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Cohen en français

Publié le par la freniere

Enregistré à Paris en 1976 par Leonard intégrant des vers de Vivre Tout Seul, une traduction française  du chanteur Serge Lama en 1971. 

Je veux vivre tout seul,
Libre comme un oiseau sur son fil
Sans femme, sans famille, et sans amis.
Je veux vivre, tout seul,
Libre comme un poète en exil ,
Sans visa, sans papiers et sans pays.

J'en ai marre
De toujours faire le beau,
De sourire quand j'ai mal dans mon cœur.
J'en ai marre
Je veux monter plus haut,
A l'abri des chiens et des chasseurs.



[Anglais]

Certain soir,
Je trouve sur ta peau
Quelque chose qui ressemble au bonheur.
Mais hélas,
Tu t'endors aussitôt.
Le matin tu te lèves à 8 heures.

[Anglais]

Version originale:

I want to live all alone
Free like a bird on the wire
Without wife, family or friends
I want to live all alone
Free like a poet in exile
Without visa, without papers, without country
I'm tired
of begging every day,
Of smiling when I am sick at heart
I'm tired
I want to go up higher
With the shelter of the dogs and hunters
Some evenings
I find on your skin
Something that looks like happiness
But alas, you are asleep immediately
In the morning you wake at 8

Publié dans Poésie à écouter

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

On aime bien cultiver l'illusion et s'en faire une peau.

Publié dans Aphorisme du jour

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L'empan

Publié le par la freniere

Même si mes mains sont devenues blanches,
je n’ai pas oublié les ongles en deuil
ni les crevasses que souligne
l’encre indélébile du cambouis.
Je sais des mains calleuses
qui même au repos, la journée faite,
rechignent à s’ouvrir tout à fait,
comme le paysan à se redresser.
Je sais des mains adroites devenant gauches
une fois l’outil posé ;
des mains de femmes
rongées par les acides de l’usine
et d’autres à la peau flétrie
par les lessives et l’engelure.
Je sais des mains outragées,
mains de maçon brûlées de chaux,
écorchées aux pierres,
criblées d’échardes,
ou les moignons des doigts offerts
à la toupie des menuisiers.
Et je revois le poing rageur
du vieil Espagnol de l’exil
qui soudain posait la gouge pour désigner
de son index amputé un horizon perdu
là bas, au bout des larmes et des fusils.
Alors que les miennes sont devenues blanches,
Est-ce donc misérabilisme que d’évoquer
la mémoire des mains ouvrières,
leur intelligence, leur savoir faire,

leur fierté et le tribut qu’elles paient ?
J’en sais de causeuses qui par pudeur,
se tordent pour mieux se taire,
qu’un tremblement parfois trahit.
J’en sais au bord de l’émotion qui se retiennent,
esquissent à leur insu
le mime du trouble ou de l’envol,
mais qui replient leurs ailes trop lyriques,
mais qui retombent sur des genoux mutiques,
vaincues par on ne sait quelle obligation de réserve,
quelle modestie.
J’en sais surtout qui par poignées renouent
les fils des vieilles solidarités,
des mains rebelles et transgressives
quand elles sortent de leur rôle,
quand elles prennent et tiennent et donnent la parole,
et qu’elles font signes.
Oui, j’en connais qui cherchent,
même dans le vide, même à tâtons,
paumes ouvertes,
une forme à l’avenir.
Si nul ne sait ce qu’elles façonneront,
nul ne doute qu’elles sont l’empan
de l’homme debout,
ni qu’elles donnent la mesure
de l’être industrieux
conscient de tenir, avec sa liberté,
entre le pouce et l’index,
le cousu main de son destin.


 

Michel Baglin

 

Publié dans Poésie du monde

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Un peu de météo

Publié le par la freniere

La fonte des neiges a rouvert le sentier avec tout au bout la vieille cabane à sucre, l'appentis délabré usé par la pluie des années, ses planches vermoulues qu'habitent les fourmis, ses bêtes invisibles aussi réelles qu'un fantôme dans la tête d'un enfant, ses courses d'écureuils, de gnomes et de souris, ses dindons sauvages pavanant comme des clowns ou des fous de village. Ce bâtiment ressemble à un moulin à vent, mêlant ses crissements de poulie aux croassements noirs des corbeaux. Sa beauté aimante les peurs qui nous hantent. Le Grand Meaulnes n'est pas loin, Bozo sur son radeau, les semenciers qui marchent, Golum et le Hobbit. Le sang coule dans l'homme et la sève dans l'arbre. Il pleut depuis deux semaines. Les rivières débordent. Les rives se débondent et l'eau mange les rues. Chassés de leur maison, les hommes vivent en bandes. Ceux qui travaillent dans les érablières n'en peuvent plus. Ils ne désentaillent plus en raquettes, mais en bottes à vache, pleines de bouette, de sloche et de gadoue. Chacun de leur pied pèse une tonne. La neige a fondue trop lentement. Les galeries penchent vers l'avant. Les vieilles granges s'écroulent. Libérés de l'école, les enfants s'encanaillent. Je me souviens qu'à mon enfance, au temps de la débâcle, nous allions parfois à l'épicerie en chaloupe verchères. Nous rêvions de radeaux et de bateaux de pirates. C'était avant qu'on fasse sauter les embâcles à la dynamite. Ça grondait ferme à l'île Gohier, à la jonction du Richelieu et de la petite rivière Montréal. L'une se rendait au Lac Champlain et l'autre se jetait dans le Saint-Laurent. Ici, le niveau d'eau du lac est stable. Il n'a pas vraiment baissé depuis deux ans. Les petites plages autour du lac ont presque toutes disparues, pour le plaisir des pollueurs en bateau et l'ennui des enfants et des pêcheurs de rive. Il faut être pieds nus pour atteindre les quais. Bientôt, on ne verra plus le lac. On construit des condos qu'on ne réussit pas à vendre. Il faut bien que les crosseurs de la construction s'engraissent sur le dos des travailleurs sans carte. Ils font élire les maires pour changer les règlements de zonage. Tout se décide à coups d'enveloppes brunes ou d'ignorance crasse. Les béni-oui-oui élisent l'un des leurs. Les petits coqs de village sont fiers d'être les valets du capital. Ils baisent la piasse, remplacent les bords du lac par de futurs taudis, la cime des montagnes par des éoliennes géantes, les parcs à chevreuil par des cimetières d'autos. Des milliers de skidoos dénaturent la forêt. Les quads voyagent en bandes et font fuir les bêtes. Devant tant de bêtise, il arrive qu'un caribou s'énerve, qu'un ours attaque l'homme. De tout temps, les oiseaux ont chié sur les statues. C'est un grand malheur d'être intelligent dans un village de province dirigé par les radios-poubelles. Les rêveurs doivent marcher sur la pointe des pieds. Dans les palabes des écrans, les fausses nouvelles et les nids de poule, il faut parfois crier pour se sentir en vie.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Prose

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Gibier farouche

Publié le par la freniere

Autre Chant-song d'André Duchesne sur un texte de Michel X Côté

Publié dans Poésie à écouter

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Étranges étrangers

Publié le par la freniere

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

Hommes de pays loin

Cobayes des colonies

Doux petits musiciens

Soleils adolescents de la porte d’Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

Apatrides d’Aubervilliers

Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

Ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

Au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelle

Embauchés débauchés

Manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone

Pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère

Rescapés de Franco

Et déportés de France et de Navarre

Pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

La liberté des autres.

Esclaves noirs de Fréjus

Tiraillés et parqués

Au bord d’une petite mer

Où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

Qui évoquez chaque soir

Dans les locaux disciplinaires

Avec une vieille boîte à cigares

Et quelques bouts de fil de fer

Tous les échos de vos villages

Tous les oiseaux de vos forêts

Et ne venez dans la capitale

Que pour fêter au pas cadencé

La prise de la Bastille le quatorze juillet.

Enfants du Sénégal

Départriés expatriés et naturalisés.

Enfants indochinois

Jongleurs aux innocents couteaux

Qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

De jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

Qui dormez aujourd’hui de retour au pays

Le visage dans la terre

Et des hommes incendiaires labourant vos rizières.

On vous a renvoyé

La monnaie de vos papiers dorés

On vous a retourné

Vos petits couteaux dans le dos.

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville

Vous êtes de sa vie

Même si mal en vivez

Même si vous en mourez.

Jacques Prévert

 

Publié dans Poésie du monde

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La Fête africaine à Inverness

Publié le par la freniere

La Fête africaine à Inverness

Publié dans Glanures

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Enweille!

Publié le par la freniere

Chant-song vidéo d'André Duchesne

Publié dans Poésie à écouter

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Saison en-allée

Publié le par la freniere

La neige devenue noire
Fûme en jetant son brouillard
Sur l’arrogance des primevères

 

Sur la montagne
Plus près des étoiles
C‘est encore l’hiver

 

Un grand cervidé
Lève les yeux
Vers le printemps qui niaise

 

 

Christiane Loubier

 

Publié dans Poésie du monde

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Biennial of Poster Bolivia

Publié le par la freniere

Jorge Gamboa    Mexico

Jorge Gamboa Mexico

Publié dans Glanures

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