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1047 articles avec glanures

Le temps des bouffons

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La très dhésonorable Kavanaugh

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Le  regard des femmes dit tout

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La véritable Amérique

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Cette carte devrait être dans tous les manuels d'histoire

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La poésie au Carrefour

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Une semaine de cent ans

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En collaboration avec Verte Irlande

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Chantale Gagné: une pianiste de Plessisville

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Deux grandes dames

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photo: Carmen Brandt

photo: Carmen Brandt

Patti Smith et Joan Baez le 2 octobre 2018 à Cologne en Allemagne

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L'impact d'un livre

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L'impact d'un livre

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Le prix Nobel de l'épais

Publié le par la freniere

Oh là là! Quelle belle unanimité! Et j’aurais certainement tendance à joindre ma voix à la vôtre! Mais bien que celui auquel nous pensons tous a en effet de très fortes chances de remporter la palme « pour l’ensemble de son œuvre », n’oublions pas que la connerie fait bien souvent des petits, qu’il y a d’autres candidats en lice et de nouveaux arrivants qui se pointent. Il convient d’autre part de bien s’entendre sur cette notion « d’épaissitude ». Essayons donc de clarifier les termes afin d’y voir un peu plus clair.

Premier constat : l’épais a toujours existé. Il se définit généralement comme un être plus ou moins infect qui n’a pas de culture, pas de manières et qui a tout du sans-gêne. Il est aussi souvent narcissique et dangereusement imbu de sa propre personne. Historiquement, bien qu’il y ait eu de tout temps des exceptions, l’épais se cantonne généralement dans l’univers du privé. Il faut aussi établir des nuances entre le con, le cave, le niaiseux, l’imbécile et l’épais bien que tous ces qualificatifs puissent à l’occasion s’amalgamer et définir une seule et même personne. On rencontre assez souvent l’épais dans les bars. C’est le genre à parler fort, à déconner sur n’importe quoi, à avoir des opinions erronées non fondées sur à peu près tout, à troller de la manière la plus grotesque une barmaid qui n’en a rien à foutre mais qui, professionnalisme oblige, doit tout de même continuer à sourire et à lui servir de la bière. On le voit aussi souvent au volant d’une voiture, refuser le passage à un piéton ou klaxonner en maugréant contre un cycliste. Il est généralement de droite, mangeur de Macdo, sexiste, climatosceptique, il serait du genre à pester contre les Autochtones, les Noirs, les musulmans, les immigrants, les homosexuels, et ce, même s’il vit dans un ghetto entouré de mâles blancs et qu’il n’a jamais personnellement été mis en contact avec aucun représentant des groupes susmentionnés. Depuis qu’il a appris à naviguer sur les réseaux sociaux, il profite de son sécurisant anonymat pour s’attaquer en termes grossiers et sans aucune nuance à tout ce qui bouge et qui ne fait pas son affaire.

Tant qu’il se contentait d’évoluer dans la sphère du privé, il demeurait toujours possible de faire abstraction de la présence de l’épais, de caler son bock en vitesse, de changer d’établissement ou de trouver refuge dans la garnotte sur l’accotement le temps que le gros cave au volant de sa grosse cylindrée ou de son pick-up jacké soit passé. Mais les temps ont changé. L’épais est aujourd’hui devenu un héros populaire, soutenu par une masse d’épais comme lui qui ne s’en peuvent plus de jouir dans leur culotte à la pensée qu’un des leurs est enfin parvenu à atteindre les sommets. Les morons de tout acabit (autre terme accrédité), tout aussi ignares, incultes, rétrogrades et vulgaires que leur chef, peuvent enfin sortir de l’ombre comme une marée de zombies trop longtemps confinés à la noirceur de leur tombe. C’est ce qu’ils font aux États-Unis, et, encore incrédules parce que la nouvelle est toute fraîche, c’est ce qu’ils s’apprêtent à réaliser aussi en Ontario.

Bien qu’il y ait eu de tout temps des leaders cruels, despotiques, immoraux, la conquête du pouvoir impliquait généralement que le prétendant possède un certain nombre de connaissances et de qualités, ne serait-ce qu’en matière de stratégies et de diplomatie. Plus récemment, dans nos démocraties, on exigeait ordinairement de la part des partis ou des individus aspirant à diriger un État une feuille de route, un plan d’action, un programme, aussi minimaliste soit-il. On s’attendait aussi à ce que les candidats fassent preuve d’un minimum de bon sens, de courtoisie et de civisme. Fi de toutes ces finasseries et de cet enculage de mouches! Il suffit aujourd’hui d’être gros, contre tout, de fouailler avec fougue au cœur des travers les plus retors de l’être humain, de susciter et d’entretenir la grogne au sein d’une populace susceptible d’avaler la moindre couleuvre et trop heureuse de voir enfin l’un des leurs surgir du marais en annonçant qu’il va nettoyer le marécage.

Si ce n’était de jeter le discrédit sur ceux qui nous ont précédés sur cette terre il y a bien longtemps, on pourrait dire que nous sommes revenus au Moyen Âge. Le problème, c’est que nous n’avons pas 500 ans devant nous pour corriger le tir. Et on ne sait pas pendant combien de temps encore subsistera une humanité toujours en mesure de décerner quelque prix à qui que ce soit.

Pierre Landry         in Le mouton noir

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Gens de mon pays

Publié le par la freniere

Gens de mon pays

Cet ouvrage de Roméo Bouchard pourrait susciter la réprobation des curés de l’intolérance et de la rectitude politique. L’auteur parle d’emblée du pays comme étant la terre natale. Exclurait-il ainsi tous ceux venus d’ailleurs, de l’immigration récente, ces dessouchés pour raisons économiques ou politiques ? Pourtant, lorsque Boucar Diouf parle avec passion de son Sénégal natal, je ne me sens pas exclu.

Mais basta de balivernes ! Pur émerveillement que de lire Bouchard nous raconter son enfance paysanne au Lac-Saint-Jean, dans les années quarante, entre maison, grange et étable en bois. Puis sa transplantation des années plus tard, le 5 mai 1975, en pleine révolution contre-culturelle « sexe-drogue-musique et Québec libre », à Saint-Germain-de-Kamouraska, « ce pays fertile, baigné par la douceur du fleuve ».

Pendant quarante ans, il va s’implanter, se baigner dans la culture locale, connaître qui sont ces gens du pays qu’il côtoie jusqu’à les aimer et les admirer.

On apprend comment s’est constituée la paroisse de Saint-Germain-de-Kamouraska, dans le plus pur esprit de rébellion face aux pouvoirs locaux, esprit qui s’est transmis de génération en génération, et a forgé le caractère de ces « gens fiers, volontaires et indépendants, capables de se prendre en charge et d’innover ».

Il y a d’abord Isidore, celui par qui tout a commencé. Il a suffi d’une pomme provenant des pommiers de son jardin et offerte par Isidore au nouvel occupant de cette terre de trois cents arpents pour convaincre Roméo Bouchard qu’il venait de découvrir le paradis terrestre, là où vivait « une race de monde qui me faisait parfois penser au monde légendaire de la télésérie L’Héritage de Victor-Lévy Beaulieu ». Cet Isidore avait été hospitalisé après s’être gelé un pied après un accident de tracteur et il risquait l’amputation de sa jambe. Alors il s’était enfui de l’hôpital et s’était enlevé lui-même « à froid, avec un 40 onces de De Kuyper comme seul anesthésiant, quatre orteils et les chairs gangrenées » de son pied.

Cet homme libre, fort comme un bœuf, trapu de corps, dont la voix en imposait, capable de résister à tous les revers, « compréhensif envers les pauvres et sans pitié pour les tricheurs », me fait penser au sculpteur Armand Vaillancourt. C’est de cet homme simple qu’il a pris goût à la vie du sol, apprenant tout de l’agriculture, de la rotation et de la diversité des cultures, de l’autosuffisance, du cycle des céréales, du respect des animaux, développant « une production et sa conservation pour faire la boucle de l’année », sans nécessité d’engrais chimique, pratiquant l’agriculture biologique avant l’heure.

Puis il y a la famille Moreau, dont le fils est un chasseur et un trappeur invétéré. Mais aujourd’hui, les peaux ne trouvent plus preneurs. Même chose avec l’anguille que plus personne ne veut fumer ni transformer sur place, préférant l’exporter à un prix dérisoire au Japon et en Russie.

Malheureusement, ces modèles de fermes traditionnelles et familiales se transforment peu à peu au profit des gros producteurs. L’église, avec son orgue Casavant, autour de laquelle tout gravitait, est en train d’être transformée en centre d’escalade. L’auteur assiste impuissant à ce démembrement. « Les Moreau sont les derniers témoins de cette vie et de cette culture paysannes », déplore-t-il. Des soixante-cinq fermes laitières que comptait Saint-Germain en 1938, il n’en reste plus que quatre. La grande famille du village où tout le monde se connaissait et s’entraidait est disparue avec l’exode des jeunes vers les grands centres urbains.

Cet ouvrage nous présente une quinzaine de ces « personnages plus grands que nature », des hommes et des femmes « qui ne passent pas leurs nuits à se demander qui ils sont [...] qui se sont fait seuls, à force de bras et d’intelligence ». Une espèce en voie de disparition tout comme les paysages, les lieux sacrés et le souvenir des gens qui les ont transformés. Avant que tout ce décor bucolique, avec ses vieilles granges, ses maisons et bâtiments de bois, son clocher, ne soit emporté « pour faciliter le passage des grosses machines ».

 

Jacques Lanctot           Journal de Montréal

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