Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Plein emploi

Publié le par la freniere

Jean-Claude Pirotte

Jean-Claude Pirotte

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

La rafle du Vel d'hiv: chanson inédite de Gilbert Bécaud chantée par Annie Cordy

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

Partager cet article

Repost 0

Les deux rives

Publié le par la freniere

Les deux rives

Publié dans Glanures

Partager cet article

Repost 0

A 76 ans, l'activiste et chanteuse Joan Baez dénonce Trump

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

Partager cet article

Repost 0

Sans passeport ni monnaie

Publié le par la freniere

Le titre évoque le poème et son poète à l’origine de cette page
« Sans passeport ni monnaie » de Jean Marc La Frenière
10 ans après
Nous sommes toujours reliés dans nos constellations
Conjurant chacun à notre manière
« le vent déchirant de la nuit noire » (André Breton)
30 mai 2016

Gare au poète qui a raté le train et qui erre parmi les passants pressés sans armes ni bagages
Ils ne le voient pas Ils ne l’entendent pas Ils veulent le gommer
Gare au poète qui a raté l’avion et qui vole parmi les oiseaux de fer et de guerre
Ils ne l’écoutent pas Ils n’ont cure de son aile pacifique Ils bombardent et font éclater les vies et les larmes amères
Gare au poète qui s’est enfui de la ville CO2
Il est l’érable et le bouleau Il est le loup et le caribou Il est le rêne et le mythe du rêne Il est l’œil du premier et du dernier indien Il est la paisible violence de Nature que vous ignorez dans vos cœurs bétonnés
Gare au poète qui crie dans le désert des nuits
Qui cherche ses mots de rêves et de réalités Qui cherche ses mots pour chaque atome de seconde Qui cherche ses mots d’ébène et de sapin Qui cherche ses images dégagées et rapaillées de tous ces lambeaux de vie dont vous vous contentez
Gare au poète que la charrette des critiques a raté
Ils ignorent l’autodidacte rebelle Ils ignorent le murmure du cosmos le cri du loup l’encre teintée de vent de sang de terre Ils sont ces doctorants qui entretiennent leurs petits dieux en des colloques et séminaires où ils échangent leurs coliques et leurs feuilles mortes
Et gare à la société qui abandonnerait ses poètes
Celui qui cherche « tout, sans but, sans trêve, sans repos »*
Celui qui ne veut pas « d’un homme qui n’aurait pas de peine, pas d’épaule, pas de cœur » **
Celui qui obstinément « Parce qu’il est nu Et le ciel vide Que la langue est sa patrie…Guerroie avec des mots Sans souci de victoire » ***
Celle qui Entre lune et loup écrit « Les mots aussi ont leur nuit Ils se taisent alors Opaques denses On se couche dans leur silence Comme un chien fait le mort Et on attend Longtemps Qu’ils se mettent à bruire Doucement Comme une source »****

Oui N’oubliez pas la source N’oubliez pas la joie Sous peine de vous oublier vous-même
* Victor HUGO ** Jean Marc LA FRENIÈRE *** Gaston PUEL
**** Jacqueline SAINT JEAN


Jean Jacques Dorio
19 octobre 2006

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

Ils ont dit

Publié le par la freniere

La langue française est mal traitée en France, comme si sa puissance d'expressivité, sa richesse de vocabulaire, étaient méconnues : quand je vais au Québec et que je constate combien les "gens de là-bas" défendent notre belle langue, j'ai honte pour les imbéciles prétentieux qui croient faire chic et branché en truffant leur langue mal maîtrisée et donc plate, de mots anglais. À la radio, l'autre jour : on y parle du marathon de Paris et une participante lâche : "C'est bon de vivre une identité de team" - entendez : d'équipe, qui est un si joli mot ! Au lieu de parler du marché de la course à pied - dans le sport, tout semble finir par le fric, c'est triste - elle affirme : "Le marché du running" a changé !!! À quoi riment ces pitreries d'incultes ? Ces snobismes d'aplatis du pois chiche ? Quand quelqu'un lance une idée, il est bien vu de rétorquer : "Tu forget" !!! Et pas "Tu oublies". Et, quand ce n'est pas possible, vous devez dire avec désinvolture : "No way" !! Le pompon, c'est un commentateur qui donne des conseils bancaires et dit : "C'est safe" pour dire c'est sûr. Au cas où vous douteriez de la sécurité de la chose, safe, ce serait plus sûr ? Rien n'est moins certain et fondé que ce bla bla qui fait des trous dans la langue pour y mettre du creux. Jacteurs de petite extrace, que dit de vous ce désamour de la langue française ? Que vous n'êtes pas dignes de la parler. Et que vous devriez cesser de déshonorer votre langage vide de conviction.

Olympia Alberti

glané sur le site d'Ile Eniger

 

Publié dans Ils ont dit

Partager cet article

Repost 0

On n'écrit pas avec des larmes

Publié le par la freniere

Est-ce la pluie sur ma joue ou la sueur amère des jours passés à boire? Je ne suis ni gai ni triste, tout simplement poète. On n'écrit pas avec des larmes. On a beau faire les durs, le cœur saigne sous la carapace. Que deviendra l'enfance dans cet enfer moderne? Trop de barreaux remplacent la ligne d'horizon. Le matin vient trop tard pour réveiller le soleil. Les ombres sont partout et snipent l'infini. Je me sers des mots pour saluer la mer, la duvet des palombes et le vent dans les branches. Il faut bien que les mots dépassent le réel et qu'ils résistent au froid. Une pause, une rose, une chose, ce sont plus que des rimes, plus que des mots, plus que des lettres et de l'encre. Des milliards d'atomes ont engendré la voix. Chaque paragraphe peut être une maison.

Sans la chaleur d'une histoire, un peuple meurt de froid. Nous avons nos hivers pour réchauffer les mots autour d'un poêle à bois, des bancs de neige en pleine réflexion, des chiens qui hurlent à la lune et des chasses-galeries. La mort est à l'aise avec nous malgré notre méfiance. Nous refusons de croire au temps, mais nous faisons confiance aux vendeurs d'assurances. Dans les moments d'émoi, mon corps bouge plus vite. La bête butée repart. Chaque nouveau matin sera peut-être le dernier. J'aime la pluie et ses dentelles de brume, les levers de soleil où tout saigne soudain, les orages trop courts. J'écris de longues lettres. Quelques phrases macèrent dans le bocal des ratures. Un soupir de géant crache des milliers d'insectes. Il m'arrive de lire comme on écosse des petits pois, pour l'odeur et le goût. Les mots avec leurs pattes et leurs antennes avancent sur la page, laissant une traînée d'encre comme une bave d'escargot. À défaut de balles à blanc, je tire avec des caractères d'imprimerie. Je farcis l'horizon de Garamond 14, de Bodoni et d'Elzévir.

Où vont tous les objets perdus, les projets avortés, les cœurs de chien sans maître, les poupées oubliées, les peaux mortes, les paroles muettes? Le corps garde en mémoire les blessures subies. Sur la peau qu'est ma vie, chaque phrase est une cicatrice qui démange. Les fantômes s'unissent à la mémoire du monde. Il est toujours trop tard pour la main qui écrit. Le mal est déjà fait. On placarde les murs d'affiches publicitaires. Le strass y cache la détresse. Lors des enterrements, chaque mort est notre mort.

Il manque toujours un mot pour être entier, jamais d'os à ronger. Au moindre envol, les poètes et les oiseaux laissent des plumes. Avec le temps, le corps devient triste. Les muscles s'atrophient. Les pieds regimbent à danser. Les doigts cherchent leurs gestes et je cherche mes mots. Ce qu'on oublie devient pesant. Il faut saisir l'oiseau sous le soustraire au ciel, croquer la pomme sans effacer les branches, mettre à nu l'espérance sans la déshabiller.

J'aime les phrases qui ne finissent pas, les maisons hantées par la forêt. Malgré les apparences, la vie finit toujours par renaître. Les chemises au dos d'une chaise ont les gestes du vent, les muscles des fantômes. Chaque enfant qui naît réinvente les larmes.

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Prose

Partager cet article

Repost 0

René Printemps

Publié le par la freniere

Entre les branches, le printemps éphémère...
C'est comme un ancien dimanche qui se détache
dans ce pays de boucane un peu perdu
où parfois l'on souhaiterait être sioui
pour saisir le temps à venir
entre l'ail des bois et les crosses de violons,
pour être rené avec tous les remèdes de lièvre
qu'on retrouvera dans le bois
ma mignonne, ma mignonnette
Il y a longtemps qu'on fait de la politique
disent les belles McGarrigle
Mais quel est l'enjeu de la chanson?
Après l'eau d'érable qui ressuscite le dedans
viendront sous les feuilles bises, mortes naguère
les échappées rabougrises, les échappatoires de lèvres,
les échauffourées, les coupures épistémologiques!
Rappelle-toi mamie les pommiers en fleurs au huit de mai
Rappelle-toi le comité de la franche insurrection
presque invisible comme chants d'oiseaux
au loin dans leur miracle qui miroite
Rappelle-toi donc que je te veux vivante
et sacrée au plus profond de nos ébats.

 

Jacques Desmarais

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

Patience des fauves

Publié le par la freniere

Un prix pour le pain,
un prix pour les affiches,
un pour le péage de l’autoroute,
le granulé pour le poêle,
un prix pour les chaussures du petit,
un prix pour le kiné qui te répare l’épaule,
et toi, le poète, tu coûtes combien ?
Tu le chiffres comment, le kilomètre à pied,
le vers qui te réveille la nuit,
la question qui te brûle le cerveau pour bien la formuler,
l’élagage de phrase, au mètre cube ?
Personne ne veut payer l’immatériel ?

Sandrine Cnudde

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

Leçon de ténèbres

Publié le par la freniere

1

Dans l’oraison des matines

Les cierges en colonnes

S’éteignent un à un

Rendant à la ténèbre

Ses grandes heures nocturnes

 

Poussière est ton songe

Et prière est ta nuit

Un chant de ténèbres

Dans l’infini silence

 

Tout ce qui vient de l’ombre

Retourne au jardin d’agonie

Sous le gris des grands oliviers

 

2

Pleurez vierges de Jérusalem
Les dieux coupables vous ont trahies

En plein feu du jour
Le voile de lumière s’est déchiré
Et l’ombre de la croix s’étend
Jusqu’au plus sombre de la nuit

Seule une aura d’épines
Nimbe le Fils de l’homme
Cloué contre le mont de douleurs

Sur le chemin d’agonie
Son sang se fige en caillots de lumière
Pour des âmes aveugles

 

3

Le temps s’écoule par la plaie
D’un ciel blessé jusqu’au sang
La nuit se couche sur une croix

Père éternel
Le jour se clôt sur moi
Et répand sa cendre sur mes yeux
Tu m’as rejeté dans la tombe des mortels
Pourtant mon agonie est tienne
Et toute la douleur humaine

Ô fils couronné de tourments
Tu es le Calvaire
La croix et le sépulcre

C’est la mort qui meurt
D’une blessure nouvelle
Qui dissipera les aveugles ténèbres
T’élevant dans la plus haute lumière
Qui surgira de la pierre du caveau

 

4

De l'arbre de vie

On a fait une croix

Le bois mort n'a jamais sauvé personne

Il y a trop d'oiseaux noirs sur les potences

 

On avait promis la lumière

Nous avons eu la nuit

Même le jour

Nous rêvons dans nos langes de mortels

 

Une prière

Un chant

Un bruit de plumes

Derrière la porte des ténèbres

 

5

 

En poussant la grille

Sur le vide écrasant des ténèbres

Nous entrons dans le jardin du silence

 

Voici la nuit du monde

Voici le matin qui pâlit

À la frontière des ombres

 

Au nom de cette croix de solitude

 

Christiane Loubier

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0