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Nous savons

Publié le par la freniere

Que depuis la seconde invasion de l’Irak, les guerres n’ont cessé de se chasser l’une l’autre comme pour faire oublier la catastrophe de la précédente. Chaque guerre a vu ainsi détourné, le sens de son nom par l’usage d’autres substantifs tels que « conflits, tensions, opérations de police internationale », sans compter les appellations contrôlées du type « tempête du désert, opération X,Y, Z, autant de grossièretés du langage pour dissimuler le crime derrière la supervision d’une série télé.

  Nous savons qu’on ne guérit pas d’une guerre, qu’elle soit d’hier lointain, d’aujourd’hui ou de demain. Les plaies d’histoire ne se referment pas car elles sont ouvertes depuis toujours pour et au nom d’une histoire humaine de la blessure, dont l’homme serait à la fois la victime et le coupable pour avoir tenté de capturer les dieux en lui et d’avoir provoqué leur fuite catastrophique.

 

  Si on ne guérit pas de la guerre, nous savons qu’on doit et peut la prévenir.

 

  La tâche est aujourd’hui d’autant plus aisée que les dramaturges de la guerre ne se cachent pas ni ne dissimulent leurs projets de mise en scène qu’ils répètent selon les mêmes catégories politiques dramatiques depuis trente ans. Les effets d’annonce dont ils s’entourent se fondent sur l’idéologie de la transparence, dont le concept mondialiste porteur est celui de « choc » des cultures et civilisations.

 

 
 
  Nous savons, nous savons tant et si bien qu’avec une certaine duplicité, nous nous réfugions à chaque occasion de guerre derrière la spécificité des circonstances, la contextualisation des scénarii dont l’invariance pourtant ne cesse de nous avertir que ce sera la guerre comme nous la connaissons déjà.

 

  Nous savons l’échéance, nous savons le protocole et les intégrons au point que la guerre est déjà commencée avant que ses opérations de terrain ne soient entreprises comme pour mieux renoncer à notre responsabilité dans son détournement, son ajournement voire sa suspension et son exclusion.

 

 

Nous faisons mine de compter sur l’impossible ou encore sur le fait « qu’ils n’oseront pas » (en parlant des chefs de guerre), tout cela pour préserver un mythique étonnement, une fausse naïveté.

  Nous savons que les frappes honteusement dites « chirurgicales », une fois lancées, rayonnent et résonnent à travers des dizaines de milliers de corps malades, déformés, mal formés.

 

Nous savons que les mots n’arrêteront pas ni ne modifieront la trajectoire de ces frappes, mais nous savons aussi que ces mêmes frappes n’arrêteront pas le soleil d’éclairer la rencontre possible de deux êtres dans l’amour, au milieu des ruines.

Nous savons que jamais, elles n’abîmeront définitivement l’espoir d’un possible autrement vivre que sous elles.

  Ce savoir là, nous oblige à demeurer à sa propre hauteur, à cette hauteur retrouvée de nous-mêmes, chaque fois que nous reprenons possession de notre intelligence sensible, de notre humanité vivante contre l’invalidité, le handicap que nous nous infligeons à travers ce faux sentiment d’impuissance qui nous occupe face à la guerre.

 

  Aussi longtemps que la prochaine frappe contre l’Iran, le Liban… et tous autres qui ne s’aligneront pas sur le « diktat » du « bien contre le mal », n’aura pas été lancée, aussi longtemps que le geste décisif d’une conscience frappante n’aura pas été fait, tout sera encore possible avec des mots, par eux et grâce à eux, pourvu que nous les proférions, que nous ayons le courage qu’ils se rebellent en notre silence.

 

  Pourquoi face aux mots du discours des « va-t-en guerre », les mots de la fraternité humaine ne seraient-ils pas opérationnels ?

 

 
 
  Si derrière les mots des « va-t-en guerre », il y a des canons

 

Derrière les mots de l’amour, de la compréhension exigeante, il y a la révélation que l’homme est irréductible à ces canons, que la soif de se connaître est plus forte que le goût de la destruction, de l’éradication et de la torture.

  Nous savons que la peur de désobéir même au pire, le sentiment d’obligation, le poids de la contrainte tout comme la satisfaction d’obéir, selon un devoir accompli qui serait d’appuyer sur la détente qui tue, n’est pas plus coupable que la démission, l’abandon de soi, au point de ne plus croire que jusqu’à l’instant suprême, tout demeure toujours possible.

 

  Nous savons qu’avant le jugement de Dieu, il y a le libre arbitre de l’homme insoumis à l’homme, il y a l’homme debout sur son rêve et soudain plus haut que la taille des événements.

 

  Nous taire aujourd’hui contre les menaces de guerre….

 

Refuser le possible partage d’une autre réalité que celle proférée par l’inéluctable, à travers les messagers de la haine et de la catastrophe menaçante, c’est accepter de se rendre et renoncer à notre propre écriture d’un sens autre de l’histoire que celui de la meurtrissure et la lamentation.

  Compte tenu de ce que nous savons des chefs de guerre, de leurs projets et de leurs cibles, compte tenu que rien ne nous autorise à penser que la politique française ne se joindra pas aux « fous du bien », il ne nous suffit pas de dire que cette prochaine guerre se fera sans nous, ou encore qu’ils la feront, mais pas en notre nom.

 

  Il nous faut par tous les moyens de sensibilisation, de mobilisation des consciences contre la guerre, refuser l’idée même de nos limites.

 

Il nous faut penser l’illimité de nos grains de voix contre le concert de la mitraille.

Il nous faut croire que la plus humble de nos paroles fera résonance d’un refus mondial du meurtre.

 Il nous faut savoir que nous ignorons encore de quelle catapulte est capable l’insoupçonné lever d’âmes, face au sanglant aperçu.
 
 
Philippe Tancelin
 
 

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La maison

Publié le par la freniere

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Il arrive que le ciel contredise les fleurs.

photo:  Ile Eniger

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Le lac William

Publié le par la freniere

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Certains matins, le lac se transforme en nuages. On s’y enfonce dans une nuit illuminée.

photo:  Michel  Mallet

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La vie renaît

Publié le par la freniere

La vie renaît sur les montagnes d’amiante.

photos: Daniel Gagné

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La tanière du loup

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Dans le jardin, il y a trois épouvantails dont l’un est à vélo. Ils ne réussissent qu’à faire rire les oiseaux.

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Le bronze

Publié le par la freniere

À Irlande, au Québec, le bronze a épousé la pierre, le feu a épousé l’argile, la cire a épousé le four, la main a épousé le rêve.


sculptures: Jocelyn Roy

 

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La cabane

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La cabane des vieux mots rafistolés. Un bleuet, une fée, un rayon de lune, une écharde sur le cœur s’écrivent avec la sève et le chant des bouleaux qui rêvent.

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L'entonnoir

Publié le par la freniere

Ce n’est pas un totem ni un capteur de rêves, simplement un vieil entonnoir qui rêvait d’être un arbre.

installation:  François Pellerin

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Les livres

Publié le par la freniere

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Quand les livres font rêver.

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Le manteau du rêve

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La nuit a laissé sur une branche le manteau de ses rêves.

photo: Ile Eniger

 

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