and the creek that widens into a small river. I pictured Sam’s books lining the shelves, his boots lined against the wall, beneath the window where he would watch the horses grazing by the wooden fence. I pictured myself sitting at the kitchen table, reaching for that tattooed hand.

A long time ago, Sam sent me a letter. A long one, where he told me of a dream that he had hoped would never end. “He dreams of horses,” I told the lion. “Fix it for him, will you? Have Big Red waiting for him, a true champion. He won’t need a saddle, he won’t need anything.” I headed to the French border, a crescent moon rising in the black sky. I said goodbye to my buddy, calling to him, in the dead of night.

 

Patti Smith        The New Yorker

Publié dans Glanures

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La limite

Publié le par la freniere

Les mots sont foule contenue. De celle qui écrit, ils disent plus qu’elle ne sait. La limite humaine, son option à corrompre les sens d’exister, affecte plus sûrement le bonheur que l’orage les fleurs du jardin. Reste l’exercice de vigilance, rincer, nettoyer les laideurs rencontrées. Au plus près du feu, l’étincelle se fortifie. Appliquée sur la page, écolière qui ânonne des mots maladroits tendus vers la nitescence, celle qui écrit espère ne jamais renoncer. Le miroir implacable du texte renvoie une image multiple. Dans la lumière à joindre, a-t-elle déjà tellement marché, tellement vu de jours ? Si occupée qu’elle était, a-t-elle négligé la ride lente au front du voyage ?

 

Ile Eniger

 

 

Publié dans Ile Eniger

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Monter si haut

Publié le par la freniere

Monter si haut

louper la marche

tomber si bas

se relever comme un enfant

à chaque nouveau pas

réapprendre à marcher

 

Tantôt les arbres

tantôt les mains

tantôt les bêtes

tantôt les uns

tantôt les autres

prendre racines avec chacun

prendre la vie à bras le corps

 

tu es venue

tu es partie

le ciel s'est refermé

sur tes derniers regards

et je t'écris dans les cafés

les cernes de bière et la poussière

 

que l'on soit mille

ou chez personne

tantôt les poings

tantôt les mots

tantôt les uns

tantôt les autres

devant la vie qui en arrache

nous sommes tous un peu coupables

 

JML

Publié dans Poésie

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Le vent bleu

Publié le par la freniere

Le temps qu’on met pour être un homme emprisonne l’enfance. Si vivre était au moins un jeu de cirque, un jeu d’enfant. Malheureusement, c’est devenu un jeu de rôles qui ne sont jamais drôles, un jeu de guerre, un jet de pierres, une roulette russe, une foire d’empoigne où l’on piétine les artères du cœur. Des enfoirés mènent le bal. Quand on pense le monde en termes d’économie, c’est toute l’humanité qu’on appauvrit. Entre ces murs de chiffres, ces écrans, cette pauvreté du cœur, il faut oser poser un regard d’âme sur le monde. Je voudrais vivre pieds nus ou en sandales, en raquettes l’hiver, mais le sang cogne sur des parois de haine. Les poings s’écorchent aux barbelés. Les fleurs tendent le cou pour un baiser qui ne vient pas. Il faut briser la vitre, laisser la vie entrer en masse, penser des choses bien plus grandes que nous. Ceux qui brûlent dans l’ombre ont des mains de lumière. Je ne vois plus très bien et je n’entends qu’à peine, mais je rêve plus haut. Des pays naissent au bout des doigts. Des mers se lèvent sur la page. Je découpe les mots dans mes propres viscères. Pour ce maigre butin, deux ou trois carnets me suffisent, une poignée de crayons. On peut écrire n’importe où, passer de la mesure humaine à l’univers entier, se reconnaître dans les plantes et ne garder de soi que le meilleur. Je suis debout sur le bout de la langue. Je suis un mot que l’on n’a pas dompté. Je fouille le soleil avec un bout de crayon. Je me contente de la bonté d’un arbre, la beauté d’un visage, d’un livre faisant le pont entre le rêve et le réel. L’essentiel est un pain dans la famine qui règne. S’il faut sauver la terre, ce n’est pas pour sauver l’homme, mais la vie qui l’entoure.

Tout petit, je construisais des cabanes dans les bois. Ma vraie vie était là. Je continue avec un bout de crayon. J’habite entre deux pages. J’habite les ravins, les abîmes, les phrases. La force de l’être est plus belle que celle de l’avoir. Sans rêve, on ne vit pas, on ne fait qu’exister. Je veux brûler avec mes livres, toucher la grâce avec des mots, retrouver l’âme de l’enfance, retrouver les sentiers où habitent les anges. Là où les chiens aboient, je voudrais mettre en mots ce qu’entendent les bêtes. Parmi les brouhahas des villes, chaque atome de silence est le cri d’un muet dessinant la parole. À chaque chant d’oiseau, je m’envole plus haut, la plume au bec, le crayon sur l’oreille, un carnet sur la table. Je décachette l’enveloppe des phrases. J’ouvre les lettres une à une pour qu’éclosent les mots. Chaque page est un miracle. Chaque jardin porte la vie. Chaque espoir est aux prises avec l’économie. Si un Dieu existait, il renierait les hommes. Chaque amour doit se battre contre les hommes d’affaires. Un lexique de guerre a torpillé le dictionnaire des rimes. Les mots flottent à l’envers dans le vocabulaire. On nous arrache des mains le manche d’une phrase. On accumule les billets de banque sans voir la catastrophe qu’ils provoquent. On égorge les mots pour en faire des slogans qui serviront à vendre. De la parole, il ne reste plus qu’un os, un cartilage érodé par le temps, une pacotille enrobée de monnaie. Je ne peux plus regarder les hommes sans trembler. Même mon visage me fait peur. La lumière s’évade et se blottit contre nos cœurs. Elle traverse nos rêves et les pages des livres. Elle traverse les ombres sur la pointe des pieds. Le vent bleu de Langevin agite mes neurones. Son Saguenay m’appelle. Ses pas inventent sur la route un traité de la marche. Ma vie se lève dans la nuit soulevée par les mots. Des sécrétions d’enfance me remontent à la bouche, des parfums, des saveurs.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Prose

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