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1000 articles avec glanures

Compétence ou connaissance ?

Publié le par la freniere

 

Il est couramment admis qu'une compétence recouvre une connaissance et qu'une connaissance peut développer une compétence. Il ne s'agit pas là de remettre en cause le mouvement qui donne son sens aux deux termes. 

 

Cependant, l'ingénierie des savoirs, largement inspirée de la logique entrepreneuriale, accorde à la compétence le primat qu'elle réservait jadis à la connaissance. La compétence devient une potentialité de connaissance qui sera ou non actée dans un environnement donné. 

 

Exemple : Je peux savoir, en achetant six gâteaux à trois euros, que j'aurai à en débourser dix-huit. Mais je ne sais pas à coup sûr et hors contexte que six fois trois égale dix-huit. 

 

Question : A-t-on besoin de savoir à coup sûr et hors contexte que six fois trois égale dix-huit ? 

 

Dans le cadre d'une économie de la connaissance, savoir à coup sûr et hors contexte que six fois trois égale dix-huit est inutile. La compétence implique en revanche une dynamique qui mobilisera ladite connaissance tout en gardant le cerveau disponible à l'actualisation d'autres compétences, dans le schéma d'une tâche à effectuer.

 

La compétence est donc une potentialité, voire une virtualité. Rendue vraie par une performance qui la réalise. 

 

Conclusion : L'effacement de la connaissance devant la compétence produit des savoirs exclusivement rentables. Pour le reste, qui n'est que littérature et fantaisies diverses, l'éventuelle curiosité des individus y pourvoira. Dans les espaces de liberté qu'on voudra bien encore leur octroyer, juste avant qu'ils crèvent.

 

Et c'est ainsi que l'humanité, enfin vraiment ignorante, sera plus que jamais docile. 

 

Dominique Boudou

 


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Conflit éolien de l'Érable

Publié le par la freniere

 

Les promoteurs tentent d’acheter l’acceptabilité sociale

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Le promoteur Enerfin et les maires des trois municipalités touchées par le projet éolien de L’Érable ont annoncé cette semaine une bonification des redevances qui seraient versées à ces municipalités, passant de $1,000/MW à $1,800/MW. Le Regroupement pour le développement durable des Appalaches (RDDA) n’est pas impressionné de cette annonce qui témoigne du sentiment de panique des promoteurs.

 

« C’est leur façon de répondre à l’intense et croissante opposition de ce projet alors ils utilisent le seul langage qu’ils connaissent,  l’argent. Après les distributions d’enveloppes aux signataires de contrats pour les garder motivés, après l’achat à rabais des clubs, organismes et festivals de la région en échange de leur appui, cette annonce est une opération « marketing »  de plus pour les promoteurs. En tentant ainsi d’acheter l’acceptabilité sociale, Enerfin démontre sa totale incapacité à comprendre que le territoire et les gens qui l’habitent  ne sont pas à vendre, que la population ne veut pas de ce projet. Il y a quelque chose d’odieux dans cette allonge monétaire aux municipalités; cette caution morale que se donne le promoteur et les élus pour envahir le milieu de vie de centaines de personnes et  perturber négativement tous les aspects de leur vie, sans même les informer et encore moins les consulter. La santé, le milieu de vie, la qualité de vie, la paix sociale, le patrimoine paysager ne sont pas monnayables. » de commenter M.Pierre Séguin, président du RDDA.

 

Pour le RDDA ce projet est vicié depuis le tout début; refus de consulter la population, refus de débattre publiquement, refus d’un référendum, refus de tenir des études indépendantes, conflits d’intérêt, ententes secrètes, mensonges et tricheries sur fond de vandalisme et de menaces. «  Tout le processus s’est déroulé de façon chaotique et anti-démocratique. Les élus ont entraîné nos communautés dans un bourbier sans fin où règnent la division et le déchirement social. Ils ont adopté des dizaines de résolutions et signé des ententes sans en connaître les conséquences néfastes, au profit d’un petit groupe de propriétaires, qui en majorité n’habitent même pas le secteur touché, et à l’encontre des meilleurs intérêts de la population. Les élus ont perdu tout sens de la réalité, aveuglés par de dérisoires redevances  et d’illusoires gains quand les pertes, elles, sont incalculables. » de poursuivre M.Séguin.

« La commission d’enquête du BAPE l’a clairement démontré : « le territoire est habité de façon extensive ce qui ne permet pas d’éloigner suffisamment les éoliennes des routes et des résidences…le promoteur a pris le risque d’implanter son projet en milieu habité. » Enerfin a perdu son pari, qu’il ramasse ses affaires et qu’il déménage pour qu’enfin la paix et la cohésion sociale reviennent dans la région. La population a déjà trop souffert de cette invasion barbare. » de conclure le président du RDDA.

 

Claude Charron

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VLB: le Père Noel des chatons

Publié le par la freniere

 

ADOPTEZ UN CHATON ET RECEVEZ GRATUITEMENT ET AUTOGRAPHIÉ PERSONNELLEMENT   LE ROMAN BIBI DE VICTOR-LÉVY BEAULIEU

 

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Victor-Lévy Beaulieu ayant épousé la cause féline a transformé presque malgré lui sa maison en Accueil Bonneau, accueillant depuis l’automne chattes abandonnées par leurs maîtresses et leurs maîtres, chattes grosses ou ayant eu portée, gentiment déposées dans le tambour de sa maison. Une douzaine de jolis chatons, de chattes et de maîtres chats sont maintenant prêts à être adoptés.

 

VLB ayant l’esprit des fêtes et aimant jouer les Pères Noël offrira gratuitement, et dédicacé personnellement, son roman Bibi à toute personne adoptant un chaton, une chatte ou un maître chat. Publié en France cet automne, Bibi a obtenu une critique fort élogieuse. On a comparé l’écriture de VLB à celle de Céline, Rabelais et Kerouac. Bibi a aussi été finaliste de trois grands prix littéraires français, un exploit si on considère que plus de 700 romans ont été publiés à Paris pour la rentrée littéraire !

Offrez-vous un cadeau original pour Noël ! Offrez un cadeau original à vos parents et à vos amis qui aiment les bêtes !

 

Vous pouvez joindre VLB en téléphonant au numéro 1 (418) 851-8888 ou par courriel (vlb2000@bellnet.ca)

Les gentils petits et grands minous vous remercient à l’avance !


 

 

 

 

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Appuyons les éditions Écosociété

Publié le par la freniere

 

Un tee-shirt pour célébrer la parole libre

 

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Vous pouvez maintenant afficher fièrement votre soutien aux Éditions Écosociété et aux auteurEs de Noir Canada en portant ce superbe tee-shirt qui célèbre la liberté d’expression dans tous ses états.

 

Quoi qu’on en dise dans les chartes et les manuels scolaires, la liberté d’expression dérange et doit chaque jour traverser de nouvelles tempêtes. Les auteurEs de Noir Canada et l’équipe des Éditions Écosociété en ont eu, il y a deux ans, une bien triste confirmation, quand cette publication leur a valu deux poursuites-bâillon de 11 millions $ de la part de Barrick Gold et Banro, deux géantes de l’or.

 

Depuis, le poids de ces procédures judiciaires vient confirmer l’importance de cette liberté. Passeurs d’idées, passeurs de mots, nous l’étions déjà; plus que jamais, nous nous engageons dans la défense de la libre parole.

Et pour célébrer la liberté d’expression sous toutes ses formes, nous avons conçu un tee-shirt qui permettra aux citoyenNEs de signifier leur attachement à la liberté d’expression et leur solidarité à Écosociété.

 

Les recettes ramassées par la vente de ces tee-shirts iront au fonds de défense juridique, notamment pour venir en aideaux auteurEs, qui ne bénéficient pas du soutien de notre assureur.

Prix : 25 $
Frais d'expédition : Montréal 5 $ ; Hors-Montréal (Canada seulement) : 10 $
Les tee-shirts sont en coton biologique et équitable et ont été réalisés par la coopérative de solidarité sans but lucratif FibrEthik.

Vous pouvez acheter ce t-shirt via notre site internet en cliquant ici.

 

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Écosociété et la censure du capital

Publié le par la freniere

 

Deux ans après la publication de Noir Canada


L’épée de Damoclès pèse toujours sur la tête des Éditions Écosociété...

 

Voilà deux ans que les Éditions Écosociété et les auteur(e)s de Noir Canada font face à l’une des plus incroyables tentatives de censure ayant jamais pesé sur un livre au Québec : deux poursuites-bâillon de 11 millions $, intentées par deux géantes mondiales de l’or, Barrick Gold et Banro. Il appert aujourd’hui que de puissantes multinationales sont légitimées d’entreprendre une action en justice pour « rétablir leur réputation », sans égard au coût que cela suppose pour le débat public et la démocratie.

 

Plus que jamais, nous savons que la liberté dans son essence n’est pas une absence de contrainte, mais un devoir exigeant. Et aussi qu’elle n’est jamais acquise, radicalement fragile et toujours à défendre contre toute forme de pensée unique.

 

Ces deux années éprouvantes ont également été ponctuées de moult gestes solidaires, de bouleversants témoignages de soutien et d’amitié et de rencontres on ne peut plus déterminantes. À tous ceux-là, à toutes celles-là, qui ont contribué de quelque façon que ce soit à nous soutenir dans cette lutte, merci.

 

Évènements marquants de l’année 2009-2010

 

Les assureurs des Éditions Écosociété s’impliquent dans le dossier

 

Environ 50 ans de revenus annuels (11 millions $ au total) sont réclamés aux Éditions Écosociété pour avoir publié un essai critique qui rend compte de questions d’intérêt public. Heureusement, ce fardeau financier se trouve allégé par l’intervention de l’assureur des Éditions Écosociété, qui a reconnu cette année son obligation à défendre la maison d’édition dans le cadre de l’action en responsabilité civile intentée par Barrick Gold. Nos nouveaux procureurs de Langlois Kronström Desjardins travaillent maintenant à la défense de la maison. Les auteurEs de Noir Canada, par contre, ne bénéficient d’aucune couverture d’assurance, et continuent d’assumer leur défense grâce au travail de Me Normand Tamaro à Montréal et de Me William Macdowell en Ontario, ainsi que grâce aux dons au fonds de défense des Éditions Écosociété.

 

67 juristes dénoncent les poursuites

 

Qualifiées de poursuites-bâillons par plus de 12 000 citoyens, dont de nombreux politiciens, intellectuels et artistes, mais aussi par de nombreux mouvements et groupes, les actions en justice intentées par Barrick Gold et Banro sont à présent dénoncées par 67 juristes dans les pages du Devoir, dans le cadre de la Journée mondiale des droits de l’homme. Pour ces juristes de formation et de profession, ces poursuites se présentent comme des menaces directes à la liberté d’expression des citoyens, à la recherche de la vérité et au libre exercice du débat public : « Si nous évitons de nous interroger aujourd'hui sur la responsabilité des compagnies canadiennes à l'étranger, c'est à notre pensée critique libre que nous renonçons. »

 

Lire l’article intégral : http://slapp.ecosociete.org/fr/node/16418 .

 

 

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Boomerang d'Ile Eniger

Publié le par la freniere

 

Parution

aux  Éditions Chemins de Plume, pour Noël,

du conte initiatique

"BOOMERANG"

d’’Ile Eniger

 

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Recueil de 55 pages (format 14X14 cm), "Boomerang" met en scène des dialogues de tendresse entre un enfant qui s'interroge et sa Grand-Ma.

 Grand-Ma dit :
- La bonté petit, c’est la terre qui te porte sans jamais se plaindre de la blessure de tes pas


 


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Le sacrifice perdu

Publié le par la freniere

 

Les assassins ne sont pas uniquement ceux qui mettent directement fin à la vie d’autrui mais ce sont aussi ceux qui usent de telle ou telle immunité pour pousser l’un au suicide et l’autre à cet abandon qui reste bien une autre forme de suicide que nous constatons dans chaque coin que nous parcourons soit physiquement soit moralement… Quand nous imposons la pauvreté et la misère, la corruption et le bannissement de l’égalité. Quand nous excellons dans le rafistolage et dans le tape à l’œil. Quand nous honorons pour déshonorer. Quand nous applaudissons sans raison ou encore nous nous taisons pour faire plaisir. Quand nous sacrifions toute une génération voire une société pour le plaisir d’une minorité voire pour un clan. Quand tout cela et bien d’autres encore font partie de notre comportement pour ne pas dire culture alors nous ne pouvons être que des assassins au sens propre du mot.
 

 

Les peuples dits du tiers mondes (africains et autres) ont lutté et honoré le sens des sacrifices, malheureusement, ils ont fini entre les griffes de ceux qui n’entendent que le froissement des billets de banques et les exigences de leurs proches… S’ils (les responsables des pays du tiers monde) étaient plus préoccupés par le bonheur de leur peuple comme ils se le sont pour celui de leurs proches, il y aurait moins de douleur et beaucoup moins de peur pour cet avenir que nous atteindrons bien un jour…
 

 

De nos jours les assassins ne sont pas uniquement des personnes physiques, les organisations dites gouvernementales (mondiales) et les institutions dont le FMI ne sont autres que des assassins. Encore faut-il que les uns et les autres sachent que tout recours à ces institutions avec les conditions qu’elles imposent n’est autre que l’irréfutable preuve d’une révolution étouffée voire qui n’a pas atteint les objectifs de ses sacrifices ? Encore faut-il que les uns et les autres sachent ce que veut dire le mot sacrifice. Encore faut-il que les uns et les autres sachent qu’on ne confisque pas un droit collectif comme on le fait avec cet autre dit individuel. Encore faut-il que les uns et les autres sachent qu’une libération n’est pas la fin d’une révolution mais le commencement d’une lutte plus féroce encore à savoir celle que l’homme saint de corps et d’esprit livre contre tout comportement tyrannique… Encore faut-il que ces mêmes personnes sachent tout simplement qu’une révolution n’est pas uniquement un affrontement mais une culture qui se prolonge dans la libération… Que des peuples s’offrent la voie des regrets et des remords devant cet espoir étouffé tel un poussin dans l’œuf… Que de peuples ont chanté pour déchanter…

 

Mouloudi Mustapha


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Un brasier dort sous la cendre

Publié le par la freniere

 

Cette effroyable résignation à être des consommateurs et des pourvoyeurs de mort, à sortir en rangs disciplinés des usines, des rues, des misères, des échecs, pour aller faire la guerre à l’autre, pour aller détruire et revenir sagement se faire enchaîner dans des mailles de pauvres haines, se faire broyer par les ordres de l’argent, du besoin et de la sécurité.

 

Où est l’ombre de l’homme appuyé à l’ombre,
Où est son image oubliée aux fers,
Où est son cri sur le silence des éclairs ?

 

Le grand ordre énonce la réalité historique comme un destin insurmontable, une fatalité implacable et change en utopie les valeurs du sens et de la liberté. Le grand ordre entend la justice, la beauté, l’amour comme des clameurs tombées à terre entre des arbres rendus fous par le sang des oiseaux.

 

Quand l’histoire est un décor et sa narration un décor de décor, la souveraineté de l’obscur fait de l’individu une valeur suprême, elle met en ses vitrines les opprimés et les massacres afin de réduire au silence l’être libre et la révolte.

 

On installe d’abord la destruction et la mort puis on dispose l’aide aux mourants et aux affamés, voici les grands ministères de la démocratie et de ses trônes sacrificiels.

 

L’enfermement de la puissance de l’homme dans les déterminations de l’individu transforme le sens en système, l’existence en économie et de là naît ce sentiment d’impuissance à comprendre que la dignité de vivre est une actualité de l’être.

 Aujourd’hui le grand ordre international est sans doute un de ces moments les plus déshonorés de la nature humaine » dont parle René Charlun de ces temps où la barbarie est une valeur de la politique mondiale et de son maintien.

 

Règne d’une extermination sans exécuteurs précis et tout se perd dans une représentation d’un ordre programmé selon sa propre finalité.

 

On étouffe entre des mots où l’espoir s’éternise d’une indivisible langue.

  

Comment prendre la parole quand la dictature des intérêts est en mailles d’acier sec, presque envisagée sous la haine patiente et laborieuse d’une démocratie qui remplit le monde de ses slogans sur le droit et qui extermine dans le droit.

  

Chaque conscience devient une solitude scellée et la vie se regarde comme une lettre qui n’arrive pas.

  

Une heure du matin, je me souviens de cet homme qui le 17 janvier 1991 hurlait à sa fenêtre : « La guerre, la guerre est commencée », en bas un chien qu’un passant promenait aboya. Paris semblait avoir tout retiré de ses bruits pour laisser à ce cri l’envahissement des absences.

 

Comme si quelques jours avant les milliers qui s’étaient rassemblés pour refuser la guerre n’avaient été qu’une image espérée par des individus séparés rêvant de n’être pas seuls.

  

Dans l’horizon glaciaire d’un rationalisme qui dissout la parabole, l’allégorie, la passion, la mémoire s’engloutit. Adorno insistait sur le fait que la rationalisation réduisait la capacité de se souvenir. Ainsi le vécu s’efface sous la représentation de sa forme préfabriquée et imposée, il ne laisse pas de traces en images souvenirs qui sont des moyens de critique radicale de la réalité.

  

La chambre des imaginaires est vide. La création artistique devient une production culturelle, le sacré un irrationnel et la liberté un mode de destinée. Ainsi l’on devient passant d’une mémoire coulée dans sa nuit, glissant selon une terre nord-sud en oubliant d’être mortel, au milieu de la colère des médiocres qui emplit le monde d’habitudes et de partis pris.

  

Une curée de pour et de contre où il ne s’agit plus que de penser par rapport à l’adversaire, utiliser son programme, ses moules, marqués seulement du signe de la négation. Les regroupements d’un camp à l’autre ne s’opèrent que dans la mise ensemble des raisons qu’ils se donnent pour se juger supérieurs et meilleurs. La criée des démocraties entre cendres et stèles.

  

Cette géomorale de l’ordre à taille planétaire est pernicieuse jusque dans les analyses que l’on fait d’elle pour la comprendre, tout devient très vite une mise à plat rationnelle de ses rouages qui efface en partie sa négativité destructrice. Tout finit par se jouer dans une certaine complaisance des raisons explicatives du désastre. La passion vitale de l’anéantir est d’emblée mise en échec par la représentation analysée de sa force.

 

Il faut l’affronter dans la puissance à désirer son abolition pure et simple, ne plus penser la vie comme le contraire de la nécrose où elle nous plonge, mais depuis la terre abandonnée de l’exigence d’être.

  

Si nous avons une identité elle est interminable, car nous ne sommes pas seulement des individus produits par une histoire. Il faut laisser venir cette parole pour une existence exilaire, celle d’une conscience de rupture. Être les errants destructeurs de la machine d’ordre ; seul l’errant change en soleil cette justice qui n’a que l’incendie pour devenir astre. 

 

Geneviève Clancy


 

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José Corti à propos de René Char

Publié le par la freniere

 

Autrefois, à Pernes, il se faisait des "concours de sillons". Un vaste champ était offert à ce jeu de laboureurs. Ils arrivaient avec leur brabant, leur meilleure bête – on disait plutôt bête que cheval – et leur bon fouet tressé. La palme revenait à qui avait su tracer le sillon rectiligne le plus parfait sur la distance fixée – et elle était longue ! Char est de cette Provence où les paysans, par amusement, par délassement, se livraient à ces jeux de force et d'habileté. (...)

 

Char laboure. Il va droit, pesant de tout son poids sur les mancherons de sa charrue, pour faire rouler de chaque côté des versoirs luisants une terre vivante, grasse, riche et dont chaque motte révèle ce que cachent les herbes folles et les fleurs dont d'autres composent leurs bouquets.

Char, si serré dans son écriture, se livre dans la conversation, Char ne croit probablement pas beaucoup à l'inspiration ; mais, au hasard d'une rencontre, à l'aimantation des êtres et des choses. Il sait que le poète est un médium qui perçoit, sait le lieu et la prise. Quand il laboure, il pèse sur la terre ; il va toujours plus loin ; il revient sur le sillon autant de fois qu'il faut. Un manuscrit de Char est toujours la recherche de la dernière perfection. Quand on en est à l'impression, le repentir intervient : un mot, une inversion et le livre n'est pas plutôt achevé que se révèle ce qui aurait pu le parfaire. Tel poème de quelques vers n'a pas eu moins de sept ou huit états dont chacun a été définitif pendant quelques heures ou quelques jours. (...)

Char multiplie les efforts pour atteindre son but. Je ne crois pas que Char ait jamais abandonné un poème qui l'habitait sous prétexte qu'il manquait de prise. C'est un homme d'action en même temps que de pensée ; un homme fort, qui commande, qui impose.

 

José Corti

 

Les mêmes commentaires pourraient tout aussi bien s’appliquer à Gaston Miron.


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La Frenière au pays de VLB

Publié le par la freniere

 

Victoriaville, le 26 novembre 2010L’auteur Jean-Marc La Frenière présente au public son plus récent ouvrage intitulé « La langue est mon pays » publié aux Éditions Trois-Pistoles. Le lancement aura lieu le 5 décembre prochain, à 13 h 30, au café Méridien situé au 505, boul. Jutras Est à Victoriaville, dans les nouveaux locaux de Buropro.

 

L’événement propose une entrevue et une lecture publique suivie d’une séance de signature, avec ce poète coloré qui déclare élever des poules pour pondre des poèmes! « À défaut d’un pays, il nous reste la langue », écrit-il en préface de son ouvrage. Il parlera également de sa récente tournée européenne, de son passage au Salon du Livre de Montréal et de son prochain recueil à paraître en janvier aux Éditions Chemins de Plume à Nice.

 

Cet écrivain de Saint-Ferdinand, révélé en France par les Éditions Chemins de Plume qui ont publié ses trois premiers ouvrages de prose poétique « L'autre versant » en 2005, « Parce que » en 2007 et « Manquablement » en 2009, a reçu le Prix Voix Nouvelle du Salon du Livre de Trois-Rivières en 2010 pour son livre « Un feu me hante », publié par les Éditions d’art Le Sabord.

 

Mentionnons que le café Méridien entend ainsi offrir de beaux dimanches littéraires au cours de la prochaine année, en collaboration avec l’animatrice Danielle LeBlanc. Une première dans notre région qui saura plaire au public car de belles rencontres sont prévues au programme; à noter que l’entrée est gratuite.

 

Source :

Danielle LeBlanc

LeBlanc Jazz Communications

819 260-1164

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