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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

AMER INDIEN

 

Les âges d’or et les barbaries s’étagent

              dans l’épaisseur des siècles

Des races entières dorment au fond des mythes

Elles tournent vers nous leurs masques de pierre

               leurs fétiches

               leurs dieux sculptés plus beaux que nos dieux

Leurs monolithes solaires marquent l’heure
              
des grands cataclysmes

Leur sagesse sublimée au ventre des amphores
               
flotte dans l’air

               (pollen immortel)

Et fait soudain délirer nos esprits momifiés

 

Tabous tabous

 

Trésors cachés aux cavernes de l’être
               
où gît un peu de cendre

Mythes calcinés au feu d’une plus vaste connaissance

Une roche sculptée roule du plus profond du temps
                
brouille l’Histoire
Et les grands-prêtres du Savoir

                 ne comprennent même plus leur abécédaire

Ils insultent l’oracle à tête d’oiseau

                 dont le chant fait choir les chapiteaux du temple

 

Tabous tabous

 

Secret scellé aux cavernes de l’être

L’homme est la préhistoire de l’homme

                  aux chambres des pyramides.

Gilles Hénault

 

 

Publié dans Paroles indiennes

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Un simple gant

Publié le par la freniere

J'ai ramassé un gant sur le bord du trottoir. Il est encore tout chaud. Il cherche une main, un geste, un semblant d'ombre à protéger du froid. Les lignes d'une main font bouger ses plis.. Quelle aventure y lire sans le lutrin d'une paume pour soutenir la vie ? D'après la finesse des doigts, ce doit être un gant de fée tombé d'une bonne étoile. Ce n'est sûrement pas un gant jeté pour un duel. Sa peau est trop douce et rouge d'émotion, du rouge des amoureux ou celui des framboises.

 

Publié dans Accessoires

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Djamal Benmerad

Publié le par la freniere

pour Jean-Michel Sananes

Djamal Benmerad est journaliste professionnel de métier et a collaboré en Algérie à plusieurs journaux dont Le Matin en qualité de Grand reporter et à Alger républicain en qualité de rédacteur en chef, ces deux journaux étant par la suite dissous par le régime algérien. A ce titre, il fut amené, avec d'autres journalistes et démocrates, à s'opposer au projet théocratique des islamistes et à l'ordre ultra-libéral et liberticide des militaires au pouvoir. Il fut l'un des premiers signataires de l'"Appel à la Résistance" contre ces "deux têtes visibles de l'hydre" et à troquer sa plume contre une arme  feu pour rejoindre en Kabylie d'où il est natif les groupes naissants des "Patriotes armés". A la suite du kidnapping et de la délivrance de l'un de ses fils et après avoir été victime d'un attentat raté en décembre 1998, il s'exila en Belgique où il vit actuellement en qualité de réfugié politique.
Il a publié dans la clandestinité ce qu'il appelle des cercueils poétiques dont "La céramistes et le poète", "Tracts pour rêver", "On ne meurt bien qu'en Algérie." Les éditions Enal lui ont publié "Chant d'impatience" tandis que Le Matin lui a édité un essai socio-politique intitulé "421".
L'auteur vient de mettre en chantier un ouvrage politique qui porte le titre, provisoire, "Islamisme, l'enfer des musulmans" où il tente de démontrer et expliquer que les musulmans sont les victimes de l'islamisme, d'une part, et de l'islamophobie, d'autre part.

 

Credo

Je ne suis pas l’être d’alphabet
ni cette colonne verbale

qui répond aux mots des uns

avec les mots des autres
mais simple goutte d’ivresse tombée

sur une nappe de musique

locataire d’un manuscrit

que traque l’indifférence

LES POETES

Artisans au verbe indésirable
amants que la folie guette
la chair lacérée

par la laideur contemporaine

les poings meurtris

par les murailles de la nuit
ils persévèrent ils persévèrent
à répandre de l’huile
sous la trajectoire imbécile

                                     du réel

DISAIT L’AUTRE

Ecrivant balle au canon

le sang noir sur l’asphalte

et le sac sur l’épaule

je me heurte aux murs gris
d’un polygone étiolé

 

« Reste, me dit Abouda

on ne meurt bien qu’en Algérie »

UN PEU DE TOI

Cet enfant que tu regardes mourir

sur ton écran couleur
à partir de New York
Saint Petersbourg
Paris
Damas

ou Johannesburg...
Cet enfant que tu regardes mourir

sur ton écran couleur

c'est un peu de New York

un peu de Paris...
qui se meurt ici à Bentalha

Et ce sang que tu vois couler
sur ton écran couleur
ce sont les larmes de Moïse

de Jésus

et de Mohamed
qui giclent de la gorge tranchée

de cet enfant que tu regarde mourir

ici

à Bentalha

INFIDELITE

J’ai trompé mon colt

le temps d’un poème
qui rime avec
tel camarade tué

dans une cage d’escalier

REPORTAGE I

En arrivant j’ai trouvé
tes cahiers d’écolier

avec un poème perdu dedans
A trop le lire je souhaite
à trop l’entendre je souhaite
mourir
moins lentement que toi

mon enfant

Toi mon enfant

dont la tête a roulé dans la poussière
mon enfant

dont la tête a roulé

moins vite

que notre honneur dans la poussière

de Guernica à Bentalha

CECITE

Avant j’étais aveugle
A présent je ne vois plus rien

CALIBRE

ils comptent

une à une

les vertèbres de nos jours
pendant que nous crions :

« Mezghenna *
ceux qui vont mourir te saluent ! »

mais ne t’inquiète pas

mon amour
les vertèbres des nos jours

font du neuf millimètres

(*) Mezghenna : nom berbère de l’Algérie

DELIRE

A présent il faut faire vite

écriture impatiente
car embarquée
sur une fièvre trop pressée

J’ai choisi d’en faire
un moment privilégié
de l’action vitale

Pour ne pas chanceler

à l’heure où l’on égorge
                        
mes frères

VOCATION

Ils passent leur temps à mourir

dans une cage d’escalier

à la sortie d’un stade

ou à l’entrée d’un poème

Ainsi en est-il d’Imazighenes (*)
chaque fois que l’un tombe
le suivant se présente au guichet de la mort

Mais vous verrez désormais
ils ne feront pas que mourir

(*) Imazignènes : vrai nom  des berbères

UN FENNEC EN OCCIDENT

Dans ma course folle

vers ce mirage d’hiver

un sirocco mortuaire
vint à ma rencontre

Qu'étais-je donc venu
dans ce désert conquérir ?

Moi qui désormais connais

les pitons tranchants du brûlant exil
je reprends la folie et le délire
                           des grands navires

L’ ADIEU AUX LARMES     

 

J’ai découvert soudain

d’autres rêves que ceux partagés

d’autres réalités que la béatitude

Alors moi l’impie
moi l’ami
des libraires

et des pêcheurs de Bougie
de Bretagne
et de Sicile
je pars

parjure et par vaux
à la recherche d’un vers qui rime au vin

et d’une idée hospitalière

…Et si ma vie est trop longue
je lui fais un ourlet

REPORTAGE II

Les paupières des morts
refusent de se fermer

La vierge n’a plus de corps
mais la haine immaculée

Les frontières du village

sont barbelées de silence

fêlé

par le murmure des survivants

A quelques douleurs d’ici

d’autres villageois creusent

leur propre tombe
avant
la venue des assassins

L’ HEURE D’ALGER

Je rentre dans ma ville

à l’heure des aurores ambiguës
à l’heure des peurs
à l’heure où des solitudes

ne s’accouplent même plus

à l’heure où conspirent
les turbans tachés de sang

à l’heure des gares désertes
à l’heure où s’aiguisent les lames

à l’heure où j’ai mal au cœur d’Alger

REPIT

Il fait beau
Aujourd’hui ressemble

à un jour sans morts

(les journaux)

 

 

 

 

 

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere


ODANAK

Bien avant l’arrivée des premiers colons dans les Cantons de l’Est, les Amérindiens avaient découvert ce territoire. En effet, les Abénaquis qui occupaient au départ le Maine et s’étendaient dans le New Hampshire, le Nouveau-Brunswick et jusque sur les bords de la Nouvelle-Écosse émigrèrent dans la région vers 1680 pour fuir les persécutions des Anglais.

Selon les archéologues, cette société autochtone serait demeurée près de la rivière Saint-François et du lac Aylmer mais aussi près des villes qui allaient devenir plus tard Weedon, Lennoxville, Sherbrooke, Magog ou encore Brompton. En effet, les recherches archéologiques entreprises dans ces secteurs ont permis de découvrir des éclats de silex ainsi que des objets faisant partie de la vie quotidienne des Amérindiens comme, par exemple, des couteaux, des grattoirs et des pointes de lance.

Par ailleurs, les noms autochtones de certains endroits bien connus aujourd’hui dans les Cantons de l’Est comme Mégantic (lieu où se tiennent les poissons), Massawippi (eau profonde), Memphré-magog (grande étendue d’eau) et Coaticook (rivière à la terre de pin) montrent les traces évidentes du passage de ces nations. Toutefois, les Amérindiens n’ont pas toujours eu ici de résidence fixe, mais ils ont tout de même séjourné auprès des cours d'eau en différentes saisons de l’année.

La présence de ces autochtones sur le territoire est aussi perceptible par les légendes entourant le pin solitaire. La première de celle-ci veut qu’après une bataille entre un Iroquois et un Abénaquis, ce dernier l’emporta et scalpa son ennemi sur un rocher se trouvant dans le Saint-François à l’embouchure de la rivière Magog. L’autre légende, cette fois-ci beaucoup plus romantique, prétend que ce même rocher est le tombeau d’une jeune Amérindienne.



Le rocher du pin solitaire, au milieu de la Saint-François. Fonds Andrée Désilets. La Société d'histoire de Sherbrooke IP154RPN32D1


L’histoire raconte que deux promis, Robert Gardner et Aline Morton étaient prisonniers à Saint-François-du-Lac. Ils réussirent à s’échapper, mais épuisée, la jeune femme mourut dans les bras de son fiancé. Celui-ci l’ensevelit sur le rocher et en guise de stèle funéraire il y planta un petit pin avant de mourir lui-même épuisé. Le pin solitaire n’existe cependant plus aujourd’hui.

En effet, il disparut en 1913 alors que deux ivrognes «le sectionnèrent en rondelles ; ils vendaient les tranches du mystérieux conifère comme souvenir à raison de 25 cents pièces, afin de se procurer de quoi boire ». Aujourd’hui encore nous pouvons voir ce rocher (notre photo) qui inspira tant de légendes, le pin solitaire ayant fait place, pour sa part, à une petite croix blanche.

Plus tardivement dans l’histoire de notre région, à l’ouverture des Townships de l’est à la colonisation du XIXe siècle, plusieurs Abénaquis délaissèrent ce territoire de chasse pour se tourner vers d’autres espaces. Toutefois, certains d’entre eux demeurèrent ici. En effet, le gouvernement entrepris de subventionner l’agriculture chez cette nation, mais ces derniers préférèrent développer une toute autre industrie, celle de paniers qu’ils allaient vendre aux États-Unis. Toujours au XIXe siècle, l’idée de développer des réserves amérindiennes sur le territoire canadien apparaîtra.

Par la création de ces espaces, le gouvernement voulait en fait occulter la présence autochtone mais aussi intégrer les différentes nations à la population canadienne. La région des Cantons de l’Est verra ainsi, au cours de cette période, l’apparition de la réserve abénaquise dans le secteur de Coleraine. Celle-ci, cédée en 1882 à la nation abénaquise par les autorités gouvernementales, sera fermée moins d’une vingtaine après sa création, soit en 1901. Cette situation est d’ailleurs conforme à la politique d’assimilation prônée par le gouvernement fédéral.

En effet, ce que l’on cherchait à l’époque c’était de «tasser» les Autochtones sur des réserves pour ensuite vendre le territoire concédé ou encore diminuer sa superficie pour les besoins des colons avides de terres nouvelles. Ce qui obligeait, croyait-on, les autochtones à s’assimiler à la population blanche. Toutefois, on sait bien aujourd’hui que cette tactique ne s’avéra que peu lucrative. En fait, la nation abénaquise est toujours présente au Québec, le village d’Odanak en étant la preuve vivante.

Maryse Bilodeau (Université de Sherbrooke)


http://www.mediat-muse.qc.ca/edu_abenakis.html

http://www.indianamarketing.com/nations/!odana-f.htm

 

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

* La vie est un cycle sans fin. Chacun de nous est responsable de ses propres actions. Elles nous reviendront. (Betty Laverdure - Ojibway)

* La couleur de la peau n'y change rien. Ce qui est bon et juste pour l'un est bon et juste pour l'autre, et le Grand Esprit a fait de tous les Hommes des frères. (Bouclier Blanc)

* Choisis bien tes mots, car ce sont eux qui créent le monde qui t'entoure. (pensée des Navajos)

* Ma main n'a pas la même couleur que la tienne, mais si je la transperce, cela me fera mal. Le sang qui coulera de ma main sera de la même couleur que ton sang. Nous sommes tous deux enfants du Grand Esprit. ( Ours Debout - Chef Sioux Oglala)

* Nous sommes tous des fleurs dans le jardin du Grand Esprit. Nous partageons les mêmes racines, nos racines nous ramènent à la Terre Mère. Son jardin est beau car les couleurs des fleurs sont différentes et elles représentent des traditions et des cultures différentes. (Grand-Père David Monongye - Hopi)

* Les collines seront toujours plus belles que les buildings en pierre. La vie en ville est artificielle. Peu de gens sentent la véritable terre sous leurs pieds, voient pousser les plantes si ce n'est dans des pots ou s'avancent assez loin des réverbères pour saisir le véritable enchantement d'un ciel parsemé d'étoiles. Quand on vit loin des choses que le Grand Esprit a créées, il est facile d'oublier ses lois. (Tatanga Mani)

* O, Grand Esprit, aide moi à ne jamais juger un autre avant d'avoir chaussé ses mocassins pendant au moins trois lunes (Sagesse amérindienne )

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Valeur (Italie)

Publié le par Erri de Luca

J'attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.
J'attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles.
J'attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au rire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s'est  pas épargné, à deux vieux qui s'aiment.
J'attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd'hui vaut encore peu de chose.
J'attache de la valeur à toutes les blessures.
J'attache de la valeur à économiser l'eau, à réparer une paire de souliers, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s'asseoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.
J'attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.
J'attache de la valeur au voyage du vagabond, à la clôture de la moniale, à la patience du condamné quelle que soit sa faute.
J'attache de la valeur à l'usage du verbe aimer et à l'hypothèse qu'il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.

Erri De Luca

Oeuvre sur l'eau   PoésieSeghers

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Salah Stétié

Publié le par la freniere

Salah Stétié occupe une place considérable dans la poésie contemporaine de langue française.
Cet écrivain franco-libanais, né à Beyrouth en 1929, est l'une de ces voix nécessaires où beaucoup écoutent l'interrogation insistante du sens de leur présence au monde. C'est cette interrogation toujours accrochée à la nature du plus simple vécu qui fait la singularité de la poésie de Stétié, son lyrisme étrangement déployé qui couvre tout à la fois les émotions et les questionnements, les esquisses de réponse et les reprises, les " allusions instigatrices " et les hautes retenues.

Le poète se double d'un homme de réflexion et de méditation et beaucoup de ces livres - aux éditions Gallimard, José Corti, Fata Morgana entre autres - posent, nourris de cette double culture d'Europe et d'Islam qui est la sienne, un certain nombre de problèmes d'une actualité aiguë, liés à la langue, au passage de grands " témoins ", aux évolutions et aux contractions culturelles.

On a souvent caractérisé cet écrivain d'un terme qui dit l'essentiel : un passeur. Et c'est parce qu'elle est l'œuvre d'un " passeur vertical et horizontal " que cette œuvre est aujourd'hui traduite dans une quinzaine de langues.

Les tueurs d’arc-en-ciel

L'homme est fait de la matière de l'arc-en-ciel,
C'est façon de dire qu'il est de couleur:
Le jaune, le bleu touareg, le noir, le rouge d'Amérique,
Le blanc, car le blanc aussi est une couleur,
Il est d'autres couleurs que je ne connais pas, qui sont à l'intérieur, dans les cœurs et les âmes,
Couleurs qui parfois paraissent, transparaissent
Dans les yeux des femmes et des hommes, dans l'iris de l'œil de l'enfant,
Iris bleu, iris violet, iris marron, iris vert,
Bel iris noir, et tous ceux-là, tous ces iris,
Tournés, comme les fleurs du même nom, en beau bouquet,
En grand jardin d'iris vers le soleil visible,
Vers la transparence de l'air, vers le feu de l'orage, vers l'invisible aussi,
Que seul l'homme voit, même s'il ne le voit qu'avec un troisième œil, œil voyant,
Tout cela, mes amis, fait de nous l'humanité,
L'humaine humanité et ses mélanges,
Tissage et métissage est l'humanité humaine:
Celle qui vit, qui rêve, qui crée, qui s'interroge,
Humanité admirablement cosmopolite
Admirablement unie par ses racines de vérité, quand elle est vraie, quand elles sont vraies,
Hommes et femmes et enfants, ô vous mes enfants d'Iraq,
Pleurant de vos yeux d'enfants du pétrole!

Poème publié dans le cadre de l’initiative
Poètes contre la guerre.

Fabrique du bleu

Parfaitement est le nom de l’imparfait
Brillant dans la complication des liserons
Debout, ce jardin de herses – pierres
Suspendues dans le froid léger le vent très haut
Singeant l’arbre et le feu de l’arbre, c’est très bleu
La conscience, bleu du bleu, l’apport des pierres
A la lune et à cela qui lui est nombre
Façonnant de tresses nouées les fleuves

Ce qu’ils disent : c’est la terre ici, ses respirs,
Son thorax, ses os iliaques se défaisant,
Dans ce pays qui paisiblement brûle
Sur des couples d’autorité, laurés, phalliques,
Endormis dos à dos sous l’arbre et ses monnaies
(Détachées, souriantes)
Homme et femme est donc ce doux monstre en ses beaux membres
Debout dans la poussière
Puis couché, recouché,
Entre pur et impur
Se refaisant

 

 

Fiançailles de la fraîcheur, Imprimerie Nationale, 2003.

bibliographie
La nymphe des rats, Hors commerce, 1964
Les porteurs de feu, Gallimard, 1972, Prix de l'amitié franco-arabe
La mort abeille, L'Herne, 1972
L'eau froide gardée, Gallimard, 1973
Fragments : Poème, Gallimard, 1973
André Pieyre de Mandiargues, Seghers, 1978
Obscure lampe de cela, édition Jacques Brémond, 1979 ; réédition en 1994.
La unième nuit, Stock, 1980 ; nouvelle version parue en Belgique aux éditions Talus d'Approche, 1995
Ur en poésie, Stock, 1980
Inversion de l'arbre et du silence, Gallimard, 1980, Prix Max Jacob 1981
L'Être poupée suivi de Colombe Aquiline, Gallimard, 1983
Nuage avec des voix, Fata Morgana, 1984
Firdaws, essai sur les jardins et les contre-jardins de l'Islam, Le Calligraphe / Philippe Picquier, 1984
Archer aveugle, Fata Morgana, 1985
Lecture d'une femme, Fata Morgana, 1987 ; réédition en 1996
Incises, éditions d'art Marc Pessin, 1989 (tirage limité)
Le voyage d'Alep, Les Cahiers de l'Égaré, 1991
Les sept Dormants au péril de la poésie, éditions Leuvense Schrijversaktie, Louvain, 1991
L'autre côté brûlé du très pur, Gallimard, 1992
L'épée des larmes, Éditions du Noroît / L'arbre à paroles, 1992
Visage en trois, Le Taillis Pré, 1992
Lumière sur lumière ou l'Islam créateur, Les Cahiers de l'Égaré, 1992
Rimbaud, le huitième dormant, Fata Morgana, 1993
L'interdit, José Corti, 1993
Le Nibbio, José Corti, 1993
Liban pluriel, éditions Naufal-Europe, 1994
Réfraction du désert et du désir, Babel, 1994
La nuit du cœur flambant, éditions des Moires, 1994
La terre avec l'oubli, éditions des Moires, 1994
Instrumentation des nuages, éditions A Travers, 1994
Éclats, quatorze haïku, éditions A Travers, 1994 (tirage limité)
Un suspens de cristal, Fata Morgana, 1995
L'ouvraison, José Corti, 1995
Seize paroles voilées, exemplaires de tête comportant des peintures originales de Jean-Gilles Badaire, Fata Morgana, 1995
Miroir rayé, éditions A Travers, 1995
Habiter Vermeer, exemplaires de tête comportant une aquarelle originale de Mireille Brunet-Jailly, l'Étoile des Limites, 1995
Dormition de la neige, éditions deVallongues, 1996
Ville, éditions A Travers, 1996
Fièvre et guérison de l'icône, (Il s'agit du poème qui donne son titre au recueil publié en 1998 aux éditions de l'Imprimerie Nationale) ; éditions Collodion, 1996
Dormition de la neige, éditions de Vallongues, 1996 (tirage limité)
Signes et singes, exemplaires de tête comportant une eau-forte originale de Pierre Alechinsky, Fata Morgana, 1996
La parole et la preuve, entretiens sur la poésie, M.E.E.T., 1996
L'enfant de cendre, Fata Morgana, 1996 (tirage limité)
Le Calame, Fata Morgana, 1997
Hermès défenestré, éditions d'art Robert et Lydie Dutrou, 1997 - Il s'agit de l'essai qui donne son titre au recueil d'essais publié par la suite chez José Corti (tirage limité)
Hermès défenestré, José Corti, 1997
La Tisane du Sphinx, Fata Morgana, 1997
La Nuit d'Abou'l Quassim, exemplaires de tête comportant une gravure originale de Pierre Alechinsky, éditions Tschann, 1997
Fièvre et guérison de l'icône, avec un frontispice et un portrait de l'auteur par Pierre Alechinsky, édition de l'Imprimerie nationale collection " La Salamandre "/éditions de l'UNESCO "collection d'Oeuvres représentatives", 1998
Fenêtre d'aveugle (à propos des papiers froissés de Kijno), exemplaires de tête comportant un papier froissé original de Kijno, Rougerie, 1998
L'Oreille du mur, carnet d'aphorismes, avec une eau-forte originale de Pierre Alechinsky, éditions d'art Robert et Lydie Dutrou, 1998
Raisons et déraisons de la poésie, conférence à l'Institut de langue et littérature française de l'Université de Bari, éditions Schena-Didier Érudition, 1998
Le Vin mystique, précédé de la traduction de "Al Khamriya" d'Omar Ibn al-Farîdh, Fata Morgana, 1998
Chemins toutes ces traces, Lyrics Editions, Vancouver, Canada, 1998(tirage limité).
Se noyer en eau sèche, avec sept eaux-fortes originales et, pour l'édition de tête, un collage rehaussé de couleur par Richard Texier, suite d'aphorismes, éditions d'art Robert et Lydie Dutrou, 1998 (tirage limité).
Les doigts, Maeght éditeur, 1999
Mallarmé sauf azur, Fata Morgana, 1999
Le p(a)in et le poème, éditions de la Limace Bleue , 1999.
Ne parlant qu'à la pierre, éditions A Travers, 1999
La terre avec l'oubli, Musée Condé, 2000
Mahomet, éditions Pygmalion, 2000 ; repris en 2001 par Albin Michel (Mahomet) dans la collection "Spiritualités"
Mes Villes, éditions de la Limace Bleue , 2001
Si respirer, Fata Morgana, 2001 (tirage limité)
Fourmilière détraquée, La Pierre d'alun, 2001
Le Français, l'autre langue, Imprimerie Nationale, 2001
Méditation sur la mort d'une figue, A travers, 2001
La Bergère et le Pharaon, Le Mot et le Reste, 2001 (tirage limité)
Ce qu'on sait, éditions de la Balance , 2001 (tirage limité)
Dehors, éditions de la Balance , 2001 (tirage limité)
L'arbre langue, éd. Akié Arichi, 2001 (tirage limité)
L'Insaisi, éditions de la Balance , 2002 (tirage limité)
Hugo ? Oui, Hugo !, Imprimerie Nationale, 2002
Cinq dictées de la mélancolie, Maeght, 2002
Pluie sur la Palestine , Al Manar, 2002
Le Voyage d'Alep, édition complétée, Fata Morgana, 2002
Le Vin Mystique et autres lieux spirituels, Albin Michel, 2002
Fiançailles de la fraîcheur, Imprimerie Nationale, 2003
Visage en Trois, Le Taillis Pré, 2003
Carnets du méditant, Albin Michel, 2003
Si respirer, Fata Morgana, 2004
Brise et attestation du réel, Fata Morgana, 2004
Bois des cerfs, Fata Morgana, 2004
Rimbaud d’Aden
, Fata Morgana, 2004
Fils de parole – un poète d’Islam en Occident, Entretiens avec Gwendoline Jarczyk, Albin Michel, 2004

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Paix (Québec)

Publié le par la freniere

Quand nous aurons bien tué l'Irak,
Quand nous aurons pilonné hommes, femmes et enfants
Ensemble pour en faire une pâte homogène
De posthumanité,
Quand nous aurons cassé les os, bouilli le sang
Et violé tout ce qui fuit,
Mis la mouche de l'État hors d'état de nuire
À coups de pavés de l'ours dans le désert
Et prouvé notre bon droit par la victoire,
Quand nous aurons tout fini,
Écrasé, défoncé mille fois l'ennemi
Autour de son pétrole,

Il y aura comme une grâce dans l'air,
Une paix sans cri, sans murmure,
Un champ de poitrines tranquilles
Et sur toute cette mort
Nous construirons notre avenir.
Ce sera le temps de l'âme après
Les disgracieux soubresauts
Et nous attesterons en pleurant
Ta puissance, ô Seigneur !

André Brochu

Publié dans Poésie du monde

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Achète été indien

 

(Constamment l’administration cherche à racheter les terres indiennes au mépris des traités signés au XIX siècle)

Voix de l’ordinateur

Vingt-six millions, quatre cent cinquante mille, cent quatre-vingt-neufs dollars pour ces pays à l’ouest du Shoshone. Qui dit mieux ?

Voix d’homme

Est-ce un tombeau d’uranium pur qu’ils veulent nous bâtir sous les étoiles du Nevada ?

N’est-ce pas assez d’avoir tué vingt-deux nations indiennes avec leurs forts, leurs saints, leurs dieux ? N’est-ce pas assez d’étouffer nos langues, notre honneur, nos rêves ?

Leur marée de sang n’a laissé ici que ces villes perdues avec leurs baves d’argent et leurs secrets rayés.

Voix de femme

Soyez maudites pour votre avidité Ashdown et Jungo, Aura et Adélaide, Arabia et Unionville, Olinghouse et Como, Reckland et Candelaria, Reveille et Tybô, Ione et Templute, Sprucemont et Bullion !

Voix d’homme

Ils avaient pourtant signé à Ruby Valley en 1863. Mais leur désir creuse notre détresse tandis que leurs torches s’enfoncent plus avant dans les mines.

Déloyaux et vils ils ont détruit nos pins hérissés, les plus vieux arbres du monde, ils ont fait de nous un peuple de spectres et de fous, hallucinés par l’alcool, intoxiqués par leurs légendes.

Désintégrés, nous résisterons par la tendresse des fleurs du désert, par nos mesquites, par nos lacs de sel, par notre désolation.

Voix de femme

Soyez maudites Edgemont et Delano, Alpha et Victoria, Cornucopia et Osceola, Belleville et Delamar, maudites de solitude, villes possédées de nuit, prostituées endormies dans les draps de l’aube.

Voix d’homme

Acharnés depuis leurs tours de verre de New York et de Los Angeles, ils convoitent sous leurs masques et à leur mesure ce pays qui boit nos larmes comme il but jadis le sang de notre peuple.

Ils prêchent sans fatigue leur liberté, leur ordre, leur évangile de l’énergie.

Préparez-vous des rentrées supplémentaires pour vos Noëls, rois mages d’Atlanta et de San Francisco qui avez soudainement l’argent si facile.

Nous descendrons des monts, le cœur dévasté, dans le tonnerre de la colère, car nous étions un peuple voici cent cinquante ans, ô sainte Carbide, patronne des colonisateurs !

Voix de femme

Maudites soient vos villes, Johnnie et Carrara, Bullfrog et Rhyolite, Goldyke et Hannapah, Rawhide et La Panta , Seven Throughs et Gold Acres, Rio Tinto et Tenabo, villes qui gonflent dans les cauchemars, livrées aux créosotiers, aux serpents et aux vents.

Voix d’homme

Nous ne voulons pas, sous nos dents-de-lion en fleurs, de vos fusées MX à trente-trois millions de dollars pièce (prix janvier 1980), ni de vos camps, ni de vos châteaux vert-de-gris, ni de vos chevaux de frise et de vos barbelés. Celui qui porte l’argent porte la guerre. Nous refusons l’aumône de 26.450.189 dollars, calculés au prix de l’acre en 1872 – car la terre Shoshone n’est pas à vendre, césars de l’uranium, pharaons du charbon. Que l’âme de notre peuple vous soit à jamais inaccessible ! Que nos pistes conduisent vos villes dans la Vallée de la Mort , rongeurs d’or de Smoky Valley et de Ruth, affamés d’argent des mines de Tonopah et de Pioche, avaleurs de plomb, de zinc, de quartz, de gypse, connaisseurs d’uranium, gros mangeurs pour tout dire !

Voix de femme

La danse de l’atome continue depuis les bébés-soleils de Nellis !

Voix d’homme

Jamais désir ne fut si cruel et si froid !

Voix de l’ordinateur

S’ils ne mangent pas cet argent – ils n’auront rien – ces idiots – ces pestes !

Voix d’homme

Le bureau des Affaires indiennes est un cheval de Troie.

Voix de femme

Nous sommes à Shoshone depuis dix mille ans !

Voix d’homme

Nous résisterons avec nos frères de Pitt River en Californie, avec les Hopis et les Navajos de l’Arizona, avec les Mohicans d’Akwesame, avec les Iroquois du nord de l’État de New-York, avec les Sioux du Dakota du Sud qui défendent aujourd’hui les Collines Noires, demeures de leurs dieux, nous résisterons avec les Apaches, les Algonkins, les Cheyennes, avec tous les peuples indiens.

Voix de femme

Si pauvres que nous soyons, nous luttons avec les armes du bon droit !

Voix d’homme

Le secret de ces pays est à nous !

Voix de femme

Que l’été indien embrase la liberté !

Voix d’homme

Son feu est le multiple de l’homme.

 

Vincent-Marc Karénine

Publié dans Paroles indiennes

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Le premier mot 6

Publié le par la freniere

Les pas des mots sur la page qu'on prend pour des chiures de mouche, les passagers clandestins qui cherchent une terre d'accueil et finissent en cabane, le passage des oies blanches qui ponctue les saisons mieux qu'un calendrier, les traces d'un passage qu'on laisse sur la route (et oui les miettes et autres récurrences), les passages qu'on souligne dans un livre, le passage des ans qui féconde les rides, le passage du Gulf Stream où les courants sont chauds, celui du Cap Horn où les voiliers démâtent, le passage du vent sur les braises encore chaudes...

Le passage des canyons sur les sandales du vent du temps où les bêtes comprenaient notre langue, le passage des Bédouins, les caravanes inconnues sur les sables nomades, le passage de l'ombre à la lumière, de la sève à la feuille, la graine qui s'éclate jusqu'à la conséquence du fruit...

Les notes de passage qui ne servent à rien et ne sont qu'une chaîne (à proscrire), si loin que porte le regard le passage d'un oiseau qu'efface l'infini, les passions, les peurs, un petit pas de plus, la forme que prennent les voyelles en passant d'une langue à l'autre, les passages à gué, la présence du ciel dans une goutte de pluie, du désespoir à l'espoir les nœuds qui se délient, les pierres qui se délitent, les yeux qui s'ouvrent et les mains d'un bébé découvrant l'horizon, le fleuve d'Héraclite visité par les mots, la vie qui bat jusqu'à la mort et peut-être au-delà...

La moitié du chemin qui rapaille ses pas pour un dernier élan, le passage des trains dans le regard des vaches, les rendez-vous manqués qui s'ouvrent une gare, le passage des poissons dans l'eau bleue d'un regard, les mésanges en hiver, les foins zygomatiques dans le chant des prairies, les mots qui visitent la pierre, la goutte d'eau, la plus petite feuille, le passage des couleurs de la phrase au doigté, celui du rire aux larmes, de la pensée au geste, de la porte au grand air, la très belle épouvante et ses chevals de feu, la course de la biche dans la forêt des mots, la traversée de Brocéliande, des dictionnaires entiers de phrases qui attendent dans une seule goutte d'encre...

Les passages à vide, les épaves sur l'eau, le passage des vagues entre le fond du fleuve et les rives qui fuient, les astres migratoires, cette flamme vaincue par sa propre chaleur, et l'autre qui résiste malgré le vent du nord, je cherche le passage bien plus haut que la vie, celui que l'on franchit avec des petites choses plus grandes que leur tout, l'autre côté de la mort, la petite fêlure sous le revers des mots, la cicatrice ouverte à même le couteau…

La grande marche sans Mao, les escaliers de secours, les barreaux de l'espoir sur l'échelle d'un bas, une seule maille au filet, le passage des doigts sur la peau du tambour, les cordes d'une guitare, les cheveux du printemps, tout se passe toujours autrement que prévu, seuls les passages restent les mêmes qu'on les prenne à l'envers ou dans le sens du temps, pour les grandes questions j'ai des petites réponses et des mots pathétiques pour taire le malheur, le passage du silex à l'âge du plastique, de l'étrange à la norme, on emporte toujours un secret dans sa tombe, où donc vont les choses qu'on ne regarde plus, grimacent-elles dans notre dos, une chaise quittée fait craquer notre absence et l'on croit aux fantômes, l'abîme nous entoure, on ne peut y tomber, les années passent et nous restons à peine plus vivants que dans l'eau matricielle...

Passage en trombe, passage de travers, passage des glaciers, passage des torrents dans les ravins abrupts, traverse d'animaux, transhumance, passage d'écoliers aux rêves en bobèche. Le passage du feu d'une tribu à l'autre a forcé l'animal à prendre la parole. Il faut beaucoup d'espoir pour traverser l'hiver. Le passage des saisons. Le passage des gestes par la porte des mains. Le passage des abeilles dans les jardins secrets. Demande à l'arc-en-ciel ce qu'il attend de toi. Le soleil a fini par se prendre pour l'ombre.

Le passage des Perséides n'éclaire pas le ciel mais l'intérieur des yeux. Le passage des mots de la prose au poème ne change rien au conseil des ministres, à la mode, à la crise des valeurs mais le seul passage d'un amibe a créé l'univers. Des cœurs battent dans les oeufs, des images apparaissent où il n'y avait rien, tant de mots se bousculent sans connaître la langue. Il a suffi de rien pour faire un monde et l'homme voudrait tout pour aimer. Ce sont les mêmes mains qui protègent la tête chez le singe ou chez l'homme mais chez l'homme la pointure des souliers a remplacé le pas, l'épaisseur du porte-feuille la légèreté de l'âme. Le ronflement des machines lui sert de pensée. De temps à autre seulement quelqu'un se lève et pisse dans le vent.

Le monde n'est jamais prêt pour la naissance d'un enfant. Ceux qui arrivent les mains vides ont tout le reste à donner. Oh oui pour les passeurs de mots, les passeurs de rêves ! Il faut passer le mot. Il faut passer le rêve par le trou d'une aiguille.

À l'école de la nuit les étoiles s'allument pour le passage d'Andromède. Ceux qui s'aiment, ceux qui souffrent, ceux qui répondent aux arbres et parlent aux oiseaux sont comme des enfants dans un cocon stellaire.

Le bleu sur la mer est le passage des vagues, le rouge dans les veines celui du cœur, le noir sur la neige celui des pas. Le brun et l'or dans les feuilles est le passage du temps et leurs mouvements celui du vent. Le jaune sur le ciel est le passage des étoiles. La couleur du silence est le passage de l'absence. Toute la vie le désir m'a porté.

L'indéchiffrable sourire des montagnes laisse passer des larmes, ruisseaux, ravins, torrents et quelques oiseaux d'eau qui arrosent la plaine. Même en rêve, on n'a pas encore entrevu toutes les dimensions du possible. Les lignes de la main s'échappent à la recherche du bonheur. On en retrouve des bribes dans les toiles d'araignée, les tricots écossais, les jardins de Lurçat. La seule limite de l'homme, c'est l'homme. Il faut sans cesse ouvrir le passage.

 

 

 

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