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Quand j'étais de ce monde

Publié le par la freniere

Quand j'étais de ce monde
Ce poème de Tristan Cabral, récemment disparu, peut-être reproduit à condition de citer Danger Poésie, la source de la version corrigée manuellement par son auteur. Plusieurs salopards de poètes – ils se reconnaitront - n'ont cessé de piller Danger Poésie ces dernières années sans mettre de lien comme s'ils avaient la reconnaissance légitime des poètes qu'ils publiaient. Tristan Cabral m'a fait le dépositaire de son oeuvre à travers La Voix des Autres et le magasine de poésie en ligne Danger Poésie, avec l'exigence que soit respectée l'origine des publications qu'il m'a léguées, d'autant plus que les deux revues citées ne tireront jamais aucun profit de ses écrits destinés au bien culturel commun, comme il le souhaitait.
 
Je remercie tous ceux qui m'ont laissé quelques mots amicaux sur ma page Facebook où fut annoncée le jour même la disparution de ce poète "mal-aimé" ou dédaigné par ses pairs. Je pense que poser un "like" dans ce cas précis du décès d'un poète relève davantage de l'infamie et de l'insulte. Il vaudrait mieux encore passer inaperçu. Telle est la nouvelle civilisation qui s'impose: le coeur brisé et ses morceaux dissimulés sous le tapis des apparences. Quelle horreur! Facebook ne fait que me confirmer le "je m'en foutisme" et la confusion irrémédiable d'une civilisation à bout de souffle qui ne brille pas, capitalisme oblige, par ses valeurs de compassion (empathie, disent certains). Beaucoup de poètes qui admiraient Tristan (il m'avait donné à lire, en s'amusant, les courriers véhéments de ses jeunes admirateurs dont plusieurs, se réclamant de lui à leurs débuts, ont fait depuis un parcours de putains patentées et n'ont même pas daigné lui rendre l'hommage fervent qu'il méritait. Comme s'il n'avait jamais existé! Malgré tout, les écrits de ce fou d'Aicha (de la vraie vie issue de la déesse-mère, selon l'étymologie la plus ancienne de ce prénom) dont la lucidité, sous le couvert d'un feu de brousse insurrectionnel, fut et restera un diamant de la plus belle eau dans les lettres françaises réduites à une quête éditoriale sans issue. André Chenet
 
 
 
"Quand j'étais de ce monde" (extrait de la version corrigée manuellement par l'auteur avant de la confier à l'éditeur de La Voix des Autres)
 
 

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Et sois cet océan

Publié le par la freniere

Et sois cet océan

il y a longtemps que je ne vis plus ici
je ne prends plus le bras de la pluie pour sortir
et que pourrais-je dire des étés invisibles où je sauvais la mort sur les restes du jour

certains jours je mettais des années de côté
et mes yeux repoussaient à chaque démesure
je donnais des oublis au fond des parcs sombres
et j’ai su quelquefois ressembler à ma voix

j’ai même accompagné les invasions secrètes
et des blessures m’ont fait la peau
quand on fêtait les guerres
je me joignais aux grands défigurés

je marchais dans ma chute
je ne changeais jamais les murs
et parfois j’ai confié mon visage à l’abîme
surtout ces temps de chien où j’étais mis à prix

je n’avais de pitié pour les terres habitées
et quand les jours ne m’allaient plus
je mettais mon passé pour traverser vos rues
je n’avais plus que mon silence à vous donner

il y a longtemps que je ne vis plus ici
l’oiseau s’est séparé de son vol inutile
alors après ma mort
ne fouillez pas mes poches

vous n’y trouveriez rien qu’une barque fantôme

 Tristan Cabral

Nîmes - 12 mai 1980

 

sur emilagitana

 

 

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La marche des poètes

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Sang froid

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Le plus beau voyage

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Pour Renée Claude

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Baltiques

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Tomas Transtromer

Tomas Transtromer

Baltiques

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Ne me demande pas pourquoi j'écris

Publié le par la freniere

Ne me demande pas pourquoi j'écris

Ne me demande pas pourquoi j’écris
ne me demande pas pourquoi tête la première
je plonge dans le tumulte volcanique des syllabes
que le passage de mon corps réveille

Ne me demande pas pourquoi au lieu de dormir
comme font les honnêtes gens
je cloue à minuit des papillons de couleurs et de sons
sur le ciel des solitudes

Ne me demande pas pourquoi je saigne auprès des lampes
ne me demande pas pourquoi dans la rue
j’enlace le tronc d’un marronnier en pleurant les cheveux sur les yeux
pour ne pas être vu

Ne me demande pas pourquoi Lazare appelle et parle dans mes veines
pourquoi je bondis d’un espace à un autre
pourquoi j’enfonce les ongles dans la jacinthe brûlante des draps
alors que déchiré d’amour j’ai une respiration de fleuve entraîné par l’élan élémentaire

Ne me demande pas pourquoi ceci n’est pas vraiment un poème,
mais un feu de mots soudés par la salive le souffle

Ne me demande pas

Écoute.
Regarde.
Ouvre les mille pupilles sèches de ton sang
Tends l’oreille dans la direction de la rue de la terre sueurs et larmes

Écoute
Regarde :
Les géantes copulations de la clarté et du néant
le temps aux tempes des hommes. Les éclairs des famines.

Ne me demande pas.

André Laude

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House of the rising sun

Publié le par la freniere

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Bobin

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Bobin
Bobin

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