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653 articles avec ils ont dit

Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Quand quelqu'un va au théâtre, à un concert ou à une fête quelle qu'elle soit, si le spectacle lui plaît il évoque tout de suite ses proches absents et s'en désole: “Comme cela plairait à ma sœur, à mon père!” pensera-t-il et il ne profitera dès lors du spectacle qu'avec une légère mélancolie. C'est cette mélancolie que je ressens, non pour les membres de ma famille, ce qui serait mesquin, mais pour tous les êtres qui, par manque de moyens et à cause de leur propre malheur ne profitent pas du suprême bien qu'est la beauté, la beauté qui est vie, bonté, sérénité et passion. 

C'est pour cela que je n'ai jamais de livres. A peine en ai-je acheté un, que je l'offre. J'en ai donné une infinité. Et c'est pour cela que c'est un honneur pour moi d'être ici, heureux d'inaugurer cette bibliothèque du peuple, la première sûrement de toute la province de Grenade. 

 

L'homme ne vit que de pain. Moi si j'avais faim et me trouvais démuni dans la rue, je ne demanderais pas un pain mais un demi-pain et un livre. Et depuis ce lieu où nous sommes, j'attaque violemment ceux qui ne parlent que revendications économiques sans jamais parler de revendications culturelles: ce sont celles-ci que les peuples réclament à grands cris. Que tous les hommes mangent est une bonne chose, mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu'ils profitent de tous les fruits de l'esprit humain car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l'état, à les transformer en esclaves d'une terrible organisation de la société. 

 

J'ai beaucoup plus de peine pour un homme qui veut accéder au savoir et ne le peut pas que pour un homme qui a faim. Parce qu'un homme qui a faim peut calmer facilement sa faim avec un morceau de pain ou des fruits. Mais un homme qui a soif d'apprendre et n'en a pas les moyens souffre d'une terrible agonie parce que c'est de livres, de livres, de beaucoup de livres dont il a besoin, et où sont ces livres? Des livres! Des livres! Voilà un mot magique qui équivaut à clamer: “Amour, amour”, et que devraient demander les peuples tout comme ils demandent du pain ou désirent la pluie pour leur semis. 

 

Quand le célèbre écrivain russe Fédor Dostoïevski - père de la révolution russe bien davantage que Lénine - était prisonnier en Sibérie, retranché du monde, entre quatre murs, cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours par courrier à sa famille éloignée, ne disant que : ” Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas! “. Il avait froid ; ne demandait pas le feu, il avait une terrible soif, ne demandait pas d'eau, il demandait des livres, c'est-à-dire des horizons, c'est-à-dire des marches pour gravir la cime de l'esprit et du cœur. Parce que l'agonie physique, biologique, naturelle d'un corps, à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu, mais l'agonie de l'âme insatisfaite dure toute la vie. 

 

Le grand Menéndez Pidal - l'un des véritables plus grands sages d'Europe - l'a déjà dit: « La devise de la République doit être la culture ; la culture, parce que ce n'est qu'à travers elle que peuvent se résoudre les problèmes auxquels se confronte aujourd'hui le peuple plein de foi mais privé de lumière. N'oubliez pas que l'origine de tout est la lumière. 

 

Fédérico Garcia Lorca

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Publié le par la freniere

 

Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique. Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider. Il meurt lentement celui qui devient esclave de l’habitude, refaisant tous les jours les mêmes chemins, celui qui ne change jamais de repère, ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements ou qui ne parle jamais à un inconnu. Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d’émotions, celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés. Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés. Vis maintenant ! Risque-toi aujourd’hui ! Agis tout de suite! Ne te laisse pas mourir lentement, ne te prive pas d’être heureux !

 

Pablo Neruda

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Publié le par la freniere

 

Cet homme porte un enfant. Pas à la manière d'une femme dont le ventre s'est arrondi et qui sent remuer en elle une vie tiède et tendre aux mouvements déjà distincts dont elle sait que bientôt il lui appartiendra de guetter le souffle et les cris. Cet homme transporte le poids de mémoire de l 'enfant qu'il a été et qu'en dépit de son travail de tant d'années il ne parvient pas à mettre au monde. Il porte en son corps vieillissant cette espèce de projet ou de commencement qu'il est demeuré et dont il ne sait rien faire à présent. Cet enfant là ne l'écoute pas, ne lui obéit pas, ne veut rien comprendre aux lois d'ici-bas, et réclame toujours le bleu intact du ciel. Cet enfant là reste en prière, agenouillé derrière ses yeux. L'enfant : ce coeur guettant son dû, cette promesse qui attend d'être tenue. Cet enfant dont il porte le reproche ou la plainte n'est-il pas celui dont on raconte qu'il naquit naguère sur la paille pour mettre fin à la misère du monde et dont pourtant rien ici-bas ne permet de croire qu'il ait jamais vu le jour ? 

 

Jean-Michel Maulpoix

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Publié le par la freniere

 

Si vous marchez sur mes rêves, amis, soyez moins lourds ! Hélas, très peu de vous ont la légèreté voulue. Seuls quittent leurs semelles de plomb ceux qui traversent leur vie en enfants, en poètes, ces ingénieurs d'amour. Ils posent leurs pattes nues sur mon tapis bleu comme un moineau, un hérisson, un petit animal inconnu. Ce tapis qui depuis toujours est censé ne servir à rien. 

 

Yves Heurté

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Parmi les trois grandes blessures narcissiques infligées à l’homme, et chères à Freud, c’est celle du darwinisme qui titille le plus le fondamentalisme religieux judéo-chrétien comme musulman. Si en physique l’exploration de l’infini grand ou petit est propice aux plus belles digressions transcendantales il n’y a pas, par contre, un jour où la science n’accrédite les thèses et intuitions du génial évolutionniste anglais, et, du même coup, n’invalide les élucubrations du grand horloger fabricateur biblique. 

 

Serge Maisonnier

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Les grandes idées, on l'a dit, viennent dans le monde sur des pattes de colombe. Peut-être alors, si nous prêtions l'oreille, entendrions-nous, au milieu du vacarme des empires et des nations, comme un faible bruit d'ailes, le doux remue-ménage de la vie et de l'espoir. Les uns diront que cet espoir est porté par un peuple, d'autres par un homme. Je crois qu'il est au contraire suscité, ranimé, entretenu, par des millions de solitaires dont les actions et les oeuvres, chaque jour, nient les frontières et les plus grossières apparences de l'histoire, pour faire resplendir fugitivement la vérité toujours menacée que chacun, sur ses souffrances et sur ses joies, élève pour tous.

 

Albert Camus

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Publié le par la freniere

 

Il ne sait rien des femmes. Il ne sait pas qu'elles peuvent faire leur maison dans la main de l'homme, pour peu qu'elle leur soit tendue. Il ne sait pas qu'elles sont capables de marcher jusqu'au bout du monde pour un regard qui les fasse vivre. Il ne sait pas qu'elles savent attendre comme aucune bête ne le peut. Les épousées, les abandonnées attendent, les filles de bordel, les saintes attendent. Les hommes vont, les femmes attendent. Jusqu'au fond des fonds de l'espérance elles attendent. Jusqu'à la haine même. Et quand la haine vient aux femmes, que Dieu protège ceux qui les ont bafouées.

Henri Gougaud

 


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Publié le par la freniere

 

Je ne vis que d’aimer. De tout le reste, je meurs, je m’avance courbée vers mon au-delà.

 

Olympia Alberti

 


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Publié le par la freniere

 

Combien la vieillesse de la langue a besoin de l’enfance de l’alphabet.

 

Adonis

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Dans la voix d'un être humain s'inscrit autre chose que l'expression banale de l'instant. Elle implique tout ce qu'il ne dit pas et qu'une vie entière ne suffit pas à manifester, ce qui est tu et résonne pourtant à travers elle, un murmure, une confi­dence non sue, qui perdure au-delà de toute affirmation, et cependant la précédait.

Dans la voix des parents et des grands-parents, des voisins, des amis, des autres enfants choyés ou rivaux, de tout le peuple qui nous entoure et qui nous a portés, quelque chose de caché se manifeste en sourdine : c'est la lueur secrète et profonde d'un commen­cement présent avant tout commencement, dont nous sommes vraiment les héritiers et les dépositaires.

 

Claude Vigée


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