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1007 articles avec glanures

Jean-François Caron

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Coucher de soleil à Saint-Norbert d'Arthabaska

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photo: Dominique Huot

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Pour la démocratie

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Il y a deux démocraties possibles

 

L'une fait de gros sous avec la destruction de bâtiments patrimoniaux, menace la vie sociale, illusionne avec les projets de fausses retombées économiques pour quelques-uns, détruit les paysages patrimoniaux, bouleverse la vie fraternelle, amicale et parentale, agite le spectre du progrès comme justificatif de modernité et d'avancement, se rallie à l'idéologie du profit pour le privé et de pertes pour le public, implante des projets ruineux, anti-démocratiques, fait la sourde oreille aux cris avisés citoyens, musèle les droits de parole, chronomètre la richesse de l’expression, réduit et cadence les lieux du dire ce que nous sommes aux autres, enrichis quelques-uns pour appauvrir l'ensemble, met la région en feu et la civilisation en cendres, fait des Bois-Francs la porte de la région des ténèbres, donne nos ressources pour des peanuts en niant la volonté citoyenne dans toutes ses différences. Elle maquille la liberté, étouffe les arts, piétine la pensée, glorifie le dieu argent, détruit le patrimoine sans considération de l'importance des traces signifiant ce que nous sommes et permettant de comprendre d'ou nous venons en allant vers notre destinée.

 

Et puis l'autre, le lieu de tous les citoyens-nes dans toutes leurs différences, celle qui peut et veut rejoindre tous les peuples un jour. Elle affirme une liberté sans usurpation et sans violence. Elle cherche l'égalité qui permet une croissance naturelle pour chacun, une fraternité, un partage. Elle assure l'enseignement, la connaissance, comme le soleil donne la lumière, gratuitement. Elle favorise la clémence des lois et une conciliation impliquant le citoyen en amont pour les responsabiliser en aval.

 

Elle privilégie les transports en commun, moins polluant, elle reboise le territoire tout en le respectant dans a finalité. Elle comprend les agriculteurs, les forestiers, les acériculteurs dans cette modernité où le marché veut tout régimenter. Elle prend partie pour ses citoyens contre la machine à profits et à enrichissement. Elle défriche, agrandit le patrimoine agricole tout en mettant à sa place la folie suicidaire du développement durable dont l'une des finalités est l'industrialisation de toute parcelle d'éternité et de beauté pour y introduire, cadences, horaires, compteurs, tour de cadrans pour permettre aux actionnaire d'empocher les bénéfices. Elle protège l'usufruit de nos ressources en respectant les premiers habitants dans leurs droits et privilèges. Elle se met au diapason des différences pour résonner fort et magistralement. Elle est antidote au catimini, aux lobbys, aux  zamis, aux larbins. Elle s’alimente au souffle de la parole des citoyens et aux signes du territoire. Elle a dans sa besace la sagesse de la précaution et la dynamique de la consultation. Elle considère que le travail, passé, présent,  futur, est un des moyens pouvant permettre l'accès à la propriété et au crédit. Mais elle s'occupe aussi de rendre possible ces aspirations grâce à d'autres moyens.

 

Elle contribue pacifiquement à résoudre le glorieux problème du bien-être collectif. Elle rend possible l'affirmation des artisans en favorisant l'utilisation des outils industriels, scientifiques, artistiques, intellectuels. Sans se fier aux esprits, aux colifichets, aux gurus, sans négliger le possible, le vrai, elle poursuit la réalisation sereine de tous les grands rêves de sagesse, de paix et d'harmonie.

 

Elle privilégie l'existence de toutes les valeurs et occupations en prenant pour acquis que le fort ne peut se faire sur le faible. Elle exerce le pouvoir sur la même base que la liberté, cad un droit pour tous et toutes. Elle subordonne la force à une intelligence qui respecte les autres dans toutes leurs différences. Elle est frein au terrorisme, bras armé de la barbarie. Elle peut faire la loi des citoyens  pour calibrer le rythme de la paix.

 

De ces 2 démocraties nous privilégions l'autre, celle aux gestes responsables pour civiliser, alors que l'une cadence la tourmente.

 

Travaillons à affirmer la différence pour établir l'autre et empêcher l'une.

 

Serge Gagné

 

 

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Sous l'arche du temps

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Qu'est-ce qu'un regard ?

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Performance de Marina Abramovic au MOMA en 2010

 

Des visiteurs du musée viennent s’asseoir en face d’elle pour qu’elle les regarde en silence pendant 60 secondes. Jusqu’à l’arrivée à son insu d’Ulay, un artiste allemand avec lequel elle partageait sa vie dans les années 70 et qu’elle n’avait pas revu depuis 23 ans…

 

 


 

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Les milliardaires vous remercient

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Les 1.000 milliardaires recensés sur cette planète vous remercient pour votre formidable aptitude à les enrichir quotidiennement, en privilégiant leurs produits manufacturés, payés des clopinettes aux milliards d’esclaves des pays sous développés, et que vous achetez cent fois plus cher chez vos commerçants locaux.

 

Les 500 grandes multinationales qui contrôlent 52% du produit brut et détiennent davantage que les 133 pays les plus misérables, sont ravis que vous vous précipitiez dans leurs grandes surfaces tueuses de petits commerces. Leurs banques peuvent aussi racheter avec les intérêts de vos emprunts les faillites de vos centre-ville, afin d’y installer leurs robots distributeurs inhumains mais bien plus rentables, puisque n’étant pas soumis aux cotisations sociales.

 

Les 358 familles les plus riches qui possèdent la moitié de la fortune mondiale se régalent à l’idée que vous achetiez leurs produits et apprécient la pub que vous faites pour leurs noms désormais célèbres. Elles se réjouissent que vous acceptiez de payer très cher leurs marques afin  de paraître plus riches que vous n’êtes. Et trouvent amusant que vous ayez la gentillesse de bien vouloir les porter en circulant en ville, afin que tout votre petit monde les voient, les envient, et ainsi les achètent à leur tour. Merci de favoriser leurs commerces et de suivre leurs modes très vite obsolètes, mais aussi rapidement renouvelées.

 

Les milliardaires du monde entier et leur cohorte des plus belles filles du monde qui font la une des magazines que vous achetez, remercient également vos armées de bien vouloir, aux frais de vos peuples et des contribuables, faire respecter l’ordre dans les couloirs que franchissent nos yachts en acajou pour pouvoir en paix rejoindre nos nombreux paradis fiscaux. Ceci nous encourage à continuer encore longtemps, puisque c’est à vous que nous devons de nous gaver quotidiennement de caviar, de champagne, de dormir dans des suites cinq étoiles et de rouler en somptueuses voitures de sport.

 

Continuez donc bien sagement à vous en prendre aux fonctionnaires feignants, aux cloportes gauchistes et aux grévistes preneurs d’otage et autres salauds comme Chavez. Pendant que l’on fait assassiner peinard les journalistes d’opposition au Honduras et les syndicalistes tout frais du jour en Colombie dans la plus exquise des confidentialités, rien ne se sait et tout se poursuit. Merci également de nous laisser exploiter les dernières ressources planétaires tout en détruisant la nature avec une certaine désinvolture. Et ensuite c’est vous qui payerez au bout de la chaine de distribution, le supplément que représente l’horrible problème posé par les déchets qui débordent dans vos poubelles et infesteront vos vies et celles de vos générations futures.

 

Merci encore, de soutenir les contre-réformes consistant à vous déposséder (au nom de la compétitivité) de vos derniers droits sociaux, et d’accepter une baisse constante de vos salaires.

 

Merci surtout de dépenser votre énergie à vous dévorer entre vous, à vous défouler consciencieusement sur du bouc émissaire à forte teneur appauvrie, car sans cela, je dois bien vous l’avouer, à 1000 contre 7 milliards, on aurait quand même un peu de mal à garder nos distances.

 

Texte original et intégral sur Le collectif des va s’y milliardaires http://www.zinfos974.com/

 

en attendant de tous les remercier

 

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L'empire Desmarais: un bilan s'impose

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Les éloges à l’endroit de Paul Desmarais convergent sur ce que l’homme d’affaires aurait donné au Québec. Mais peu s’attardent sur ce que le Québec et son État ont donné à M. Desmarais. Il y a une réponse courte à cette question : tout !

 

Sans le Québec, un Québec qui aspirait, selon les mots d’un contemporain célèbre, à devenir « non pas une province pas comme les autres, mais un pays comme les autres », l’avenir canadien de Paul Desmarais aurait été bouché. « Les Canadiens français qui se sentent menacés se sont toujours tournés vers le Québec, disait-il. Cela fait partie de leur conscience et cela fait partie de la mienne. » Des journalistes d’affaires de l’establishment canadien, dont Peter C. Newman et Diane Francis, ont d’ailleurs attribué son ascension rapide dans les années 1960 au fait qu’il était « French Canadian and politically correct », bref, un archi-fédéraliste canadien-français capable de protéger leurs intérêts et de faire obstacle à l’indépendance du Québec. Ce constat, qui n’enlève rien à Paul Desmarais, est pourtant accablant pour le Canada, qui se targue d’être le paradis de la diversité.

 

Empire financier

 

Entrepreneur, Paul Desmarais ne l’a jamais été : « Je ne trouve rien que j’ai commencé […] commencer à zéro, c’est trop lent pour moi », a-t-il dit. Bâtisseur ? Peut-être, mais d’un empire financier construit par la recherche constante de liquidités permettant d’accroître sa fortune personnelle. Les liquidités de l’ampleur de son ambition ne pouvaient se trouver que dans le giron de l’État, principalement celui du Québec. C’est l’histoire de la prise de contrôle par Paul Desmarais de Gelco (Gatineau Electric), devenu Gesca, et de Power, qui disposaient d’importantes liquidités versées par l’État. Après la prise de contrôle de Power et de La Presse est apparue la notion de l’État Desmarais. C’est le jeune député libéral Yves Michaud qui a sonné l’alarme à l’Assemblée nationale en 1968. Trop peu l’ont entendue.

 

Très tôt, Paul Desmarais a appris à cultiver des liens étroits avec les politiciens, de sorte que tous les premiers ministres du Québec et du Canada depuis Maurice Duplessis, à l’exception de René Lévesque et de Jacques Parizeau, lui mangeaient dans la main.

 

On parle de la fausse fuite des capitaux en 1967 à laquelle Paul Desmarais a participé pour amener Daniel Johnson à effectuer une volte-face sur l’indépendance après pourtant avoir été élu sur le slogan « Égalité ou indépendance ». Mais on parle moins de la vraie fuite de capitaux du début des années 1990 dont il a été l’architecte, mais cette fois en douceur et sous le nez de son fidèle ami Robert Bourassa. Début 1989, dans la plus importante transaction financière de l’histoire du Canada, Desmarais vend à des Américains pour plus de 2,6 milliards de dollars la Consolidated-Bathurst, joyau de l’industrie papetière québécoise qui avait profité depuis des dizaines d’années des largesses du gouvernement du Québec. Suit la vente de Montréal Trust pour 550 millions. Voilà un pactole de 3 milliards arrachés aux ressources naturelles et à la sueur des travailleurs et travailleuses du Québec.

 

État Desmarais

 

Même en jouant les fantômes, dont Paul Desmarais était le maître, il a été harcelé par les journalistes, syndicats et politiciens qui voulaient savoir où il allait investir. Ses réponses vagues se résumaient comme suit : l’incertitude politique du Québec effraie les investisseurs comme nous et nous voulons un taux de rendement d’au moins 15 %. Alors que dans les années 1970 un conseiller insistait pour que René Lévesque rencontre Paul Desmarais car il faisait « vivre la moitié de la province de Québec ». Ce ne serait plus jamais le cas. Hormis ses journaux, il n’investira rien au Québec après 1990, se satisfaisant d’un mécénat pour amadouer la basse-cour. Il n’est pas étonnant donc que, à la veille du référendum de 1995, Jacques Parizeau ait parlé d’un État Desmarais qui, ayant fait fortune ici, gardait une main haute sur la politique québécoise tout en investissant ses millions partout, sauf au Québec.

 

Nationaliste canadien-français

 

D’aucuns qualifient Paul Desmarais de nationaliste. Le Canada est ainsi fait que, sans changer de nom et sans abandonner totalement son héritage, il n’avait pas d’autre choix. Mais il serait nationaliste canadien-français, pas québécois. Ce nationalisme, d’ailleurs, lui ouvrait les portes des premiers ministres. Il a choisi le rôle de minoritaire prospère, comme il l’a expliqué à Peter Newman : un modèle oui, mais un modèle sévère avec ses co-minoritaires. Or, lorsque l’establishment canadien lui assénait des camouflets successifs (Argus 1975, Canadien Pacifique 1982), il avait deux options : accepter son statut ou embrasser le credo collectif québécois incarné par les souverainistes - le gouvernement Lévesque a fait des appels en ce sens, notamment sur la propriété du Canadien Pacifique via la Caisse de dépôt en 1982. Son choix a été de rester le minoritaire prospère, probablement par crainte pour sa fortune personnelle mais aussi parce que le projet collectif québécois était foncièrement social-démocrate tandis que lui se disait « résolument conservateur » - Ronald Reagan « était le meilleur », selon lui. Donc, il l’a combattu de toutes ses forces.

 

Quelles leçons tirées de Paul Desmarais ?

 

Jean Bouthillette a bien résumé le personnage en 1972 : « Cette ambiguïtéest à la source de l’opportunisme politique de notre « bourgeoisie traditionnelle », qui fut - et est encore - à la fois nationaliste et « collaboratrice », son instinct de survie lui commandant à la fois, pour se tenir en selle, de flatter le peuple par des slogans autonomistes et de rassurer l’Anglais en l’assurant de notre docilité. Le dédoublement de la personnalité a conduit tout naturellement au double jeu politique, caractéristique des peuples dominés. »

 

Saurons-nous reconnaître dans la bergerie aujourd’hui d’autres loups drapés en habits de laine qui confondront leurs intérêts privés avec les intérêts collectifs du Québec, et nous confondront ?


Robin Philpot  Le Devoir

 

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Gardons le pas Gagné

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C'est maintenant public, je suis candidat.
Mais je suis dubitatif sur le point qu'il faille être le meilleur pour gagner. Cela semble être une toute autre histoire. Celle des comparatifs, des moyennes, des performances, des critères d'excellence. Je ne veux pas devenir le meilleur des pires.
Dans l'état de la situation, c'est juste un contexte d'être responsable et d'aimer le partage.
Pas question pour moi d'être le candidat du racolage, du serre-les-mains forcées, du sourire opportuniste.

Ce travail je le vois comme un défi avec son lot de surprises, de merveilleux, de banal.
Pour y parvenir mentionnons quelques principes d'action pouvant guider notre action : prévalence de la liberté pour tous et toutes, indépendance par la laïcité, affirmation du français, nécessité d'une éducation gratuite, urgence culturelle, affirmation de nos origines, force du partage, nécessité de l'autonomie alimentaire, nationalisation des ressources, écologie responsable, syndicalisation active, ouverture aux nouvelles énergies et présence citoyenne tout le temps.
Avec ces balises en mémoire, nous seront en mesure d'aviser et d'éclairer quand il faudra traverser le pont.

J'emprunte au poète Jean-Marc La Frenière quelques phrases, quelques pensées pour circonscrire poétiquement un peu ce que je suis :
" Je suis de grains de sable enrayant la machine. Je suis des lacs et des rivières… Je suis du drapeau blanc qui sert de pansement, du drapeau noir qui saigne, de la colombe en cage qui ronge les barreaux…
Je ne suis pas des lois dont on fait des barreaux, des dollars dont on meurt, des éoliennes géantes qui remplacent les arbres, des usines à prières qui massacrent les hommes… Je suis de l'absolu comme on naît de la mer. "(1)
"Je suis avec les pauvres, les créateurs, les fous. Je suis de toutes les vies, de toutes les misères, de toutes les étreintes. "(2)

En brandissant quelques-unes de ces balises nous, moi, les citoyens-nes qui m'appuieront et les autres qui méritent le respect, affronterons l'une des tâche les plus importantes soit celle de se démarquer du rang des médiocres qui ont accepté de nous réduire à des clauses où ils nous ont vendus ainsi que le territoire pour des peanuts pour quelques-uns, sans la moindre consultation des populations locales concernées. Il faudra identifier l'ampleur des droits cédés, des obligations imposées, sans justes compensations et sans notre volonté, pour connaître l'état des lieux et agir dignement dans le futur immédiat.


Un maire et une volonté citoyenne clairement positionnés pourront tenir tête à ces corsaires des temps modernes et leurs partenaires. Un travail nécessaire, agrandir les sangles du carcan qu'ils nous ont tricoté sans notre accord et auquel notre dignité demande de ruer dans les brancards pour se libérer. Entre autres mailles : un RCI (270) de complaisance pour baliser l'implantation industrielle et nier la réalité citoyenne, aliénation de nos possibilités de corriger par une réglementation tenant compte de la volonté et des intérêts citoyens, absence de représentativité citoyenne démocratique, aliénation de nos intérêts dans une MRC assujetti au promoteur, marquage inaliénable du territoire et du paysage, réalité d'un pactéole nettement insuffisant pour compenser les pertes, banalisation du jeu des conflits d'intérêts eu égard aux conséquences pour l'ensemble de la population, déshabillage de Jacques pour enrichir Joseph-Henri, négation de l'état d'impacté conséquente à l'invasion industrielle, illusions d'un pactéole sans avantage pour les citoyens.

Quand je monte la côte j'ai mal à ma dignité de voir toutes ces usines à ciel ouvert dont chaque révolution de pale nous enfonce dans le déficit honteux de la dépense inutile et dans les méandres de la division sociale. Quand je passe sur la rue Principale je vois un grand vide, là où aurait pu exister un lieu capable de solidariser, occuper la communauté et valoriser le trésor intergénérationnel. Je vois aussi le futur centre municipal et financier imposé (pour faire big) sans aucune véritable consultation, sans véritable besoin ni urgence. Un peu plus loin j'essaie d'imaginer les nouvelles pissotières pour le cache-lac.

Nous ne nous coucherons pas et n'abandonnerons pas le territoire et les droits qui sont nôtres.
Affronter l'affairisme et le productivisme indigne et opportuniste est un droit et même un devoir.
Dimanche le 3 novembre 2013, gardons le pas Gagné, Cela ne pourra pas toujours et jamais ne pas arriver.



1- Extraits Avec des bouts de ficelle, La Matière du monde, VLB
2- Extraits Avec un brin de paille, J'écris avec la terre, Chemin de plume

"Dans le paysage saigné à blanc,
Je donne à toute éventualité,
l'ordre de monter à l'assaut
"

Pierre Perrault, Gélivures



Serge Gagné,

St-Fer le 14 octobre 2013

 

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Non, Monsieur Parizeau

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Vous savez tout le respect, toute l’admiration et toute l’amitié que je vous porte. Toutes les fois que vous avez fait appel à moi quand vous étiez premier ministre du Québec, que ce soit pour la Commission sur l’avenir du Québec ou pour le référendum de 1995, c’est dans l’enthousiasme que j’ai travaillé à vos côtés.

 

Le soir même du référendum de 1995, je vous ai fait parvenir un télégramme dans lequel je vous écrivais que malgré tout ce qu’on dirait de votre phrase (« Nous avons perdu à cause de l’argent et du vote ethnique »), vous n’en aviez pas moins raison, ce que les faits ont d’ailleurs confirmé par la suite. Même Jean Chrétien l’a avoué devant la Commission Gommery, disant : « Nous étions en guerre, et quand on est en guerre, tous les moyens sont bons pour la gagner ! »

 

Jeudi dernier, j’étais devant mon téléviseur quand vous avez été interviewé par Anne-Marie-Dussault sur le projet de cette charte des valeurs que propose le gouvernement péquiste. Dois-je vous dire quelle tristesse fut la mienne quand je vous ai vu aussi fragile physiquement et intellectuellement ? Pour tout vous dire, j’ai pensé que vous n’étiez pas en état de répondre aux questions-torpilles de Madame Dussault. Votre discours m’a paru incohérent, parfois paradoxal, mais surtout équivoque. Je n’ai trouvé qu’un mot pour décrire votre intervention : inconvenante, dont l’un des sens signifie indécente, comme vous devez le savoir.

 

Il était tout à fait inconvenant, indécent et équivoque de votre part de comparer l’abandon des signes religieux (qu’on dit maintenant ostentatoires) de l’Église québécoise catholique à la fin des années 1960 à la réalité d’aujourd’hui. Vous avez dit : « On n’a pas eu recours à une loi sur la religion pour que ça se fasse. » Sous-entendu : « Pourquoi y aurait-on recours aujourd’hui ? »

 

J’ai trouvé étonnant de votre part que vous n’ayez pas compris qu’entre le Québec des années 1960 et celui d’aujourd’hui, il y a tout l’espace qui sépare la Terre de la Lune. Alors que le Québec francophone s’est engagé avec enthousiasme sur la voie de la modernité et de la laïcité, ailleurs dans le monde l’islamisme doctrinaire a suivi les traces du sionisme : la religion est devenue le gros bras du pouvoir politique. Religion et politique sont donc inséparables, et c’est au nom de cela que se battent les musulmans intégristes, leur but avoué étant de constituer un empire moral dominé par une religion politique dégradante pour l’humanité.

Dans l’entrevue que vous avez accordée, vous avez rejeté du revers de la main l’importance du foulard que portent les femmes musulmanes comme s’il n’était pas le symbole même de cet intégrisme islamiste qui ne peut être toléré dans un État laïque.

 

L’État laïque ne peut pas l’être à moitié. Il doit l’être totalement et ne faire aucune exception. Vous dites dans votre entrevue que l’on doit enlever le crucifix qu’il y a à l’Assemblée nationale. Mais vous suggérez aussitôt qu’on l’installe quelque part ailleurs au Parlement ! Ce qui revient à affirmer : « Soyons hypocrites. Retirons le crucifix de l’église, mais donnons-lui sa place à la sacristie ! » Cela aussi est du domaine de l’inconvenance, de l’indécence et de l’équivoque. Du genre de celui de Monsieur Applebaum qui portait la kippa quand il s’est présenté à la mairie de Montréal (pour symboliser la pureté qu’il prétendait représenter), mais qu’il prit soin de garder dans sa poche quand il dut démissionner pour avoir été accusé de corruption !

 

Dans votre entrevue, vous proposez l’étapisme comme moyen d’arriver à la laïcité. C’est une aberration qui nous ramènerait tout droit à ces accommodements déraisonnables dont on a déjà fait la triste expérience.

Si j’appuie le projet de charte du gouvernement péquiste, on ne pourra certainement pas m’accuser de le faire par partisanerie ! Ce qui ne signifie pas que je suis totalement en accord avec ce qui nous est proposé, surtout pas avec l’appellation « charte des valeurs québécoises ». C’est de laïcité qu’il s’agit ici, qui n’est qu’une valeur importante parmi beaucoup d’autres, dont celles de la langue et de la culture.

 

Une charte de la laïcité doit donc établir fermement la neutralité de l’État partout où il se trouve, et tous ses employés doivent s’y conformer. L’un des aspects le moins admissible de la charte proposée par le ministre Bernard Drainville est celui qui accorderait aux élus de l’État, aux cégeps et aux universités notamment, le droit de ne pas y être assujettis, non seulement pour une période de cinq ans, mais avec possibilité de ne l’être jamais, puisque ce privilège serait renouvelable. C’est là quelque chose d’inacceptable, la laïcité n’étant pas un élastique qu’on peut étirer à demande. Les lois étant garantes autant du présent que de l’avenir, elles doivent être claires et être appliquées dans leur entièreté dès leur promulgation. Les exceptions ne font pas qu’infirmer la règle : elles la rendent impraticable.

 

Cher Monsieur Parizeau, si le gouvernement devait écouter tous ceux qui, comme vous, demandent « assouplissements » et « compromis », il n’y aurait en définitive que les Québécois de souche dits ordinaires qui y seraient véritablement assujettis ! C’est la conclusion que je tire de votre entrevue, laquelle s’est d’ailleurs terminé sur cette phrase : « Vous savez, les Québécois ne sont pas méchants ! » La Révolution tranquille, mais à l’envers. Quel naufrage !

 

Voilà pourquoi, cher Monsieur Parizeau, j’ai trouvé votre entrevue avec Anne-Marie Dussault inconvenante, indécente et équivoque. Je tenais à ce que vous le sachiez au nom du respect, de l’admiration, de la reconnaissance et de l’amitié que j’ai et que j’aurai toujours pour vous.

 

Victor-Lévy Beaulieu

 

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Biographie d'une équation

Publié le par la freniere

 

 

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