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226 articles avec ile eniger

Un galet lisse

Publié le par eniger

Je marche ce matin aux prières des humbles avec ce poids au cœur qui incline ma tête. Des poussières de juin, je sais une douleur, je ne détourne pas. Les lilas ont fané, je touche leurs yeux secs d’une caresse simple. Piétiner une fleur pour en cueillir une autre n’est pas de mon propos. Il faut l’âme au présent quand on est imparfait. Les arbres me regardent. Les heures s’accomplissent. La lumière fragile où s’agitent les ombres accompagne mes pas, leurs traces inévitables. Je sais que je ne sais que cet état présent qui taille une fenêtre dans la pierre du ciel. Et je vois une peine où rougeoie la blessure. Ma route va nus pieds dans les mots qui se taisent. J’affaisse la laideur et la fureur du monde, les épines des phrases me trouveront sans armes, aucune guerre, jamais, ne peut justifier ses morts. Je n’ai qu’un galet lisse pour pacification. Et tu le trouveras dans mes paumes ouvertes et tournées vers le haut. On ne prononce bien que ce qu’on porte en soi de toute éternité.

Ile Eniger

 

 

Publié dans Ile Eniger

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Un seul rire m'éclaire

Publié le par eniger

C'est un silence étroit de pierres et de pas dans les ronces. Une exigence aride. Elle est celle qui passe, avec à l'un ou l'autre instant, cette lame d'ombre, ce cri de feuille. Elle n'imite rien, d'autres le font. Plus aucune nuit ne blesse en tombant. Le noir vidé de jour fait un rempart contre l'agitation du monde. Elle croit pourtant la lumière et dit que la terre sait aussi cela, qui s'ouvre et se ferme sans inquiétude. Jusque sur la table l'advenir est simple de la surface lisse des murs qui garde trace des tableaux à l'odeur des Chasselas d'enfance. D'une gorgée d'été, elle dit qu'un seul rire éclaire. Elle dit que la pluie donne toujours quelque chose du ciel.

Ile Eniger

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C'est un jardin

Publié le par eniger

C’est un jardin de cotonnade blanche, un amandier à l’autel de l’hiver.
Miette de mésange aux nappes des nuages, elle écrit tout, dit tout, en
rangées de phrases qui font des vagues sur sa mer. C’est une fille d’eau, de
graines d’arbres, de gestes en liberté. Une maison de chemin qui place le
portail au beau milieu d’ailleurs. La chaleur de ses mains apaise les
douleurs. Sur la rouille des fils, dans les points de clarté, elle touche la
joie et ramène la braise. Elle a des yeux de louve qui profondent la nuit.
Et le crépitement qui enflamme, c’est sa robe qui tombe.

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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Le feu à venir...

Publié le par eniger

Je t'attends sur la route, des rêves en fond de poche, des bracelets de
mots, des brindilles de rires, une trace de miel à chaque fleur petite.  Tu
tousses et dans ta voix j'entends des phrases miennes. Une lumière bleue à
mes lèvres défaites comme un doigt de vin chaud. Tes traversées d'images
reconstruisent le ciel. Ton bureau dans les arbres apprivoise l'oiseau. Tu
inventes des ponts pour décalage horaire. Quand de quelques jonquilles tu
refais le soleil, je sais le bois coupé et le feu à venir.

Ile Eniger

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La marque

Publié le par eniger

La torpeur du dimanche inclut naturellement le trouble de l’attente. Sevrée du lait des distractions, je ne suis que cela, concentration d’attente. J’imagine la neige, et dedans un tapis, un feu de cheminée, le vin qui tremble chaud et des bougies partout. Des lieux communs de poésie gentille proposent leurs réseaux, synapses rassurantes. Mais la chose à écrire s’y refuse tout net. Les mots sont des sépulcres qu’il ne convient d’ouvrir que par inclination créatrice, native. Flamberge meurtrière qui pilonne le tiède et relève les os. Quelque chose me dit de ne pas me résoudre à leur porter des fleurs. De saisi instinctif comme la rebouteuse choisit la juste plante, j’entends les mots cogner dans le bois de la langue. La parole est un trou, un bruit, une carrière ou s’agite le dire. Le désir l’affranchit du cloître des morales, la tendresse l’innocente, l’émotion la redresse, l’identité l’éloigne des unions confortables. Et l’amour ? l’inclassable, qui hésite toujours entre la folle avoine et la mort du vieux rêve, l’envisage en son antre avec des yeux rougis et des doigts fatigués. La torpeur du dimanche se trouble d’une attente. Mais je l’entends qui crie, la marque du vivant. Et c’est la voix du loup qui appelle la lune.
 
Ile Eniger

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Ce serait la Toscane

Publié le par eniger

Ce serait la Toscane. Odeur des corps si proches en leurs hésitations.
Bouches altérées, contre mourant, contre grisaille, contre jours bouillis.
Nous aurions des outrances d’oiseaux aux premières cerises. Sans mot
d’excuse, comme avril en sueur aux aisselles des champs. Fièvres blanches,
paroles d’arbres, la route irait vers le plaisir. Ce serait la Toscane un
jour de contrebande. Sans errances mais le chemin plus grand que nous. La
pensée chasserait une vieille abstinence et nous serions fragiles, et forts,
là où le pré marie ses eaux. Aux racines d’en haut, viendraient tendues,
ventres serrés, des noces singulières. Ce serait la Toscane. Ecris-le au
présent.

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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Le mot

Publié le par la freniere

Le mot, ouvert, juteux comme une entrée, une grenade qui appelle la bouche. Cartouche dans l’obscur, écharpe pourpre des premières, pâte à forger, battant de porte, clavier des secondes, évasion programmée. Le mot, limon d’attente. Sourcier, sorcier, prêt à offrir, prêt à payer, qui tonne sa poussée vers l’espace à franchir. Le mot plus grand que lui et qui propose encore. Le mot séduit, saisi, délivré de l'encan. Le mot né pour renaître plus haut que les croyances, délivré de tout sens et de reconnaissance. Le mot pour allumer, brûler, flamber, rougir. Qu’on voie le feu de loin et que l’on dise alors, c’est la femme sauvage qui incendie la vie.

Ile Eniger

 

 

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L'araignée

Publié le par la freniere

Elle rôde, elle est forte. En fond de cale et noir de cave, elle attend son moment. Au millimètre près, elle mesure les distances, évalue les états, paramètre les chances. Tapie pour calculer l'élan, elle circonstancie les manières d'agir. Sa marche douce recouvre tous les emportements, elle ne donne à voir qu'une raison passive, emmitouflée d'indifférence. Les images passées, les moments fantasmés, ne sont pas lettre morte, ellle attend son moment. Son vouloir est poison qui ranime l'espoir. Cette proie qu'elle veut, elle la veut encore. C'est la femme des nuits dans le bout des jardins, l'ombre mêlée aux ombres de la rive d'attente. L'inquiétude du soir aux marécages des séductions. Les alouettes mortes aux miroirs des refus qui prévoient le phoénix. Elle a fait de son temps un atout essentiel.  Silence pointé de quelque miel, elle abrite sa froideur, patience d'araignée. C'est une experte ! décidée à reprendre, son repli fait stratège dans un coin d'abandon.

Ile Eniger - Une clé sous la pierre

Publié dans Ile Eniger

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Sur la route

Publié le par la freniere

Je t'attends sur la route, des rêves en fond de poche, des bracelets de
mots, des brindilles de rires, une trace de miel à chaque fleur petite.  Tu
tousses et dans ta voix j'entends des phrases miennes. Une lumière bleue à
mes lèvres défaites comme un doigt de vin chaud. Tes traversées d'images
reconstruisent le ciel. Ton bureau dans les arbres apprivoise l'oiseau. Tu
inventes des ponts pour décalage horaire. Quand de quelques jonquilles tu
refais le soleil, je sais le bois coupé et le feu à venir.

Ile Eniger

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Si j'osais

Publié le par la freniere

Si j'osais me glisser aux forêts de tes bras, aux orées de tes yeux, aux brousses de tes gestes, tu apprivoiserais ma petite robe rouge. Du profond de ta voix renaîtrait ton inquiète. Tu lui ferais de jour cette nuit écarlate à flamber l'arc en elle d'un ciel qui s'abandonne.  Tu la ferais lumière pour couvrir les distances, cette eau de strates de volcans sur l’écorce d’été. Les journées incertaines chausseraient l’horizon, ratures de cahier joignant des ailes aux mots, la sève élancerait ses longues veines d'arbre, et le cri d’un oiseau sur la paille de juin ranimerait l'espoir dans la moindre brindille. Si j’osais mes audaces, tu saurais l’infini.  Et là, dans le rectangle de ta porte qui s'ouvre, le monde se verrait à l'aulne de ta chambre, volets tirés sur l'heure, l'impossible rompu, cette faim à la bouche pour rassasier l'amour. Ce serait si j'osais, le feu des hautes herbes quand les soleils embrasent avant de tomber nus sur les reins de la terre. Ce serait le début et ce serait encore. Ce serait une vague,  et ce serait la mer où dessiner une île dans la largeur du jour.

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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