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1007 articles avec glanures

La poésie

Publié le par la freniere


La poésie, je ne peux jamais
la voir que de dos,
quand elle fait ses courses au village
ou se rend à des offices de nuit.
Je la suis de loin comme un voyeur
et sur son épaule parfois
ma main se pose comme un vieil oiseau.
Je lui demande encore pardon
de ne savoir m'y prendre avec elle.
En d'autres temps je propose avec gaucherie
de porter ses cabas et ses livres de magie.

André Schmitz

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Casa Pedro

Publié le par la freniere

Pour les québécois qui s'intéresent à la Casa Pedro:

Fallait bien que quelqu'un se décide à célébrer dignement la folie créatrice et exubérante du Montréal que j'ai connu quand j'y suis débarqué il y a bientôt quarante ans, en pleine Révolution (pas si) tranquille. Les événements, les gens, les lieux, les grands et petits ouvrages. Hé ben, voici!

http://salutpapa.iquebec.com/fmondain.htm

(le lien est activé dans la rubrique des liens)

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à Gaston Miron

Publié le par la freniere

Puissant et libre
Tu fus parmi les tiens
Le loup qui hurlait
Aux horizons perdus
Affamé de sentes nouvelles
 
Quand la mort eut bridé en toi
Cette plaie ouverte qu’est la vie
Alors que les besogneux
Se partageaient ta dépouille
Les poètes tes frères auront
Repéré la trace profonde
De tes griffes dans le sol dur
Car il est dit que les vrais chefs
Décèdent mais ne meurent pas
 
Alphonse Piché
 

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L'histoire de l'homme

Publié le par la freniere

 
Imaginons un extraterrestre commençant la lecture d'un livre de 300 pages lors de la naissance de la Terre et poursuivant sa lecture à un rythme tel qu'il arrive aujourd'hui à la fin. Lorsqu'il lisait la première page, il a donc vu des poussières s'agglomérer pour former une planète,

dès la page 60, il a vu apparaître les premières bactéries,
mais il lui a fallu attendre la page 180 pour voir les premiers êtres multicellulaires,
la page 200 pour les premières cellules à noyau,
la page 285 pour les premiers reptiles,
la page 288 pour les mammifères
et la page 291 pour les oiseaux.
Il a alors constaté que les événements se précipitaient. Neuf pages avant la fin apparaissent les primates, mais ce n'est qu'au début de dernier paragraphe de la 300ème et dernière page qu'apparaissent les premiers êtres que l'on peut classer dans la catégorie Homo.
Ils apprivoisent le feu vers le milieu de la dernière ligne et imaginent de cultiver la terre et d'élever les animaux alors que le lecteur imaginaire atteint le tout dernier caractère.
L'histoire des hommes, celle que nous avons apprise dans nos livres d'école, tient tout entière dans cet ultime caractère.
Il reste à écrire les lettres, les mots, les phrases, éventuellement les pages suivantes. Le saurons-nous?

 
 Albert Jacquard    2003  "Tentatives de lucidité"

 

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Métagraphie

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La poésie n'est plus ce qu'elle était

Publié le par la freniere

Ce soir, je suis en ville
Mais....pas n'importe quelle ville
CE SOIR J'ECRIS EN CAPITALE ...
........Boulevard Haussman
Ce soir...
... mon soir de lune à demi pleine
(je suis saoul d'allées ...
.....................et venues)
mais j'aimerais être ivre mort et marcher comme un âne porteur d'eau...
porteur d'enfants...
... de femmes
peut être même de bois...
mais surtout,
surtout de minuscule

(mêmes maladroits, les anes marchent droit,
le chinois de mes ombres porte à gauche...)

Ce soir, je rogne les miettes d'un contour d'histoire
entre affiches et décapotables , guette les yeux d'une femme tapie porte dauphine
....à l'orée du bois

le fennec tapine
...et les chacals arrivent en hordes
(ma profonde Hyène a des oreilles de mickey , le désert n'est plus ce qu'il était )

Bien sûr, j'ai fait quelques voyages insignifiants entre Anapurna et corps morts

mais là n'est pas l'essentiel
l'essentiel m'est inconnu

Ce soir vogue
Ce soir vague

et je rêve d'enfants nés sans histoire ,
de petits pas dans l'aride sur un sable sans mémoire

 
Jean-Pierre Clémencon
 
http://www.clemencon.be/
 

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LINO

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Artiste en art visuel, Lino est particulièrement intéressé par tout ce qui peut  provoquer l’émotion chez le spectateur. Diplômé des Beaux-Arts et de l’école de design graphique de l’Université du Québec à Montréal, Lino est avant tout peintre et illustrateur. Il est également l’auteur du roman graphique « La saveur du vide » et touche à la scénographie, notamment

pour les spectacles de danse de la chorégraphe Estelle Clareton. Son œuvre  à la  fois vivante,  intime et dérangeante, reflète et traduit sa préoccupation envers l’existence. Les images de

Lino ont été publiées tant sur le marché américain, européen que canadien.


 

 

 

Son roman « La saveur du vide » vient tout juste d’être réédité au Éditions du Seuil.

 

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Aglaé Vadet

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Aglaé, vieux routard,

Fini la petite randonnée
Vide ton sac
Arrache les vertes  jalousies
Les remords monotones

Les ruminations lentes

Les j’aurai du ici
Les pas encore là bas

Dehors le fric dehors les fringues

Les cadeaux sans l’amour

Snobe deux fois plutôt qu’une
Les  fêtes mercantiles
Dans des temples sans dieu.

Quand enfin allégée

Tu fermeras les yeux

Une dernière fois

Sans amertume aucune
Loin des alcools sans joie
Ton âme   en gambadant

Les deux mains dans les poches

S’évadera follette

 

 

 

Si tu….

 

 

 

Si tu veux à tout prix

Nous offrir un poème
Qu’un tout petit vocable
Soit ligne de départ

Soit un petit oignon

Ou un brin de cerfeuil

Que la rosée inonde

Car la fraîcheur des mots

Garantit le refrain

 

Si tu parles d’amour
Sois subtil et modeste

Murmure à peine audible

Chuchotis des amants

Pas besoin de je t’aimeuh…

Les mots que tu tairas

Seront assourdissants

Poète prends ton ut

Que ta chanson soit simple
Ne tortille pas tant, dis net ce que tu veux

Si le matin est clair et le soleil sans voile
Et que le ciel est bleu

Dis que le ciel est bleu

 

Été 2003      


Il est huit heures
Glaé s’éveille
Sur Europe numéro un
On reparle de Raffarin
Qu’est ce qu’il a donc encore fait
Trois fois rin, et rin de rin,
Les nouvelles sont comme la veille
Rien de nouveau
Tout pareil
Ceux qui sont pas inondés
C’est leur maison qu’a brûlé
Un footballeur à l’antenne
Grande idole du ballon rond
La chasse aux lapins de garenne
Ouverte en fin de saison
Pas de crime ce matin-là
Passons à la météo
Il fait beau
Et il fait chaud
Tout pareil
Comme la veille
Aglaé, est ce que tu descends ?
J’arrive,
Chic
Y a un croissant

Aglaé Vadet

 

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Être poète

Publié le par la freniere

Etre poète, c’est ne prétendre à rien et vouloir tout. C’est d’abord accompagner et chanter la rebellion. C’est en même temps désirer le luxe : chanter les oiseaux dans le ciel, s’extasier devant le printemps ou s’occuper d’une de ces choses si graves dont se préoccupent certains de mes pairs comme transcrire en rimes un bulletin météo. Je pourrais, tant que j’y suis, offrir à l’éventuel lecteur un flacon de Valium.
Pourquoi écrivez-vous, nous demande-t-on, au lieu de poser la question au juge qui délivre une réquisition contre des ouvriers en grève. Mais pour certains, comme pour moi, ceci est la négation de la poésie. Cette poésie-là ne figure pas agenda.

Etre poète, c’est ne prétendre à rien et vouloir tout. Quand on écrit un poème, on écrit toujours le seul poème possible, c’est-à-dire le prochain et on caresse le vœu qu’il se mue en tag, comme il y a dix mille ans mes ancêtres à moi gravaient sur la roche des tags auquel on a donné le nom de « gravures rupestres. » Aujourd’hui on réprime les tagueurs car ils s’approchent trop près des murs gris derrière lesquels on viole les filles.

Quand on écrit on se souvient de tout. On se souvient que la poésie est la première parole. Parole de révolte. Parole brimée, étouffée, empêchée par les uniformes et l’incompréhension de se faire entendre. Parole qui, en premier, vient à manquer. La poésie interpelle la quiétude et le silence, silence des consciences menottées à leur confort. La poésie assume alors la fonction d’être l’empêcheur de béer en rond et en chœur, pareille à un gros nuage prêt à crever. La poésie est l’inverse de la solitude. Car la solitude, elle, porte des noms. La solitude c’est le silence qui dure et nous tue. C’est aussi notre asservissement, l’opposé de la rébellion. La poésie c’est l’adolescence, l’adolescence qui s’étonne de tout, l’adolescence si prompte à la révolte. Mais la poésie est souvent une plaie, une plaie qui s’insurge contre d’autres plaies comme un pleur d’enfants, la faim d’un homme, la soif d’un nomade ou les gémissements de l’amante.

La poésie peut-être aussi l’erreur souhaitée. Ainsi j’ai affirmé dans mon « Chant d’impatience » - publié il y a 18 ans- que « l’écriture est l’antichambre du suicide. » Dix-huit ans après je suis là, rectifié par la vie : c’est l’exil qui est l’antichambre du suicide.

Dans l’exil, on s’inspire du chant funèbre de l’absence et on écrit la pluie sur son visage recouvert de sueur, le vent sec et amer sur la peau nue, la morsure du froid et le sel sur la plaie. J’ai alors préféré achouik à mon « Chant d’impatience. »

En son secret et en public, le poète se veut porte-parole des réfugiés du Darfour, des Far colombiennes, des paysans de Birmanie, des jeteurs de pierres palestiniens, des berbères dispersés et se sent chez lui « partout où l’homme se redresse. » Il s’autoproclame sentinelle du monde et, par une perversion naturelle et ponctuelle, la poésie devient traumatisme auquel on s’habitue et elle s’accomplit en se nichant dans une perversion durable. Il est des poètes qui furent contraints à l’exil tels Victor Hugo dont on ne cesse de célébrer le centenaire. Son humanisme sélectif ne s’exprimait que s’agissant des Français, et une classe définie de Français. Celui qu’on qualifie de « père des poètes » a gardé un silence qui n’avait rien de poétique lors des conquêtes coloniales ou, pire, lors des enfumades de mes compatriotes du Dahra. C’est dire la différence avec un Villon ou, plus proche de nous, Nazim Hikmet, cet habitant du monde né en Anatolie d’où il nous a fait le récit de sublimes « Paysages humains ». Il est donc, hélas, interdit de céder à cette coquetterie qui fait qu’il est de bon goût, dans les salons douillets, d’admirer Victor Hugo. Une fois ce seuil franchi, il n’y a plus qu’à se mettre en extase devant le talent de Céline, fasciste devant l’éternel.

Certains d’entre nous se disent internationalistes alors qu’il serait plus élégant , et surtout plus neutre, pour certains scribes à l’écriture asexuée de se dire « citoyen (ne) du monde. » comme ils disent une autre fumisterie du genre « l’art pour l’art. » Qu’apporte-t-ils donc à ce monde dont on prend tout ? Pour ceux-là la poésie est juste bonne à faire frémir des vieillards gâteux. Ce sont aussi les mêmes qui nous reprochent de « trop rêver » parce que le rêve, comme la vérité, est révolutionnaire, disait l’autre en ajoutant : « Il faut rêver. »

En Numidie, la poésie est une tradition qui, telle l’espoir, colle à la peau. Chaque berbère se croit sniper du verbe et s’étonne que d’autres poésies se fassent l’écho de sa poésie. C’est peut-être pour cela que je nous sommes un désespoir de l’intégration, car l’intégration exige d’être une branche sèche d’un arbre mort. Or notre arbre ne mourra pas et on transporte ses fruits comme on transporte son baluchon en attendant de trouver un chez soi. Et chez nous c’est la Numidie, ce fantôme qui habite nos insomnies. Les nuits d’exil sont aussi blanches que les neiges de mon Djurdjura et aussi sèches que le sirocco et je fais des rêves aussi colorés qu’un tindi un soir de paix.

Voilà : je cherchais une chute à cette divagation immodeste et je viens de la trouver en l’héritage de Jean Senac, un poète d’Algérie, un poète assassiné : « J’ajoute les points, les virgules. Soyons humbles : sans les Hommes je ne serais qu’arbre sec. »

Djamal Benmerad

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Chair et chant

Publié le par la freniere


J’ai récupéré quelques livres. Deux cartons. Il m’a fallut fouiller dans la grange. Deux petits cartons seulement. Ma maison est empilée dans une grange au loin. Là je n’ai rien. Un lit, un bureau. Et maintenant quelques uns de mes livres. « Tu devrais prendre des objets, ta télé… ». J’ai souri. Quels objets ? Ils me sont devenus indifférents. Dérision que ce reste de meubles et de cartons empilés dans une grange. Raccourcis d’un naufrage. Non rien. Deux cartons de livres. Je n’ai pas vraiment choisi.

Un jour je sortirai tout dans le grand champ pour mettre le feu à ces lambeaux de vie. Pour qu’il ne reste rien.

Et puis mes échanges avec « S » me ramènent à Joë Bousquet. Le hasard fait qu’Il se trouvait dans un des deux cartons. Je relis. J’avais oublié presque tout. Mais pas sa rage, pas son exigence, pas la pureté du trait, pas son tranchant. Une parole aiguisée comme un poignard. Cette lutte avec le silence. Contour des chairs, contour du corps. Une poésie sur le fil tendu entre l’immobile et le silence. Faire éclater chaque heure. Extirper le pas du vide, le remettre dans l’abondance de la voix

« Si tu vis à la façon dont vole
Un oiseau,
                                                         Tu fais le monde nu

                                                         Jusqu’à l’œillet des yeux. » (J. Bousquet)

C’est Fleur qui me l’a fait connaître. « Traduit du silence ». Fleur j’en ai parlé ici. Fleur cherchait dans le théâtre son corps de paroles, sa chair mue par la chair. Elle lisait Bousquet et jouait du violon. Fleur avait la peau blanche et les rêves écarlates.                           

C’est étrange comme la chair dans l’écriture fait peur. Comme si on la trouvait de trop, presque indécente.

La matière du mot c’est la chair.
La parole invente d’abord un corps à la mesure du désir.

Le Verbe chair, c’est quand même la pierre angulaire de la création. Un sacre dans la nuit. Le souffle, sur, dans, à travers la matière.

Si le verbe ne fait pas trembler la chair, alors….

Bousquet prend des notes. Noter, c’est marcher comme le chasseur à l’affût. C’est lui la proie. Il se traque. Il se débusque. S’empêche la fuite….

« Dire à Nelli (son ami confident) qu’on ne fait pas un livre avec des idées ; même si l’on admet comme lui que toute idée pose un rapport nouveau.

Sentir les événements, les écrire : ensuite entrer dans le texte, le dépasser sans le voir ; et fort de ses certitudes, agir, opérer l’acte le plus simple avec ces boulets aux pieds.

Après avoir vécu sur cet écrit pouvoir le relire sans s’arrêter à rien et n’en percevant que le chant.

Exemple de Nelli : Chopin… » (J. Bousquet)

Que le chant… D’abord la voix. Le texte doit tenir dans sa voix. Tenir en entier. L’œil seul est muet et il n’entend rien au chant. Beethoven est sourd, mais il continue de jouer. L’œil n’est pas suffisant, il a besoin de ses doigts pour entendre.

Le chant relie la chair au verbe.

Que le chant… L’exhalaison de la matière du mot. Le dépassement du mot dans sa traversée. Chopin jusqu’à la dissonance. Aller jusqu’au bout de l’audible, juste avant que l’harmonie se casse. Il y a cet instant juste avant la brisure. Dans Chopin, il y a toujours un point d’effondrement, une note par où passe la lumière.

C’est l’accident dans la parole qui la révèle.
L’impacte.
Le trou juste avant le mot. Juste après.

Décider d’écrire dans les trous, dans les manques. Se donner une chance de mourir. Là.

Inventer de l’éternité pas parce que c’est beau. Parce qu’il le faut.

L’arbre ne fait pas du beau, il fait de l’arbre. Il fait de la puissance d’arbre. Il est constant dans son désir d’arbre. Il est constant dans sa chair d’arbre.

Il s’efforce. Autour du nœud. Autour de la folie qui durcie sa mémoire. Il invente ses branches dans les saisons à venir. Autour du nœud ligneux. Et il appelle le vent et la tempête. Et il appelle ce qui peut le briser. Ce qui doit le briser. L’arbre écrit.

On le sait à cause du chant.
Et de ses renaissances perpétuelles.

Et la bûche dans le feu dit son poème, raconte sa légende. Les amoureux qui s’y chauffent le savent. Ils entendent, ils écoutent la voix de l’arbre, la chair de l’arbre. Et le feu est l’âme de l’arbre. Et quand le bois craque c’est un silence qui se contracte, c’est le chant de la puissance de l’arbre. C’est la chaleur des étés, c’est les neiges d’hiver, c’est le vol des oiseaux. Et jusqu’aux cendres.

 
Franck Nicolas

http://franckreveur.canalblog.com/



 

 

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