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Ferme d'autrefois

Publié le par la freniere

Le Festival du Patrimoine Rural qui se tiendra sur le site fabuleux de la Ferme d’Autrefois créée par Gilles Baril, 87, Rang 11 de Plessisville, propose une programmation diversifiée, gourmande et festive.

 

Elle soulignera la richesse du patrimoine agricole de notre territoire et proposera un moment pour apprécier le travail et les tâches effectués par nos ancêtres. Cet événement permettra de voir à l'oeuvre agriculteurs et artisans compétitionnant pour le meilleur laboureur. Il sera aussi possible de rentrer en contact avec l'ingéniosité des transformateurs de la terre grâce à l'ouverture du Musée Gilles Baril, dépositaire d'un trésor de machineries/accessoires/ inventions, conservé et accumulé par M. Baril par amour pour le métier d'agriculteur.

 

C’est aussi une manière de souligner et d'honorer la mémoire de ce grand bâtisseur, selon le souhait de sa famille. À cette occasion, la Fête des Moissons de St-Maurice, réputée pour son animation historique mettant en valeur les outils et instruments agricoles de nos ancêtres, s’est associée à cet événement.

 

De nombreuses activités s’inspirant des thèmes suivants sont proposées: les chevaux aux champs, les artisans des vieux métiers et le folklore régional. Le Comité organisateur a aussi pensé mettre en valeur des produits alimentaires s’inspirant de la tradition culinaire de nos pères et mères.

 

Ce premier événement doit assurer la mise en place d’éléments et activités capables, dans les années qui viennent, de garantir une suite permettant de continuer à révéler des aspects peu connus de notre histoire et de ses trésors.

.

pour information10419045_261119010746068_2071870708366406192_n.jpg

Jean-Pierre Baril, agriculteur

819-291-2707

Normand Bourque, agriculteur

pour le Comité d'organisation

FESTIVAL DU PATRIMOINE RURAL

Ferme d'autrefois

87 Rang 11, Plessisville, G6L 1R7

 

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Vous n'aimez pas Israël

Publié le par la freniere

À tous ceux et celles qui ont signé le texte « Nous appuyons Israël » publié au Devoir du 4 août 2014, je vous dis ceci:

Vous n’aimez pas Israël.

Avec des amis comme vous, Israël n’a pas besoin d’ennemis. Votre lettre est un missile d’aveuglement. Vous croyez le lancer contre ceux qui dénoncent la barbarie à Gaza. Il se retournera contre Israël.

Mais en attendant, par votre total soutien à Israël vous soutenez un massacre sur une population civile. Sans gêne et sans honte, vous osez comparer les lancements dérisoires de roquettes avec les tirs des missiles de la quatrième puissance militaire du monde. Vous évoquez que l’armée du Tsahal prévient la population civile de Gaza 15 mn avant les tirs. Et ces écoles de l’ONU, ces hôpitaux, ces chauffeurs ambulanciers, ces femmes, ces personnes âgées et ses enfants jouant à la plage, par qui ont-ils été bombardés..?

À ce jour, la branche armée du Hamas a fait une soixantaine de morts presque tous des soldats. L’armée de Tsahal a fait plus de 1900 morts, presque tous des civiles, dont 450 enfants. Et vous affirmez haut et fort « Nous appuyons Israël » ?

Non, vous n’aimez pas Israël.

Quand à vos arguments contre le Hamas, ils font le relais d’une propagande sioniste qui a réussi apparemment à incruster dans vos têtes que tout acte de résistance est un acte terroriste. Avec un minimum d’effort intellectuel et un peu de curiosité, vous auriez appris que tous les mouvements de résistance contre les occupations coloniales ont été d’abord considérés par les forces occupantes comme terroristes. Relisez l’histoire.

Et si l’idéologie islamiste du Hamas est fort critiquable, cela n’enlève rien à la légitimité de la résistance de tout un peuple. Cela surtout n’enlève rien au fait que le peuple palestinien a été dépossédé de sa terre et ce bien avant l’avènement du Hamas. Un Hamas dont la création a été fortement encouragé par Israël pour lui permettre de diviser l’unité palestinienne. Si le Hamas n’existait pas, Israël l’aurait inventé.

Aucun mot dans votre lettre sur le blocus à Gaza par Israël depuis 2006. Aucun mot sur les conditions du Hamas pour cesser les lancements de roquettes. Aux signataires de cette lettre dont je présume la bonne foi, je rappelle les conditions du Hamas et vous laisse juger de leur pertinence:

-Mettre fin à l’agression contre le peuple palestinien.
-La levée complète du blocus de Gaza, en place depuis 2006.
-L’ouverture du poste-frontalier de Rafah avec l’Egypte.
-La liberté de mouvement pour les Gazaouites à la frontière avec Israël.
-La suppression de la « zone tampon » interdite aux habitants de Gaza.
-L’autorisation de pêcher jusqu’à 12 milles marins des côtes de Gaza.
-La libération de prisonniers (ceux qui avaient été dans un premier temps libérés en échange du soldat israélien Gilad Shalit en 2011).

Aucun mot non plus dans votre lettre sur les juifs de conscience qui, par le monde y compris en Israël, manifestent leur solidarité avec Gaza et se dissocient sans réserve de la politique coloniale d’Israël. Sont-ils aussi complices du Hamas ?
Alors que partout, des opinions publiques dans le monde s’indignent, appellent à la fin du massacre à Gaza et font des pressions sur leurs gouvernements pour boycotter Israël économiquement et militairement, vous, vous affichez publiquement votre appui à Israël et son présumé droit de se défendre. Je me demande par quel genre de raisonnement vous arrivez à inverser les rôles entre occupants et occupés. Entre colonisateurs et colonisés. Entre pilleurs et pillés. Entre violeurs et violés.

Non, vous n’aimez pas Israël!

Vous reprochez aux québécois qui manifestent leur solidarité avec Gaza d’avoir l’indignation sélective. Comment qualifier votre soutien à Israël ?

Sans gêne et sans honte, vous appuyez un crime contre l’humanité. L’histoire vous jugera votre aveuglement mieux que moi. Elle a déjà jugé les souteneurs d’Hitler et son nazisme. Elle jugera les souteneurs et les mercenaires d’Israël et son sionisme.

Dans le texte ci-joint que je vous invite à lire http://voir.ca/mohammed-lotfi/2014/07/11/israel-le-declin-dun-etat-colonial/ , je soutiens que:

« Nul besoin du Hamas, de l’Iran, du Hezboallah ou d’une quelconque « flottille de la liberté » pour envisager la disparition de l’État d’Israël. Ce pays âgé de 66 ans, s’active tout seul à sa propre disparition. Son comportement suicidaire répond à une logique de l’histoire bien démontrée. Celle de toute puissance coloniale qui avance inexorablement vers sa fin. Le compte à rebours est rythmé par chaque victime innocente, qu’elle soit palestinienne ou israélienne. La machine coloniale est animée par la mort, y compris par sa propre mort. »

Par votre appui sans réserve à Israël et sa politique coloniale, sans vous rendre compte, vous donnez un petit coup de pouce à la fin du colonialisme enPalestine…

Non, vous n’aimez pas Israël.

http://voir.ca/mohammed-lotfi/2014/08/05/vous-naimez-pas-israel/

 

Mohamed Lotfi

 

 

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Fêtes d'Irlande

Publié le par la freniere

Fêtes d’Irlande – Musique de route et de montagnes à l’honneur

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Animation pour les enfants, diner bières et saucisses, groupe de musique Les Zappalaches, Verte Irlande invite la population à venir aux Fêtes d’Irlande, dimanche le 10 aout à partir de 11h au Site patrimonial Holy Trinity.

 

Les Fêtes d’Irlande débuteront samedi le 9 août, à 20hres, avec une veillée « irlando-québécoise ». Comme l’explique Aude Fournier, responsable de la fête communautaire d’Irlande : « On attend une centaine de danseurs et danseuses, avec des musiciens et des « câlleurs » hors pair qui réussiront à faire « swigner » jeunes et moins jeunes. » En effet, Ghislain Jutras de Victoriaville et James Allan de Kinnear’s Mill se partageront le micro pour « câller » les sets carrés. Chaque set carré sera précédé d’une initiation aux pas de danse, ce qui permettra à tous de suivre le rythme. Pendant l’entracte, le conteur Florian Fortin attendra les danseurs à l’extérieur, autour d’un feu de camp, pour les amener dans son monde imaginaire.

 

La fête se poursuivra le lendemain, à 11hres, avec la célébration des retrouvailles, une messe bilingue célébrée par le

Révérend Garth Bulmer, qui en profitera pour célébrer le 175e anniversaire de la paroisse Holy Trinity.

 

Le groupe Les Zappalaches prendra ensuite le micro à 12h sous un chapiteau. Quatre membres de fameuse Fanfare Pourpour s’unissent dans Les Zappalaches pour nous faire découvrir de la musique de route et de montagne issue du répertoire folk, bluegrass et country. Ce spectacle gratuit sera accompagné d’une dégustation des saucisses de la Boutique Chez mes roses, de Thetford, et des bières de la microbrasserie Multi-brasses, situé à Tingwick. Salades et desserts apprêtés par les résidents d’Irlande complèteront le tout.

L’après-midi se poursuivra avec un marché public où des producteurs viendront nous vendre leurs délicieux aliments, puis avec des activités culturelles et sportives. De nombreuses activités sont prévues pour les enfants en après-midi, dont la Cachette à contes. Il est facile de consulter l’horaire complet de la fin de semaine sur le site www.verteirlande.ca

 

Site patrimonial Holy Trinity

173, ch. Gosford, Irlande

Info: www.verteirlande.ca ou 418-428-3286

 

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L'intégrisme et l'insignifiance

Publié le par la freniere

Au Nigéria, une dizaine de fous de dieu, armés jusqu’aux dents, enlèvent plus de 200 jeunes femmes pour en faire des esclaves, les violer probablement, puis les vendre. Elles sont coupables de s’instruire, d’adopter selon Boko Haram, des valeurs occidentales. On est au pays de l’intégrisme… ne pas confondre avec « intégrité ».

Au Canada, plus de mille hommes enlèvent plus de 1,200 jeunes femmes, pour les violer et les tuer pour le plaisir. Elles sont coupables de rien; elles sont des autochtones diront les média, et le Monde ne va pas en faire grand bruit. On est au pays de l’insignifiance… ne pas confondre avec  « signe de confiance ».

Les « intégristes » ne promettent pas de les tuer et leur donnent une valeur pas très grande… en fait, ils vont les vendre sur le marché des esclaves.

Les « insignifiants » ne font pas de promesses, ils les tuent. Pourquoi les vendre, puisqu’elles sont à leurs yeux sans valeur.

Les « intégristes » disent être guidés par leur foi, par la grandeur de leur guide suprême, qui va leur offrir, après leur entrée au paradis,  une grande quantité de vierges et tout ce que le forfait comprend… whisky etc.

Les « insignifiants » quant à eux ne sont guidés que par un goût certain pour le viol, le whisky, etc. Leur paradis, c’est le Canada, un pays où ils peuvent en toute impunité, s’offrir le nombre de vierges qu’ils souhaitent. Le guide suprême va avoir du mal à faire mieux.

Dans ce contexte, une partie du Monde propose son aide pour retrouver à tout prix ces Nigérianes et j’en suis bien heureux, mais qu’est-ce qui arrive dans ce plus beau pays du Monde avec ces nombreuses femmes Canadiennes… et autochtones à qui on enlève la vie?

Je ne veux pas faire valoir l’intégrité des intégristes contre l’insignifiance des insignifiants, je veux simplement poser la question de notre désintégration sociale. Nous devenons lentement mais sûrement des insensibles à l’essentiel; tout ce qui n’a pas d’étiquette et de cote à la bourse n’a pas beaucoup, ou même pas de valeur du tout.

Nos sœurs disparaissent sans bruit; nous violons la nature comme si elle n’avait que bien peu de valeur, sauf pour la vendre aux touristes le temps de la chasse, d’en tirer de l’or à tout prix.

Notre histoire s’inscrit sur fond de génocide, pendant que nous chantons « terre de nos aïeux » avant la « game » de hockey. Il me semble que nous devrions réfléchir à ce que nous cautionnons par le silence trop souvent.

Les Juifs ont environ 650 règles dans leur religion, les Chrétiens, une dizaine, les Musulmans, 5… je nous en souhaite une seule : être sensible au Monde.

Daniel Gagné 

 

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La sauce Gaza

Publié le par la freniere

Lorsque j’étais enfant existait cette indigeste sauce Gaza. C’était une sauce,hot-chicken ou B.B.-Q. qu’on retrouvait en conserve. Sauce brune farineuse et épicée fait de bouillon de poulet que l'on versait sur un sandwich au poulet chaud ou sur un poulet rôti. Comme toutes ces sauces des années 1970, elle était un produit synthétique. Rien de particulièrement ragoûtant. Or, chaque fois que j’entends parler de la bande de Gaza, et surtout depuis les horreurs qui s’y commettent depuis peu, je ne peux m’enlever l’image de cette conserve de la tête.

 

Le bombardement intensif des Palestiniens repoussés loin des colonies israéliennes dans cette langue de terre qui, autrement, apparaîtrait assez insignifiante est un crime contre l’humanité, on ne peut dire les choses d'aucune autre manière si nous sommes habités d’une certaine lucidité. À cela s’ajoute le report au pouvoir du dictateur syrien, Bachar al-Assad, protégé par les Occidentaux qui, échaudés par le bourbier iraquien, ne voudraient pas le voir s’étendre jusqu’aux frontières de la Turquie. Également, le tir de missile, qui a frappé l’avion de la Malaysia Airlines, le MH17 et fait 298 victimes, dont beaucoup étaient des chercheurs sur le sida, aurait été lancé par des séparatistes ukrainiens armés par la Russie qui rêve déjà de reconquérir son berceau kiévien. Cette bévue monumentale montre combien, confier des armes aussi puissantes à des rebelles atteignant à peine l’âge mental de dix ans, on ne peut obtenir que ce genre de résultat! Ce tir, qui ressemble à l’incident du vol 007 de la Korean Airline au moment du retour de la Guerre Froide, en septembre 1983, laisse penser que l’affrontement entre la civilisation occidentale menée par les États-Unis et la civilisation orthodoxe menée par la Russie serait en phase d'amorce d'une nouvelle guerre de tensions Est/Ouest et il est difficile ici d’y voir une raison de nature sociale, le communisme n’étant plus de mise dans la Russie poutinienne.

 

Quoi qu’il en soit, tous ces événements, à un siècle du déclenchement de la Première Guerre mondiale, font déjà de l’été 2014 un été véritablement meurtrier. Il n'y a pas jusqu'à une certaine gêne derrière l'utilisation du 75eanniversaire du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale afin d'occulter, comme par un souvenir-écran; la Première. La Seconde repose entièrement sur la responsabilité d’un individu, Adolf Hitler et de sa bande de voyous, ce qui est une occasion d’asseoir Mama Angela entre Cameron, Hollande, Poutine et Obama, alors que la Première Guerre reste une guerre entre impérialismes où l'Allemagne est tenue seule responsable des cinq années de souffrances endurées par des millions d’hommes, de femmes et d’enfants et qui marque incontestablement, a posteriori, le déclin de l'Europe.

 

(…)

 

Jean-Paul Coupal

 

lire la suite

 

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L'impossible devenir

Publié le par la freniere

Première le 2 août à 19h30 à la cabane du criard

du phare de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine (Haute-Gaspésie)

 

L’impossible devenir fleuve c’est l’interprétation de deux grands poèmes, Le visage humain d'un fleuve sans estuaire de Pierre Perrault et Ode au St-Laurent de Gatien Lapointe, traversés par le désir de vivre et prendre parole « avec » le fleuve et ses milieux. Un défi sans mesure avec un fleuve qui comporte ses zones d’ombres et ses flous… ses inconnus et de nombreux patrimoines souvent négligés… ses infinis et ses inachèvements. Un défi incommensurable à « l’homme » et plus que nécessaire pour l’avenir de la culture dont il est depuis toujours « et jusqu’au grand jamais » un lieu central.

 

L’historienne Russel-Aurore Bouchard soulignait que la mise de côté des mondes de la navigation entre les villages et villes du St-Laurent au 20ième équivaut à la destruction des troupeaux de bisons pour les Métis de l’ouest. Néanmoins, encore aujourd’hui, le fleuve nous berce et nous démâte. Il nous mène et nous démène. Il est source et horizon. Il est grand et humble. Il est nourricier et meurtrier. Il nous lie et nous sépare. Il est régulier, mais surprenant. Il est commun, mais singularités. Il est monde et chemins. 

 

Lieu d’émergence et de conservation, de voyagement et d’habitation, de rencontres et de solitudes, de retours et de dépassements : aborder le fleuve c’est ainsi aborder un lieu de passage. Ici et maintenant, de quoi avons-nous été (?), sommes-nous (?) et serons-nous avec lui les passeurs ? Quels mondes devront advenir aux sourches vitales d’un fleuve par ailleurs magané par l’histoire ? Pour trouver réponses, Le visage humain d’un fleuve sans estuaire de Pierre Perrault et L’Ode au St-Laurent de Gatien Lapointe ouvriront la voie lors de cette performance.

 

Affichette et extraits en pièces jointes.

 

Bienvenue !

 

Pour informations,

demandez Arlette Fortin

au (418) 393-2114 ou

melisole@globetrotter.net

 

 

 

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À hurler

Publié le par la freniere

T'as aimé ça? J'étais dans le hall de l'Excentris, où je venais de voir Five Broken Cameras - cinq caméras brisées -, un documentaire qui raconte l'injustice et l'humiliation faites aux habitants d'un petit village de Cisjordanie par les Israéliens. Une heure et demie de lourde oppression. Non, je n'ai pas aimé ça. Personne ne peut voir des gens se faire écoeurer à ce point-là et aimer ça. Tu sors de là avec l'envie de hurler.

 

Mais je veux dire le film?

 

Arrête! J'ai envie de hurler, j'te dis, pas de jouer au critique de cinéma. Ces derniers jours, quand tu regardais ce qui se passait à Gaza, t'aimais ça ou, comme moi, tu rentrais ta rage en entendant les Israéliens dire que ce n'était pas eux qui avaient commencé?

 

Five Broken Cameras est 100 fois plus enrageant. Parce que ce n'est pas la guerre. C'est la paix, enfin si on peut appeler la paix des claques sur la gueule, des soldats qui t'enfument, te réveillent en pleine nuit à coups de crosse dans la porte, des colons qui foutent le feu à tes oliviers.

 

Le village s'appelle Bil'in. Le cinéaste? Y'a pas de cinéaste. Le documentariste? Y'a pas de documentariste. Qu'on se le tienne pour dit: il n'y a pas derrière ce documentaire un cinéaste pacifiste danois pro-palestinien, ni une altermondialiste québécoise tombée amoureuse d'un Palestinien, ni un journaliste français de Libération, ni aucun autre Michael Moore. Il y a un paysan de 40 ans qui s'appelle Emad Burnat. Et si Emad s'est acheté une caméra, ce n'est pas pour filmer les méchants soldats israéliens. C'est pour filmer son quatrième fils, Gibreel, qui vient de naître.

 

Mais voilà qu'au même moment arrivent sur les terres du village des arpenteurs venus pour tracer la frontière où doit s'élever le fameux mur qui protège maintenant Israël des terroristes. Emad les filme. Quand les gens du village se mettent à manifester pacifiquement, très pacifiquement, Emad les filme aussi. Les villageois ne protestent pas à cause du mur, ils s'y sont résignés depuis longtemps, ils manifestent parce que le tracé empiète très largement sur leurs oliveraies, on est en train de les spolier au profit de la colonie juive voisine.

 

Quand l'armée débarque, Emad filme. Quand l'armée enfume le village, quand l'armée blesse un de ses frères, quand l'armée tue un villageois, Emad filme. Quand l'armée investit le village en pleine nuit, quand un soldat frappe à sa porte, Emad vient lui répondre la caméra à l'épaule, le soldat l'informe alors de cette chose inouïe: cette maison où est né Emad, où dorment à l'instant ses fils, cette maison se trouve désormais dans une zone interdite, et donc Emad y est interdit de séjour.

 

Quand un soldat tire sur Emad, Emad ne filme plus, parce que la balle s'est logée dans la lentille de la caméra. Il ne filme plus non plus quand un soldat donne un coup de crosse dans sa caméra. Il ne filme plus quand un colon lui arrache sa caméra. Il lui faudra cinq caméras pour aller au bout de son documentaire. Il lui faudra aussi l'aide d'un cinéaste israélien (Guy Davidi) pour le monter, le lancer, le montrer.

 

Five Broken Cameras a été primé cette année aux deux plus grands festivals du documentaire dans le monde, Sundance et Amsterdam. Et il vient d'avoir le prix du public aux récentes Rencontres du documentaire de Montréal.

 

T'as aimé ça, alors?

 

Je te l'ai dit: j'ai envie de hurler.

 

Le film m'a replongé dans une de mes plus anciennes indignations. Je suis de ceux - nombreux et d'opinion plus documentée que la mienne, je pense à des intellectuels comme Edgar Morin, Jean Daniel, Amos Oz - qui pensent qu'il n'y aurait bientôt plus de conflit israélo-palestinien s'il n'y avait plus de colonies.

 

Je ne comprends pas ces enclaves à l'intérieur du territoire palestinien. Je ne comprends pas que de nouvelles colonies continuent de s'implanter. Je ne comprends pas que les anciennes colonies s'étendent en empiétant sur le territoire palestinien comme on le voit dans le documentaire d'Emad. Je ne comprends pas que des autoroutes, interdites aux Palestiniens, les relient entre elles et à Israël.

 

Mais ce que je comprends le moins de cette ghettoïsation des Palestiniens, c'est qu'elle se fait au vu et au su du monde entier et qu'aucune des grandes démocraties du monde, la France, l'Angleterre, l'Allemagne, les États-Unis, le Canada, ne mette son poing sur la table. De temps en temps, un ou une secrétaire d'État américain déclare que les États-Unis ont demandé à l'État hébreu de mettre fin à l'implantation de nouvelles colonies. Notez bien: pas de procéder à l'évacuation des colonies implantées, non, non... S'il vous plaît, M. Nétanyahou, pas de nouvelles colonies. Il en rit comme Sharon avant lui et les plus libéraux aussi.

 

Ne comptez pas sur Obama pour lever le ton et conditionner la considérable aide américaine à l'évacuation des colonies. Rappelez-vous comment Nétanyahou a été accueilli en héros, ovationné par le Congrès, rappelez-vous qu'il a eu l'outrecuidance de planter Obama devant ce même Congrès...

Ce que nous montre Five Broken Cameras, ce sont des paysans palestiniens d'un petit village de Cisjordanie que les Israéliens bousculent, enfument, blessent, humilient, dépouillent de leurs terres. La vraie raison? Le territoire.

 

Tout le conflit israélo-palestinien est une question de territoire que se disputent deux nations. Une superpuissance dotée de l'arme nucléaire. Une autre qui lance des pierres.

 

Devinez derrière laquelle se rangent ceux qui mènent l'univers?

 

Pierre Foglia    La Presse

 

 

 

 

 

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Mourir comme ça

Publié le par la freniere

Dans la première rangée où l’on assoit les gens avec des jeunes enfants, elle change la couche de bébé qui chigne.

Il repasse les notes de l’exposé qu’il doit présenter à Melbourne à la conférence de l’ONU sur le sida.

Elle dort sur l’épaule de son fiancé.

  Il prend sa pilule de Coumadin, un anticoagulant. Il est sujet aux phlébites après un long voyage, toujours la jambe droite, il est assis au bout de la rangée, de façon à pouvoir étendre sa jambe dans l’allée.

Il lit un article sur la cuisine moléculaire dans le magazine de Malaysia Airlines.

Elle revient des toilettes où elle s’est remis du rouge, sorry dit-elle en dérangeant toute la rangée.

Avec un cure-dents en plastique, il essaie de dégager un morceau de poulet coincé dans son partiel.

Elle mange une poire.

Il ne pense à rien.

Il dort.

Il fait les mots croisés d’une revue d’art hollandaise, Botticelli en était amoureux, ça commence par un V, huit lettres.

Il marche dans l’allée pour se dégourdir les jambes.

Elle lit un roman policier islandais.

Il écoute de la musique.

Elle porte un tailleur comme si personne ne lui avait dit que le vol Amsterdam-Kuala Lumpur allait durer 17 heures.

Ces deux-là, médecins, une Hollandaise et une Belge s’en vont aussi à la conférence de Melbourne. Mais elles ne parlent pas de ça. La Belge dit à l’autre sa fascination pour Games of Thrones.

Il regarde le ciel vide par le hublot.

*

- Tu sais comment ça marche, ce truc-là, Youri ?

- C’est facile, dit Youri.

Youri et Léonid s’ennuient ferme dans leur petit blindé qui porte quatre missiles sol-air sur son toit. La pluie tombe sur la campagne ukrainienne et y a pu de bière. Youri allume l’écran du radar, tu vois le petit point ? C’est un avion. J’ai juste à le faire glisser dans le carré où c’est écrit «cible», comme ça, tu vois, puis d’enfoncer ce bouton rouge, et c’est parti…

Léonid, fais pas le con ! À cette hauteur, c’est sûrement un avion de ligne, Léonid ! NON !

Mach 3 : 850 mètres à la seconde. 10 kilomètres : à peine 12 secondes.

*

Bébé s’est endormi. Pour la 124e fois depuis le départ d’Amsterdam, elle tire sur la jupe de son tailleur. Triomphant, il a sorti le petit bout de poulet de son partiel. Elle ne lit plus son roman islandais, elle écoute le pilote qui vient de dire qu’ils volaient à 10 000 mètres à la vitesse de 950 km/h et qu’ils allaient survoler bientôt la Russie. La Belge ne parle plus de Games of Thrones, elle parle du Soudan du Sud où elle a travaillé pour MSF. La Hollandaise vient de bâiller.

Il regarde toujours le ciel vide par le hublot.

*

Ils étaient 298 quand la fusée les a atteints. 298 morts pour rien. Nous penserons à eux souvent, promet le poète, nous penserons à eux souvent, nous qui demeurons dans la beauté des choses.

D’abord, c’est pas vrai, la semaine prochaine on les aura oubliés. Et de quelle beauté des choses parlez-vous, monsieur ?

 

Pierre Foglia     La Presse

 

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L'orchestre des matières sympathiques

Publié le par la freniere

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Poète, poésie et poème

Publié le par la freniere

À Lou, affirmament que je n’aimais pas la poésie, j’ai répondu qu’elle, si. Le problème étant plutôt ce qu’en font font font les petites marionnettes des poètes auto-proclamés et leurs poèmes. Manque de bol, ma remarque est tombé sous l’œil d’Alphonse Salafia - pote poète - et il me demande (amygalement) de m’expliquer.

 

Ce qu’il te faut savoir, cher lecteur, c’est que pour moi, écrire, dès le début et pour une bonne vingtaine d’année, ça a été écrire de la poésie. Ne vois là aucune prétention d’expertise, c’est juste pour dire que le sujet me préoccupe de longue date. Depuis, j’ai exploré d’autres genres, tout particulièrement la fiction et je préside même aux destinées d’une revue littéraire dans laquelle sont régulièrement publiés Aline Fernandez, Jean-Marc La Frenière, Alphonse Salafia, Gabriel Henry… tous plus poètes les uns que les autres.

 

Tout ça pour dire que je ne suis pas en guerre. Je ne mène aucune croisade pro ou anti. Après tout, si certains restent persuadés que pour « faire poème », il suffit de passer à la ligne quand il faudrait une virgule, commencer son vers par une majuscule et le finir par un mot désuet mais plaqué or, c’est leur affaire. Mais pour essayer de faire comprendre ce qu’est pour moi la poésie, le plus simple est de partir de ce que je crois : La langue, le langage m’apparaît comme un organisme symbiote. À ce titre, le langage est si intimement attaché à chacun d’entre nous qu’il fait partie de notre personne. Écriture manuscrite, voix, vocabulaire, style : c’est nous. Mais il n’est pourtant ni totalement notre création ni notre propriété puisque nous l’avons appris, que nous partageons notre langue maternelle avec plein d’autres et qu’au final le langage signe notre appartenance à l’humanité.

 

Là, bien sûr, on pourra penser que l’espèce humaine n’est peut-être pas la seule espèce animale dotée du langage et que les machines ne sont peut-être pas très loin de disposer du leur. Mais ça vient plutôt à l’appui de ma thèse : comment s’étonner qu’un organisme symbiote cherche de nouveaux hôtes ? Pour nous comme ailleurs, pour le langage comme pour les autres organismes symbiotes, l’association est à profit mutuel : à nous, grâce à lui, la capacité de penser, de dire, d’écrire, de communiquer. À lui, grâce à nous, les bénéfices attendus par n’importe quel organisme de n’importe quelle espèce : croître, s’adapter, prospérer, se diversifier, se reproduire.

 

Et la poésie alors ? On y vient. La poésie, je la vois, je la sens, je la ressens quand le « curseur » de l’expression quitte la zone de service de l’auteur, où elle est utilisée comme outil, comme véhicule du discours, de l’exposé, et que l’expression quitte également la zone opposée du foisonnement formel, de la recherche, de l’exploration, pour se situer pile poil au point d’équilibre entre les deux. Autrement dit, le poème me touche quand il témoigne de la symbiose, quand le poète ne parait pas tordre le bras de la langue pour lui faire avouer on ne sait quoi, mais également quand le poème n’apparaît pas comme du langage désincarné, sans rien ni personne derrière.  C’est donc bien entre le poète et le poème qu’apparaît la poésie*, à distance identique des deux, mais les réunissant, témoignant également de l’être et du langage.



 * On pourra remplacer par "auteur" et "texte", également par "réalisateur" et "film" etc. La poésie n'est pas l'apanage de la langue ; plutôt de l'expression. 

 

Jean-Marie Dutey

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