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En char avec Gaston Miron

Publié le par la freniere

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Je me remémore souvent les rencontres anciennes quand je suis mal fichu. Quand ma tête après trop de doses d’élévation ou d’alcool retombe comme une chiffe molle sur le sol.

 

Celle qui occupe mon cerveau, aujourd’hui s’est déroulée le 15 décembre 1984. C’était rue Monsieur le Prince, dans le chic quartier de Paris, le Saint-Germain des Prés.

 

Je rendais visite à Pierre Béarn, que la mort ne venait pas chercher et qui s’activait à quatre vingt deux ans comme un gosse à rédiger sa revue littéraire « La Passerelle » de sa seule signature.

 

Le bon diable avait salué mon premier livre dans sa rubrique littéraire.

 

Je n’ai jamais su comment il se l’était procuré, un ami en commun probablement. Alors pour l’usage et les bonnes manières, j’étais venu le saluer en guise de remerciement.

 

Je suis passé alors qu’il accueillait l’auteur de « l’homme rapaillé », Gaston Miron, qui voulait aussi me rencontrer.

Entre ce québécois et moi, allez savoir pourquoi, le courant est immédiatement passé.

 

Nous avons laissé le vieux Monsieur et à bord de son « char », il m’a amené boire et manger dans son appartement rue Vaugirard où il logeait alors.

 

Il m’a offert son livre (voilà pourquoi je connais la date), ornée d’une jolie dédicace sincère : « A... avec amitié et connivence, ces poèmes de mon identité et de mon entêtement, avec les mots de nos français mêlés et de notre héritage ensemble, dans cette Amérique française ».

 

C’était le type genre enthousiaste et à mesure que nous mettions les dentelles qui allaient lier l’amitié (avec quelques verres alcoolisés bien entendu), il échafauda le projet de me ramener avec lui dans sa terre natale, en tant que secrétaire rémunéré et ami buveur.

 

J’ai refusé, la peur du froid probablement.

 

Je lui ai promis de lui donner régulièrement de mes nouvelles et d’aller le voir là bas quand les finances le permettraient. J’ai tenu ma première parole, pas la seconde. Quand le manque d’argent ne tarauda plus mon échine, en 1996, je projetais de lui envoyer un courrier pour qu’il m’accueille l’année suivante. La gueuse me l’a fauché avant...

 

Triste sort, triste vie.

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***

Une phrase Gaston Miron qui me concerne particulièrement : J’écris ces choses avec fatigue comme celui qui disait « être las de ce monde ancien »

 

***

Blanche fut la première nuit en compagnie de Gaston Miron. Nous avons fait un tour dans toutes les poésies en lapant des étoiles comme on gobe des fruits. C’était à sept heures du matin avec son accent guttural et tonitruant qu’il m’invita à nous séparer. Il avait « un fonctionnaire de la culture à aller voir ». Nous avons marché quelques pas dans la rue. Nous nous sommes embrassés sans chichis. Avec son livre sous le bras, je l’ai quitté. Ma tête était légère comme une plume et je me répétais pour moi-même, ces vers qu’il m’avait cité au moins une dizaine de fois dans la nuit : « Vous pouvez me bâillonner, m’enfermer avec votre argent en chien de fusil/avec vos polices et vos lois je vous réponds NON (la batèche de l’homme rapaillé bien sûr.)

 

***

Combien de fois ai-je vu Gaston Miron, physiquement s’entend ? Je ne sais plus. Ce que je sais, il est souvent en moi et je replonge souvent dans son œuvre. La poésie c’est d’être mort chez les vivants et vivant chez les morts. Elle m’est venue comme cela cette phrase dans l’appétit de ses mots.

 

Serge Thébault

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Les rues sont belles

Publié le par la freniere

musique: Avec pas d'casque 

 

 

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Danielle Roger

Publié le par la freniere

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Merci, Gabriel !

Publié le par la freniere

Depuis le début de la grève étudiante, le gouvernement et la plupart  des éditorialistes et commentateurs ne cessent de s’en prendre à Gabriel  Nadeau-Dubois, le leader de la CLASSE. Pourquoi donc? Parce qu’il est le seul à garder le cap sur la raison qui a amené les étudiants à entrer en grève : la hausse des frais de scolarité. Sans Gabriel Nadeau-Dubois, ce réveil des étudiants et, plus généralement, de la population québécoise, aurait-il lieu?

 

Permettez-moi d’en douter. Ce ne sont certainement pas les grandes centrales syndicales, devenues si veules, qui auraient pu marquer ce réveil. Quand le président de la FTQ se permet à la fin d’une conférence de presse de ridiculiser  Gabriel Nadeau-Dubois, sous les rires gras des journalistes, le message me paraît clair : « Tasse-toi, le jeune. Mononque va prendre tout ça en main.  Mononque est habitué à négocier, c’est-à-dire  à ménager le chou et la chèvre.»

 

Cette semaine encore, la FTQ  et les autres centrales syndicales auraient voulu « contrôler » la grande manifestation de Montréal.  Ça n’a pas marché vraiment, et toujours pour la même raison : même les grandes centrales syndicales ne veulent pas parler de la hausse des frais de scolarité. Évidemment, Jean Charest a tout de suite frappé sur son vieux clou rouillé : à l’entendre, seul Gabriel Nadeau-Dubois a vraiment défié la Loi 78!

 

Quant au PQ, il ne voit que le petit Léo dans sa soupe. Le petit Léo, qui semble si vulnérable,  serait pour les accommodements raisonnables. Conseillé par  mon ami Gilles Duceppe qui, par deux fois, a fait preuve de lâcheté en renonçant à faire la lutte à Matante Pauline,  il garde un mutisme absolu sur la hausse des frais de scolarité.

 

Et que dire de la réaction de Michelle Courchesne hier? Son point de presse était de l’hystérie pure, à ce point qu’elle y a mis brutalement fin avant que les plombs ne sautent  pour de bon! Évidemment, Michelle Courchesne  s’est dite prête à « discuter » avec les leaders étudiants en exceptant toutefois Gabriel Nadeau-Dubois. Mais discuter de quoi? Pas des frais de scolarité ni d’un moratoire! Alors, de quoi? De rien, bien évidemment! Quand elle a été nommée ministre de l’Éducation, son mandat était de rencontrer les leaders étudiants pour « une simple mise en lieu » avant de faire rapport au premier ministre. On sait maintenant le pourquoi de cette initiative : le gouvernement de Jean Charest avait besoin d’une journée afin de peaufiner sa Loi 78!

 

Le nouvel appel lancé aux étudiants est aussi cousu de fils blancs : le gouvernement a besoin d’un peu de temps pour pouvoir incriminer les leaders de la CLASSE, et particulièrement Gabriel Nadeau-Dubois. Dans les entrevues accordées hier par les porte-parole de la police de Montréal, c’est ce qu’ils disaient, à mots à peine couverts. Encore une fois, le petit Léo va se faire rouler dans la farine par une ministre sournoise et hypocrite! Il n’en verra rien et le bon peuple non plus. Au contraire, la cote de popularité du bon petit Léo ne fera qu’augmenter : au Québec, on aime les leaders fragiles et vulnérables… un restant du temps que nos familles étaient nombreuses et qu’on prenait plus de temps à dorloter les enfants fragile et vulnérables que les autres.

 

Aussi, vais-je le répéter : Merci, Gabriel. Comme l’a dit Jean-Paul Sartre, on n’est jamais assez radical, surtout quand on est jeune et qu’on a devant soi tous ces corps morts d’un passé révolu.

 

 

Victor-Lévy Beaulieu

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Médiathèque Gaetan Dostie

Publié le par la freniere

Chants et poèmes, spectacle du 26 mai 2012 avec
Daniel Boucher et Alexandre Belliard en chanson,
Élise Turcotte et Tony Tremblay en parole.

Au bénéfice de la
Médiathèque littéraire Gaëtan Dostie
Musée des arts littéraires
1214 de la Montagne, Montréal (métro Peel ou Lucien-L'Allier)

 

Contribution volontaire: $25.
Réservation par courriel: info@mlgd.ca ou au numéro 514 861-0880 site internet: www.mlgd.ca

Organisée par Alexandre Belliard pour soutenir la MlGD, cette 12e soirée, samedi le 26 mai, réunit Daniel Boucher, Alexandre Belliard, Élise Turcotte et Tony Tremblay.

Daniel Boucher s'est découvert avec Cégeps en spectacle organisé par Michel Drainville, membre de notre CA. Depuis, cinq disques et sa participation au récent spectacle musical des Filles de Caleb en font une voix prépondérante sur la scène d'ici.

Alexandre Belliard mène non seulement une carrière d'auteur-compositeur-interprète brillante, mais, tant à travers son plus récent disque Légendes d'un Peuple que comme chroniqueur historique à la radio de Radio-Canada, il s'avère un communicateur motivant et un historien passionnant.

Élise Turcotte cultive tant la poésie que le roman, voire le roman-jeunesse. Depuis le Prix Émile Nelligan jusqu'au Grand prix du livre de Montréal, les plus hautes reconnaissances célèbrent déjà chaque facette de cette œuvre majeure.

Tony Tremblay étonne par sa polyvalence : poète bien sûr, récipiendaire du Prix Nelligan entre autres, mais encore plus connu pour son travail d'animateur-réalisateur à la radio de Radio-Canada, de directeur de revue littéraire et de performeur.

 

Le spectacle débute à 20 h. et est précédé d'une visite guidée avec Gaëtan Dostie, du premier étage du musée, à 19 h.

La succession Rémi-Paul Forgues, 1926-2012, poète et peintre du Groupe des Automatistes au milieu des années 40, vient d'offrir à la Médiathèque un fonds composé de manuscrits, dessins, photos, archives diverses. Une fascinante gouache automatiste de 1951, des photos et un poème manuscrit sont présentés pour la première fois dans le salon dit du Refus global.

Le moratoire décrété en 2000 contre toute nouvelle institution muséale ou patrimoniale étant toujours effectif, votre contribution est essentielle à notre développement, et nous vous en remercions.

 

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J'ai vu des tyrans

Publié le par la freniere

Je suis damné de par ma mémoire. Je suis de la génération des « Assieds-toi devant le téléviseur et sois gentil » ou mieux connue de certains en tant que « Assis-toé d’vant tévé pis farme ta yeule »… À cette époque, il n’y avait que deux chaînes compréhensibles pour moi, Radio-Canada et Télé-Métropole. Pas de console de jeux, rien. C’est pour dire que la multitude d’informations possibles sur l’actualité était filtrée au strict minimum. Le temps des nouvelles quoi ! Et je les regardais ces nouvelles. Et j’ai vu…

 

J’ai vu des tyrans de partout dans le monde. J’ai vu leurs ombres planer sur tous les pays, toutes les races, toutes les religions et sur toutes les libertés.

 

J’ai vu un homme s’immoler sur la place publique qui protestait contre l’invasion d’un empire totalitaire. J’ai vu un homme qui se proclamait le « roi des rois » rouler avec sa Rolls Royce en or sur les cadavres de son peuple, mort de faim, gisant dans les rues menant à son palais. J’ai vu un pape refuser d’accorder une dispense pour avortement à des femmes ayant été violées par leurs génocidaires dans un programme primitif et barbare de repopulation ethnique. J’ai vu de jeunes Khmers rouges abattre leurs parents d’une balle dans la tête pour prouver leur foi en la « cause » de leur chef juché sur une montagne de crânes. J’ai vu des enfants orphelins, handicapés pourrir dans leurs souillures depuis des décennies parce qu’un sale porc qui se prétendait socialiste était en fait un des pires capitalistes qui puisse exister. J’ai vu une fillette courir nue, le corps embrasé par du napalm résultant de l’invasion d’un empire totalitaire. J’ai vu des enfants mourir de faim depuis plus de quarante ans et sans cesse dans ma tête résonnent les paroles de Jean Ferrat ♫quelque part, rien ne change, rien ne change, rien ne change…♫

 

J’ai vu le premier ministre d’un des plus grands pays qui soit, dire d’aller chier à des travailleurs qui faisaient la grève simplement pour améliorer leurs conditions de travail aujourd’hui avouées inacceptables. J’ai vu ce même premier ministre retirer les droits fondamentaux de tous les citoyens d’une province prétextant le sort deux hommes seulement. J’ai vu mon père inquiet pour sa famille, chaque soir en ces temps-là, se demandant s’ils ne viendraient par pour lui parce qu’il était membre d’un parti indépendantiste. …et on les arrêtait les indépendantistes !

 

J’ai vu tout ça, et bien plus encore. Ces images se bousculant dans ma tête sont pour moi aussi claires et fraîches qu’elles le seraient pour vous si vous les aviez vues hier à RDI ou CNN. Elles me hantent et me hanteront jusqu’à ma mort. C’est mon don et ma damnation, ma mémoire des images… Et là, je vois ces images se reproduire ici. Peut-être pas avec autant de cruauté ou d’inhumanité, mais ai-je vu les premières images d’ailleurs ? Non, je n’ai vu que les pires. Celles qu’on se décidait enfin à nous montrer parce que la situation était devenue trop insoutenable, trop horrible…

 

Mais en ce moment, vous venez de les voir NOS premières images, hier sur votre téléviseur. Hier, avant-hier, la semaine dernière, le mois dernier ou depuis un an.

 

Qu’attendez-vous pour manifester votre indignation à votre tyran ? Quoi ? J’exagère ? « Ce n’est pas un tyran… », « Nous sommes en démocratie… » Eh bien si, comme je vous l’entends dire, il n’y a que les résultats qui comptent, et que les moyens importent peu… NON, ceci n’est plus une démocratie. C’est une dictature masquée. Au Québec, nous avons un premier ministre qui agit comme s’il avait été nommé « El Presidente de por Vida »…

 

Depuis combien de temps réfute-t-il les faits, ment, prétend l’ignorance, ignore les cris de son peuple, conspire, magouille, traficote, bouffonne comme un sale connard… ?

 

Un quart de million de signatures en une seule pétition, ce n’est pas négligeable !

 

Depuis combien de temps met-il en place les pièces artisanes de notre assimilation, de notre disparition linguistique et culturelle ainsi que notre perte d’identité ?

 

Faire assassiner tous les professeurs n’irait pas plus vite !

 

Depuis combien de temps prépare-t-il sa retraite avec un salaire forcément avoué en promettant et donnant tout à l’étranger, creusant ainsi notre tombeau financier pour ne nommer que ce dernier ?

 

Si un tyran fait exécuter tous les professeurs, les docteurs, les intellectuels de sa nation, c’est pour en éliminer la pensée contradictoire, mais surtout pour en éliminer la culture. Si un roi laisse son peuple crever de faim, c’est pour remplir ses coffres d’or. Si on décime des peuples entiers en Somalie ou en Yougoslavie, ce n’est pas seulement par haine ancestrale, mais par cupidité en définitive…

 

Les méthodes de notre dictateur peuvent vous sembler bien bénignes en comparaison aux autres, mais ça ne m’étonne pas. Vous avez déjà oublié/pardonné toutes ses actions antérieures comme la perte de 40 milliards $ par la Caisse de dépôts et de placements…

 

Oui, ça fait partie de ces crimes contre nous qui resteront impunis.

 

Si tous ces bâtards sont morts exécutés ou lentement dans la souffrance d’une maladie incurable ou bien encore simplement tombés dans l’oubli, leurs traces nauséabondes demeurent et leurs fins si méritées soient-elles, ne m’apportent pas vraiment de satisfaction. Parce que ce qui passe le plus à l’oubli en fin de compte, et ce, grâce à vous et vos semblables, ce n’est pas leurs noms, mais leurs actes perfides.

 

Je dis « vous », mais à qui est-ce que je m’adresse donc ? Je parle à vous, qui en 1979 vous inquiétiez plus des dangers de Three Miles Island (parce que ça, ça risquait de nous toucher physiquement) que du sort des femmes en Iran. Je me souviens de vous. Je vous connais. Aujourd’hui, je vous croise dans la rue, à votre travail, aux marchés et dans les restaurants. Je sais que vous êtes de ceux qui regardent les actualités, bien confortablement chez vous, ne questionnant aucunement ce que vous rapportent les médias, acceptant ce qu’on vous présente comme étant la seule vérité « S’ils le disent à la télé, c’est que c’est vrai… » Comme à l’époque, vous ne vous inquiétez que de vous-mêmes tout en tenant un discours tout à fait bon chic bon genre, politiquement correct et évitant toutes confrontations possibles et n’êtes solidaires de quoique ce soit…

 

Par votre apathie et votre soumission, vous donnez tout pouvoir aux puissants de ce monde qui ne sont pas vos voisins, ni vos amis, ni vos bienfaiteurs. Ils se moquent bien de vous, comme ils se moquent des marionnettes qu’ils utilisent et récompensent seulement pour prouver leur loyauté aux prochains pantins. Nous ne descendons pas dans la rue par haine, par mépris (un peu quand même), par dépit ou par soif d’anarchie. Nous le faisons parce que nous voulons que la justice triomphe pour nous tous, pour vous aussi. Pas seulement la justice des lois qui sermonne et bichonne les riches ou qui condamne et accable les pauvres, cette justice qui récompense les malfaiteurs « respectables » et en oublie les victimes. Non, je parle de cette justice qui n’est dictée que par le sens moral et l’amour d’autrui. Cette justice n’attend que votre appui pour se faire valoir et transformer notre société en un état d’équité et de prospérité pour nous tous. Pas pour un quelconque richissime spéculateur venu d’ailleurs. Pour un milliardaire d’ici qui vous dicte sa vérité médiatisée. Je me demande à vous voir après plus de trente ans ; comment pouvez-vous penser que tous ces gens dans la rue ont tort ? Quoi ? Ce n’est pas ce que vous pensez ? Alors pourquoi n’y êtes-vous jamais ??? Je les connais vos phrases toutes faites : « Les manifestations, ça ne donne rien… », « Les pétitions, ça ne donne rien » et ma préférée « La politique, c’est de la merde… ».

 

C’est vous qui répétez les paroles de vos parents et les apprenez à vos enfants : « Dans la vie, si tu ne fais pas de vague et que tu fais ce qu’on te dit, tu vas monter… »

 

Aurez-vous besoin de chaînes aux pieds pour comprendre que vous êtes esclaves d’un système mis en place à l’époque féodale ?

 

J’en profite pour exhorter les individus de tous niveaux de tous les corps policiers des municipalités et de la province à faire une sérieuse introspection à savoir si, dans vos âmes et consciences, vous servez le peuple (qui en fait, paie votre salaire) comme vous en avez fait serment ou préférez continuer dans la disgrâce et le déshonneur entachant ainsi votre réputation et crédibilité pour la prochaine génération. Réfléchissez bien à ceci : même un soldat a le droit de refuser d’exécuter un ordre lorsqu’il considère que ce dernier est immoral ou illégal. C’est même un devoir de refuser d’exécuter cet ordre. Exécuter l’ordre peut tout aussi bien être traduit et condamné en cour martiale…

 

Vous, ayant un des syndicats les plus forts du Québec pouvez appliquer ce droit, ce devoir qui est le refus d’obéir. Vous le faites bien lorsque vous négociez vos conventions de travail. Pourquoi ne le feriez-vous pas parce qu’on vous ordonne de travailler dans l’immoralité et l’illégalité ? N’êtes-vous, comme ceux qui vous dirigent, intéressés que par l’argent et le pouvoir ainsi que l’abus qu’on puisse en faire ? N’êtes-vous que des mercenaires ? Il ne tient qu’à vous de rectifier votre position, de dire non. Mais quoi que vous fassiez, souvenez-vous que le peuple, lorsqu’il est déterminé à changer sa destinée, ne peut être arrêté, seulement ralenti.

 

***

P.S. : Pour ceux qui veulent les noms, je fais allusion à Saloth Sar, Haïlé Sélassié, Duvalier père et fils, Pinochet, Trudeau, Desmarais, Sarkozy, Thatcher, Ceaușescu, Khomeini, Reagan, Bush père et fils (pas mal tous les présidents républicains depuis 1960 en fait), Franco, Tito et un autre que vous connaissez tous et qui ne mérite même pas que j’use mon clavier à taper son nom infâme… Ce sont ceux qui me viennent à l’esprit, là, sur le tas. Mais donnez-vous la peine de voir comment il pleut de la merde partout depuis 1968. C’est là que les images commencent pour moi. Vous verrez et comprendrez la tournure des événements en cours…

Si vous ne réussissez pas à faire le moindre lien, vous ne devriez pas avoir lu jusqu’ici.

Vous avez perdu votre temps, et moi le mien.

 

à Ville Sainte Catherine, le 23 avril 2012

 

Sylvain Ruest

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Le fascisme au bout de la matraque

Publié le par la freniere

Depuis que les étudiants sont en grève, le pouvoir politique, les autorités policières et les « généraux » des escouades anti-émeute  n’ont pas cessé de nous dire quel travail admirable policiers et escouades anti-émeute accomplissent « avec discipline, discernement et sans user de force excessive » », selon les mots mêmes du directeur de la Sûreté du Québec. Sauf quelques exceptions,  les journalistes, commentateurs et chroniqueurs se sont rangés du côté de ce qu’ils ont appelé la nécessité de faire respecter la loi et l’ordre quand on vit en démocratie.

 

On a déjà oublié comment la violence a commencé : par des bidons d’essence  soi-disant trouvés par la police devant les maisons de certains ministres, de faux cocktails Molotov lancés à l’intérieur des bureaux du gouvernement  et des tas de briques jetés sur les rails du métro de Montréal. Les autorités policières et le pouvoir politique ont immédiatement associé les étudiants à ces actions « terroristes » et promis d’arrêter promptement les coupables de ces actions. Ce qui devrait nous sembler curieux, c’est que les autorités policières sont restés depuis absolument silencieuses là-dessus et, à ma connaissance, aucun journaliste ne s’est inquiété de la chose.

 

Mais l’effet de ces actions « terroristes » se sont rapidement répandus dans la population, particulièrement auprès des personnes plus ou moins âgées dont les sondages faits auprès d’elles révèlent ceci : les soins de santé  et la sécurité à tout prix sont leurs priorités. Dans les foyers et les centres d’accueil qu’ils habitent, les gens préfèrent vivre comme des prisonniers (portes extérieures et intérieures fermées à clés 24 heures par jour, couvre-feu et gardien de sécurité en permanence), de sorte que leur univers est celui d’un camp concentrationnaire. La moindre violence dont ils entendent parler les remplit de terreur.

 

Aussi faut-il poser la question : les premiers actes de violence commis devant les maisons des ministres, leurs bureaux et dans le métro, de qui sont-ils l’œuvre? Des étudiants, des casseurs ou de la police elle-même? Ça ne serait pas la première fois qu’elle se livrerait ainsi à la provocation dans les conflits syndicaux!

 

Des dirigeants de la Sûreté du Québec et des escouades anti-émeute ont avoué devant les caméras de télévision que plusieurs de leurs agents avaient infiltré le milieu étudiant, aussi bien dans leurs assemblées que dans leurs manifestations. Posons donc une deuxième question : la première pierre lancée dans une vitrine de magasin l’a été par qui? Il est tout de même curieux qu’avec tous les moyens dont elles disposent, les forces policières n’aient pu remonter à ce premier casseur.

 

Il est aussi curieux que la Sûreté du Québec et les escouades anti-émeute, qui fichent depuis des années les membres des groupes radicaux, les ont d’abord laissé agir en toute impunité. Doit-on comprendre qu’elles se sont servi d’eux pour mieux avoir recours à une force excessive dans le but d’apeurer aussi bien les manifestants qu’une population qui mange mou et pense mou?

 

Tandis qu’on nous montrait à la télévision ces terribles images de policiers matraquant sans discernement des étudiants qui ne faisaient que crier des slogans, le directeur de la Sûreté du Québec déclarait que ses policiers et ses escouades anti-émeute « ne faisaient pas un usage excessif de la violence ». Sagement réfugié au quartier-général de ses troupes, ce n’était évidemment pas lui qu’on matraquait!

 

En regardant ces images et en entendant le directeur de la Sûreté du Québec, je me suis souvenu de ce jour où Maurice « Mom » Boucher a été arrêté. Ce criminel, responsable de plusieurs meurtres (dont ceux d’enfants et de gardiens de prison), est sorti de chez lui, escorté gentiment par des policiers dont certains lui ont même demandé des autographes! Et quand Maurice « Mom » Boucher est monté dans l’auto patrouille, un policier lui a délicatement mis la main sur la tête pour qu’il ne heurte pas le cadre de la portière! Qu’est-il advenu de ces policiers qui ont transgressé le code de la déontologie policière? Je ne crois pas qu’on en ait beaucoup parlé par la suite.

 

À mon avis, cela est fort éclairant sur notre système policier : quand nos escouades ont affaire à des bandits armés que rien n’arrête, surtout pas l’assassinat, ça file plutôt doux dans les quartiers-généraux de nos casernes! Mais quand on a devant soi de simples étudiants, on peut les gazer, leur lancer à bout portant des grenades assourdissantes, leur tirer au hasard des balles de caoutchouc, les poivrer à trois pieds de distance et les matraquer férocement comme s’ils étaient les pires gangsters qui soient!

 

À quoi cela tient-il? Pourquoi certains policiers acceptent-ils de faire partie d’une escouade anti-émeute? Comment les choisit-on? Quelle formation leur donne-t-on?

 

Quand je suis allé vérifier la chose sur le site web de la Sûreté du Québec, une surprise m’attendait : était hors d’usage l’onglet « Pelotons d’intervention », qui est la façon élégante que la SQ a de nommer ses escouades anti-émeute. Le lendemain de la manifestation de Victoriaville, une autre surprise m’attendait : non seulement l’onglet « Pelotons d’intervention » était-il hors d’usage, mais il avait complètement disparu de l’écran radar de la SQ.

 

Dans une communication faite à l’Université de Montréal sur le Troisième sommet des Amériques (avril 2001), Jean-Pierre Poirier de la Sûreté du Québec nous révèle que l’objectif ultime que l’on vise dans la formation des policiers qui feront partie des escouades anti-émeute est L’EFFICACITÉ (l’emploi des majuscules est de lui). Au fond, peu importe comment on s’y prend, c’est l’efficacité qui prime.

 

En 2004, le Code criminel du Canada a été réformé, notamment pour encadrer cette fameuse efficacité, autant chez les policiers que chez toute personne ayant autorité dans notre société :

 

« Il incombe à quiconque dirige l’accomplissement d’un travail ou l’exécution d’une tâche ou est habilité à le faire de prendre les mesures voulues pour éviter qu’il n’en résulte de blessures corporelles pour autrui. »

 

Malgré les recherches que j’ai entreprises, aucun policier ni aucun membre des escouades anti-émeute  n’ont été poursuivis au nom de l’article 217.1 du Code criminel. Est-ce à dire qu’ils n’ont jamais rien à se reprocher? Que pas un seul parmi eux n’abuse du pouvoir qu’il a? Ce sont de bons pères de famille comme nous tous, a déclaré un représentant de la Sûreté du Québec après la manifestation de Victoriaville. De bons pères de famille sans doute, mais pourquoi deviennent-ils membres des escouades anti-émeute? Une première réponse : la paie qui est substantiellement plus élevée que ce qu’ils toucheraient  s’ils étaient de simples policiers, et les alléchants bénéfices marginaux qui vont avec. Demandez à ces policiers qui sont leurs héros. Gandhi? Le Dalaï-lama? Ça serait plutôt Rambo, Terminator, Captain America ou Man of Steel. Psychologiquement, leur entraînement de soldat, nous dit encore Jean-Yves Major, leur apprend  « le pur respect des ordres

et de la ligne de commandement ». Autrement dit, le policier d’une escouade anti-émeute ne doit pas penser : ça réfléchit mal quand on est costumé et armé comme le sont  Terminator et Man of  Steel. On aura beau avoir reçu la meilleure des formations, il n’en demeure pas moins que personne ne peut être soldat s’il n’a pas en lui, sous le vernis de son éducation, une violence certaine. Les soldats américains en Irak et en Afghanistan en ont fait la preuve absolue.

 

Depuis le début de la grève étudiante, les escouades anti-émeute l’ont aussi démontré : faire gicler du poivre de Cayenne en plein visage d’un manifestant qui se tient à quatre pieds de vous vous rend imputable selon l’article 217.1 du Code criminel;  être au volant d’une auto patrouille et foncer à toute allure sur un groupe de manifestants (comme cela a été le cas à Victoriaville) vous rend imputable selon l’article 217.1 du Code criminel; lancer à ce point des gaz irritants sur des manifestants qu’on a failli (toujours à Victoriaville) évacuer l’hôtel où se tenait le congrès du Parti libéral, est imputable selon l’article 217.1 du Code criminel; utiliser des bombes assourdissantes et des balles de plastique (jugées trop dangereuses par les Américains, ce qui est tout dire), est imputable aussi selon l’article 217.1 du Code criminel.

 

Pourtant, à la conférence de presse donnée par la Sûreté du Québec le 15 mai dernier, aucun journaliste n’a fait état de l’article 217.1 du Code criminel. Quant à la Sûreté du Québec, elle a affirmé que les citoyens qui se croyaient lésés par les interventions des escouades anti-émeute pouvaient porter plainte dans le cadre du Code de déontologie policière. Évidemment, le porte-parole de la SQ a oublié de mentionner le décret 357-2012 du gouvernement du Québec du 4 avril dernier (autre hasard?) qui rend les procédures des plaintes présentées si compliquées et si bureaucratiques qu’il faut être vraiment naïf pour croire qu’un citoyen peut en bout de ligne avoir gain de cause, et d’autant plus que les policiers y sont en même temps juges et parties.

 

Depuis le début de la grève étudiante (qui est légale, rappelons-le), les média radiophoniques et télévisuels ont fait appel abusivement à tous ces prétendus experts issus des corps policiers qui n’ont cessé de faire l’éloge des escouades anti-émeute. Tous ces prétendus experts  ont admis que les organisations étudiantes étaient infiltrées par des espions, qu’on les trouvait aussi au cœur des manifestations, que la majorité des membres des groupes radicaux étaient fichés depuis longtemps. Pourquoi alors les a-t-on laissé agir? Par stratégie? Pour que les manifestations étudiantes déraillent et qu’on puisse faire avaliser par cette grande partie de la population qui mange mou et pense mou toutes les actions de la police et des escouades anti-émeute?

 

Les sondages nous disent que cette stratégie a été fort efficace. Le dangereux sénateur Boisvenue voudrait qu’Ottawa punisse de dix ans de prison toute personne portant un masque dans une manifestation! L’hystérique maire de Montréal présentera vendredi prochain un « règlement anti masque » qui va interdire à tout manifestant d’avoir le visage couvert, par un masque, une cagoule ou… un simple foulard! L’hystérique maire de Montréal semble encore ignorer que les étudiants se sont mis à porter masques, cagoules et foulards pour assurer leur sécurité face à des escouades anti-émeute qui les poivraient et les gazaient de façon éhontée.

 

Souvenons-nous qu’au milieu des années 1960, cet autre maire hystérique que fut Jean Drapeau avait fait adopter un règlement anti-manifestations, règlement qui fut jugé anticonstitutionnel, et ne put donc être appliqué. Celui que propose l’hystérique maire de Montréal ne contrevient-il pas à nos chartes des droits et libertés et, bien loin de protéger les citoyens pacifiques, ne donne-t-il pas encore plus de pouvoir arbitraire à un système policier qui en a pourtant déjà  trop?

 

Si ce règlement absurde devait être adopté, je m’engage, au nom de la liberté qui est le gage de la démocratie, à faire tout ce que je pourrai pour mettre en échec une telle initiative, y compris le recours aux tribunaux. J’invite donc toutes celles et tous ceux qui craignent pour l’avenir de notre démocratie à manifester activement leur désaccord. Devant l’injustice, l’iniquité et l’abus du pouvoir, on n’a pas le droit de rester les bras croisés. L’injustice, l’iniquité et l’abus du pouvoir  sont les portes qui nous mènent tout droit au fascisme.

 

Victor-Lévy Beaulieu

 

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Médiatèque Gaetan Dostie

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Chants et poèmes, spectacle du 26 mai 2012 avec
Daniel Boucher et Alexandre Belliard en chanson,
Élise Tucotte et Tony Tremblay en parole.

Au bénéfice de la
Médiathèque littéraire Gaëtan Dostie
Musée des arts littéraires

1214 de la Montagne, Montréal (métro Peel ou Lucien-L'Allier)

Contribution volontaire: $25.
Réservation par courriel: info@mlgd.ca ou au numéro 514 861-0880 site internet: www.mlgd.ca

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Organisée par Alexandre Belliard pour soutenir la MlGD, cette 12e soirée, samedi le 26 mai, réunit Daniel Boucher, Alexandre Belliard, Élise Tucotte et Tony Tremblay.

Daniel Boucher s'est découvert avec Cégeps en spectacle organisé par Michel Drainville, membre de notre CA. Depuis, cinq disques et sa participation au récent spectacle musical des Filles de Caleb en font une voix prépondérante sur la scène d'ici.

Alexandre Belliard mène non seulement une carrière d'auteur-compositeur-interprète brillante, mais, tant à travers son plus récent disque Légendes d'un Peuple que comme chroniqueur historique à la radio de Radio-Canada, il s'avère un communicateur motivant et un historien passionnant.

Élise Tucotte cultive tant la poésie que le roman, voire le roman-jeunesse. Depuis le Prix Émile Nelligan jusqu'au Grand prix du livre de Montréal, les plus hautes reconnaissances célèbrent déjà chaque facette de cette œuvre majeure.

Tony Tremblay étonne par sa polyvalence : poète bien sûr, récipiendaire du Prix Nelligan entre autres, mais encore plus connu pour son travail d'animateur-réalisateur à la radio de Radio-Canada, de directeur de revue littéraire et de performeur.

 

Le spectacle débute à 20 h. et est précédé d'une visite guidée avec Gaëtan Dostie, du premier étage du musée, à 19 h.

La succession Rémi-Paul Forgues, 1926-2012, poète et peintre du Groupe des Automatistes au milieu des années 40, vient d'offrir à la Médiathèque un fonds composé de manuscrits, dessins, photos, archives diverses. Une fascinante gouache automatiste de 1951, des photos et un poème manuscrit sont présentés pour la première fois dans le salon dit du Refus global.

Le moratoire décrété en 2000 contre toute nouvelle institution muséale ou patrimoniale étant toujours effectif, votre contribution est essentielle à notre développement, et nous vous en remercions.

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Francopolis mai 2012

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REVUE FRANCOPOLIS MAI 2012
http://www.francopolis.net/

 

Dans le sommaire de la page index, vous y trouverez :

 

- Les Auteurs Sélectionnés Mai 2012 – Spécial Haïti
sous la responsabilité de Dana Shishmanian. Elle nous les présente,
accompagnés des commentaires des membres de Francopolis.
Yves Patrick AUGUSTIN - Fabian CHARLES
Thélyson ORÉLIEN - Jean-Robert LÉONIDAS - Pierre Moïse CÉLESTIN.
http://www.francopolis.net/librairie/intromai2012.html

- Notre INVITÉ AU SALON
Sabine Péglion avec quelques-uns de ses poèmes, recherche Dana Shishmanian
http://www.francopolis.net/salon/PeglionSabine-mai2012.html

 

- Humeur et Aphorismes
-  Les Réflexions de Friedrich Nietzsche,
tiré de (Ainsi parlait Zarathoustra,

trad. Georges-Arthur Goldschmidt), recherche Gilles G. Jobin
http://www.francopolis.net/humeurs/aphorismes-mai2012.html

 

 

- Conte et Chanson 
Découvrir la voix de Marie Volta, pure et cristalline,
chanter les textes de  Roselyne Fritel et Dana Shishmanian sur MP3,
recherche Dana Shishmanian
http://www.francopolis.net/chansons/chansonMarieVolta-mai2012.html

 

- Les Rubriques

- Pieds de mots : Jours 7 et 8, la suite des chroniques de Pant, recherche Gertrude Millaire
http://www.francopolis.net/rubriques/PiedsdesmotsPant-mai2012.html

- Coup de cœur des membres :
Umar Timol, choix d’André Chenet
Flavie Cros, choix de Michel Ostertag
Michèle Lalonde, choix de Gertrude Millaire
Thélyson Orélien,  choix de Dana Shishmanian
http://www.francopolis.net/rubriques/coupdecoeur-textemai2012.html



- Lectures Chroniques
1. « Un dernier battement d’elle » de Pascale Albert, présenté par Ghyslaine Lejard
http://www.francopolis.net/revues/Albert-mai2012.html

 2. « Vingt poèmes pour passer la nuit » d'Anderson Dovilas, présenté par Dana Shishmanian
http://www.francopolis.net/revues/Dovilas-mai2012.html

 

Vue de Francophonie

Voyage en Haïti avec la présentation des Recueils de nos auteurs du mois
 :
Yves Patrick Augustin, Mon île est une absente… L’Harmattan, Paris, 2012
Jean-Robert Léonidas,
Rythmique incandescente, Riveneuve Éditions, 2011
Fabian Charles,
Anonymat, L’Harmattan, Paris, 2012
Thélyson Orélien,
Poèmes déshabillés suivi de Fragments de voix, Collection Tremplin, Paris, 2011
Pierre Moïse Célestin,
Un cœur sous les décombres, Éditions Bas de Page, Haïti, 2010  
présentés par Dana Shishmanian et Arnaud Delcorte.
http://www.francopolis.net/vues/auteurshaitiens-mai2012.html

 

D’une langue à l’autre…
Poèmes d’Ali Khadaoui duMaroc
Les lions enfin rugissent  /  Nderr izmawn gher tingira …
recherche Gertrude Millaire
http://www.francopolis.net/langue/langues-Khadaoui-mai2012.html

 

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Des centaines de blessés

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En trois mois, la grève étudiante aurait fait plusieurs centaines d'éclopés. Si la plupart n'ont subi que des ecchymoses, des éraflures ou des irritations aux yeux, certains garderont à jamais des séquelles du conflit.

«Je n'ai jamais vu autant de blessés dans un mouvement de contestation [au Québec]», affirme l'avocat Alain Arsenault, spécialiste des cas de brutalité policière.

Bien que le bilan des blessés soit flou, il reste particulièrement imposant. Une équipe d'infirmiers bénévoles affirme avoir fait quelque 400 interventions seulement dans le cadre de l'émeute de Victoriaville, vendredi soir, dont près de 200 pour traiter des gens incommodés par les gaz. La Sûreté du Québec dénombre pour sa part 12 blessés graves, 6 dans son camp et 6 dans celui des manifestants, dont 4 hospitalisations. Parmi ceux-ci: Maxence Valade, 20 ans, élève au cégep de Saint-Laurent, qui a perdu l'usage d'un oeil et subi une opération de huit heures après avoir reçu un projectile au visage, et Alexandre Allard, 20 ans et étudiant à l'Université Laval, dont on a craint pour la vie à la suite d'un traumatisme crânien causé par un projectile.

«Ce que j'ai vu était horrifiant», dit l'infirmière Sophie Vallée-Desbiens, 32 ans et membre du groupe Infirmières contre la hausse, visiblement secouée de son week-end militant. «J'ai travaillé aux urgences et en Afrique et, en huit ans de carrière, je n'ai jamais vu chose pareille.» Son équipe d'une dizaine de premiers répondants et elle ont traité des centaines de personnes durant les trois heures de l'émeute. S'ils ont vu beaucoup de cas de brûlures aux yeux et à la peau à cause du gaz poivre et aidé de nombreux manifestants en panique, ils ont aussi secouru des gens qui ont eu les dents fracassées par des projectiles et d'autres qui s'étaient foulé une cheville, voire fracturé une jambe, en essayant de se sauver du chaos.

 

Choc posttraumatique

 

«J'ai vu le plus gros hématome fémoral de ma vie», raconte la professionnelle, qui affirme que ses collègues et elle ne parviennent pas à dormir depuis les événements. «Heureusement, la blessure était interne. Sinon, on perdait le patient. Je n'ai jamais eu aussi hâte qu'une ambulance arrive.» Selon elle, plusieurs personnes souffrent d'un choc posttraumatique depuis les événements.

À Montréal, où la majorité des 180 manifestations ont été pacifiques, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) compte 25 policiers blessés en 84 jours. Huit sont toujours sur le carreau. «C'est sans compter les ecchymoses, qui ne sont généralement pas rapportées», note le porte-parole de la police, Ian Lafrenière. La plupart des blessures infligées aux agents de la paix ont été provoquées par des projectiles lancés par les manifestants, dont des balles de golf, des billes, des morceaux d'asphalte ou de métal et des pierres. On compte des blessures aux mains et au visage et une fracture, entre autres. «C'est très exigeant pour nos policiers, dit le porte-parole. Est-ce qu'ils sont fatigués? Oui. Mais ils sont toujours aussi professionnels», promet-il.

Le SPVM ne comptabilise pas le nombre de blessés chez les protestataires. «Le nombre de transports en ambulance ne reflète pas la situation puisque plusieurs se rendent chez le médecin par leurs propres moyens ou n'y vont pas», explique Ian Lafrenière.

Selon des estimations de Urgence Santé, 70 personnes dont 30 policiers ont été évaluées par les paramédics et 30 personnes ont ete transportées à l'hôpital. Seulement lors de la protestation qui a dégénérée au Palais des Congrès le 20 avril, 18 personnes ont reçu de l'assistabte et 10 sont parties en ambulance.

Selon la CLASSE, il y aurait des blessés chaque fois que l'escouade antiémeute intervient, ce qui équivaudrait à une soixantaine, sans compter les blessures mineures comme les ecchymoses, les égratignures et les problèmes respiratoires dus aux gaz. On parle de fractures aux côtes, de blessures au dos et de fractures.

Sans compter le cas de Francis Grenier, ce cégépien qui, comme Maxence Valade, a pratiquement perdu l'usage d'un oeil après qu'une grenade assourdissante lui eut explosé en plein visage (lire texte page 4).

Un autre étudiant, Gabriel Duscheneau, de l'UQAM, affirme avoir subi un traumatisme crânien après avoir reçu des coups de matraque lors de la manifestation anticapitaliste. Il a des points de suture à l'arrière de la tête.

 

En chiffres

 

> 184 Nombre de manifestations depuis le début de la grève étudiante à Montréal.

> 84 Nombre de jours consécutifs lors desquels les étudiants montréalais et ceux qui les soutiennent ont manifesté.

> 419 Nombre total d'arrestations par la police de Montréal depuis le début de la grève; 276 pour des infractions à des règlements municipaux et 155 infractions criminelles.

 

 Gabrielle Duchaine   La Presse

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