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Amélie Montplaisir

Publié le par la freniere

Amélie Montplaisir

On s'entend, la plupart du temps, je suis de bonne humeur. Mais, ça m'arrive d'avoir des petites pulsions de colère... oui-oui...!
Exploration:
"De mon cœur germent parfois des doigts d'honneur"

Publié dans Glanures

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Le rire des cailloux

Publié le par la freniere

Entre la brume du lac et les nuages roses, le soleil sort de son hamac. Il marche sur le toit de la grange et glisse vers le sol. J’ouvre la porte au loup, la fenêtre aux oiseaux, ma poitrine aux années. La chatte dort dans mes souliers. À défaut de me suivre, elle voyage par l’odeur. Lorsque je vais au bois cueillir des pensées, je ne croise pas Descartes mais Thoreau ou Whitman. Je ne lis pas Sollers mais Norge ou Guillevic, l’érable ou la fougère. Je ne sais pas écrire mais je dessine en mots ce que l’on ne voit pas. Je n’habille pas mes phrases en prose de notaire mais en argot du cœur. Je ne vêts pas mes rimes en garamond, mes pieds chez Gallimard, mes phrases en papier bible. Un vieux Larousse échevelé me sert quelque fois de restaurant du coin, de bar ou de brouette. Mes voyelles boitent sur la page. Mes virgules traînent un peu partout et s’endorment à l’ouvrage. Je ne baisse pas la tête. Lorsque je m’agenouille, c’est pour planter des arbres. Je me relève en sève, en érable ou en pin.

Je bâtis des nids avec du rêve et de la paille, la lumière qui grimpe les échelles, les baisers contournant le silence. Je fais cœur avec le blé gonflant le pain, l’amour donnant le sein, la vie mordant les mains, les pas sur le dos de la route, le rire des cailloux culbutant les ruisseaux. Je fais corps avec la nuit quand elle aime le jour. Je ramasse les vies tombées du nid, les mots tombés de la bouche, les promesses oubliées. J’ajoute des roues au chariot du bonheur, de l’huile sur le feu, des braises sur la neige. Je mets des ailes aux manchons pour qu’ils apprennent à voler, des feuilles aux arbres à came, du poivre aux statues de sel. Un oiseau porte jusqu’au nid mille fois le brin d’herbe. Mille brins d’herbe s’ébrouent sous la caresse de la pluie. Mille pluies donnent au temps le visage des pierres.

Il suffit de si peu pour éloigner la mort, un corps en vie au cœur ouvert, un rêve à deux joignant ses rives, un bol de café chaud, un peu d’eau froide, un casseau de baisers qui rougissent les lèvres comme des fraises sauvages. La vie rigole dans un ruisseau où je marche pieds nus, l’espérance à la main en guise de panier. Pour aller plus haut, je m’agrippe à la page comme un arbre à la terre. Je sais ce que dit la pluie, mais comment l’exprimer. Je cherche le chemin conduisant au chemin, les mots disant les mots, le cœur touchant le cœur. Je cherche dans l’oiseau le secret de la fleur. Je cherche dans la pierre la force des étoiles, le vol dans l’oiseau, la sagesse dans l’homme, la tendresse dans les gestes. Une graine à la main, je cherche le jardin où semer l’espérance.

 

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Prose

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Marianne Oswald: La chasse à l'enfant de Prévert

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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Le coeur est un oiseau

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Publié dans Poésie à écouter

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Le Buvard

Publié le par la freniere

Le Buvard

Les vendredi 10 et samedi 11 mars, la librairie ambulante québécoise « Le Buvard », en tournée de plusieurs mois en Belgique et en France pour promouvoir la littérature québécoise, fera trois haltes en Sud-Gironde :

Maxime Nadeau et Michel Vezina, deux libraires québécois, sillonnent les routes belges et françaises depuis le 4 janvier à bord de leur camion-librairie ambulante – et pas moins de 3. 000 livres de littérature de leur pays.

 

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La main hantée

Publié le par la freniere

La main hantée, on devient une histoire trop
lourde pour une femme, une barbarie à fleur de
peau. Tu as connu des prédateurs de toutes les
époques et toutes les époques guettent chacun
de tes gestes. Tu es une poète aux ongles noirs
et tu le resteras. Tu n'as plus l'âge des concours
de beauté, plus l'âge des vers montés en
couronne pour la gloire des visages, ton miroir
te renvoie maintenant les rides de ta mère.
Vieillir ne t'apporte aucune sérénité, aucune
sagesse, seuls les ravages d'un désert où tes mots
ne peuvent rien pour les otages démantelés à
coups de sabre comme des monuments millé-
naires. Et pourtant tu rêves de poèmes qui
réveillent la tendresse des dieux, même s'il
faut les appeler prières ou oraisons. Tu es
ta propre contradiction.


Louise Dupré

Publié dans Poésie du monde

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Merveilleux

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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Tu es si loin

Publié le par la freniere

Nous étions si bien tous les deux à caresser un loup, à regarder la pluie en larmes sur la vitre, tant de petits soleils. La vieille chaise a verdie où nous étions assis. Des fleurs y poussent en souvenir de toi. Je voulais mordre à la même pomme, planter le même noyau, toucher la même écorce. Je voulais marcher avec toi, longer les rives, arpenter les sous-bois, faire craquer les doigts de l'air. Je voulais dormir avec toi, ajouter tes collines à mon paysage, ton feuillage à mes branches, tes lèvres à ma bouche. Je pense toujours à toi. Je t'écris. C'est bête, mais je vis. Je vis pour toi là-bas où la mémoire perd son sang. J'apprends à lire de loin les mots que tu écris. Je ne suis pas là où j'habite. Je suis là-bas où tu vis. J'écris avec une main sans corps pour retrouver ta chair.

Ta photo sur le mur retourne à son négatif jusqu'au moment où elle fut prise. Tu me regardes ici, et pourtant, je suis là-bas, derrière ton dos. Je t'accompagne quand tu quittes ton corps. Je me fond dans le paysage comme la flèche dans son but et le désir d'être là. Avec les années, les étés qu'on a vécus ensemble restent jeunes. Ils tintent dans mes phrases comme des campanules. Ce qui était ne sera plus, et pourtant je le vois. Une nuée d'oiseaux se pose sur une île. Dans la maison de l'air, un pays infini baigne le blanc des yeux.

Écartelé entre les continents, je rêve d'un point commun sur la planète et au-delà, d'un grand lit calme dans la maison de l'air, d'une verdure commune dans les herbes du corps. La tendresse est une force à deux. L'herbe sent bon lorsque je pense à toi. Ton eau fraîche coule en moi comme un ruisseau de vie.

Il m'arrive de rêver de la même façon que je vis. Nous avions 9 ans. Je te traînais dans une voiture d'enfant, une voiturette de rêve. Tu étais toujours amie avec un autre, mais moi je regardais à travers tous les trous, les fissures, les grillages de l'air. Ta petite robe à pois écartait le malheur et ta poupée de son me faisait les yeux doux. Le soleil nageait sur tes taches de rousseur. Nous nous sommes perdus dans les grandes lignes de la ville, mais nous sommes retrouvés parmi les souvenirs. Dans le tissu du monde, un fil nous relie l'un à l'autre. La chambre close de tes bras s'est ouverte pour moi. Le lit où nous couchons nos vies est une longue rivière. L'amour est un passage à gué, un survol d'oiseau avant de nidifier, un nid pour la chaleur des œufs et la rumeur des eaux.

Il m'arrive de rêver comme les fleurs éclosent. Tu as laissé tes pas sur le tapis rouge de mes veines, des éclats de soleil dans l'ombre qui me suis. La vie ne baisse pas les bras, mais unit ceux qui s'aiment. L'espace bouge comme un doigt dans la bague du temps. Il me suffit d'un mot pour que roule encore la petite voiture, pour que le vent décoiffe tes cheveux en broussaille. Chaque matin, je regarde le ciel. Les oiseaux m'apportent des nouvelles de toi. Ces facteurs à plumes distribuent les sourires tout autant que les larmes. Je t'écris des poèmes dans les marges des pages. Hier est aujourd'hui et demain sera toi. La route du paysage est une clef vers toi.

Je voulais te présenter mon corps, mes caresses mes mains. Je voulais te présenter mes yeux, mes regards, mes jambes. Je voulais te présenter mes bras, ma poitrine, mes pas. Je voulais te présenter ma vie avant qu'elle vieillisse. Je voulais te présenter mon cœur, mais je n'ai que des mots. Mes doigts restent accrochés au bois nu d'un crayon.

Je me souviens de ton écharpe volant au vent, de toi assise sur la galerie dans la vieille berçante, tes yeux au bord du lac rattrapant l'horizon, ta main flattant mon loup entre la crainte et la tendresse. En route vers ton corps, mes mains se font légères pour toucher ta douceur. Mes doigts s'envolent en caresses. Je voudrais tant que tu sois là, alors je t'écris.

 

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Prose

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Interview d'Alain Leprest

Publié le par la freniere

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

La poésie fut, du temps de mon adolescence, le meilleur moyen que j'avais trouvé pour emmerder le monde. Elle est devenue, au fil du temps, mon rude métier d'homme. Un combat âpre, à mains nues, contre cette même oppression.

 

Gérard Larnac

Publié dans Ils ont dit

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