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Mère 15

Publié le par la freniere


Quand je parle aux oiseaux,
À la mer, aux étoiles
C’est toi qui me réponds.
Je vis dans la distance
Qui me sépare de toi
En marche vers moi-même
Pour retrouver ta voix.
Ton regarde me précède
Où chaque jour j’avance
Un peu plus vers la mort.
 
Tu es toujours assise
En haut de l’escalier
Attendant ceux qui pleurent
Pour leur donner du pain.
Le bien que je n’ai pas pu faire
Tu le donnes aux enfants
Réparant tout le mal
Que j’aurais pu donner.
Merci pour le bonheur,
La bonté, l’espérance.


Publié dans Poésie

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Souffle un vent imbécile (France)

Publié le par la freniere

S'il fut un temps ou l'on confondait l'idiot avec le fou au point de lui réserver le même sort - moquerie, indifférence, persécution -, il en est un autre - précisément le nôtre - où l'on reconsidère l'idiot ou l'idiotie, la bêtise, comme appartenant à l'être raisonnable, rationnel, au même titre qu'un geste ou une parole non pas stériles ou irritants - ce qu'ils peuvent paraître au premier abord – mais dans certains cas féconds, instaurateurs d'un ordre nouveau, d'une nouvelle manière d'être et de sentir. Que l'idiotie ait de l'avenir, on pouvait s'en douter depuis qu'un certain Christ s'était favorablement tourné vers les simples d'esprit, mais c'est maintenant, depuis qu'il appartient à chacun de se mettre à nu et de s'exposer sans calcul, une quasi certitude. Et que ceux qui se cachent par impuissance ou orgueil se le disent, le courage de notre époque ne loge pas dans l'arrogance, il réside dans le dénuement dont une des figures capitales demeure la poésie, la langue nouvelle, renouvelée, fraîche et offerte comme le sont ces figues joliment disposées au bord de mon assiette.

 
Pascal Gibourg

Publié dans Poésie du monde

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Maurice Blanchard

Publié le par la freniere

 

À propos de Maurice Blanchard (1890-1960), il est convenu de dire que le poète des Barricades mystérieuses fut lu de son vivant par moins de cent lecteurs. Lesquels, tout de même, se nommaient Paul Eluard, André Breton, Benjamin Péret, René Char, Joë Bousquet, Julien Gracq, Gaston Bachelard, Edmond Jabès, André Pieyre de Mandiargues, Hubert Juin, Henri Parisot, Marcel Béalu… Mais combien d’écrivains pourraient se vanter d’avoir touché autant de plumes fameuses ?

Maurice Blanchard avait été apprenti serrurier, maréchal-ferrant avant de devenir ingénieur-mécanicien spécialiste en résistance des matériaux puis de dévaler la pente d’une poésie qui brûle les doigts. Car il y eut les hydravions Blanchard comme il existe une écriture de résistance, à contresens des combats de rue, toute blottie dans le poing des mots.

La rage est synonyme de ce nom méconnu que l’on peut ranger, sans attiger, entre Rimbaud et Lautréamont.

« Vivre : c’est la guerre ! »

Le ton est donné.
Maurice Blanchard composa de 1929 à 1955 une poésie de constat amer. D’un lyrisme où souffle le sable, les ajoncs et quelques hallebardes. Avec un titre comme C’est la fête et vous n’en savez rien (GLM, 1939) on s’attend à des éclats d’ébriété, ce sont brisants qui écorchent les yeux, vagues bien effilées de mots coupants à tous les coups.

Et quel style ! Celui du porphyre qui vibre.

Pour en toucher la pulpe, lisez Les Barricades mystérieuses (Poésie/Gallimard, 1994) et La Hauteur des murs que les éditions Le Dilettante viennent de mettre en vente avec une excellente préface de Vincent Guillier.

La Hauteur des mursavait paru en 1947 chez Guy Lévis Mano (GLM) et, en 1979, les éditions Plasma placèrent le recueil à la suite de C’est la fête et vous n’en savez rien.

On peut affirmer qu’il s’agit là du meilleur de Maurice Blanchard. Textes puissamment contenus, ramassés, concis comme des traits qui vont exactement au but.

En fin de volume, Vincent Guillier propose deux inédits.

Guy Darol

 
 
Bibliographie

Aux éditions Le Dilettante :
La Hauteur des murs, 2006.

Gallimard|Poésie
Les Barricades Mystérieuses, 1991
 

Chez d'autres éditeurs :

Les lys qui pourrissent, Imprimerie Girault, 1929, publié sous le pseudonyme d’Erskine Ghost.
Malebolge, éditions René Debresse, 1934.
Solidité de la chair, éditions René Debresse, 1935.
Sartrouville, éditions René Debresse, 1936.
Les Barricades mystérieuses, GLM, 1937, avec un frontispice de Lucien Coutaud.
Les Périls de la route, GLM, 1937.
C’est la fête et vous n’en savez rien, GLM, 1939.
Les Pelouses fendues d’Aphrodite (in « les pages libres de la Main à Plume », 1943), avertissement de Noël Arnaud, frontispice d’Yves Tanguy. Repris dans La Hauteur des murs.
William Shakespeare : douze sonnets, traduits de l’anglais et présentés par Maurice Blanchard, éd. Les Quatre Vents, 1944. Repris par GLM en 1947.
La Hauteur des murs, GLM, 1947.
L’Homme et ses miroirs, éditions Le Cormier, Bruxelles, 1949.
Le monde qui nous entoure, La Part du Sable, Le Caire, 1951.
Le Pain la lumière, GLM, 1955.

ÉDITION POSTHUMES

William Shakespeare : six sonnets, texte anglais avec deux traductions de François-Victor Hugo et Maurice Blanchard, GLM, 1970.
Les Barricades mystérieuses, suivi de Les Périls de la route, préface de Paul Éluard, GLM, 1974.
Débuter après la mort, Plasma, 1977, textes réunis et présentés par Jean-Hugues Malineau, préfaces de Jean-Michel Goutier et Fernand Verhesen, lettre de Gaston Bachelard. Recueil comprenant : Malebolge, Solidité de la chair, Sartrouville, L’Homme et ses miroirs, Le monde qui nous entoure, Splendeurs et misères (inédit) et des textes publiés dans des revues. Cent exemplaires ont été tirés à part pour le compte des éditions Commune Mesure.
C’est la fête et vous n’en savez rien, suivi de La Hauteur des murs, Plasma, 1979.
Les Barricades mystérieuses, préface de Pierre Drachline, Plasma, 1982. Recueil comprenant : Les lys qui pourrissent, Les Barricades mystérieuses, Les Périls de la route, William Shakespeare : douze sonnets, Nous autres sans patrie, le Pain la lumière, et des textes publiés dans des revues.
L’Homme et ses miroirs, Arcane 17, 1982, avec un frontispice de Francis Mockel.
Antarès, illustré par Erika Magdalinski, éditions du Rouleau libre, 1991.
Les Barricades mystérieuses, anthologie de textes présentés par Jean-Hugues Malineau, Poésie/Gallimard, 1994.
Danser sur la corde. Journal 1942-1946, présentation et notes de Pierre Peuchmaurd, éd. L’Éther Vague, 1994.

 
L'ÉNORME BEAUTÉ QUI VA SURVENIR

Les grandes orgues de la destruction, les orages et les vagues de la mer éternellement jeune, voilà l' entrée triomphale de la justice déferlant sur vos châteaux en Espagne bâtis sur le vent, sur la chair et le sang sacré des êtres créés et non créés.

La vermine est au sommet de la tour, les reliques du son et de la lumière ont été jetées au fond de l'abîme; elles gisent dans la boue du marécage parmi les crapauds mutilés. Ces choses immondes justifient notre présence. Elles ont combattu, horriblement combattu, chacune dans sa noire, intemporelle et humide solitude et nous voici devant notre ouvrage, devant nous-mêmes et non pas le septième jour, mais l'unique, l'immuable, l'éternel premier jour.

 
DÉCHIRÉ

Après chaque moisson, il incendiait les récoltes. Puis, il gravissait le torrent desséché, la seule route de ce pays, tombeau de la patience. C'est la vie aux yeux crevés qui frappe à la porte.

Le récitant ouvrit les bras. Un silence de neige se posa sur les épaules du passé, squelette de chien. Sur la peau du village effondré se dressèrent les quatre murs de la haine.

Les assassins dormaient sur la plage dans l'attente des faillites nouvelles. Insensible aux morsures de la Mort, un nouvel été flambait sur la montagne.

 
NOCES

Il y eut promesse de mariage entre le vent et la neige. La neige et le vent échangèrent leurs anneaux et le navire, ganté de givre, entra lentement dans la cérémonie des amours. Il entra lentement dans la saison des attendrissements.
Le bonheur est immobile sur la crème d'un nuage, c'est une lumière qui gèle et qui casse. C'est un buisson de lis avec des serpents violets qui se glissent entre le crépuscule et la mer, qui se glissent dans l'herbe sanglante du crépuscule.
Le fouet claque et déchire la neige du premier amour. Le repas du fauve s'achève dans le sang des orchidées.

JE LANCE UN COUP D'ARCHET

La mémoire naquit d'un coup de bâton. Le temple fut profané par ceux qui travaillent avec les mains, par ceux qui travaillent avec les pieds. Et ce fut le matin, et ce fut la nuit pour ceux qui ont faim, pour ceux qui rêvent et pour ceux dont le cœur a ses raisons.
Je me sauve. Comprenez-le comme vous voudrez, le miracle est là, derrière la porte. Après la guerre, ce fut la guerre et maintenant c'est la guerre et c'est la lutte impitoyable des crocodiles sous la voûte du cerveau. On déchire dans tous les sens les images de soie et d'or, on rêve de bonté, on marche sur les oiseaux. Et quel silence!

LA POUSSIÈRE, LES ANNÉES

Il vit dans les flammes. Il ne se brûle pas, la réalité le protège. Le hasard est son maître, et la mort sa passion. La compassion, c'est la pire injure et vous ne pouvez rien, ni pour lui, ni contre lui . Surtout ne le plaignez pas, il vous tuerait! Ce fut un enfant abandonné sur un fagot d'épines. Ce fut un adolescent sans espoir et sans lumière. Ce fut une taupe dans son royaume souterrain et la terre lui fut un refuge contre la bassesse du ciel. La cause première des orages c'est le vent qui rend les cavales folles, elles aussi. C'est le vent qui emporte les arbres au paradis. Les arbres, la fleuret la semence. Et les serpents aussi. Ceux qui font que notre cœur éclate.

Maurice Blanchard

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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L'impatience du monde 4

Publié le par la freniere

Les mots sont un œil sur les lèvres, les rides au front des anonymes. Quand je nomme la bonté, j’essaie de ressembler aux phrases que j’écris. J’ai toujours été de l’autre côté, celui du cœur où l’argent n’a pas accès. Quand je mange un poisson, il rejaillit vivant au milieu d’une phrase. Les larmes des enfants ternissent les armures. Les paysages nourrissent le regard. Les yeux nourrissent ce qu’ils voient. Je ne suis pas la route. Je fouille les détours. J’ai dans les mains des yeux blessés, des clefs qui brûlent, des mots qui brillent. Le fruit qui tombe ne renie pas la branche. Il redonne à la bête les caresses de l’arbre. Dans les fragments du monde, nous ne sommes rien sans percevoir le tout. Parmi les arbres aux mains levées, je redresse l’échine.

J’ai mis mon poing dans la gueule des larmes. Le temps qui manque aux fleurs coupées, la sève n’y peut rien. La mer est toute entière dans un seul poisson, la forêt dans un arbre, le monde dans un geste. Où vont-ils tous ces gens ? Où vont-ils si pressés ? Peu leur importe la vie, ils veulent tous mourir plus riches. Les cours de la bourse sont devenus prières, les bruits des kalachnikovs sont devenus sourates. Y a-t-il un rendez-vous que je ne connais pas ?  Je m’égare quand je quitte les mots. Je me ferme comme une huître. À peine rentré dans les mots, je redeviens un cœur ouvert, une table qu’on met pour le passage des amis, un livre qui s’écrit sans savoir pourquoi. Pourquoi vieillissons-nous ? La vie ne mûrit pas. Elle reste toujours verte. Elle renaît chaque matin.


Enfant, j’aurais voulu être le biographe de l’infime, le géographe des broussailles, le cartographe des cailloux, surtout les plus petits, ceux qui marchent avec nous dans nos propres souliers. Chaque doigt est une fleur dans le bouquet d’une main. Il faut sans cesse l’arroser avec des gestes neufs, les plus tendres possibles. Serrées sur un outil, tendues par le désir ou jointes en oraison, les mains accompagnent les mots. Elles forment dans l’espace des phrases digitales. Enfant n’est pas un mot d’enfant. C’est un mot d’adulte. L’enfance parle avec ses mains, ses pieds, ses yeux. On ne pèse pas lourd contre le poids du monde, quelques gouttes de sang sur la blancheur des mots. Il arrive parfois que l’on traverse l’apparence pour être qui nous sommes.

(...)

Publié dans L'impatience du monde

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Colombie
 

Les Nukak retournent dans la forêt

À la suite d’une campagne mondiale de mobilisation, le gouvernement colombien a accordé aux Nukak une zone sécurisée de 200 000 hectares de forêts en dehors de leur territoire traditionnel, toujours occupé par les cultivateurs de coca, la guérilla, les paramilitaires et l’armée colombienne. Mais les Nukak ont demandé à retourner chez eux après une grave épidémie de grippe qui a terrassé presque un quart du groupe.
 
 
Papouasie
 

Vague de violence policière

La police indonésienne a déclenché une nouvelle vague de violence contre les peuples indigènes de Papouasie. De nombreux rapports font état de torture, mauvais traitements et exécutions extrajudiciaires perpétrés par les services de police. Survival a écrit au président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, l’exhortant à mettre un terme à la violence policière en Papouasie et à s’assurer que les auteurs de crimes soient jugés.

Publié dans Paroles indiennes

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Tour de Babel

Publié le par la freniere


Henry Bauchau

Publié dans Glanures

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Si tu le veux (France)

Publié le par la freniere

Si tu le veux, nous habiterons ce petit livre
(qui se voulait une lettre) avec des crayons de
couleur et du papier à dessin, avec des journées
de pluie et de soleil passant le pli d'une main
à l'autre, jusqu'à le faire parvenir au sourcier
ou à l'idiot, à celui dont tout le monde se
moque. Mais qui vit, lui, dans une maison
contraire, peinte et repeinte à la chaux. Où la
mort peut entrer et sortir comme elle veut, avec
qui elle veut.


Thierry Metz

(lettres à la bien-aimée L'arpenteur © Gallimard )

Publié dans Poésie du monde

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L'impatience du monde 3

Publié le par la freniere

Il arrive qu’un mot en rencontre un autre pour la première fois. C’est le début d’un poème. Mozart disait que la musique était des notes qui s’aimaient. C’est la même chose en poésie. Ne cherchez pas sous terre les fées, les gobelins, les gnomes. Ils sont dans l’encrier. Une mine de crayon est un filon de grenats, d’améthystes, d’agates. Dans le plus désespéré des silences, une parole nous prend toujours à l’imprévu. Nous ne savons sur quel pied danser mais nous pouvons danser. Une très légère boiterie donne son style à la phrase, une voyelle aveugle, une consonne bègue. À force de peaufiner la phrase, on aplatit l’image. Le mot cheval ne sent plus le crottin mais l’huile des manèges. La maison où j’habite est elle aussi boiteuse. Pas un seul angle droit ni un seul mur d’équerre. De là me vient peut-être cette façon d’écrire au fil à plomb, sans plan ni devis, à la vaille que vaille. Un érable énorme accueille des quiscales. Les plus jeunes quiscales ont l’air plus vieux que l’arbre qui doit avoir cent ans. Le bruit des feuilles se mêle aux pages que l’on tourne.

Les livres sur une bibliothèque doivent converser entre eux. D’un titre à l’autre, ils s’engueulent ou s’embrassent. Il faut savoir les disposer. J’ai vu L’Ile aux Trésors dévoré par Balzac et Freud perdre la tête dans les bras du Petit Prince. Je ne serai jamais qu’un écrivain de papier. J’ai la voix trop boueuse pour tutoyer les anges. Ma plume est une pelle dans un écrin de perles. Je n’écris pas avec des idées mais des images. On oublie très vite le journal de la veille. On se souvient toujours de sa première bille. On voit toujours la mer pour la première fois. Quand je regarde un feu, ma plume est un silex. L’enfance n’a pas un âge mais un état. Un enfant de six ans est un enfant de six cent ans. J’ai une maison mentale faite de bric et de broc. Elle prend l’air de partout mais c’est un air de flûte.

Il y a derrière le fond une forme sans fond, une lumière inconnue, le bruissement de l’origine dans l’orage intérieur. Les âmes de Gogol, je les entends toujours. Je les entends même mieux que le cri des sirènes. Certains mots sont gros et forts mais ne portent rien d’autre que le poids de l’encre. Certains sont tout petits mais traînent l’univers. Certains mangent l’abeille et délaissent le miel ou font avec des larmes un collier de soleil. Quand l’amour est menacé, il m’arrive de rentrer dans mon corps et de fermer toutes les issues comme une femme dans sa peau, cette même femme qui s’ouvre comme une huître quand quelqu’un demande à naître.

Un jour ou l’autre, notre dernier faux pas sera celui d’un squelette. Il est normal que les yeux s’embuent devant la méchanceté du monde. Quand le regard heurte les larmes, les yeux touchent le cœur. Ils vont plus loin dans l’homme chercher la part du rêve. Les mots excèdent le réel. Je crois qu’il est plus facile de choisir ce que l’on fait que d’écrire ce que l’on veut. Les mots finissent toujours par avoir le dernier mot. La vie ne sait pas toujours où donner de la tête. À défaut de voler, il nous faudrait avoir les yeux latéraux des oiseaux. Je n’ai plus toute ma tête. Les mots la mangent à chaque ligne. J’ai connu chaque ronce mais ne veux plus nommer que la beauté des roses, parler de l’herbe sous la neige, du vent derrière le mur, de la bonté qu’on cherche au milieu de la foule.

(...)

Publié dans L'impatience du monde

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Ernest Pignon-Ernest

Publié le par la freniere


Ernest Pignon-Ernest, niçois, vit et travaille à Paris. Depuis plus de trente ans il appose des images sur les murs des cités.

" ...au début il y a un lieu, un lieu de vie sur lequel je souhaite
travailler. J'essaie d'en comprendre, d'en saisir à la fois tout ce qui
s'y voit : l'espace, la lumière, les couleurs... et, dans le même
mouvement ce qui ne se voit pas, ne se voit plus : l'histoire, les
souvenirs enfouis, la charge symbolique... Dans ce lieu réel saisi
ainsi dans sa complexité, je viens inscrire un élément de fiction,
une image (le plus souvent d'un corps à l'échelle 1).
Cette insertion vise à la fois à faire du lieu un espace plastique et à en travailler la mémoire, en révéler, perturber, exacerber la symbolique..."

 
   
    Ernest Pignon-Ernest a choisi la cité en chaos. La trame la plus serrée de splendeurs et                   d'outrages. De hautes légendes. De bas instincts. De beaux chromos.

    Il a livré au soleil comme une âme secrète. À la pluie et au vent de vrais portraits enfouis.
    Il a restitué l'éternel au précaire. Le religieux au profane. L'inestimable à l'indigent.
André Velter

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Un anachorète qui vivait autrefois dans le désert d'Egypte et dont la vie ascétique, exemplaire attirait de nombreux visiteurs, vit venir à lui un jeune moine tout impatient qui lui demanda: «Maître, apprends-moi comment sauver mon âme et gagner mon salut.» L'anachorète l'examina puis lui dit : « Avant que je t'enseigne, va d'abord t'installer là-bas, au pied de la colline que tu vois et comptes-en les grains de sable. Après, tu reviendras. » Le disciple ne revint jamais.

Publié dans Ils ont dit

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