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247 articles avec ile eniger

La joie

Publié le par la freniere


Le pain brûlé des terres
La lumière en bras de ruisseaux
La perfusion du jour sur les heures de nuit
Les veines au cou de la montagne
Les vignes lourdes de vin vert
Le ciel marine à force de brasure
Les oursins de lavandes dans l'océan des champs
Les fenêtres ouvertes pour reprendre leur souffle
Et les rideaux fleuris
Les pas derrière la porte
La présence
La vie pleine forge
La centaine des blés pour un seul coquelicot
Le rouge du soleil en face
La joie
Légère comme une espadrille.


Ile Eniger
est de retour avec Un violon sur la mer


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Ils est un groupe

Publié le par la freniere


Je ne suis pas certaine du ciel bleu, ou gris, ou. Quand je l'écris il a déjà changé. Comment se fier au ciel ? Ou au stylo qui court ? Ou à moi qui attend ? Le sens s'échappe. Toujours le sens échappe. Un courant d'air et tombent les feuilles. Comment se fier à l'air ? Pourtant, les coins s'appliquent, rationnels, ils équerrent leurs raisons, chacun avec son araignée. Et l'édifice monte, monte. Ils, plantent des certitudes. Ils, parlent, parlent. Le mentalement sérieux. Ils, est bien pratique pour se rassurer. Ils, est un groupe qui s'agite et tressaute au bout de la longue corde des discours. As-tu vu, le ciel change ! Ils, me regardent. C'est qui celle-là ? -une île non colonisée ? Ils, se serrent entre eux, bien plus serres qu'eux. Pauvres oiseaux. Pendant ce temps, un moineau bâtit son nid. Sur ma page, il pousse les mots pour s'installer. Il chante. Chanter, c'est peut-être bien pour vivre. Qui sait ?

Ile Eniger        Poivre bleu

Publié dans Ile Eniger

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Je vous les donne

Publié le par la freniere


Ils croient leur vie plus importante que celle d'un moineau, leur esprit plus savant que la pierre. Ils rient de la pauvreté du rossignol. Ils courent. Vite esclaves, à la fabrique des fouets. Tendez les cous aux fers. Ceci, cela, encore, plus. Le manège tourne et tourne sur lui-même. Engins tueurs, ils orchestrent leurs jeux en massacres, légaux. La bonté meurt, confettis sur leurs bacchanales. Ils prennent, vident, avides. Ils pillent, possèdent, jouissent, vomissent. Leurs têtes aveugles au billot des plaisirs vont du sexe aux monnaies, du vouloir au profit. Et d'analyses en sécheresses, ils mangent le coeur et la mort des autres. Les mots ont mal d'être leur langue. Les mots se taisent. Les mots s'évadent. Ils quittent l'arène pour approcher la mer, son silence bruissant. Pour regarder le ciel, son pas immobile. Pour écouter l'air, son chant de traverse. Les mots abondent l'univers, mercient le soleil remonté chaque jour. Les mots apprennent l'amour. Ramènent l'amour. Terre ma Mère, et tes patiences d'arbres, tes couleurs parfumées, tes mains de pluies, ta nourriture simple. Terre, ma Mère, j'ai peu de mots, je te les donne. Ils vont lentement, comme les graines.


Ile Eniger       Poivre bleu

 

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Le mensonge

Publié le par la freniere



Le mensonge est verbeux, il étouffe la clarté. Car le mensonge ne parle pas, il vomit pour que glisse la vie. Pourrissement stérile qui gangrène la langue, il joue ses cartes truquées dans un remugle d'artifices. Il détruit le regard, abat la loyauté, tranche la parole. Le mensonge est un égorgeur. Sur ses béquilles volées il séduit la confiance. Et la tue.

Ile Eniger      Poivre bleu


 

 

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Qui ?

Publié le par la freniere


Qui parle ?
Qui dialogue avec la page ?
Qui traverse le poignet jusqu'au ménage des doigts ?
Qui perfuse le texte et pourquoi ?
Qui préexiste et succède ?
Qui, du brin d'herbe ou de la pensée, est le plus juste ?
Quand j'écris le mot lumière, qui est-elle ?
La distance vers les étoiles est plus grande que les mots
Sur la feuille, mes mains sont muettes
Inutiles outils devant l'ampleur du champ.

Ile Eniger      Poivre bleu

 

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C'est

Publié le par la freniere


C'est un chemin de moi à moi, j'ai cru longtemps qu'il fallait quelqu'un d'autre.

C'est un printemps derrière
Des saisons d'usinage et des mains de fabrique
Des ablais pour le pain
L'abée qui porte l'eau vers sa dernière crue
Des mots qui suent, sifflotent
Buissonniers et solides
C'est le centre des joies sur les trois-quarts du fil
L'errance d'un temps qui sait prendre le sien
Une histoire d'hier encore aujourd'hui
La seconde séduite
La montagne vieille recouverte de ciel
Les pas de jeune chèvre
La veilleuse d'étoiles
Un pays
La plus petite terre y chante

Ile Eniger  Poivre bleu

 

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Vent debout

Publié le par la freniere

Elle navigue au près. Loin des voisinages, des remous verbeux. Elle évite les ports de jolies coques, les régates et les routes à trophées. Elle va vent debout sur la puissance d'eau, gîte vers le soleil sans tirer de bords. La lumière pour sextant elle se méfie des fausses traces de sel. Elle ne bat jamais pavillon. On la croise parfois dans une crique calme. On la reconnaît à son silence d'observance. On dit qu'elle connaît la baleine blanche, le vertu des algues, la force des vents. Qu'elle dort dans les bras d'un sauvage. Mais on dit tant de choses. Elle habite sur une île où l'on peut vivre nue sans crainte des yeux sales.

Ile Eniger       Poivre bleu

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La matière

Publié le par la freniere

C'est d'un cahier ouvert sur le coin de la table que je ne dirai rien. Les jeux, les séductions, les germes d'artifices, j'y pense quelquefois mais le rien quotidien porte tant et encore que mes pensées se taisent, que mes mains se dénouent. Se pousse l'illusion. Le simple me rattrape. L'éternuement d'un chat, le sang d'un géranium, une jacinthe pâle accouchée de la nuit, la mer à ma fenêtre. Toute chose accoudée à la table du jour. La grâce de ce peu décape l'inutile, épingle des fous rires sur la pince des lèvres. Et nettoie les outils. La soupe dans le bol, le repos de la terre, écrivent mieux que moi une lettre d'amour. L'hiver est un cadeau quand les gestes s'épuisent. La pointe du crayon a troué mon papier, la lumière s'engouffre dans le moindre interstice. Dans cette odeur dressée, je renifle la matière et son bruit de sonnailles. C'est un temps de très près. Paysanne penchée sur la vigne des mots, j'écoute la patience dans les lignes du bois, je touche le présent et ce qui dit je t'aime.*

Ile Eniger


*
Ce texte a été mis en musique et chanté par Robert Cuffi.

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La plage de Neruda

Publié le par la freniere

La ville de nuit garrotte le silence. Sur la route encombrée, l'hémorragie mobile crache ses fumées. Un va et vient brutal ne sait plus où il va, ce qu'il fait, ni pourquoi. La ville vend ses mensonges, ses bassesses orchestrées. Elle vomit ses night-club, ses viandes faisandées. Elle éructe ses néons, ses jeux de basses fosses. Les bruits racolent, violent, trouent les cellules. Le plaisir se joue à l'heure de la soupe, à l'aune de l'alcool, au poids de la détresse. À coups d'indifférences, le manège infernal embarque ses démences, déballe sa camelote, monnaye ses illusions. Au bord de la mer, les oiseaux dorment dans les creux de roches, la lune éclaire le dessus des vagues, des étoiles veillent, paisibles. L'eau caresse doucement les pieds de celle qui demande : "s'il vous plaît Monsieur le Vent, c'est où est la plage de Neruda ?"  Mais le vent ne répond pas.

Ile Eniger     Poivre bleu

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Coupable

Publié le par la freniere

Coupable. Coupable d’aimer plus que raison. D’attendre chaque jour une voix, une lettre, et cet oiseau sur le rebord de ma fenêtre. Coupable de soleil au milieu de la nuit, et de rêves plus hauts, plus grands que l’insomnie. Loin de l’austérité qui fige la photo, coupable de livrer un automne brûlant et quinze ans chaque année. De cerises aux pommiers, de baisers sous la pluie, de silences à rougir, pieds nus sur les rires de verre, coupable. Coupable de désirs à réveiller le monde.

Ile Eniger      Il n’y aura pas d’hiver sans tango, mon amour

Publié dans Ile Eniger

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