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Race de monde

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Ballade pour un enfant distrait

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Ballade pour un enfant distrait

je me souviens si peu de cet enfant trop sage
si peu de cette rue si brève et si fragile
et de ces soirs de mai où vivre apparaissait
dans le simple ostensoir d'un trottoir où l'on court

je me souviens si mal de ces ventres déjà
corrodés par je ne sais quel acide lent
mais partout des soleils au milieu des moineaux
volaient qu'on attrapait pour jouer à la balle

je me souviens si mal c'était vers l'an deux mille
douze ou treize maisons bâties cent ans plus tôt
dont les enfants heureux ne vieillissaient pas
seuls les trottoirs et les briques avaient des rides

je me souviens encore d'un fruit cueilli trop tôt
au pommier de la cour au jardin de mon père
et qu'ailleurs où il fut s'appela nulle part
il fut mangé par des statues de pierre ancienne

à quatre rues de là

  Sylvain Lelièvre

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Quand je serai parti

Publié le par la freniere

Quand je serai parti

Quand je serai parti
je ne veux pas que le soleil se colore de sang
je ne veux pas que meurent les arbres de Judée

mais que le chant des louves
veillent sur les hommes seuls
mais qu’on demande à ceux qui restent
s’ils savent
où la douceur s’est réfugiée

qu’on refuse d’abjurer
et que partout la liberté insiste !...

d’où je ne serai plus
il faudra bien qu’il neige
je serai dans l’odeur des œillets
dans la douleur des arbres
je serai dans les mains habilleuses des morts
et sur tous les chemins d’un Peuple de Beauté
et je dirai des mots qui sentent encore les pommes
et je dirai des mots
qui me rendront les jours perdus
et je dirai des mots de feu
des mots de violoncelle
et de miséricorde…

Tristan Cabral
Toulon / Le Revest

2 février 1997

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Un poète de l'espoir

Publié le par la freniere

Un poète de l'espoir

Il est difficile d’être un poète de la joie. Il y a tant de misère dans le monde. Il est difficile de chanter l’amour entre les drones et les snipers, les forces de frappe, les balles perdues et les dommages collatéraux. Il est difficile de survivre aux changements climatiques, d’être libre entre les chaînes télévisées et les chaînes de montage, les liens du prisonnier et ceux du forçat. Il est difficile d’aimer les bêtes quand on les met en cage, les vaches à l’abattoir, les singes au laboratoire, les crocodiles au zoo ou en sacoche, les chevreuils en rumsteaks. Quand la neige est tombée, un homme s’est vêtu de peaux. Quelques hommes ont survécu à la lave des volcans, la bave des reptiles, la froidure des glaciations. Quand la foudre a mis le feu aux branches, il a fallu un homme pour qu’il ne s’éteigne pas, un autre pour le rallumer et y faire à manger. Quand les abeilles seront mortes, qui fera du miel, qui pollinisera les pommes, les plantes, les plants de pot. Le nectar s’amenuise dans le sexe des fleurs. Les roses de plastique ne donnent pas de pollen.

Il est difficile d’être un poète de l’espoir. Pourtant, je reste du côté de l’espoir, du côté lumineux de l’ombre, du côté gauche du cerveau, du côté cour et coulisses, du côté du fleuve qui mène vers la mer, du côté de la caresse qui remplace le poing, du côté des baisers qui étouffent l’injure, du coté de la sève qui grimpe dans les arbres, du côté vert des choses et de la chlorophylle, du côté du rêve au milieu du réel, du côté jaune du blé qui annonce le pain, du côté des athées qui savent prier la terre et adorer le soleil, du côté de la porte qui ouvre sur le large, du côté de la route où chavirent les pas jusqu’aux trous de chaussure, du côté de la langue dans la bouche de l’ombre, du côté de l’affect s’opposant au concept, du côté de l’abeille fécondant une fleur, du côté de la flore, du côté de la faune, du côté louche des rues, du côté tendre des loups, du côté jaune des œufs, du côté de l’amour, de l’amitié, de l’âme.


Jean-Marc La Frenière

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Jean Rouch

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Un jour un livre

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Un jour un livre

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Séparation

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Séparation

Pauvre corps

étriqué et mal foutu

Je te remercie de ton hospitalité

Tu pousses la tolérance jusqu'au vice

J'en profite sans vergogne

Je t'use

et tu m'uses

Inséparables nous sommes mais pas dupes

Abdellatif Laâbi

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Dans leur émoi

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Dans leur émoi

Ils étaient empêtrés dans leur émoi
comme dans la vase, là sur une scène à jouer
à dire chaque jour et à voix haute leur trouble
le manque, et le désir empêché,
à tout se promettre, à ne rien voir venir.
Ils étaient empêtrés dans leur émoi,
et leurs baisers de cinéma, impatients
à dire des poèmes, salves d'encre et de sève
comme pour remplir leur vide, celui des autres
à se faire croire à l’amour et aux bras.
Ils se parlaient fenêtre ouverte, si loin,
de leur désert et du vent dans leurs doigts,
le vent de la mer et la craie des falaises.
Ils se parlaient fenêtre ouverte côté jardin
lilas dans leur coeur, et paillettes aux yeux
comme s'ils avaient vingt ans.

Pat Ryckewaert

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Ils ont dit

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Ils ont dit

J'aurais assez de souvenirs désormais pour en vivre. J'ai l'âge de savoir dans le plus vrai de moi où, quand et comment j'ai pu en être heureux. Et avec qui. Mais vivre du passé ne serait que vieillir, ce chemin indécent qui s'en va à la mort.

Alors mes souvenirs sont ce que ce sont mes pas sur le chemin, comme un apprentissage, une reconnaissance de tout ce que je suis pour m'en aller plus loin. Des provisions dans le sac sur mon dos pour surmonter le temps où la sente est bien raide. Le superflu jeté.

Je ne suis pas d'hier, pas même d'aujourd'hui -il est déjà passé- je ne veux que demain, mes souvenirs ne sont que des répétitions à vivre. Des miroirs inventés.

Et j'en ai douce fureur et envie chevillée.

Continuer.

©jeandiharsce

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Hommage

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Hommage

Sur Emmila...Hommage
.

Les nuits d’été ferment si mal
qu’il suffirait que l’on se taise
pour que nos mains soudain
se remplissent d’étoiles...

 

...
Le passeur de silence, extraits....


.

les jours tombèrent
et les yeux traversés de tant d'éclats de mer
j'ai dressé vers le ciel mes mains ensanglantées

et puis j'ai mis le feu à toutes les fontaines
j'ai jeté des étoiles à la tête des fleuves
j'ai recouvert de neige le cœur des primevères
j'ai volé leurs couleurs à toutes les saisons
et j'ai roulé la pierre que retenaient les anges

 

mais qui m'a entendu nager dans les eaux fortes
qui pourrait retrouver mes ongles sur la pierre
qui hante comme moi la blessure capitale ?

 

j'ai faim
j'ai faim de choses étrangères
j'ai faim de hurlements plantés comme des clous
j'ai faim de la fraîcheur insensée des miroirs
faim d'un nouveau partage
de mille mains avides pleines d'objets brisés
faim de parures inertes et de noms oubliés

 

mes mains ont forme de ma soif
et j'ai des bras multiples grands comme les révoltes
je peux m'abattre n'importe où
à n'importe quelle heure
et mon corps imminent s'envenime de sel

 

je roule par le travers des bouées
à portée de fusil des derniers poissons libres
mais qui pourrait m'entendre sur ces pavés crispés
où des fous se répondent

 

je trace des hurlevents au fond de mon naufrage
je m'accroupis en sang sur les vagues ouvertes
j'ai enterré mes mains loin des terres habitées
mais ces yeux attardés qui coulent dans mes yeux
qui les fera s'ouvrir
qui m'accompagnera sur la nef des fous ?

Tristan Cabral

.

 

 

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