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222 articles avec ile eniger

La maison dans les airs

Publié le par la freniere

La parution de son nouveau recueil "La maison dans les airs" est prévue pour le Salon du Livre de Mouans-Sartoux, les 3, 4 et 5 octobre 2014.

 

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Ras le bol des polichinelles

Publié le par la freniere

Quand on voit les niaiseries, parfois bien mal écrites, présentées à longueur d'années par les libraires parce que ce qui importe c'est d'aller dans le sens de la mode, on est surpris de constater ce soudain engouement moral qui les fait s'insurger contre le livre de Valérie Trierweiller ! Entendons-nous bien, je ne défends ici ni cet auteur ni le contenu de son livre, car ni l'un ni l'autre ne m'intéressent, pas plus que je ne lis la presse people, ou les avalanches facebookesques qui rivent les participants le cul sur le fauteuil alors que le soleil brille au dehors et qu'il serait bon qu'il brille de la même manière pour tout le monde. Cependant, libres à ceux qui ont envie de lire cet ouvrage dont on ne peut que déplorer qu'il fasse la Une alors que tant de très bons écrivains sont relégués sur des fonds d'étagères , de le faire s'ils en ont envie !

 

La morale littéraire se veut bien restrictive tout à coup qui ose pourtant mettre en vitrine, à longueur de temps, des livres pas forcément recommandables, morale littéraire qui ne s'intéresse qu'accessoirement à la très bonne littérature de fond et de forme mais qui, tout d'un coup, se découvre une vocation d'effarouchée parce qu'une personne a écrit (mais tant d'autres en font autant !) ses états d'âme.  Mais, est-ce à dire que parce que ce livre est un déballage sur une personnalité politique en vue, un haut personnage d'état, il procède du crime de lèse-majesté ? Alors que dans un autre cas, il eût été acceptable ? Faudrait peut-être un peu creuser du côté de cette motivation-là, et voir les paramètres pas très jolis jolis qui la sous-tendent.

Allons, que les libraires et autres agités de l'information se calment, tout cela ce n'est que médias et fariboles à gros sous, qu'on laisse cette personne et son livre passer leur chemin qui ne mérite pas un intérêt débordant ! Aboyer n'est sans doute pas la meilleure solution pour qu'il passe inaperçu ! Et qu'enfin on s'intéresse aux vraies questions d'humanité et de qualité d'écriture !

 

Alors peut-être s'apercevra-t-on enfin que chez les libraires, comme chez les éditeurs, comme chez tout un chacun, tout n'est pas toujours blanc-bleu, et que, au lieu de tirer à pleins discours inutiles sur les ambulances déglingées, pour s'acheter une conscience, il conviendrait de soigner les états d'esprit afin que ce qui est beau, bon, et bien écrit, puisse enfin vivre sainement dans un domaine littéraire qui en aurait bien besoin .

 

Ile Eniger 

 

 

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Pays

Publié le par la freniere

A la potence d'indifférence s'agitent des fantômes de faims anciennes. Quelque chose s'effrite doucement que je ne retiens pas. Qui laisse une tristesse à peine ombrée. Nostalgie de lumière touchée, habitée, qui s'en va à petits pas vers l'horizon. L'archéologie du silence dessine l'effacement des illusions. Longtemps, le pays avait dévalé sa montagne puis la brunante a flouté les contours et les yeux des pervenches se sont tus. Une lumière brûlée de fin d'été fatigue l'attelage des heures. Rien ne préfigure mieux l'hiver que la palpitation fragile de l'espoir dans les signes des dernières traces. Ah pays, pays qui m'avait ensorcelée !

 

Ile Eniger

 

 

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La probité

Publié le par la freniere

Je, je, je… la course des egos est effrayante ! La société, vautrée rutilante et fétide dans le paraître et l'avoir, invente ses particules répugnantes, ses vitrines qui condamnent la vie. Qui refuse ces fanfaronnades ? Qui brise les écrans ? Qui ouvre les mains pour partager ? Qui sait que la Terre est à tous d'origine impartiale ? Où sont les Hommes ? La liste des exactions donne des vertiges de dégoût ! Pour un écrivain discret, des milliers de scribouillards nuls et prétentieux assiégeant les medias. Pour un paysan aux gestes de bonté, des milliers d'empoisonneurs sabotant la planète. Pour un anonyme de la paix, des milliers de gueuleurs inutiles aboyant et mordant. Pour un individu bienfaisant, des millions d'hommes en guerre convoitant le pouvoir et assassinant l'être. Du cœur du monde, j'entends le pouls fatigué du vivant. Il lutte contre la souillure grasse des laideurs, ces obscénités dévorant les candeurs d'enfants, les sagesses d'anciens, et l'âme des autres. Tant plantent des banderilles, comment voulez-vous vivre, comment voulez-vous écrire ?! L'hésitation de l'ange blesse à la nuque, la douleur tombe comme un couperet. Pierre d'angle ou d'achoppement, la construction est toujours aléatoire. Assise sur une grosse roche de bord de chemin, au contact de la pierre accueillante et des conversations d'oiseaux, je reçois le vital, l'aimant. Je ne sais pas vraiment qui il est, mais j'écoute sa joie, sa puissance rassurante. Je sens son amour qui, à la manière des souris, se dérobe sous la porte entrouverte pour qu'on le suive plus loin. Je pense au grain de lumière à semer dans chaque acte, chaque pensée, chaque espoir. Je pense à l'énergie silencieuse où chacun a sa place. Et j'étreins la probité, cette guérisseuse qui demande l'équité.

 

Ile Eniger 

 

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Au zénith

Publié le par la freniere

Le ciel noue des nattes grises puis les effiloche. Le ru fissuré a bu toute son eau. Les portes des cabanes gémissent quand on les pousse. L'alpage jaunit aux épaules des terres. Rameutant ses sonnailles étourdies de chaleur, midi sonne rude et cache son ombre. Un chemin monte, lent, essoufflé. Le pied bute. L'éblouissement sidère. Pas d'air. Dans les grésillements d'insectes, le souffle est celui des rochers, immobile et brûlant. Au zénith, une lame blanche découpe le brasier du jour qui tombe, et courbe l'herbe en oraison ardente. Des heures calcinées, on entend vibrer les aigus. Les bêtes chaument, placides et transpirantes. Dans la fournaise, l'estive porte un arbre sur son dos, décharné. Il ne pleuvra qu'un orage sec déchiré d'éclairs. Il faudrait que la pluie tombe drue, qu'elle casse le miroir du ciel.

 

Ile Eniger

 

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La saison inédite

Publié le par la freniere

Ils ont traversé la chair comme une rivière et sont allés plus loin, vers la saison inédite. Leurs gestes sont menus mais braves, comme les premiers et les derniers pas. Une reconnaissance inspirée les rassemble. Leur détermination ne trahit pas. Ils sont présents jusque dans leurs hésitations. Leurs résolutions vivent outre espace, hors temps de surface. Ils se souviennent de tout et ne possèdent rien que cet aller retour d'une perfection qu'ils ignorent. Même l'absence les garde dans l'odeur, le goût, d'une exception sacrée. A la rudesse du chemin, ils ne mendient rien, tout leur est offert. Leur plénitude est un défi rapiécé de lumière.

 

Ile Eniger

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Ceux

Publié le par la freniere

Ceux qui parlent avec des lèvres de vampires

Ceux qui disent comme s'ils savaient

Ceux qui touchent avec des serres de vautours

Ceux qui monopolisent l'espace

Ceux qui se congratulent en réseaux

Ceux qui font humble la main sur l'ego

Ceux qui mentent au chemin

Ceux qui gomment le silence

Ceux qui s'inventent une voix remarquable

Ceux qui n'oublient jamais de prendre la place

Ceux qui oublient qu'ils ne sont rien

Ceux-là me font peur

Qui détruisent la flaque d'eau

Où le ciel et les oiseaux vont boire.

 

Ile Eniger

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Ma mère

Publié le par la freniere

Elle essayait de choisir la singularité paisible de chaque jour. Elle aimait les fleurs, la musique. Et les oiseaux. Pas toutes les musiques, mais toutes les fleurs. Et surtout les oiseaux. Plus que tout, elle aimait le jardinier, sa présence solide. Elle l'aurait voulu toujours près d'elle. Quand la solitude l'a happée, elle a continué à aimer la musique, les fleurs. Et de plus en plus les oiseaux. Dans sa tête, pleuvaient des images passées, son regard semblait en excursion. Alors, je crois, l'évadée rejoignait le jardinier dans le haut du haut. Elle écrivait des poèmes dans un cahier d'écolière, son écriture souple parlait d'envol. Pour les mots lourds, elle les consignait dans d'autres cahiers. Il y des années de cahiers. Elle portait la grâce naturellement, avec un brin d'entêtement excessif. Sa fine silhouette d'aile fragile tenait à la terre par des racines fermes. Sa pensée rebelle aurait pu briser le piquet et la corde. Aurait pu. Longtemps je n’ai pu ouvrir ses cahiers. C’était ma mère. Elle m’a donné la clé du simplement beau. Et le chemin d’écriture.

 

Ile Eniger

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Un chemin

Publié le par la freniere

Ce matin, la maison respire large, un air de printemps profile son museau de fraîcheur. Les mots me fuient ou le contraire. Quelle que soit la raison, quand le jardin range ses outils, il a toujours raison. Les choses de l'ordinaire ancrent l'esprit. Chercher ailleurs ce qui est là, chercher plus facile plus accommodant plus avantageux, est un espoir de sauvegarde et de propagande. Plus que quoi ? Ce que nous sommes dans la plus dérisoire de nos pensées fait et défait l'univers. Et par extension, celui d'autrui. Être doit embellir, protéger, remercier. Tout le reste est inventions d'egos et de pouvoirs. Chaque tricherie, chaque manquement, chaque arrangement, même le plus infime, amoindrit l'intégrité et ajoute à la laideur. C'est une inutile douleur. Où en étais-je ? Oui, la maison respire large et le printemps revient. Il y a dans cet état des choses simplement crédibles, un chemin de conduite et de joie.

 

Ile Eniger

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La lampe de l'ange

Publié le par la freniere

On tombe toujours de plus haut à l'intérieur. Mon père, ma mère, où êtes-vous qui m'avez faite et abandonnée sans même le savoir. Où êtes-vous si loin si près que la compréhension fissure et fond en larmes. C'est un temps périlleux de marche sans appuis, d'existence dépouillée de ce qu'elle n'a pas. La vie est une poignée d'olives sous le pressoir des jours. La mue du temps quitte sa peau au crépuscule, que suis-je dans cette grande conversion ? La lanterne brisée du monde s'agite en tous sens. Quelque chose tremble quand vivre joue avec des allumettes. Je cherche une certitude, une seule mais qui vaille. La fleur dans le jardin en friche. La lampe de l'ange sur la nuit qui se perd. Un silence d'ombre violette quand se déchirent les anciennes écritures et leurs promesses de papier. Le souffle d'un paysan penché sur sa terre. Une trace de confiance malgré les ossuaires. Quand un mouvement d'aile corne le ciel, j'aperçois la terre rousse, les vignes noires, la pelouse tatouée de pissenlits, des abeilles tournées vers le miel. Une étonnante pluie de lumière s'attarde au portant du soir, sa blondeur éparse dit quelque chose que je connais bien, mais que je traduis mal. Le soleil reviendra, il revient toujours.

 

Ile Eniger

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