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653 articles avec ils ont dit

Ils ont dit

Publié le par la freniere

Encore une passante qui ne passe pas mais fait les cent pas devant ma table en braillant dans son portable avec un mépris absolu de ma personne, comme si elle-même d’ailleurs n’était pas là non plus, comme si toute présence n’était qu’un leurre, que nous n’étions plus nulle part, que nous vivions désormais dans les ondes.

 

Éric Chevillard

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Publié le par la freniere

C'est parce qu'elle a d'abord appris à rêver que l'humanité a été capable de s'inventer.

Victor-Levy Beaulieu

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Publié le par la freniere

Ce qui nage a l'âge de l'eau.

Ce qui respire a l'âge de l'air.

Ce qui s'estompe a l'âge du temps.

 

Edmond Jabès

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Publié le par la freniere

Trouver ce qu’on ne cherche pas
finalement on pourrait juste
appeler ça "vivre"
 

Marie Tissot

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Publié le par la freniere

La haine est une verrue mentale qu’il faut cautériser jusqu’à la racine.

Catrine Godin

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J’ai trop médit des secours de la religion. C’est pourtant grâce à eux que bien des brutes timorées osent enfin s’exprimer pleinement.

Éric Chevillard

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Publié le par la freniere

Le combat fut long pour laïciser ce pays de culs-bénis, pour déniaiser sa sexualité, pour libérer sa parole, pour ébranler le patriarcat et l’inique domination masculine. Est-il permis sans être suspecté d’islamophobie raciste de se dire un peu las et amer à l’idée qu’aujourd’hui tout est à refaire ?

Éric Chevillard

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Publié le par la freniere

Le poème n’est rien. 
Le texte, imprimé ou non, n’est rien. 
C’est l’état de poésie qui est jubilatoire. Cette urgence soudaine qui souffle vers nous, nous embrase, nous traverse et souvent nous épuise…

Agnès Schnell

 

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Publié le par la freniere

L'enjeu est aujourd'hui de savoir si la légitime, oh combien légitime émotion populaire, ne servira qu'à conforter un pouvoir tout dévoué au règne des "marchés", ou si elle se transmutera, en partie tout au moins, dans le meilleur des cas en exigence d'une vraie démocratie politique et sociale, et dans le pire des cas, en communautarisme "gaulois" hurlant à la mort des Autres...

René Merle

 

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Publié le par la freniere

Qu’ont-ils fait du pauvre écolier ! (…) Prenons le plus consciencieux d’eux tous, le plus indépendant, le moins académique, le plus vivant, pour autant que l’érudition puisse être une science vivante, la Gaye science, Louis Thuasne, qui a publié un François Villon en trois volumes, une édition critique avec notices, commentaires, notes et glossaire. 

 

Je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt. Je m’incline devant un aussi prodigieux puits de science. Il cite je ne sais combien de milliers de volumes et a remué des tonnes d’archives. Je n’en doute pas une seconde, M. Thuasne a dû passer sa vie à l’examen de l’œuvre de Villon. Sur les 2952 vers que compte cette œuvre (exactement 3171 vers en y ajoutant les ballades en jargon – c’est M. Thuasne qui a compté ça, vous pensez  bien que ce n’est pas moi !) pas une nuance ne lui échappe. (…) Dieu, que tout cela sonne faux ! (…) 

 

Et voilà où je voulais en venir, mon cher Paul Laffitte. Des entreprises dans le genre de celle de Louis Thuasne, qui ne s'adresse qu’à l’unique curieux et aux trois chercheurs que j'ai dits, seraient en somme sans malice si elles ne décelaient un état d'esprit qui va s'étendant fâcheusement en faisant tache d’huile et salissant la poésie. Qu'un prof, qu’un linguiste, qu’un érudit, qu’un romanisant, qu'un historien, qu’un théologien, qu’un sociologue s'imagine que la poésie doit enseigner la grammaire, la syntaxe, la langue, l'étymologie, l'histoire, la morale, la mythologie ou des anecdotes, le malheur n'est pas grand et l'on peut même tirer quelques profits de leurs élucubrations, mais que les poètes eux-mêmes en viennent à oublier que la poésie est gratuite, cela c'est une catastrophe. Et c'est pourtant ce qui se passe de nos jours où les poètes, même les plus indépendants et qui sont des novateurs, restent victimes de l'instruction obligatoire et de l'enseignement de l'École sans arriver à se défaire des tics et des manies qu'on leur a inculqués en Sorbonne sous le nom de méthode scientifique, d'histoire littéraire comparée, d'évolution des genres, de critique analytique, d’interprétation psychologique, de classification, etc., etc. (...) Ô poètes, mes frères, vous en êtes là, à fermer les yeux à chaque coup, et à les rouvrir, et à vous mettre à zieuter chaque fois qu'un prof  toussote et va parler de vous,... vous citer dans un ouvrage,... et vous donner une note ou un bon point... ou, à défaut d'un diplôme, la croix ou un bout de ruban,... ou un prix littéraire... 
(…) 

 

Une vie, cela ne prouve rien. La poésie non plus. Pourquoi sommes-nous sur terre ? Tout est gratuit. Surtout la grâce. Et l’esprit souffle où il veut. 
 
Blaise Cendrars 

 

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