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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Quand une banque brûle, tous les pauvres sourient.

Publié dans Aphorisme du jour

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À quoi pense l'enfant ?

Publié le par la freniere


À quoi pense l’enfant quand il est à l’école ? Au hérisson, à la grenouille des jardins, aux sentiers de collines sous ses jambes de chèvre, aux baisers de sa mère, aux pains au chocolat. Et la voix de son père quelque fois en écho. Il pense que demain il sera capitaine, et fabrique en cachette des voiles en papier. Il ouvre des fenêtres aux pages des cahiers où passent des couleurs, la figue sucre mauve des chapardes d’été, l’orange des argiles pour les statues d’une heure, l’ivoire poli doux des cailloux de rivière, et ce bleu de ces yeux qui font battre son cœur comme il ne savait pas. Ils pensent que les arbres qui ne courent jamais et vivent si longtemps sont de drôles de personne. Que la voix du silence c’est le chant des oiseaux, la pupille du chat. Et les yeux fatigués du jour se sentent heureux de ne pas s’être ouverts pour rien.

 Ile Eniger    Le bleu des ronces
 
Pour commander :
http://editionscheminsdeplume.over-blog.com/

Publié dans Ile Eniger

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Mère 13

Publié le par la freniere


La mort n’efface pas
les odeurs de l’amour.
Ta prière parfume
les pointes des feuillages.
Tu as posé tes mains
sur nos lignes de vie.
Nous survivons ensemble
à l’hiver blanc des os.
Ta parole nous mène
bien plus loin que nous-mêmes.
 
La main lisse des enfants
garde la forme de ta paume.
Ta ligne de vie soutient
leur échine fragile.
Ton éloignement nous rend
étrangement intimes
et nous aide à saisir
ce dont nous sommes faits.
 
Je me souviens ce soir
de mes larmes d’enfant.
Toute la tendresse enfouie
dans les livres d’images
me remonte à la gorge.
Un frisson de la terre
me ramène vers toi.
Tu es la source sous la mer,
le feu qu’on passe
de main en main,
le vol dans l’oiseau
qui dessine le ciel.
 
Tu voulais tellement vivre,
tu n’as jamais vieillie.
Comment te remercier ?
Les mots sont trop petits
pour la grandeur de l’âme.
Tu as quitté la route
mais tes pas continuent.
Les mots disant merci
se prononcent à voix basse.
Ce sont des mendiants
distribuant leurs biens.


Publié dans Poésie

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Jean Mambrino

Publié le par la freniere

     Jean Mambrino est né à Londres en 1923 d’ancêtres florentins, andalous et champenois. Il est chargé de la chronique littéraire et dramatique des Études.

   
La poétique de Jean Mambrino se situe d’emblée dans la ligne de celle des écrivains qui cherchent à traduire la réalité dans ce qu’elle a d’essentiel, la présence de l’Être en ce qu’il a de plus authentique et de plus pur...
Cette poésie, simple dans sa forme, trouve sa plus grande originalité dans la richesse d’une symbolique qui use largement du pouvoir évocateur des éléments de la Nature.
     Dictionnaire de Littérature Française (Bordas)
      A.C. Damour

     Mambrino hérite de cette vigilance chère à des René Char, André Frénaud, Jean Malrieu, il boit la nuit à longues lampées, et le bruit de sa soif est là, sans déguisement, sans lâcheté. Poèmes-nids, sans arbre, sans terre, et qui pourtant font une présence à deux dans la page, lèvent un verre à la santé du désastre, et nous enracinent dans cette petite verticale fragile du dedans : le poème.
     Dominique Sampiero, Le Matricule des Anges, décembre 1993/janvier 1994

 
 
 

Les larmes d’un enfant

 
Seuls les mots les plus simples,
Les plus tranquilles,
Peuvent illuminer l’infini diamant
Du monde, où brillent ce matin
Les larmes d’un enfant
À l’instant de s’endormir
De l’autre côté de la terre.
Elles purifient le temps, rachètent
Les crimes. Il apprend
À ouvrir ses petites mains,
Fête ainsi sa naissance,
Sa fin qui commence à germer.
Il console sans le savoir
Un vieillard abandonné
Au fond d’une autre galaxie.
Le même matin, le même soir.
 
 
Nous ne savions pas
 
Il semble que le soleil fleurisse
Hors de l’étang, dans le calice du soir,
Et parfume l’air à l’instant de mourir,
L’eau et le ciel mélangeant
Leurs délices, dans un éclaboussement
D’hirondelles. Un silence descend vers nous
De la hauteur, stupéfait devant
Tant de beauté qu’on ne peut voir.
Il s’allonge à nos pieds pour nous aider
À dormir dans la gloire. L’horizon brille
Vert et or, aspire le cœur de celui
Qui s’enfonce vers son départ.
Nous ne savions pas, n’avions pas voulu savoir
Que nous étions aimés.
 
 
Bibliographie :
 
.poésie

Le Veilleur aveugle, Mercure de France, 1965
Clairière, Desclée de Brouwer, 1974
Sainte Lumière, Desclée de Brouwer 1976
L’Oiseau cœur, Stock, 1979
Ainsi ruse le mystère, Corti, 1983
La Ligne
de feu, Corti, 1986
La Saison
du monde, Corti, 1986
Le Mot de passe, Corti, 1987
Le Chiffre de la nuit, Corti, 1989
Le Palimpseste ou les dialogues du désir, Corti, 1991
Casser les soleils, Corti, 1993
N’être pour naître, Corti, 1996
L’Odyssée inconnue, L’Harmattan, 1996
Le Théâtre au cœur, Desclée de Brouwer, 1996
Le Centre à l’écart, Librairie Bleue, 1998
L’aube sous les paupières, Librairie Bleue, 2000
L’Hespérie, pays du soir, Arfuyen, 2000
La pénombre de l’or, Arfuyen, 2002
L’Abîme blanc, Arfuyen, 2005

 
.prose

Le Chant profond, Corti, 1985
Lire comme on se souvient, Phébus, 2000
La Patrie
de l’âme, Phébus, 2004

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Celui qui tient une arme ne tient pas la charrue.
Celui qui tient la caisse ne tient pas ses promesses.
Celui qui tient la porte n'est pas celui qui part.
 
 

Publié dans Aphorisme du jour

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Aimer grandement quelqu'un c'est le rendre inépuisable.

Paul Valery

Publié dans Ils ont dit

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Mère 12

Publié le par la freniere


Mes genoux, mes mains,
mes neurones, mes vertèbres
pour me tenir debout,
mes cheveux qui manquent,
la tige de mon cœur
qui apprend à s’ouvrir,
c’est toi.
Ce feu des mots
allumant l’espérance,
mon amour là-bas,
cette perle dans l’huitre,
les ailes des oiseaux,
toute notre vie,
c’est toi.
 
Tu deviens la mer
qui réveille le sable,
le vol qu’on enseigne
à l’école des nids,
la main de la rosée
caressant la fougère,
la lampe qui s’allume
au milieu de la lune,
la bergère des fleurs
tricotant le pollen.
 
Je porte dans les yeux
ce que tu vois encore
l’autre côté de la vie.
Comme un soleil la nuit
continue son travail
tu nourris nos racines.
Comme une rose
imprégnée de pollen
tu veilles dans mon ombre
pour éclairer l’abeille.


Publié dans Poésie

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Geneviève Amyot

Publié le par la freniere


Je ne cherche pas la réponse mais la fécondité.
Tel est l’enjeu premier de l’œuvre de Geneviève Amyot. À la quête intérieure répond sans cesse une immédiate et sensible présence au monde; à la mort répond cette vie tenace à laquelle se mesure chacune de nos cellules.
Avec Je t’écrirai encore demain, Geneviève Amyot a écrit un véritable hymne à la fécondité : celle du temps d’abord, que manifeste le passage des mois et des saisons; celle de la terre aussi, dont les nourritures nous lient au monde de façon primordiale, et enfin celle de la femme, à travers qui a lieu le processus de la naissance. Ainsi le perpétuel renouvellement de la vie est-il partie intégrante de la vie même. Et s’il nous faut affronter la mort – petites morts quotidiennes, mort des autres et de nous-mêmes -, c’est pour apprendre justement qu’elle creuse en nous un espace qui permet à la vie de se poursuivre.
Voici donc un chant de ferveur, une lettre adressée à un être dont la perte renvoie à la grandeur de l’aventure humaine, à la joie et à la détresse qui l’accompagnent. Par là même, cette lettre s’adresse à chacun de nous.
Depuis 1975, Geneviève Amyot poursuit l’une des œuvres les plus singulières de la littérature québécoise. À l’écart des modes, sa voix est à la fois discrète et exigeante.
 
 
À ma fille
 
Ma fabuleuse mon incroyable
mon étrangère mon obscure
ma si terriblement fraternelle
ma tête de pioche ma douce mon inquiète
mes petites mains chaudes
mon amande ma lumière
mes tresses
mon horloge impeccable
mon ruisseau de têtards et de roches
mon sac d'école mes bottes neuves
mon effaceuse
mon dernier paradis
je te porte encore entière dans la chaleur
entêtée de ma chair qui s'étiole je te tiendrai
jusqu'à la fin où je te ferai signe de ferveur
ma si vive aux racines extrêmes de l'amour
ma platée de gruau ma chambre forte
ma mère mon glaïeul
ma petite chienne pâle
mon eau de Pâques
mon oiseau de voyage
mon grand réseau d'artères
ma sauteuse
ma résurrection
 
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Je me demande bien ce que les autres font avec leurs morts. Comment ils les plaignent, les râlent, les bercent, comment ils les rappellent, les invoquent, les étreignent, les annulent, comment ils rendent enfin parfaitement aimables, de quelle peur, de quelle colère ils les maudissent. Je ne sais pas. On n’en dit rien dans les fauteuils, ni au bord des assiettes ou de la télévision. On conseille de repeindre les murs et de sortir davantage. Mais la lutte à la disparition ? À la fatalité ? Je ne suis pas la seule, c’est certain, à quérir tes prolongements. Je ne sais pas comment ils s’arrangent avec les vêtements vidés. De quelles larmes ils les bourrent. Ou les embrouillent. Je ne sais pas. Nous savons si peu de choses les uns des autres. Et nous aimons ainsi, si tant est que nous aimions.
 
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Bibliographie :
La mort était extravagante, poèmes, Éditions du Noroît, 1975
L’Absent aigu, roman, Quinze, 1976; VLB Éditeur, 1979
Journal de l’année passée, roman, VLB Éditeur, 1978
Dans la pitié des chairs, poèmes, Éditions du Noroît, 1982
Petites fins du monde, récits, VLB Éditeur, 1988
Corps d’atelier, poèmes, Éditions du Noroît, 1990
Je t’écrirai encore demain, Éditions du Noroît, 1995
 
 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Si je tends l'autre joue, c'est pour une caresse.

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Le prestidigitateur (France)

Publié le par la freniere

Je ne crois à rien à personne
Sinon au petit magicien des bals d’enfants d’autrefois
Le prestidigitateur miteux et blême
Au visage ridé sous le fard.
 
Son haut-de-forme posé à l’envers sur un guéridon
Il le recouvre d’un foulard rouge
Et soudain
Il le retire et voyez ce qu’il sort du chapeau :
Un œuf un lapin un drapeau
Un oiseau ma vie et la vôtre et les
Morts il les cache dans la coulisse
Pour un piètre
SALAIRE.
 
Jean Tardieu   Comme ceci comme cela Gallimard

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