Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le bleu des ronces

Publié le par la freniere

Extrait du recueil "Le bleu des ronces" actuellement en souscription aux Ed. Chemins de Plume, parution fin avril 06.

Père, ne te montre pas nu, même devant la mort, cela ne te ressemble pas. Ton corps d'homme allongé demande un drap pour l'image de toi. J'ai peur de cette indifférence qui renie les principes qui mettaient ta distance. Père, ne te montre pas nu, tu me gènes à me mettre à ma place d'adulte quand tu ne m'as jamais considérée que comme enfant lointaine. Quoi ? devrions-nous soudain nous mieux comprendre ? Rien n'a changé que cette maladie. Et cette  peur. L’odeur de ta souffrance. Tu as pleuré hier, la maison, disais-tu. Que voulais-tu me dire ? Je sais que je le sais mais ne veux pas savoir. La maison, as-tu dit sur ce lit d'hôpital qui t'abat comme un arbre. Et la peur transpirait dont tu ne parlais pas. Que tu ne cachais plus. Que tu ne voulais pas. Tu parlais d’autre chose. Tu parlais d’autre chose. Père, ne te montre pas nu, je ne suis pas capable d'affronter le désastre.

 Ile Eniger

 

 

Publié dans Ile Eniger

Partager cet article

Repost 0

Le bleu des ronces

Publié le par eniger

Un gravier entre le pied et la semelle, on va dans son histoire en souliers du moment. On devrait aller nu. Mélangés à la route, ces visages, en arrière alourdissent l’espoir. Ces rêves déjà mordus et ces embarcadères, ces griffes de vieux lierres, ces bateaux échoués, ces choses déjà vécues, encombrent. Une pensée amère pelure ses oranges. La fureur des oiseaux, l’éclatement des graines n’y pourront rien changer. Ni la force du jour. J’avance dans le marbre, les mains en porte-à-faux, comme Camille. L’oraison maladroite, je cherche l’orichalque. De la première à la dernière porte, mes doigts auront tremblé. Les vieilles eaux qui roulent et fabriquent la neige savent tout des douleurs. Des buées, des ruisseaux, des torrents et rivières, fleuves, mers, océans, autres larmes et nuages, savent tout des douleurs. La jeune étoile rouge tombe sans le savoir en l’extrême du bleu, la suprême brûlure, juste avant l’explosion. Entre la déchirure et l’immobilité, mes jupes dans les ronces ne craignent plus grand-chose. Mais ces voix d’avant-hier que m’apporte le vent gardent des inflexions qui blessent mon poignet. Hier pèse si lourd qui appuie l’imparfait, aux nerfs, aux ligaments. Qui essaie ses crochets, ses clous de dernière heure. Les mots arrivent las sur la page virgine, étranges et boiteux. Je préfère le pur que je ne connais pas, la parole des pierres, le silence des herbes, la constance des terres. A la fouille des os, la première nervure défend son territoire, Des racines aux feuilles, pas de péage pour la sève, souffle l’arbre. La flaque parle encore de la pluie à venir. Et la dernière face est un soleil de plus. Je ne veux pas d’amour mais l’amour. Un jour, je serai grande. Des chemins de traverses et des enroncements, du rêche des broussailles, je le ramènerai, ce bleu.
 
 Ile Eniger - Le bleu des ronces - Editions Chemins de Plume

Publié dans Ile Eniger

Partager cet article

Repost 0

Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Il n'y a que les vendeurs de tombes pour troubler la paix des cimetières.

Publié dans Aphorisme du jour

Partager cet article

Repost 0

Ils ont dit

Publié le par la freniere

Regarde ce bambin rusé : il hurle pour faire pitié, mais pendant qu’il fait des risettes au sein, ses dents et ses ongles poussent.

Armand Robin

Publié dans Ils ont dit

Partager cet article

Repost 0

Tricot de mots (France)

Publié le par la freniere

Elle tricote les mots pour en faire une écharpe      Jour après jour, tous
les mots à l'endroit font une petite laine mousseuse et cocasse qu'elle porte
autour du cou       Elle caresse sa joue de mots tendres pour chasser la
mélancolie,    tricote à toute vitesse des lignes de couleurs quand le temps
est au beau      Parfois elle fait un mot à l'envers qui saute à l'oreille
comme un coup de gueule      Si elle a des soucis, ses mots sont raides et
serrés     Contrariée,  son écharpe fronce alors les sourcils en une drôle de
grimace      De temps à autre un mot lui échappe et va se perdre de ligne en
ligne, entraînant d'autres mots avec lui     Cela fait des trous dans ses
souvenirs et plus personne ne comprend rien    Qu'importe d'ailleurs : elle
est muette et les autres sont sourds

 
Lucie Petit

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

Poétique postmoderne (Haiti)

Publié le par la freniere

 

Dans le reflux de l’histoire à ma porte
il n’y a rien dans le temps
ni dans l’espace, rien de neuf
à découvrir dans les cendres des utopies.

Je suis aujourd’hui ce poète sans chat
ni fax bavard dans sa maison de campagne;
ce magicien sans jaco ni internet
face au chagrin de ses milliers de livres;
cet hidalgo noir sans argent frais ni portable
pour héler les fous de l’achat et de la vente.

Dois-je courir encore après un autre sort?
un ultime juillet indien de la vie
à donner au jogging de mes vieux os?

Je reste ce poète en danger
sous les obus du consumérisme,
cet homme enfermé dans sa loi naturelle:
ma capacité de souffrir trouve un chien
et un chez-soi dans le malheur d’autrui.
À chaque offensé, en frère, j’offre un feu,
à chaque humiliée, en copain, j’offre la joie
de vivre du dernier cerceau de mon enfance.

Loin de la rage consumériste
qui épuise la grande santé du monde,
je jubile à l’idée d’un départ à zéro,
je bande en rital à rêver d’une flamme autre
pour les soirées d’hiver de ma petite lampe.

 
René Depestre
 

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

Nous aurons (Québec)

Publié le par la freniere

Nous aurons des corbeilles pleines
De roses noires pour tuer la haine
Des territoires coulés dans nos veines
Et des amours qui valent la peine.
 
Nous aurons tout ce qui nous manque
Des feux d’argent aux portes des banques
Des abattoirs de millionnaires
Des réservoirs d’années-lumière
 
Et s’il n’y a pas de lune
Nous en ferons une.
 
Richard Desjardins

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

Être poète

Publié le par la freniere

Etre poète, c’est ne prétendre à rien et vouloir tout. C’est d’abord accompagner et chanter la rebellion. C’est en même temps désirer le luxe : chanter les oiseaux dans le ciel, s’extasier devant le printemps ou s’occuper d’une de ces choses si graves dont se préoccupent certains de mes pairs comme transcrire en rimes un bulletin météo. Je pourrais, tant que j’y suis, offrir à l’éventuel lecteur un flacon de Valium.
Pourquoi écrivez-vous, nous demande-t-on, au lieu de poser la question au juge qui délivre une réquisition contre des ouvriers en grève. Mais pour certains, comme pour moi, ceci est la négation de la poésie. Cette poésie-là ne figure pas agenda.

Etre poète, c’est ne prétendre à rien et vouloir tout. Quand on écrit un poème, on écrit toujours le seul poème possible, c’est-à-dire le prochain et on caresse le vœu qu’il se mue en tag, comme il y a dix mille ans mes ancêtres à moi gravaient sur la roche des tags auquel on a donné le nom de « gravures rupestres. » Aujourd’hui on réprime les tagueurs car ils s’approchent trop près des murs gris derrière lesquels on viole les filles.

Quand on écrit on se souvient de tout. On se souvient que la poésie est la première parole. Parole de révolte. Parole brimée, étouffée, empêchée par les uniformes et l’incompréhension de se faire entendre. Parole qui, en premier, vient à manquer. La poésie interpelle la quiétude et le silence, silence des consciences menottées à leur confort. La poésie assume alors la fonction d’être l’empêcheur de béer en rond et en chœur, pareille à un gros nuage prêt à crever. La poésie est l’inverse de la solitude. Car la solitude, elle, porte des noms. La solitude c’est le silence qui dure et nous tue. C’est aussi notre asservissement, l’opposé de la rébellion. La poésie c’est l’adolescence, l’adolescence qui s’étonne de tout, l’adolescence si prompte à la révolte. Mais la poésie est souvent une plaie, une plaie qui s’insurge contre d’autres plaies comme un pleur d’enfants, la faim d’un homme, la soif d’un nomade ou les gémissements de l’amante.

La poésie peut-être aussi l’erreur souhaitée. Ainsi j’ai affirmé dans mon « Chant d’impatience » - publié il y a 18 ans- que « l’écriture est l’antichambre du suicide. » Dix-huit ans après je suis là, rectifié par la vie : c’est l’exil qui est l’antichambre du suicide.

Dans l’exil, on s’inspire du chant funèbre de l’absence et on écrit la pluie sur son visage recouvert de sueur, le vent sec et amer sur la peau nue, la morsure du froid et le sel sur la plaie. J’ai alors préféré achouik à mon « Chant d’impatience. »

En son secret et en public, le poète se veut porte-parole des réfugiés du Darfour, des Far colombiennes, des paysans de Birmanie, des jeteurs de pierres palestiniens, des berbères dispersés et se sent chez lui « partout où l’homme se redresse. » Il s’autoproclame sentinelle du monde et, par une perversion naturelle et ponctuelle, la poésie devient traumatisme auquel on s’habitue et elle s’accomplit en se nichant dans une perversion durable. Il est des poètes qui furent contraints à l’exil tels Victor Hugo dont on ne cesse de célébrer le centenaire. Son humanisme sélectif ne s’exprimait que s’agissant des Français, et une classe définie de Français. Celui qu’on qualifie de « père des poètes » a gardé un silence qui n’avait rien de poétique lors des conquêtes coloniales ou, pire, lors des enfumades de mes compatriotes du Dahra. C’est dire la différence avec un Villon ou, plus proche de nous, Nazim Hikmet, cet habitant du monde né en Anatolie d’où il nous a fait le récit de sublimes « Paysages humains ». Il est donc, hélas, interdit de céder à cette coquetterie qui fait qu’il est de bon goût, dans les salons douillets, d’admirer Victor Hugo. Une fois ce seuil franchi, il n’y a plus qu’à se mettre en extase devant le talent de Céline, fasciste devant l’éternel.

Certains d’entre nous se disent internationalistes alors qu’il serait plus élégant , et surtout plus neutre, pour certains scribes à l’écriture asexuée de se dire « citoyen (ne) du monde. » comme ils disent une autre fumisterie du genre « l’art pour l’art. » Qu’apporte-t-ils donc à ce monde dont on prend tout ? Pour ceux-là la poésie est juste bonne à faire frémir des vieillards gâteux. Ce sont aussi les mêmes qui nous reprochent de « trop rêver » parce que le rêve, comme la vérité, est révolutionnaire, disait l’autre en ajoutant : « Il faut rêver. »

En Numidie, la poésie est une tradition qui, telle l’espoir, colle à la peau. Chaque berbère se croit sniper du verbe et s’étonne que d’autres poésies se fassent l’écho de sa poésie. C’est peut-être pour cela que je nous sommes un désespoir de l’intégration, car l’intégration exige d’être une branche sèche d’un arbre mort. Or notre arbre ne mourra pas et on transporte ses fruits comme on transporte son baluchon en attendant de trouver un chez soi. Et chez nous c’est la Numidie, ce fantôme qui habite nos insomnies. Les nuits d’exil sont aussi blanches que les neiges de mon Djurdjura et aussi sèches que le sirocco et je fais des rêves aussi colorés qu’un tindi un soir de paix.

Voilà : je cherchais une chute à cette divagation immodeste et je viens de la trouver en l’héritage de Jean Senac, un poète d’Algérie, un poète assassiné : « J’ajoute les points, les virgules. Soyons humbles : sans les Hommes je ne serais qu’arbre sec. »

Djamal Benmerad

Publié dans Glanures

Partager cet article

Repost 0

Ils ont dit

Publié le par la freniere

Quand on est en retard, mieux vaut ralentir un peu le pas.

 

André Siniavski

 

 

Publié dans Ils ont dit

Partager cet article

Repost 0

Le premier mot 9

Publié le par la freniere

 

LES HOMMES-LIVRES
 
d'après Bradbury et Truffaut
 
Il était une fois des livres qu'on brûlait, des poètes en prison, un pays où l'on crevait les yeux des lecteurs têtus, où l'on parlait en chiffres à la place des mots, où l'on parlait en nombres à la place du cœur.
 
Il n'y a plus d'été ni d'hiver ni d'automne. Un immense hinterland a détruit les saisons laissant sur les décombres une poussière de neige encrassée de granit, de grésil, d'amiante. De vieux troncs flottent encore dans les odeurs d'essence, de poudre et de fumée. On en fera demain des matraques ou des tombes. Il n'y a plus de lit. On dort à moitié saoul debout dans un treillis, le cœur sur la gâchette et la haine à la bouche.
 
Il n'y a plus d'oiseaux mais des plumes de sang répandant la vérole, la peste et l'ignorance. Quelques bêtes survivent se nourrissant de l'espoir que les hommes ont troqué pour le délire de Dieu, abandonnant l'amour au profit des vendeurs. Les secondes marchent au pas délaissant l'infini pour le zéro des chèques. Des enfants virtuels ne rêvent plus mais zappent prenant pour le réel une forêt d'icônes.
 
Quelques fous dans les grottes redessinent le monde avec du sang, des os et les couleurs du rêve. Ils se souviennent encore du frisson des caresses, du vent sur la peau nue et du goût des framboises. Ils effacent la craie sur les parois du gouffre et cachent leurs trésors au fond des lendemains.
 
Il n'y a plus de silence mais des vrombissements. Il n'y a plus de mots mais des chiffres et des codes. On n'ouvre plus les yeux, on les branche à l'écran. On ne tend plus la main, on la mord en cachette en souvenir des loups moins cruels qu'un homme dans la course du rat.
 
Quelques fous dans les grottes ont appris tous les livres par cœur. Il y a un René Char qui vient d'avoir 10 ans. Il récite par cœur Fureur et Mystère. Homère n'est plus aveugle et Dante parle anglais. Shakespeare est une femme accompagnée d'enfants. Ils peuvent à eux six rejouer toutes ses pièces. Cendrars est un Chinois baroudeur et sans bras. Quand il récite La Plose du Tlansibélien même les murs sourient. Quelques oiseaux reviennent pour ponctuer les phrases de la virgule d'une aile. Un chien sans queue bat la cadence oubliant quand il jappe de suivre les paroles. Il entend la musique oubliée par les hommes.
 
Il n'y a plus de couleurs qui font vivre les yeux mais du beige d'hôpital, du gris-bleu métallique et le blond des veaux d'or. Il n'y a plus d'étoiles. On a zébré le ciel d'antennes paraboliques. On vend la mer en poudre par vagues déshydratées.
 
Il règne une atmosphère étrange : le froid, le silence, la stupeur. Un sou tintinnabule sur le sol venu on ne sait d’où. Le vent lèche l’ombre du sel. Le sang coule dans les veines à rebours du cœur. Un air épais glace la bouche. Il fait froid. Il fait nuit. Un vieil homme fait du feu en claquant des doigts. Un oiseau fait du ciel en claquant du bec. Un poète fait des mots en claquant des dents. C’est trop peu pour voler ou réchauffer ses mains. L’espoir n’est plus qu’un pas dans le désert, une trace de sang sur la neige. Maigres signes de vie. Miettes de larmes et de soif. Le temps n’habite plus l’espace. La lumière trébuche dans la nuit. On dort en chien de fusil. On jappe dans ses rêves. À défaut de pain blanc, les enfants se partagent la neige, le sable ou les cailloux. Les femmes au fœtus mort-né bercent une poupée de gel. Le paysage enfonce dans nos yeux ses doigts de larmes et d’épouvante.
 
Quelques fous dans les grottes ramassent les épaves. Le vieux qui sait Jules Verne jusqu'à la dernière page rêve du Nautilus. L'Idiot est un idiot qui sait lire le braille. Il caresse le chien comme on écrit des vers. Si les choses ont une âme, c'est Ponge qui l'éponge. Celui qui le récite a le ton de l'emploi, une voix de savon, des bulles de plastique à la place des yeux et des clous dans les mots. Il manque quelques livres, des Arlequins, ceux qui traînaient dans les sacoches des midinettes, des Sylvie, des B.H.L en vrac et tous les Guy Des Cars. Qui se soucie des cons quand la bêtise règne. Ceux qui connaissent la Bible ou le Coran sont encore à la guerre, une fleur aux dents et croyant bien faire.
On ne fait plus l'amour, on suce des hormones, on se taille des pipes pour l'argent des salauds. Des images remplacent la chair tendre des mots. On n'habite plus son corps mais on loue ses grimaces, ses répliques, son rôle. On a tout oublié y compris la tendresse.
 
Quelques fous dans les grottes ont retrouvé le rire. Ils fêteront ce soir l'arrivée du Cantique des Cantiques. On a trouvé sa voix dans un ancien bordel transformé en chapelle. On attend pour trinquer Soupault qui dort debout, Jabès, Jouve et Juarroz par ordre alphabétique. On cherche encore René Crevel et ses poumons crevés. Réjean Ducharme, dont on ne possède qu'une vieille photo, est le seul à dire ses propres textes. Cioran flirte avec Simone de Beauvoir. Sartre est un débardeur qui lit Goethe dans le texte avé l'assent du Sud.
 
Il faudra bien un jour remettre sur des pages tous ces livres ambulants. On va jusqu'à détruire les carrières d'ardoise, les mines de crayon et même de craie blanche. On brûle jusqu'aux arbres pour tuer le papier. Dans cette ville emmurée tout ne bouge qu'à l'écran. On repasse en play-back les mêmes vieux discours. Allah est grand ! In God we trust, everybody else pay cash ! Et que règne la merde ! Les puissants ont fini par s'entendre pour écraser les autres. Histrions de l'histoire, on en fait des écrous ou de la chair à canon. Le Pape baise les tarmacs et ne donne qu'aux riches. Quelques fous dans les grottes survivent aux slogans en récitant des vers de Tzara, de Cadou ou bien d'Apollinaire. Il n'y a plus de fleurs, de rivières, de sources, rien que des trous de bombe envahis par les rats, le Dow Jones et la dette. Il n'y a plus de larmes dans les saules pleureurs mais des micros d'appoint pour crier des injures.
 
Quelques fous dans les grottes survivent aux slogans en récitant des vers de Tzara, de Cadou ou bien d'Apollinaire. Ils s'agenouillent en chantant et baisent l'herbe verte avant de la manger. Ils ont lu tous les livres qui parlent de l'amour. Il y a encore des îles où pousse l'herbe verte semant ses graines rares dans le mâchefer rouillé.
 
Quelques fous dans les grottes se préparent à sortir annoncer la parole, leur barbe pleine de mots et cheveux gris au vent. Dans ce pays sans livres, ce pays sans poètes, cette ville muette, seuls les fous dans les grottes savent le prix des mots.
 
 

Publié dans Le premier mot

Partager cet article

Repost 0