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993 articles avec glanures

Mourir comme ça

Publié le par la freniere

Dans la première rangée où l’on assoit les gens avec des jeunes enfants, elle change la couche de bébé qui chigne.

Il repasse les notes de l’exposé qu’il doit présenter à Melbourne à la conférence de l’ONU sur le sida.

Elle dort sur l’épaule de son fiancé.

  Il prend sa pilule de Coumadin, un anticoagulant. Il est sujet aux phlébites après un long voyage, toujours la jambe droite, il est assis au bout de la rangée, de façon à pouvoir étendre sa jambe dans l’allée.

Il lit un article sur la cuisine moléculaire dans le magazine de Malaysia Airlines.

Elle revient des toilettes où elle s’est remis du rouge, sorry dit-elle en dérangeant toute la rangée.

Avec un cure-dents en plastique, il essaie de dégager un morceau de poulet coincé dans son partiel.

Elle mange une poire.

Il ne pense à rien.

Il dort.

Il fait les mots croisés d’une revue d’art hollandaise, Botticelli en était amoureux, ça commence par un V, huit lettres.

Il marche dans l’allée pour se dégourdir les jambes.

Elle lit un roman policier islandais.

Il écoute de la musique.

Elle porte un tailleur comme si personne ne lui avait dit que le vol Amsterdam-Kuala Lumpur allait durer 17 heures.

Ces deux-là, médecins, une Hollandaise et une Belge s’en vont aussi à la conférence de Melbourne. Mais elles ne parlent pas de ça. La Belge dit à l’autre sa fascination pour Games of Thrones.

Il regarde le ciel vide par le hublot.

*

- Tu sais comment ça marche, ce truc-là, Youri ?

- C’est facile, dit Youri.

Youri et Léonid s’ennuient ferme dans leur petit blindé qui porte quatre missiles sol-air sur son toit. La pluie tombe sur la campagne ukrainienne et y a pu de bière. Youri allume l’écran du radar, tu vois le petit point ? C’est un avion. J’ai juste à le faire glisser dans le carré où c’est écrit «cible», comme ça, tu vois, puis d’enfoncer ce bouton rouge, et c’est parti…

Léonid, fais pas le con ! À cette hauteur, c’est sûrement un avion de ligne, Léonid ! NON !

Mach 3 : 850 mètres à la seconde. 10 kilomètres : à peine 12 secondes.

*

Bébé s’est endormi. Pour la 124e fois depuis le départ d’Amsterdam, elle tire sur la jupe de son tailleur. Triomphant, il a sorti le petit bout de poulet de son partiel. Elle ne lit plus son roman islandais, elle écoute le pilote qui vient de dire qu’ils volaient à 10 000 mètres à la vitesse de 950 km/h et qu’ils allaient survoler bientôt la Russie. La Belge ne parle plus de Games of Thrones, elle parle du Soudan du Sud où elle a travaillé pour MSF. La Hollandaise vient de bâiller.

Il regarde toujours le ciel vide par le hublot.

*

Ils étaient 298 quand la fusée les a atteints. 298 morts pour rien. Nous penserons à eux souvent, promet le poète, nous penserons à eux souvent, nous qui demeurons dans la beauté des choses.

D’abord, c’est pas vrai, la semaine prochaine on les aura oubliés. Et de quelle beauté des choses parlez-vous, monsieur ?

 

Pierre Foglia     La Presse

 

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L'orchestre des matières sympathiques

Publié le par la freniere

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Poète, poésie et poème

Publié le par la freniere

À Lou, affirmament que je n’aimais pas la poésie, j’ai répondu qu’elle, si. Le problème étant plutôt ce qu’en font font font les petites marionnettes des poètes auto-proclamés et leurs poèmes. Manque de bol, ma remarque est tombé sous l’œil d’Alphonse Salafia - pote poète - et il me demande (amygalement) de m’expliquer.

 

Ce qu’il te faut savoir, cher lecteur, c’est que pour moi, écrire, dès le début et pour une bonne vingtaine d’année, ça a été écrire de la poésie. Ne vois là aucune prétention d’expertise, c’est juste pour dire que le sujet me préoccupe de longue date. Depuis, j’ai exploré d’autres genres, tout particulièrement la fiction et je préside même aux destinées d’une revue littéraire dans laquelle sont régulièrement publiés Aline Fernandez, Jean-Marc La Frenière, Alphonse Salafia, Gabriel Henry… tous plus poètes les uns que les autres.

 

Tout ça pour dire que je ne suis pas en guerre. Je ne mène aucune croisade pro ou anti. Après tout, si certains restent persuadés que pour « faire poème », il suffit de passer à la ligne quand il faudrait une virgule, commencer son vers par une majuscule et le finir par un mot désuet mais plaqué or, c’est leur affaire. Mais pour essayer de faire comprendre ce qu’est pour moi la poésie, le plus simple est de partir de ce que je crois : La langue, le langage m’apparaît comme un organisme symbiote. À ce titre, le langage est si intimement attaché à chacun d’entre nous qu’il fait partie de notre personne. Écriture manuscrite, voix, vocabulaire, style : c’est nous. Mais il n’est pourtant ni totalement notre création ni notre propriété puisque nous l’avons appris, que nous partageons notre langue maternelle avec plein d’autres et qu’au final le langage signe notre appartenance à l’humanité.

 

Là, bien sûr, on pourra penser que l’espèce humaine n’est peut-être pas la seule espèce animale dotée du langage et que les machines ne sont peut-être pas très loin de disposer du leur. Mais ça vient plutôt à l’appui de ma thèse : comment s’étonner qu’un organisme symbiote cherche de nouveaux hôtes ? Pour nous comme ailleurs, pour le langage comme pour les autres organismes symbiotes, l’association est à profit mutuel : à nous, grâce à lui, la capacité de penser, de dire, d’écrire, de communiquer. À lui, grâce à nous, les bénéfices attendus par n’importe quel organisme de n’importe quelle espèce : croître, s’adapter, prospérer, se diversifier, se reproduire.

 

Et la poésie alors ? On y vient. La poésie, je la vois, je la sens, je la ressens quand le « curseur » de l’expression quitte la zone de service de l’auteur, où elle est utilisée comme outil, comme véhicule du discours, de l’exposé, et que l’expression quitte également la zone opposée du foisonnement formel, de la recherche, de l’exploration, pour se situer pile poil au point d’équilibre entre les deux. Autrement dit, le poème me touche quand il témoigne de la symbiose, quand le poète ne parait pas tordre le bras de la langue pour lui faire avouer on ne sait quoi, mais également quand le poème n’apparaît pas comme du langage désincarné, sans rien ni personne derrière.  C’est donc bien entre le poète et le poème qu’apparaît la poésie*, à distance identique des deux, mais les réunissant, témoignant également de l’être et du langage.



 * On pourra remplacer par "auteur" et "texte", également par "réalisateur" et "film" etc. La poésie n'est pas l'apanage de la langue ; plutôt de l'expression. 

 

Jean-Marie Dutey

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Pier St-Jack à la Gamacherie

Publié le par la freniere

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Pierre St-Jak  piano

José Acquelin  parole

Virgo  chant

Éric Bernard  guitare

Wayne Smith  basse

Dominique Huot  guitare

Claude Vendette  saxophones

Pierre Tanguay  percussion

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Le nouveau coeur de l'homme

Publié le par la freniere

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                                                                       un cossin de Jean-Jules Soucy

 

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Guerres et autres gâchis

Publié le par la freniere

GUERRES

 

ET AUTRES GÂCHIS

poèmes de Cathy Garcia

illustrations de JL Millet

 

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A paraître en juin aux Ed. Nouveaux Délits

 

32 pages, agrafé et imprimé sur beau papier calcaire 100gr

et 250 gr pour la couverture (papier recyclé)

 

10 €  plus 1,20 de port

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"Il y aura bien comme de coutume des traîtres des lâches 

Des gens simplement comme vous et moi 

Il y aura comme toujours du sang de nombreux ossuaires 

Du sordide et une fleur peut-être nucléaire

 

 Pour que tout puisse recommencer les plus jamais ça ! 

Tout comme avant, au bon vieux temps. "

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Les pères sont toujours en train de faire une guerre,

et quand ils en reviennent, les enfants ont grandi

et les mères sont mortes.


René Barjavel

in Colomb de la lune

 

 

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L'intégrisme et l'insignifiance

Publié le par la freniere

Au Nigéria, une dizaine de fous de dieu, armés jusqu’aux dents, enlèvent plus de 200 jeunes femmes pour en faire des esclaves, les violer probablement, puis les vendre. Elles sont coupables de s’instruire, d’adopter selon Boko Haram, des valeurs occidentales. On est au pays de l’intégrisme… ne pas confondre avec « intégrité ».

Au Canada, plus de mille hommes enlèvent plus de 1,200 jeunes femmes, pour les violer et les tuer pour le plaisir. Elles sont coupables de rien; elles sont des autochtones diront les média, et le Monde ne va pas en faire grand bruit. On est au pays de l’insignifiance… ne pas confondre avec  « signe de confiance ».

Les « intégristes » ne promettent pas de les tuer et leur donnent une valeur pas très grande… en fait, ils vont les vendre sur le marché des esclaves.

Les « insignifiants » ne font pas de promesses, ils les tuent. Pourquoi les vendre, puisqu’elles sont à leurs yeux sans valeur.

Les « intégristes » disent être guidés par leur foi, par la grandeur de leur guide suprême, qui va leur offrir, après leur entrée au paradis,  une grande quantité de vierges et tout ce que le forfait comprend… whisky etc.

Les « insignifiants » quant à eux ne sont guidés que par un goût certain pour le viol, le whisky, etc. Leur paradis, c’est le Canada, un pays où ils peuvent en toute impunité, s’offrir le nombre de vierges qu’ils souhaitent. Le guide suprême va avoir du mal à faire mieux.

Dans ce contexte, une partie du Monde propose son aide pour retrouver à tout prix ces Nigérianes et j’en suis bien heureux, mais qu’est-ce qui arrive dans ce plus beau pays du Monde avec ces nombreuses femmes Canadiennes… et autochtones à qui on enlève la vie?

Je ne veux pas faire valoir l’intégrité des intégristes contre l’insignifiance des insignifiants, je veux simplement poser la question de notre désintégration sociale. Nous devenons lentement mais sûrement des insensibles à l’essentiel; tout ce qui n’a pas d’étiquette et de cote à la bourse n’a pas beaucoup, ou même pas de valeur du tout.

Nos sœurs disparaissent sans bruit; nous violons la nature comme si elle n’avait que bien peu de valeur, sauf pour la vendre aux touristes le temps de la chasse, d’en tirer de l’or à tout prix.

Notre histoire s’inscrit sur fond de génocide, pendant que nous chantons « terre de nos aïeux » avant la « game » de hockey. Il me semble que nous devrions réfléchir à ce que nous cautionnons par le silence trop souvent.

Les Juifs ont environ 650 règles dans leur religion, les Chrétiens, une dizaine, les Musulmans, 5… je nous en souhaite une seule : être sensible au Monde.

Daniel Gagné

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Salon du livre de Nice

Publié le par la freniere

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Médiathèque Gaetan Dostie

Publié le par la freniere

Femmes de paroles, jeudi 12 juin à 19h. 

Avec Catherine Fortin et Hélène Dorion.
animée par Nancy R Lange.

 

Hélène Dorion vit dans les Cantons de l'est et est l'auteure d'une trentaine de livres et récipiendaire de nombreux prix dont le Prix Alain-Grandbois, le Prix Aliénor, le Prix Wallonie-Bruxelles, le Prix du Festival de Roumanie, le Prix de l'Académie Mallarmé et le Prix du Gouverneur général.

 

Catherine Fortin vit à Saint-Jean-Port-Joli et est l'auteure de trois recueils de poésie publiés au Noroît ainsi que de différents ouvrages scientifiques.

 

Les lectures des deux auteures seront suivies d'un micro ouvert où vous pourrez lire un texte de 3 minutes inspiré de l'oeuvre de l'une ou de l'autre des auteures.  Trois des textes récités pendant le micro ouvert seront sélectionnés pour être envoyés à la FQLL.

 

Aucun frais d'entrée n'est exigé pour cet événement et toute contribution est volontaire.  Pour toute contribution de 15$, la Médiathèque vous offrira un livre en cadeau ainsi qu'un breuvage.  Pour réserver votre place ou pour réserver un tour de lecture, prière de communiquer avec Nancy Lange : nancyrlange@videotron.ca.

Informations: 514-861-0880 ou info@mlgd.ca

Autres activités en juin...

 

Reparlez moi de votre brève maison,  jeudi 5 juin à 19h, gratuit.

La soirée, organisée par La Tournure, sera divisée en deux parties, occupées par plusieurs poètes à la fois.
Vont oser : Mathieu Arsenault, Véronique Bachand, Zéa Beaulieu-April, Virginie Beauregard, Jean-Philippe Chabot, Geoffroy Delorey, Roxane Desjardins, Charles Dionne, Sébastien Dulude, François Guerrette, Olyvier Leroux, Daria M. Colonna, Mathieu Renaud.

 

Zéro Ski doux, samedi 7 juin à 21h.

  • Concert de jazz et lancement de l'album Zéro Ski doux : Jazz d'après-ski.
  • Lancement d'un recueil d'une vingtaine de nouvelles sur l'histoire du jazz à Montréal : Touches noires de Christian Lewis.
  • 24 nouvelles compositions liées aux 24 «nouvelles» de l'ex-responsable de la Phonothèque québécoise, commissaire de deux expositions sur l'histoire du jazz et des studios d'enregistrement à Montréal.
  • Avec Christian Lewis (clavier, compos), Patrick Goyette (guitare), et André Asselin (basse).
  • Jazz hybride : post hard bop, modal, funk, latin et est-européen.
  • Contribution : 15$ (pré-vente disponible du livre numérique et de l'album MP3)

Projection de Pro-Can ibalizm, samedi 7 juin à 20h, gratuit.

PRO-CAN (ibalizm) was born in the mind of Keenan Poloncsak several years ago due to the accumulation of negative physical and metaphysical entities surrounding us in our modern culture today. In 2007 it took the form of « INVASION » (PRO-CAN #1), a home made comic inspired by Zombie, Drug, Punk and Do It Yourself culture. The PRO-CAN invasion quickly became a series of 8 independant comics with varying intensities written in english, french and bilingual. Throughout the years it has travelled far and wide and has assumed many forms. It is now materializing into an independant movie made by Keenan, his girl Roxane and some of their friends. The movie is funded by the sale of PRO-CAN comics throughout the years (low budget). 

 

Pour réserver : tél. 514 861-0880 info@mlgd.ca www.mlgd.ca
Notre adresse : 1214 de la Montagne, Montréal, H3G 1Z1
(métro Peel ou Lucien-L'Allier)

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Décrocher la lune

Publié le par la freniere

Impression sur papier coton - 36 x 136"
travail du photographiste

Réal Capuano

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Cette expérience positive et négative est comme le rapport d’un voyageur  dans un temps imaginaire et sur une catastrophe annoncée. Cet oeil lunaire sur l’immensité de l’espace sidéral n’a pu que se distorsionner tellement les conquistadors qui en ont spolié les richesses l’ont tordu, troué, vidé. C’est un témoignage dans et sur le passage des âges. C’est aussi signes du résultat des désirs appétitifs et sans limite des exploiteurs de territoires de rêves et de silence. Avant leur passage c’est l’objet poli par le temps, petit, menu, tout rond, plein de mystères.

 

Cette œuvre est trace de tordures à un être qui ne peut que crier son mal et hurler sa douleur dans son espace intérieur, car il n’a pas la parole, ou on ne l’entend pas ou on ne l’écoute pas.

Nous pourrions appeler cela la distorsion appétitive vorace et cruelle.

 

C’est aussi comme un grand Cri lancer dans un millénaire à venir en pensant à Camus : Dans quel siècle, la lune ma sœur est morte et …  «  pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, … souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs, le jour de (leurs) exécutions et qu’ils (les) accueillent avec des cris de haine. » (L’Étranger)

 

Serge Gagné

 

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