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1000 articles avec glanures

Le cochon souriant

Publié le par la freniere

(66 route 108, entre Sherbrooke et Lac-Mégantic)

Samedi 27 août, théâtre-marionnette-performance

 

A ne pas manquer!
Deux soirées exceptionnelles sous le chapiteau du Cochon
SouRiant, au coeur du village de Sainte-Marguerite-de-Lingwick

 

*
* *
Programme double avec deux spectacles de création contemporaine qui ont été présentés dans
les maisons de la culture de Montréal et dans plusieurs festivals au Québec et à l’étranger.

Théâtre-Marionnettes
balthazar_salle3.jpg

20h Balthazar -

21h La Reine des sacs papiers,
spectacle créé et interprété par
Lucas Jolly et Steve Dumais de la Compagnie Mobile Home
créée et interprétée par
Jacqueline Van de Geer
Performance interactive

Billets soirée : 15$ - Tarif grands enfants 8$ - Gratuit pour les enfants de moins de 8 ans

La compagnie Mobile Home
819-877-56-14.
a été fondée en 1999 par les artistes Steeve Dumais et
Lucas Jolly. Leurs créations s’inscrivent à mi-chemin et en bordure du théâtre, de la performance, du cirque et
des arts de la rue. créé en 2044, est leur premier spectacle de marionnettes qui intègre aussi le
masque et la vidéo.

Dans un décor épuré où prennent place un landau et une grande malle, le spectateur parcours la vie d’un vieil
homme,  ancien accordéoniste exilé d’on ne sait quelle guerre. Dans son sommeil, apparaissent sa
mère, son père, l’amour de sa vie, des moments de son enfance ; les personnages sont les ombres des
souvenirs de ce vieux Balthazar. Le spectacle emprunte à la nostalgie et à la fragilité de nos existences d’une
manière poétique et toute en finesse.
Ce spectacle met en scène des marionnettes de différents formats. Leur manipulation apparente, place les
marionnettistes en position de témoins et complices de leur tentative de prendre vie.
http://www.compagniemobilehome.com/
Le spectacle a été présenté plus de 100 fois dont au printemps dernier dans les maisons
de la culture de Montréal et dans plusieurs festivals dont L’entre-deux Maniganses Festival
international de marionnettes de Jonquière, Fira Tarrega en Espagne pour les célébrations du 10ième
anniversaire du bureau du Québec à Barcelone, le Festival d’été de Québec.
***
Le spectacle d’une durée de 50 mn s’adresse à tous les publics. Pour toute information ou pour réserver,
téléphoner au Cochon SouRiant au

Balthazar
La Reine des sacs papiers
Une performance de Jacqueline Van De Geer
Bienvenue chez la Reine des Sacs Papier!

Dans cette performance interactive, la Reine parle de ses souvenirs d’enfance, échange
sur l’amour, la politique et la religion. Elle danse avec ses résidents et on vote comme
il faut dans une vraie démocratie.
Venez découvrir un pays où la peur de l’inconnu n’existe pas!
Rover arts,Montréal:
Mooneytheatre.com, Toronto:
Durée : 45 minutes du plaisir, aventure et surprise.
Quand vous aimez le théâtre absurde et original, cette performance
de van de Geer n’est pas à manquer.
c’était une de mes performances préférées du Fringe
festival!

Samedi 3 septembre
Musique et maïs

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous téléphoner
sous le chapiteau du Cochon SouRiant, au coeur du village de
Sainte-Marguerite-de-Lingwick
(66 route 108, entre Sherbrooke et Lac-Mégantic)
Musique et maïs
Épluchette à partir de 17h30
Billets : 10$ - gratuit enfant de moins de 8 ans
Concert de 20h à 22h
Chiendent et leurs invités
suivi d’une scène ouverte
: 819-877-5614

 

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Bed-in

Publié le par la freniere

Les mercenaires de la pépine ont commencé le massacre.

 

BED-IN  

Au coin du rang 3 et de la Route Binette

Vendredi, 19 août, 5h45

--------

Des lits seront utilisés pour bloquer le rang 3 et empêcher les camions de circuler avant 7h le matin, tel qu'indiqué dans le décret.. 

Cette situation est devenu intolérable pour les résidents vivant dans l'aire de construction du parc éolien.

Apportez vos pyjamas. 

Un petit déjeuner sera servi sur place.

L'occupation se poursuivra après 7hres, mais sans bloquer la route.

 

Objectifs:

 

- faire cesser la circulation avant 7h le matin. 

               - rappeler qu'il n'était pas prévu initialement que le rang 3 soit emprunté pour le transport de matériaux.

               - continuer de démontrer à Enerfin qu'ils ne sont pas les bienvenus ici et que nous souhaitons un arrêt des travaux (en espérant que l'entente entre les municipalités et Enerfin n'aboutira pas!).

               - faire connaître aux employés les motifs de notre contestation.

 

 

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Les pales du mal

Publié le par la freniere

LES PALES DU MAL  un parcours citoyen

première partie

Le nouveau long métrage de Jean Gagné et Serge Gagné

documentaire, 227 min, 2011

En primeur au Festival des Films du Monde,

 

mercredi 24 août 2011 à l9 h 00

Quartier Latin salle 17

350 Émery   Montréal

 

PDM poster dos pres ffm 12 8 72 2

 

Les frères Gagné, nos Taviani du Québec, présentent,

dans le cadre du FFM, un dernier né qui marque une 8ième présence au FFM.

LES PALES DU MAL - un parcours citoyen - partie I

Dans ce film, constitué à partir d'une série d'ouvrages entourant la modification

irraisonnable d'un territoire patrimonial, les cinéastes montrent des aspects d'une

région dans la tourmente de la tentative de l'implantation tumultueuse d'un parc

industriel éolien, construction du parc et d'une ligne de transport éolectrique, dans

le cadre d'un appel d'offre de l'Hydro Québec pour correspondre aux exigences de

la politique du développement d'une filière éolienne au Québec.

 

En scrutant des aspects et enjeux de cette réalité avec des intervenants et acteurstrices

qui se regroupent dans le Regroupement Durable des Appalaches (RDDA), ils

nous présentent des êtres citoyens en action, dont les valeurs s'appuient sur des

principes qui vont au-delà des revendications.

Les chefs politiques locaux sous la pression du promoteur, à l'encontre du principe

de précaution et de la nécessaire acceptabilité sociale, se sont rangés pour le

développement, ce, sans suivre toutes les balises prévues par le législateur.

 

Les frères Gagné poursuivent leur démarche extrêmement originale. On y retrouve

des témoignages, des analyses, des commentaires, des dénonciations qui

témoignent d'un certain ras-le-bol de tous ces grands projets qui promettent des

ponceaux d'or sous l'ombrelle d'un affairisme anti-démocratique.

 

Ce film s'ajoute à leur parcours qui a commencé avec Saison Cinquième, en 1968

pour se poursuivre avec La Tête au neutre (1973), L’ou’L (1974), Une Semaine dans la

vie de camarades (1977), À vos risques et périls (1980), La Couleur encerclée (1986), Le

Royaume où l’asile (1989), La Folie des crinolines (1995), La Marche à l'amour (1996) Ton père est

un bum (1997),Étrange Histoire (1998), Un souffle qui brûle (2001),Barbaloune (2002), Cerbères à

l'Horizon (2006), J'irai danser sur vos barrages (2006) et une série d'ouvrages sur des

poètes et la disparition d'un patrimoine territorial.

 

CONTACT: Martina Adamcova

Tél. et fax (514) 705-2209

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Caveau-Théâtre de Trois-Pistoles

Publié le par la freniere

Assistez à un spectacle au Caveau-Théâtre des Trois-Pistoles

et recevez gratuitement Bibi, le grand roman de VLB !

 

Trois-Pistoles, le 30 juillet 2011. Jusqu’à ce jour, pas moins de 1 700 personnes ont assisté à l’un ou l’autre des spectacles présentés au Caveau-Théâtre depuis le 2 juillet dernier, soit à la pièce Les menteries d’un conteux de basse-cour de Victor-Lévy Beaulieu, soit aux soirées du lundi, au spectacle Fond de garde-robe de Mathieu Barrette (le mardi), à l’atelier d’écriture de Sylvain Rivière et à La saison des quêteux du même auteur, le dimanche après-midi et le dimanche soir.

 

    Grâce à une commandite des Éditions Trois-Pistoles, les Productions théâtrales des Trois-Pistoles sont heureuses d’annoncer qu’à compter d’aujourd’hui, les 50 premières personnes qui réserveront un billet pour l’un ou l’autre des spectacles du Caveau-Théâtre recevront gratuitement un exemplaire de Bibi de Victor-Lévy Beaulieu, une valeur de 34,95$. Cette offre est valable en tout temps… et selon la soirée de votre choix d’ici la fin de la saison théâtrale, soit le 21 août prochain.

 

    Faites partie des 50 premières personnes à profiter de cette offre sans pareille.

Vous n’avez qu’à réserver votre billet en vous présentant au Caveau-Théâtre ou, plus simplement, en téléphonant au 1 418 851 4759. Mais faites vite, car, autrement, Bibi de VLB vous échappera !

 

Pour informations et réservations : 1 418 851 4759

 

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Ça c'é passé au boutt de l'ile

Publié le par la freniere

pour Lise


Ouanye, ça c’é passé à Pouinte-aux-Trembles. Vous connaissez pas Pouinte-aux-Trembles ? Bin, c’é au boutte de l'île de Môtréal, dans l'esse complètement, là où ça sentait souvent les oeufs pourris à cause dés usines, dés raffineries d'pétrole comme qu'y disent maintenant. Jusse avant l'Expo pis eul'métro, en soixante-cinq. Pis Pouinte-aux-Trembles dans l'temps, c'tait un peu comme eul'Québec, sauf qu'y avait un peu plus d'Anglâs que normal, vu qu'on était presqu'à Môtréal même. Ça prenait yin que deux heures en autobus pour s'rendre au centre-ville de Môtréal. La plussepart dés Anglâs au Québec, y vivent à Môtréal, comme que vous savez. Pis c'tait ben commode que d'parler Anglâs pour lés jobs, vu qu'lés usines, ça appartenait aux Amaricains ça, pis qu'eux aut'es les boss y parlaient yin qu'en Anglâs. À Pouinte-aux-Trembles, y'avait aussi quêques Italiens, y'en é v'nu pas mal après la guerre, apparence, mé j'tais pas v'nu au monde encore. Pis un Chinouès ou deux, ché pas combien, t'sé une coupe, vu qu'c'tait pas toujours eul'même qui v'nait livrer lés egg rolls pis lés spare ribs pis eul'riz frit. Mé c'tait pas clair ça, vu qu'on feusait pas v'nir du chinouès bin bin souvent à maison, vu que c'tait cher. Dés Nouères ? Lés seuls Nèg's qu'on voyait, c'tait ceusses à tévé dins programmes amaricains pis dins vues amaricaines. Dés Nèg's en chair et en os, bin surtout en os han? pas trop en chair là! héhé!, c't'à l'Expo qu'j'en ai vu pour la première fouas, jusse deux ans plus târd, mé en masse ! Ah s'cusez ! Faut pas dire Nèg's han?, faut dire Nouères ! C’é vrai maintenant, mé dans l'temps c'é ça qu'on disait, pis ça voulait pas dire mieux ou pire que Canayens-Françâs ou Québécouais comme qu'on dit aussi maintenant, c'tait jusse pour dire que c'tait eux-aut'es pis pas dés Blancs. Y'en avait même pas dins alentours de toutes façons. T'sé, dans l'temps, on s'en rendait même pas compte pis on parlait tout croche. Bin, on s'é quand même emmieutés depuis. On dit quasiment pus Blokes pour dire Anglâs.

Pis là j'vas lâché la sorciologie, comme qu'y disent, pis j'vas eurtourné à mon histouère sinon bin j'la finirai jamas.

Donc, ça c’é passé à Pouinte-aux-Trembles, en soixante-cinq, en été. L'important de s'rapp'ler, c’é qu'nous aut'es lés Françâs on étaient plus que n'importe qui d'aut'e mé qu'y avait quand même assez d'Anglâs pour qu'on en rencont'e de temps en temps. Pis c'tait ça eul'problème vu qu'à chaque fois qu'y nous voyaient, les 'tits Blokes, y nous pitchaient dés roches, fa qu'on avait pas d'aut'e choix que d'leux pitcher dés roches nous aut'es a'ec. Sauf qu'y en avait une gagne d'nous aut'es qu'étaient pissous ou qu'y aimaient pas ça pitcher dés roches, même qu'y en avait qu'leux mêre leux avait dit de pas en pitcher, pis y'eurviraient de bord drette là quand les roches commençaient à r'voler. Ça fa qu'on pardait l'avantage tu suite. Dés fouas, les Blokes y'attendaient même pas qu'on souèyent là pour en pitcher, y'en pitchaient su' nos bâtisses. La vieille église de Pouinte-aux-Trembles é même pleine de roches dans sés murs à cause dés Anglâs. Toutes les murs en roche, c't'a cause dés Blokes. Bin, entécas, c’é c'que mon pêre disait.

Un jour, y'ont trouvé un 'tit gârs mort d'avouère eurçu une roche en plein front. C'tait près du 'tit quai dés eurmorqueurs, au bord du fleuve, là ousse qu'y eurtankaient. Ent'le quai pis la rue pavée en asphalte, y'avait un boutte en garnottes ça fa qu'c’é pas les roches qui manquaient. Ç'a même fait la fronte du Hournal de Môtréal, mé y disaient pas grand chose en d'dans de la gâzette, y disaient même pas son nom au 'tit gârs ça fa qu'on savait même pas si c'tait un Françâs ou un Anglâs, jusse qu'la police enquêtait là-d'sus mé qu'à l'avait pas d'indice. Ça nous feusait bin rire vu qu'la police à Pouinte-aux-Trembles, c'tait deux chars de police pis une ambulance pis les beux pour lés chauffer plus le cheuf de police. Y'avait comme quasiment jamas de crimes à Pouinte-aux-Trembles, pis que les fouas qu'y en avait, on en entendait parler quand c'tait découvert pis ensuite pus jamas.

Sauf que c'te fouas-là, y'a un racontar qu'y a tourné pis eurtourné en s'boustant à chaque tour dans toute Pouinte-aux-Trembles comme quoi qu'eul 'tit gârs qu'y était mort c'tait un Françâs. Bin là, han?, ça en prenait pas plus pour qu'eul'couvert d'la marmite commence à bardasser fort ! Y'avait pus assez d'roches qui traînaient dins rues quasiment toutes pavées de Pouinte-aux-Trembles pour accommoder tout l'monde, même pus dins ruelles. Ni même dans l'boutte en garnotte devant le 'tit quai, qu'y aille ou pas d'sus dés traces de sang du 'tit gârs mort. Tout l'monde, lés grands comme lés 'tits, y se promenaient les poches pleines de roches. Bin, tout l'monde sauf les pissous qui avaient peur de pitcher dés roches pis ceusses qui avaient trop peur d'leux mêre. Lés mêres qui feusaient pas assez peur l'ont eurgretté ensuite pass'qu'elles ont été pognées pour eurcoudre plein de poches de pantalons pêtées. Tout l'monde pensait bin qu'ça allait eurvirer comme en cinquante-cinq quand Maurice Richard sé fait mett'e dehors dés séries de hockey pis que l'émeute a pogné autour du Forum de Môtréal pis su' la rue Sainte-Catherine a'ec les vitrines toutes cassées.

Mé y'avait aussi du monde, bin pas beaucoup han?, qui s'énarvait pas a'ec ça, comme mon grand frêre par 'zample. Lui, y v'nait de finir sés études au Collège Roussin pis y s'en allait à l'Univarsité. Non, eul'comique ! C'tait pas à l'Univarsité de l'Esse qui s'en allait, non-non, pas à Saint-Jean de Dieu. Ah, bin, vous savez pas c’é quoi Saint-Jean de Dieu ? Bin, maintenant y'appellent ça, hmm!, Hôpital Psychiâtrique Louis-Hyppolite Lafontaine, mais nous aut'es dans le temps, pour rire, on app'lait ça l'Univarsité de l'Esse. Mais bon, faut pus rire dés malades mentals ça a l'air maintenant. Ok, le 'tit frêre ? Pis si tu continues pis que tu m'laisses pas finir mon histouère, mon sacrament d'câlice, j'vas t'crisser une volée pis tu s'ras pas mieux que l'tit-gârs qu'était mort !!! Bon, mon grand frêre là, qui vaut pas mal plus que mon 'tit frêre plein d'marde que v'là là. Mon grand frêre donc, y'était comme pausé pis ça y arrivait d'rester su'a chaise berçante dés heures pis dés heures à eurgarder le plafond sans rien dire. Dés fouas, y'allumait sa pipe pis y s'berçait pis y tirait su' sa pipe pis y s'berçait pis y tirait su' sa pipe. Pis y montait travailler, qu'y disait, dans sa chambre, pis y restait là encore dés heures. Y dérangeait pas personne vu qu'y avait sa chambre pour lui tu seul, eul'chanceux ! Mé y'en avait pas beaucoup dés comme lui à Pouinte-aux-Trembles. Jusse lui pis sa 'tite gagne de chums, toutes pareils a'ec leux grosses lunettes a'ec dés montures nouères pis leux pipes pleines d'boucane, pis leux grands ch'veux ram'nés par en arriêre, pis plein de liv's bin épâs que jusse eux aut'es pis p't'êt' aussi leux professeurs avaient lus. Même qu'mon frêre y'en avait acheté dés encore plus épâs pour aller à l'Univarsité.

Quand y'a vu comment ça s'enlignait pis qu'la grosse marde allait pogner, mon grand frêre y'a câllé la shot à sés chums pis y sont toutes partis pour c'qu'on app'lait eul', hem!, centre-ville d'Pouinte-aux-Trembles. Bin, y'avait quêques magasins, pis l'hôtel de ville, pis l'église a'ec les murs en roches, pis eul'Collège pis eul'couvent évidemment, pis la Caisse populaire. Là, maintenant, c’é eul'village fantôme depuis qu'y ont construit dés centres d'achats un peu partout à Pouinte-aux-Trembles. Entécas, mon grand frêre pis sés chums y s'sont installés autour du canon d'la première grand'guerre jusse devant eul'monument aux morts à attend'e là, bin calmes. Bin, y'avaient l'air un peu drôle vu qu'y avaient pas am'né leux gros liv'es a'ec eux-aut'es mé y'attendaient sans grouiller. Moué, j'lés avais suivi comme un 'tit oiseau pis j'm'étais caché derrière eul'monument.

Pis là, on aurait dit qu'tout l'monde de Pouinte-aux-Trembles, ben toutes les gârs, han ?, les filles pis les femmes ça pitchent pas dés roches quand même, toutes les gârs v'naient vers nous aut'es, de toutes lés rues dés centaines de gârs a'ec lés poches pleines de roches. Pis c'tait quasiment comique pass'que lés plus pressés, lés plus enragés, c’é eux aut'es qui se grouillaient eul'plus d'arriver en premier pis c’é d'eux aut'es qui y'en avaient eul'plus qu'lés poches pleines de roches pêtaient ! Normal à se grouiller d'même. Y'en avaient qui eurviraient d'bord, d'aut'es qui ramassaient dés pognées d'roches pis qui continuaient, pis d'aut'es de ceusses-là qui lés laissaient tomber pis qui eurviraient d'bord eux aut'es a'ec. Faut dire qu'c’é bin difficile d'embarquer dans eul'pitchage de roches si té pas grayé comme du monde pis qu'tu peux pas respecter lés traditions.

Ça fa qu'y en avait plus que quêques dizaines de gârs qui restaient pis c’é comme si y s'étaient eurconnus entre eux-aut'es pass'qu'y s'sont séparés les Françâs d'un bord pis les Anglâs de l'aut'e, quasiment beaux comme lés soldats au manège militaire. J'comprenais pas grand chose à langue anglêse mé j'comprenais "mother" pis j'me demandais pourquoi les Anglâs y parlaient aussi souvent de nos mêres pass'qu'elles étaient même pas là. Entécas ! Pis, c’é drôle mé on voyait pas d'police nulle part. Bon, pis comme y'a pas de grand'place au, hem!, centre-ville d'Pouinte-aux-Trembles, jusse dés rues, au lieu d'la bataille normale de pitchage de roches avec tout l'monde qui court partout dins champs en friche, pis c’é pourtant pas ça qui manquait à Pouinte-aux-Trembles, pis qu'en plus ça empêche d'casser dés vit'es, bin ça r'ssemblait plus à un duel comme dins vues du Far-West sauf qu'y en avait une gagne de cowboys de chaque bord, mé chaque bord était proche en titi de l'aut'e ça fa qu'ça pas été long que quand les roches ont commencé à r'voler quasiment tout l'monde avait reçu au moins une roche dans face, su' la tête, su' un bras, su' une jambe ou bedon dins schnoles. Ayoye ! Fa qu'cà pas été bin bin long qu'la bataille a fini. Mon grand frêre, pas l'air surpris pantoute de m'vouère, yé v'nu m'eur'joindre à côté du monument. Y m'a donné une 'tite pile de piasses pis y m'a dit d'aller à pharmacie chercher dés "first aid kits". A fallu qu'y m'fasse répéter une coupe de fouas mé j'ai fini par êt'e capab'e de l'dire assez comme faut. J't'allé à pharmacie pis l'pharmacien y'a fini par comprendre c'que j'voulais. Chu eurvenu au, hem!, champs d'bataille pis mon frêre pis sés chums sont partis mett'e dés plasters à tout l'monde, sauf à ceusses qui avaient jusse reçu dés roches dins schnoles.

C’é là que la police é arrivée. C’é drôle, lés beux y pouvaient pas arrêter tout l'monde ça fa qu'y ont chouési un ou deux Anglâs pis cinq ou six Françâs en plus d'mon grand frêre pis sés chums. Au boutte de quêques jours, y'ont eurlâché tout l'monde, pas d'preuve cont'e personne vu qu'y étaient même pas à bataille la police pis que personne a voulu témouègner. Quand mon frêre é r'venu à maison, j'l'avais jamas vu pompé d'même ! Y'était toute rouge pis y disait toutes sortes d'affaires que j'comprenais pas pantoute, y parlait dés beux, c’é sûr, mé aussi dés mots comme on en entendait dés fouas aux nouvelles. Dés longs comme "anticonstitutionnel" pis dés plus courts, dés fouas jusse dés lettres, comme "FLQ". La seule aut'e fouas qu'j'ai vu mon grand frêre dans c't'état là, c’é quand yé sorti une aut'e fois d'prison. Mé y'était resté en d'dans pas mal plus longtemps à l'automne soixante-dix.

 

Patrick Packwood

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VLB au théâtre

Publié le par la freniere

UNE PREMIÈRE À GUICHET FERMÉ

POUR LES MENTERIES

D’UN CONTEUX DE BASSE-COUR

DE VLB!

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Caveau-Théâtre, Trois-Pistoles, le 3 juillet 2011. Par une belle journée ensoleillée, 160 personnes ont répondu à l’invitation de Victor-Lévy Beaulieu à célébrer la renaissance du Caveau-Théâtre des Trois-Pistoles et la première des  

Menteries d’un conteux de basse-cour.

 

En fin d’après-midi, VLB a accueilli chez lui pour une fête champêtre mémorable ses invités venus d’un peu partout au Québec : visite du Manoir French, petit bonjour aux animals de la fermette, promenade dans les jardins et souper gargantuesque rythmé par les musiques de Donald Charles et Frédéric Lagacé.

 

Devant une salle bondée de spectateurs, Jean Maheux, l’Abel Beauchemin des Menteries d’un conteux de basse-cour , Isabelle Cadieux-Landreville et Félix Charbonneau, les musiciens de la pièce, ont offert une performance  « épormyable », suscitant plusieurs fois des ovations debout après des tableaux d’un bel humour  ou chargés d’émotion, ou entonnant avec comédien et musiciens les chansons qui encadrent la trame dramatique. L’histoire d’Abel Beauchemin, l’alter ego de VLB, rendant compte de sa vie, de son enfance à Saint-Paul-de-la-Croix et aux Trois-Pistoles, puis à Saint-Jean-de-Dieu,  a charmé les spectateurs : du comique à l’émotion, du cocasse à la tendresse, des fables de la famille Beauchemin à l’amour des animals,  Les menteries d’un conteux de basse-cour ont fait l’unanimité : le retour de VLB au théâtre est une grande réussite.

 

Les menteries d’un conteux de basse-cour de VLB est à l’affiche les mercredis, jeudis, vendredis et samedis jusqu’au 20 août prochains. Prix spéciaux aux groupes, à celles et à ceux qui deviennent  amis du Caveau-Théâtre. Pour informations et réservations : le Caveau-Théâtre des Trois-Pistoles, 1 (418) 851-4759.

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Ciel, mon doigt ! s'écrit Dieu

Publié le par la freniere

Entre la poule et l'œuf, lequel des deux vient avant le bœuf ? Il y a une trentaine d'années, Jacques Dutronc s'inquiétait que cette question existentielle demeure sans réponse. On nous cache tout, on nous dit rien ! tranchait le chanteur. Plus on apprend, plus on sait rien.

Adam avait-il un nombril ? Et Ève une âme ? Qu'est-ce qui se cache vraiment derrière la chute originelle ? Le premier syndicat ou le premier licenciement ? Ce n'est pas le type de question qu'on se pose en sciences po ou le genre de réponse qu'on cherche en théologie. Et c'est ainsi qu'à l'université, les mystères restent entiers et les énigmes irrésolues.

Pourtant, lorsque nos premiers parents ont manifesté leur intention d'avoir un mot à dire dans la gestion du paradis terrestre, la réaction du Créateur a été indubitablement patronale. Le premier Patron était-il un boss ? Ou est-ce les boss qui ont créé Dieu le père à leur image ?

Le premier lock-out

Examinons les faits à travers les yeux d'une fermeture d'usine. Adam et Ève n'ont pas eu le temps de savourer la première croquée de leur premier fruit défendu que, d'autorité, leur Géniteur les avait déjà expulsés manu divinari de son éternité.

J'vous ai toujours traité aux p'tits-z-oignons, mais, à partir d'astheure, vous allez pleurer en les épluchant ! leur lance-t-il, retranché derrière la grille fraîchement cadenassée du paradis terrestre. Le récit de la Genèse ne laisse planer aucun doute sur la raison qui est à l'origine de la première rationalisation administrative.

Dieu le père a mis la clé dans la porte du jardin d'Eden parce qu'il en était le boss, le patron, le propriétaire, l'architecte paysager, le promoteur et le concepteur. L'éternité c'était son affaire, son idée et son bébé. Pis y a personne qui va v'nir me dire comment l'élever. Et encore moins quèque chose qui serait jamais arrivé à rien si j'en avais pas faite quèqu'un ! La chute originelle, c'est le premier lock-out dans l'histoire de l'univers.

La fermeture sauvage du paradis a plongé l'humanité dans la précarité et condamné les descendants d'Adam et Ève à une existence sur appel dont les contrats d'engagement sont révocables à tout moment.

À la recherche du paradis perdu

Depuis sa mise à pied de l'immortalité, l'espèce humaine vit dans la nostalgie de l'éternité et son espérance d'un retour imminent à la permanence et au plein emploi du temps est la pierre d'assise de toutes les religions. Peu importe son origine culturelle, il entre dans la nature d'une église d'annoncer tout d'abord la réouverture du paradis dans un autre monde et de s'afficher ensuite ici-bas comme un bureau dûment accrédité pour le recrutement des candidats.

La fonction première d'une église n'est pas l'embauche, mais l'établissement d'une liste de postulants en attente d'une permanence, valable pour l'éternité. Et, à l'instar de ceux qui se cherchent une djobbe aujourd'hui, les catéchumènes sont retenus et choisis sur présentation d'un curriculum vitae, qu'on nomme aussi, confession générale.

Toutes les religions du monde tirent leur autorité de leur pouvoir d'exclusion ? Que peuvent-elles pour leurs fidèles ? Rien ! Sinon leur conférer l'insigne privilège de faire partie d'un cortège d'élus dont tous les autres sont exclus. D'ailleurs, plus son prix d'entrée est élevé, plus une religion est en santé, comme ce fut le cas, par exemple, du christianisme à l'époque où les chrétiens servaient d'amusements aux Romains et d'amuse-gueules aux lions du cirque.

Le pouvoir négatif d'une église se fait habituellement répressif lorsque sa religion cesse d'être persécutée. Pour maintenir l'insigne importance du privilège d'être élu, les autorités ecclésiastiques persécuteront dorénavant ceux qui refusent l'honneur de se convertir à sa Vérité. Puisque les infidèles ne semblent pas souffrir de ne pas être des fidèles, l'Inquisition ou les Intégristes musulmans se chargeront de les aider à mesurer l'ampleur de cette souffrance qu'ils avaient choisi d'ignorer.

Pour que la patron se sente patron

C'est le même esprit qui anime le patronat aujourd'hui lorsqu'il exige sur toutes les tribunes qu'on élimine tous les programmes sociaux.

Pour les banquiers, il n'est pas suffisant que les pauvres soient pauvres. Ce qui importe, c'est ce que les riches se sentent riches et pour qu'ils en aient toute la jouissance, il faut que les pauvres prennent conscience de leur pauvreté en quémandant, en sollicitant, en mendiant et en quêtant.

Accumuler des profits n'a rien d'exaltant, on engraisse sans s'en rendre compte. Cinquante piastres en cennes noires pèsent plus lourd dans les poches qu'un salaire de cinquante millions. Et, depuis le début des temps, il n'y a qu'une seule façon pour un patron de sentir qu'il est un boss, c'est de mettre la clé dans la porte de la shoppe, fermer l'usine, placarder la manufacture et jeter à la rue des centaines et des centaines d'ouvriers et d'ouvrières. C'est le pied du roi !

Dieu lui-même a ressenti la même superbe au moment où il pointait la sortie du paradis à nos premiers parents. Un éclair a frappé son doigt et comme la femme volage lâche 0 Ciel ! mon mari ! au moment où le cocu fait son entrée dans la chambre où elle s'ébat avec son amant, Dieu s'est écrié, Ciel, mon doigt ! Et il a pris plaisir à exercer son pouvoir. C'est le péché originel et c'est Dieu qui l'a commis.

 

Jean-Claude Germain

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John and Mary going to school

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2- John doing his prayer

 

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Le Plan Mort

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Il fera jour très longtemps

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Je m'appelle Fleur. J'ai seize ans. J'ai conçu le projet d'écrire mon journal parce qu'une fleur c'est éphémère. Si mon nom de famille était de Plastique, je pourrais espérer vivre plus longtemps...

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