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222 articles avec ile eniger

Les écriveux

Publié le par la freniere

La nouvelle mode littéraire, c'est d'être trash. Plus on détruit l'amour, la beauté, la bonté, plus on est applaudi. Plus on est applaudi plus on a l'impression d'inventer quelque chose ! Placer dans l'écriture un mot ou deux ou plus, arrogants, provocants, donne le ton d'un orchestre qui déraille et qui se croit génial. Et voilà le terreau d'une bande d'écriveux bavant de plume alerte, des mots, des gros, au sens dans tous les sens. Choquer pour se démarquer, ainsi font ceux qui ne savent pas prendre le risque du plus juste sans artifices. On voit ainsi, traînant leurs guêtres dans le politiquement incorrect, la morve au nez, les doigts mouillés d'humeurs, le texte érigé comme un sexe, de jeunes prétentieux ayant tout à apprendre du silence, de nouveaux riches de la parole  inconscients d'ajouter à l'égrégore de l'inepte. Pour tacler le joli, et là ils ont raison, ils condamnent le beau, et là ils sont stupides.

 

Ile Eniger

 

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Gratitude

Publié le par la freniere

La journée m’accueille, le sait-elle ? Je vais en ses bras de large présence. L’hégémonie humaine n'a pas de prise ici. La joie porte le sens imprescriptible de la vie. L’immense savoir renouvelle et s’expanse sans cesse. Loin des profits, mensonges, sujétions, une jonquille fleurit un mur de pierres sèches. Des oiseaux font des nids de douceur et de rondeur parfaites. Le chat étire sa confiance au soleil. Les champs regorgent de nouvelles pousses. L’abondance s’exerce. Le vivant est profusion. Le miracle ne doit rien à personne. Je n’écris pas le mot gratitude, il serait ridicule devant tant de générosité.

 

Ile Eniger 

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Ile Eniger

Publié le par la freniere

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La matière

Publié le par la freniere

musique et chant: Robert Cuffi

paroles: Ile Eniger

 

C'est d'un cahier ouvert sur le coin de la table que je ne dirai rien. Les jeux, les séductions, les germes d'artifices, j'y pense quelquefois mais le rien quotidien porte tant et encore que mes pensées se taisent, que mes mains se dénouent. Se pousse l'illusion. Le simple me rattrape. L'éternuement d'un chat, le sang d'un géranium, une jacinthe pâle accouchée de la nuit, la mer à ma fenêtre. Toute chose accoudée à la table du jour. La grâce de ce peu décape l'inutile, épingle des fous rires sur la pince des lèvres. Et nettoie les outils. La soupe dans le bol, le repos de la terre, écrivent mieux que moi une lettre d'amour. L'hiver est un cadeau quand les gestes s'épuisent. La pointe du crayon a troué mon papier, la lumière s'engouffre dans le moindre interstice. Dans cette odeur dressée, je renifle la matière et son bruit de sonnailles. C'est un temps de très près. Paysanne penchée sur la vigne des mots, j'écoute la patience dans les lignes du bois, je touche le présent et ce qui dit je t'aime.

Ile Eniger

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Hiver

Publié le par la freniere

Loin des bruits du bruit, c’est la matrice de l’hiver. L’enveloppe de silence. Le carbone des neiges dans l'obscurité des arbres nus. Une lente transhumance transite dans les steppes du ciel. Nuages. Pas de miracle, seules des mésanges nonnettes, moinelles noireaudes éparpillées aux partitions gelées des terres, brindilles de pattes, faims d’oiseau, sautillent entre les pieds de vignes. Nouée à la terre, la dureté du froid étreint toute chose. Les ruisseaux attendent, mutiques sous leurs plafonds glacés. Les maisons toussotent leurs fumées grises. L'éclair roux d'un renard coupe la brièveté du jour. La nuit, précise, laque un mica où fulgurent d’anciennes pierres. Le vent coupe les souffles et ce serait une aphasie des lieux si le clocher ne récitait si clairement ses heures. La vie se tient là, amaigrie et têtue, serrée d’écorces dures, endurante, embusquée dans l’effort et la patience. La campagne veille.

 

Ile Eniger -Quelque chose veille- (à paraître)

 


 

 

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Une bougie

Publié le par la freniere

Maintenant c'est l'hiver. Maintenant il n'y a plus de jardin. Dans la nuit, elle écrit à la lueur d'une bougie. Seule avec cette lumière vacillante. Toutes les maisons ont été embellies, traversées, quittées. Reste l'initiale grotte et la pluie qui tambourine. C'est de là qu'elle écrit, du lieu qui ne se bat plus, qui ne cherche plus d'écho ni d'espoir. Maintenant elle est grande, plus grande que les leurres. C'est difficile. Les mots s'enchevètrent comme ils peuvent. Chaque mot est seul. Dehors est cruel, indifférent jusque dans ses emballements. Le silence des ratures charge le texte. Des ailes vibrent sans marge d'envol. Pattes d'oiseaux sur la neige, graffitis, traces vivantes et muettes. Tout s'éloigne. C'est un courage ordinaire.

Ile Eniger

 

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Hors saison

Publié le par la freniere

Je n'écris plus que dans les herbes en attente d'hiver, sur l'écorce grenue des arbres, contre le ronronnement des chats, dans le souvenir piquant de flocons de neige. Je dis A Dieu aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu. L'inconséquence de l'espèce me fatigue, j'y suis étrangère. Comment en est-on arrivé là, ces papiers gras, ces souillures, ces mensonges, cette cacophonie ou chacun tire à hue et à dia pour quelques sales miettes d'illusions. Hors saison. Je n'écris plus qu'avec la voix des ruisseaux, le silence des terres, la trajectoire des oiseaux, les heures libérées des horloges. Où s'est perdu l'espérance du premier cri, le crédit d'enfance, le miroir des lacs de montagne, ce qui faisait la joie possible ? Où est passé la vie, les belles et bonnes choses lentes ? Hors saison. Je quitte les tocsins, le ravage des pouvoirs, les paroles douteuses, les gouffres d'eaux croupies. Les cartes s'abattent, elles volent loin des châteaux de sable, des jeux truqués, des foires ou meurent les pantins. Hors saison. J'écris de la bonté lointaine des étoiles, des pluies sur les reins des maisons, des anciennes graines, du linge qui danse dans le vent, de la caresse des laines au dos des bêtes, d'une vieille main penchée vers l'amour. Hors saison. Je dis A Dieu aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu.


Ile Eniger


 

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À ma fille

Publié le par la freniere

Regarde en arrière, il pleut des gens. Neige tremblée, mouchetée, tombée d'origines multiples. Mémoires anciennes donnant chair au présent, tu es leur sillage ma fille. Le passé n'est visible qu'au drapé du rideau qu'on soulève parfois. Dans cet avant de soi, les jeux, les histoires, les séductions, les ornements, tout se confond, se fond, chaque unique mêlé. Des murmures clapotent, il faut tendre la mémoire pour retrouver le fil. La langue est incertaine, la traduction aléatoire. Toujours les marionnettes courent pour échapper au bois mais leurs cendres transportent la force des vécus et tous travaux d’adductions d'autres. Jusqu'à toi mon enfant, ma puissante, leur mouture. Depuis les passages anciens figés, couturés, transformés, tu brèches l'élan de lumière crue, ton élan à vivre. Tu regardes et tu es. Tu construis chaque jour quelque chose qui regarde et qui est. De ce jour après jour, appuyée sur leurs traces, tu élances ta vie de racines solides. Tu te sais vivante dans ces métamorphoses qui gardent le noyau et démarquent ton être. Tu crées, tout au bout de leurs mains, cette nouvelle et unique flamboyance, la tienne. Et moi, ta mère, je suis de toute gratitude quand je te vois, présente.

 

Ile Eniger 

 

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Ile Eniger au Festival Les Fous du Loup

Publié le par la freniere

Ile Eniger au Festival Les Fous du Loup

photo: Jean-Marc La Frenière

 

Ile Eniger ouvrira le bal du Festival des poésies "Les Fous du Loup", le 9 octobre 2015 dans l'église d'Aiglun, à partir de 18h00. Elle sera suivi de Jean-Michel Sananès (éditeur et poète). Tristan Cabral animera ensuite une rencontre, sous forme de débat avec le public, intitulée : "Poètes, donnez-nous des mots". 
 

Je ne résiste pas à la joie d’aimer, sa marche, son chant dans les brousses des chemins. Je te disais hier que je suis loin des mots, finalement c’est faux, j’en suis si près qu’ils me font parfois défaut. Je les vis, j’accepte leurs sonorités changeantes, leurs volte-face. Peut-être ne comprends-tu pas ce que je jette en vrac sur ce papier. C’est sans importance. Cette après-midi, en bord de mer, j’ai vu des mots dans les cailloux. Ces mots n’existent pas. Seuls les cailloux existent. Ou peut-être seuls les cailloux savent que ces mots existent. Je les ai vus, entendus, enveloppés de sens dans la douce rondeur des galets vêtus d’eau et de sel. Qu’estce que je te disais ? Ah oui, aimer, c’est fou, ça répond à toutes mes questions.

Ile Eniger

 

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Hors saison

Publié le par la freniere

Hors saison. Je n'écris plus que dans les herbes en attente d'hiver, sur l'écorce grenue des arbres, contre le ronronnement des chats, dans le souvenir piquant de flocons de neige. Je dis A Dieu aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu. L'inconséquence de l'espèce me fatigue, j'y suis étrangère. Comment en est-on arrivé là, ces papiers gras, ces souillures, ces mensonges, cette cacophonie ou chacun tire à hue et à dia pour quelques sales miettes d'illusions. Hors saison. Je n'écris plus qu'avec la voix des ruisseaux, le silence des terres, la trajectoire des oiseaux, les heures libérées des horloges. Où s'est perdu l'espérance du premier cri, le crédit d'enfance, le miroir des lacs de montagne, ce qui faisait la joie possible ? Où est passé la vie, les belles et bonnes choses lentes ? Hors saison. Je quitte les tocsins, le ravage des pouvoirs, les paroles douteuses, les gouffres d'eaux croupies. Les cartes s'abattent, elles volent loin des châteaux de sable, des jeux truqués, des foires ou meurent les pantins. Hors saison. J'écris de la bonté lointaine des étoiles, des pluies sur les reins des maisons, des anciennes graines, du linge qui danse dans le vent, de la caresse des laines au dos des bêtes, d'une vieille main penchée vers l'amour. Hors saison. Je dis A Dieu aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu.

 

Ile Eniger 

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