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226 articles avec ile eniger

Éveillée

Publié le par la freniere

L'indifférence, la méchanceté, la débacle, l'agitation, les petitesses, sont affaires d'hommes. Leurs ego bétonnent, leurs monnaies enterrent, leurs croyances mentent, leurs pouvoirs détruisent. Loin de ces jeux morbides, un seul lilas sauvage, un pan de mur éboulé, le trait roux d'un renard, un geste de moineau, un ru sur la poussière, des pépites de rires, donnent inlassablement la clé, le sens du vivant. L'écriture brûle comme un fagot bien sec. Ses cendres iront nourrir le vent et les graines qui ne demandent rien. Loin des météos, toujours les saisons remontent, les aubiers fendent, les herbes tapissent, les nids réchauffent, les fleurs décorent, les fruits nourrissent, les racines veillent, les bêtes repeuplent. Rien de secourable dans l'obstination éveillée mais chaque jour offert, seul et unique, mêlant son lait materne au café noir des nuits. La gratuité toujours renouvelée. Est-ce une colère ou un accablement mes mots qui cherchent ailleurs loin des affaires d'hommes ?

 

Ile Eniger

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Les petites grand-mères

Publié le par la freniere

Les petites grand-mères

Ile Eniger - Auteur

Les petites grand-mères – (Nouvelles) - Des anges, des chats, des poules, des grand-mères, tout un petit monde ici rayonne. Une joie pétillante et lucide accompagne le voyage du vivre . Et si peut-être "tout s'écrit sur du sable", il n'en reste pas moins que "l'amour sauve de tout".- ISBN 978-2-84954-154-8 - PRIX 14 €

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À ma fille

Publié le par la freniere

Regarde en arrière, il pleut des gens. Neige tremblée, mouchetée, tombée légère d'origines multiples. Mémoires anciennes donnant chair au présent, tu es leur sillage ma fille. Le passé n'est visible qu'au drapé du rideau qu'on soulève parfois. Dans cet avant de soi, les jeux, les histoires, les séductions, les ornements, tout se confond, se fond, chaque unique mêlé. Des murmures clapotent, il faut tendre la mémoire pour retrouver le fil. La langue est incertaine, la traduction aléatoire. Toujours les marionnettes courent pour échapper au bois mais leurs cendres transportent la force des vécus et tous travaux d’adductions d'autres. Jusqu'à toi mon enfant, ma puissante, leur mouture. Depuis les passages anciens figés, couturés, transformés, tu brèches l'élan de lumière crue, ton élan à vivre. Tu regardes et tu es. Tu construis chaque jour quelque chose qui regarde et qui est. De ce jour après jour, appuyée sur leurs traces, tu élances ta vie de racines solides. Tu te sais vivante dans ces métamorphoses qui gardent le noyau et démarquent ton être. Tu crées, tout au bout de leurs mains, cette nouvelle et unique flamboyance, la tienne. Et moi, ta mère, je suis de toute gratitude quand je te vois, présente.

 

Ile Eniger 

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À S. et C.

Publié le par la freniere

On marche. On marche un monde multiple sur une planète plus grande que les buts. On marche dans un univers plus immense que les pensées. Au foin des errances, on espère l'allumette qui embrasera, qui révélera la puissance de la moisson. On rêve d'un écho, d'une parole amie. On tisse la laine des jours pour habiller la marche quotidienne. Puis, venus d'un hasard, on ne sait où, on ne sait comment, on ne sait pourquoi, des routes se rencontrent, des voix se répondent, des mains se tendent, des cœurs se reconnaissent, des couleurs prennent feu. On s'illumine. On fusionne. On s'épouse. Et c'est aujourd'hui ce jour des épousailles. Ce jour qui vous élève en devenir conjoint. Depuis l'absolu, l'amour qui a fait naître, conjugue vos existences. Tout est à inventer. Alors, on marche ensemble, sur une route, dans un monde multiple, une planète plus grande que les buts, un univers plus immense que les pensées. L'amour est une terre cultivable. Namasté sur ce territoire.

 

Ile Eniger

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Les écriveux

Publié le par la freniere

La nouvelle mode littéraire, c'est d'être trash. Plus on détruit l'amour, la beauté, la bonté, plus on est applaudi. Plus on est applaudi plus on a l'impression d'inventer quelque chose ! Placer dans l'écriture un mot ou deux ou plus, arrogants, provocants, donne le ton d'un orchestre qui déraille et qui se croit génial. Et voilà le terreau d'une bande d'écriveux bavant de plume alerte, des mots, des gros, au sens dans tous les sens. Choquer pour se démarquer, ainsi font ceux qui ne savent pas prendre le risque du plus juste sans artifices. On voit ainsi, traînant leurs guêtres dans le politiquement incorrect, la morve au nez, les doigts mouillés d'humeurs, le texte érigé comme un sexe, de jeunes prétentieux ayant tout à apprendre du silence, de nouveaux riches de la parole  inconscients d'ajouter à l'égrégore de l'inepte. Pour tacler le joli, et là ils ont raison, ils condamnent le beau, et là ils sont stupides.

 

Ile Eniger

 

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Gratitude

Publié le par la freniere

La journée m’accueille, le sait-elle ? Je vais en ses bras de large présence. L’hégémonie humaine n'a pas de prise ici. La joie porte le sens imprescriptible de la vie. L’immense savoir renouvelle et s’expanse sans cesse. Loin des profits, mensonges, sujétions, une jonquille fleurit un mur de pierres sèches. Des oiseaux font des nids de douceur et de rondeur parfaites. Le chat étire sa confiance au soleil. Les champs regorgent de nouvelles pousses. L’abondance s’exerce. Le vivant est profusion. Le miracle ne doit rien à personne. Je n’écris pas le mot gratitude, il serait ridicule devant tant de générosité.

 

Ile Eniger 

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Ile Eniger

Publié le par la freniere

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La matière

Publié le par la freniere

musique et chant: Robert Cuffi

paroles: Ile Eniger

 

C'est d'un cahier ouvert sur le coin de la table que je ne dirai rien. Les jeux, les séductions, les germes d'artifices, j'y pense quelquefois mais le rien quotidien porte tant et encore que mes pensées se taisent, que mes mains se dénouent. Se pousse l'illusion. Le simple me rattrape. L'éternuement d'un chat, le sang d'un géranium, une jacinthe pâle accouchée de la nuit, la mer à ma fenêtre. Toute chose accoudée à la table du jour. La grâce de ce peu décape l'inutile, épingle des fous rires sur la pince des lèvres. Et nettoie les outils. La soupe dans le bol, le repos de la terre, écrivent mieux que moi une lettre d'amour. L'hiver est un cadeau quand les gestes s'épuisent. La pointe du crayon a troué mon papier, la lumière s'engouffre dans le moindre interstice. Dans cette odeur dressée, je renifle la matière et son bruit de sonnailles. C'est un temps de très près. Paysanne penchée sur la vigne des mots, j'écoute la patience dans les lignes du bois, je touche le présent et ce qui dit je t'aime.

Ile Eniger

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Hiver

Publié le par la freniere

Loin des bruits du bruit, c’est la matrice de l’hiver. L’enveloppe de silence. Le carbone des neiges dans l'obscurité des arbres nus. Une lente transhumance transite dans les steppes du ciel. Nuages. Pas de miracle, seules des mésanges nonnettes, moinelles noireaudes éparpillées aux partitions gelées des terres, brindilles de pattes, faims d’oiseau, sautillent entre les pieds de vignes. Nouée à la terre, la dureté du froid étreint toute chose. Les ruisseaux attendent, mutiques sous leurs plafonds glacés. Les maisons toussotent leurs fumées grises. L'éclair roux d'un renard coupe la brièveté du jour. La nuit, précise, laque un mica où fulgurent d’anciennes pierres. Le vent coupe les souffles et ce serait une aphasie des lieux si le clocher ne récitait si clairement ses heures. La vie se tient là, amaigrie et têtue, serrée d’écorces dures, endurante, embusquée dans l’effort et la patience. La campagne veille.

 

Ile Eniger -Quelque chose veille- (à paraître)

 


 

 

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Une bougie

Publié le par la freniere

Maintenant c'est l'hiver. Maintenant il n'y a plus de jardin. Dans la nuit, elle écrit à la lueur d'une bougie. Seule avec cette lumière vacillante. Toutes les maisons ont été embellies, traversées, quittées. Reste l'initiale grotte et la pluie qui tambourine. C'est de là qu'elle écrit, du lieu qui ne se bat plus, qui ne cherche plus d'écho ni d'espoir. Maintenant elle est grande, plus grande que les leurres. C'est difficile. Les mots s'enchevètrent comme ils peuvent. Chaque mot est seul. Dehors est cruel, indifférent jusque dans ses emballements. Le silence des ratures charge le texte. Des ailes vibrent sans marge d'envol. Pattes d'oiseaux sur la neige, graffitis, traces vivantes et muettes. Tout s'éloigne. C'est un courage ordinaire.

Ile Eniger

 

Publié dans Ile Eniger

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