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Mère 8

Publié le par la freniere


De fille-fleur en femme-fruit
tu as fait un verger.
Depuis le premier souffle
et la première graine
tu vis toujours en nous,
au milieu de l’humus,
dans les milliers de germes,
au milieu de nos corps,
dans la moelle de nos os.
 
Tu continues par les bleuets,
la pivoine, les merles,
par le labour qui commence,
par l’étincelle des moissons
et le travail des cantharides.
Tu continues d’aimer
au fond d’une friche,
au bout d’un champ.
 
De nos vagues emmêlées
tu es restée la mer,
la mer susurrante,
la mer murmurante,
la mère d’au-delà,
plus loin que les fuseaux,
plus loin que les bateaux,
plus loin que les oiseaux.
 
Tu coules comme l’eau
entre les feuilles, entre les pages.
Tu partages ta vie
comme un long pain humide
à la table du cœur.
Les oiseaux chantent avec ta voix.
Les vagues dansent avec tes pas.
Tu laisses pour nos barques
un long fleuve de vie
avec ses astres, ses étoiles,
ses planètes, ses lunes.



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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Je ne veux pas comprendre mais aimer.
 

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Mère 6

Publié le par la freniere


Tu es dans le vent bleu,
la glèbe rouge, le sillon
et le parfum des menthes,
allumée dans la lampe,
trempée de certitude
dans une lampée d’eau fraîche
et la rosée du soir,
dans le bourgeon du chêne
et le rire des bouleaux,
dans la paume du limon
et le premier potier.
 
Les étoiles sont plus belles
quand je les vois pour toi,
la semence plus riche,
la graine plus puissante.
Ce que j’aurai à dire,
je le dirai pour toi,
pour mes enfants, ma blonde
et toute la famille.
 
Tu es dans l’étincelle,
dans la moindre rosée,
la plus infime fleur.
Tu es dans nos racines
déployant l’espérance
jusqu’au bout des bourgeons,
le feuillage des pas,
la floraison des mots,
le vol des oiseaux
jusqu’aux étoiles filantes.
 
Les fleurs sont fragiles,
les hommes tout autant.
Que d’étoiles sont mortes
pour nous garder vivants.
Tu coules comme l’eau
entre les mots, entre les phrases,
le cosmos inconnu,
la pensée des images.


 

Publié dans Poésie

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Mère 5

Publié le par la freniere


Tu m’as appris la vie,
l’espérance et la mort,
même à plier la nuit
dans le sens des draps.
Tu gardes l’œil ouvert
où j’entasse mes rêves.
Tu les donnes à chacun.
Tu distribues l’amour
jusqu’au fond des souliers.
 
La fleur retourne à ses racines.
Tu bouges au ventre de la terre,
des remous d’arcs-en-ciel
jusqu’aux cascades blanches.
Tournant mes yeux vers l’intérieur
je revois ton visage.
Je le tiens dans les larmes
que je ne verse pas.
Tu es là. Je t’entends.
Il faut vivre, dis-tu.
 
Tu es là, je le sais,
bien plus loin que l’espoir,
où l’informe prend forme,
se croise et multiplie
jusqu’au plus chaud du cœur.
La lune est plus petite
que ta présence en nous.
J’entends rire Yoan
et je revois tes mains
caressant ses cheveux.
J’écoute pleurer Loup.
et te vois dans ses pleurs
qui se transforment en fleurs.


 
 

Publié dans Poésie

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Mère 7

Publié le par la freniere


T’arrive-t-il encore
de peindre le réel
aux couleurs du rêve.
Je t’entends déplacer
les meubles du silence,
refaire à l’horizon
un horizon plus vaste,
donner aux pauvres gens
des rabais d’infini.
 
Tu es là, je le sais.
Je te cherche dans la terre,
dans la pierre et le vent.
Je m’agrippe aux nuages
comme je grimpais aux arbres
pour toucher le soleil.
J’arrache dans l’horloge
les heures qui font mal.
 
Tu sèmes déjà ton rire
chez les merles moqueurs.
Tu signes une aquarelle
au bas de l’horizon
avec ton nom de plume.
Enfant, je me souviens,
j’avalais les noyaux
pour devenir un fruit.
Tu es toujours cet arbre
dont je suis un bourgeon.
 
Nous parlons sans paroles
avec des mots d’oiseaux.
Tu pétris pour chacun
le pain muet du cœur.
Chacun ajoute au pain
une pincée de rires,
une gelée de larmes,
les épices des mots,
l’alphabet des étoiles.


 

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Je ne partirai pas sans savoir que je suis.

Ile Eniger

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Si je tends l'autre joue, c'est pour une caresse.

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

La pierre la plus humble m'invite à l'infini.

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Je chante comme un arbre à guitares
Dans le vent jaune des chaleurs.
Là-bas pousse l’herbe verte, ici elle se meurt,
Je chante le sang noir des Sept Cités de Cibola
Où le lichen du vin déroule ses violettes.
Je chante Alvar Nunez Cabeza de Vaca
Épine d’or au talon du Monarque.
 
Je chante au loin vers tes champs de lumières

Où fleurissent les yeux de Jacataqua,o Princesse, anémone au cœur de ses guerriers,Jacataqua de notre sang et du vôtre épousés,

Hommes d’airain, je chante vos enfants de la terre.
 
Je chante rouge la mort de Sitting Bull
Dressé dans la conscience au plus altier des gratte-ciel.
Je chante noir la mort illuminée de Sitting Bull
Qui veille libre au poing de la Statue,
Sitting Bull des prairies
Où sont fermées les vieilles cicatrices de la gloire.
 
Je ne suis pas d’ici, mais je chante.
 
J’enchante les oiseaux, les femmes de vos nuits,
La lune chaude à l’heure de septembre
Sur la terre foulée par les hardes sombres
De Sitting Bull.
 
Je ne suis pas d’ici, mais je chante.
 
Vous dites qu’ont vécu les fins soleils,
Vous dites qu’est fané le plumage d’aurore;
Leur chair est en poussière et vous foulez leur chair.
Mais la victoire est dans le roc,
Le trimphe dans les rivières,
Vous ne pouvez les effacer.
O Vérité dans la mémoire des collines,
O Vie dans le silence des falaises,
Remords comme une flèche au cœur.
 
Frédéric Jacques Temple

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Mère 4

Publié le par la freniere


Tu continues dans l’air
et la clarté de l’aube,
la rose qui se trouve
dans son propre parfum,
le rêve dans sa nuit,
l’amande sous l’écale.
Je te porte dans moi
comme tu portes mes sœurs.
Je t’aime simplement
comme tu ouvres ton cœur
comme tu aimes mes frères.
 
Tu as quittée sans peur
la cage d’herbe grise.
La flamme de ton cœur
raccommode l’hiver.
Tu laisses dans mes mots
des pas d’encre joyeux.
Tu ranges la vaisselle
dans l’armoire des gestes.
Tu transformes en jardin
la literie du monde.
 
Tu renais dans mes yeux
quand je vois mes enfants.
Tu renais dans ma bouche
quand je mange des fraises
ou que je dis ton nom.
Tu renais dans mes mains
quand je caresse ma blonde
Tu renais dans mes pas
quand je danse avec elle.
 
T’arrive-t-il encore
de tricoter la terre
avec le fil du cœur,
de mettre des bas chauds
aux racines d’un arbre
ou d’essuyer les larmes
au feuillage d’un saule ?


 
 

Publié dans Poésie

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