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585 articles avec les marcheurs de reve

Gérald Godin

Publié le par la freniere

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Guillevic ou la tendresse des choses

Publié le par la freniere

« Pitié pour les bêtes

Qui n'ont pas de nuit. »

À ceux qui ne savent pas mieux communier que communiquer, il reste les indispensables tentatives inutiles, les balbutiements chauds de la poésie. Un jour j'ai découvert Eugène Guillevic et j'ai décidé de passer le pas, de changer de pays. Un domaine aussi accueillant que sombre, aussi austère que flamboyant s'est ouvert à moi. S'est ouvert en moi. Une forêt à cultiver avec mes yeux. Des flèches à affiner avec mes tripes. J'ai décidé de « vivre en poésie » comme il dit. « C'est alors qu'a dû commencer l'aventure : aimer les choses, aimer le monde, m'adapter à lui, retenir l'instant, cultiver en moi la joie, malgré… vivre en poésie avant même de le savoir. Je n'étais pas "gâté" si l'on pense à la pauvreté de mon milieu, à la dureté de ma mère, à l'indifférence de mon père. De là ce besoin d'être dans la solitude, avec les choses, dans les choses. » Un mot pour ce qu'il est Le cœur simple des choses. Leur tendresse. Les astres froids de l'univers sont des nids d'oiseaux. La pierre pour ce qu'elle est, une mémoire de peau. Et le brin d'herbe pour ce qu'il est, un brin d'herbe, autrement dit un château. Un mot pour ce qu'il est, un simple couteau à bois qu'il faudra dompter, modérer, apprivoiser, avec qui il faudra maintenir à la fois une distance perpétuelle et une proximité bienveillante si on veut avoir une chance de tailler avec, de sculpter avec, un simple et unique petit bout de vrai.

« L'horizon et moi

Nous avons de quoi nous taire.

Nous laissons le brin de paille

Se raconter. »

Il a appris, Eugène Guillevic, parce qu'écrire est un chemin, et j'apprends avec lui, à ne pas faire dans le beau, à ne pas faire des phrases, ni des discours, ni des déclamations, encore moins des hymnes pour écrire un poème. Il a appris à se faire tout petit pour atteindre la grandeur des choses, l'immensité du bruit de l'eau dans une fontaine, d'une feuille d'ortie, d'un instant.

« Il a parlé parfois plus haut que lui.

Pardonnez-moi. »

L'anti-mépris L'immensité d'une vie d'homme aussi. Des enfants trop seuls, comme il l'a été. De ses frères humains, prolétaires de la terre, comme d'où il vient. Des hommes et des femmes, victimes des guerres, du siècle, qu'il a traversé lui aussi.  Il a mis sa main dans toutes les mains, tendue ou non, ouvertes ou pas, de la misère aux fonctionnaires, des communistes à Drieu la Rochelle, des caporaux aux communards. Il est l'anti-mépris. Il savait se battre, mais toujours en frère. Il avait traversé assez d'obscurité pour donner sa chance à la lumière.

« C'est à ceux qu'on rencontre,

À ceux qui ont visage encore,

Qu'on demande pardon

Pour ceux qui n'ont en plus. »

La petite force de vivre On en a trop fait ou pas assez avec lui. Il n'est pas que le poète breton, ou que le minimaliste, ennemi de l'image, l'anti-surréaliste, ou seulement ce bonze de granit à la portée des enfants. N'en faites pas un monument, ni un cliché, ni un cadavre. Lisez-le simplement. Lisez Terraqué ou les anthologies de son Art poétique chez Gallimard. Lisez Possibles futurs, ou Ce sauvage, ou Du domaine. Vous verrez comment, avec persévérance et application, comme un artisan, une couturière, il a ramené les mots dans le cœur battant du monde, de la ronce à l'aurore, dans le silence de chaque mort et de chaque naissance. La petite force de vivre.

« Je vous donnerai des poèmes

Où vous vivrez

Comme l'olivier

Vit dans sa terre.

Vous y gagnerez

De faire vous aussi

Vos olives. »


 

Thomas Vinau sur Bookwitty


 

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Chevaliers de la gratuité

Publié le par la freniere

Un type au charme vénéneux qui observe le trafic sur Market street, aplati derrière la vitre d'un abri bus. Son caban est boutonné haut et sa coupe rockabilly un peu indisciplinée lui avale les oreilles. Pas d'accessoire dans le fond, pas de nom ni de logo visible de loin, sauf un cartouche noir avec un paragraphe que je n'ai fini par lire qu'après plusieurs jours à tenter de deviner s'il s'agissait d'une oeuvre d'art, d'un avis de disparition ou du lancement d'une nouvelle collection de mode. Celui qui pose là en plan américain aurait sans doute goûté cette ambivalence entre l'exposition et le secret, tant le groupe qu'il animait a jonglé entre les coups médiatiques et une féroce volonté d'anonymat. L'homme s'appelle Emmett Grogan, son passage sur Terre a duré aussi peu que celui de Mozart, et il a fondé, au milieu des années 60 à San Francisco, un collectif d'acteurs anarchistes, les Diggers.

Les années 60, San Francisco, des artistes libertaires et idéalistes? Une classique bande de hippies alors? Eh bien non, justement, en tous cas, pas tout à fait. Sans doute, la bande d'Emmett s'envolait-elle aussi sur les ailes psychédéliques de Jefferson Airplane, de l'amour libre et du LSD, mais leur groupe militait pour un véritable projet de reconstruction sociale, basé sur une approche redistributive des ressources. Au 17ème siècle, les premiers Diggers (les "bêcheurs") étaient un collectif d'anarchistes anglais qui avaient décidé d'investir sans autorisation les terres communes inutilisées et d'y cultiver des plantations au bénéfice des plus pauvres. Les néo-Diggers du quartier d'Haight-Ashbury s'en sont inspiré, avec l'idée d'offrir gratuitement à la jeunesse "aux semelles de vent" de quoi se nourrir, se vêtir et se soigner. Si les hippies s'intéressaient surtout au sens de liberté que l'on entend dans le mot free, les Diggers s'attachaient plutôt à son autre acception en anglais, celle de gratuité. Mi-Zorros, mi-Robins des bois, leur petite compagnie s'affairait dans une clandestinité joyeuse, parfois aux franges de la légalité, mêlant les performances de théâtre de rue, la distribution de tracts politico-poétiques, et les actions d'entraide sociale au ras de la population, dans l'esprit des situationnistes. Venant pour la plupart du théâtre d'improvisation, ils offraient dans les parcs des représentations de l'Avare ou de Guignol, tout en organisant des processions carnavalesques pour célébrer "la mort de l'argent", déguisés en marionnettes géantes à têtes animales.

 

 

pour lire la suite

 

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Claude Gauvreau

Publié le par la freniere

À Montréal, le 27 mars 1970, au théâtre Gesù, des milliers de québécois célébraient la poésie dans un rassemblement grandiose et enthousiaste. L'événement a fait date dans l'histoire du Québec. Il réunissait dans la plus grande célébration de la parole qui ait eu lieu au Québec, les chantres de la langue nationale.

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Exposition d'Errol Gagné

Publié le par la freniere

Une exposition photographique
d’Errol Gagné

QUARANTAINE/TOTEMS-rails
avant que le train nous happe
Un voyage avec et dans l’histoire de la création inconnue du Québec

Centre d’exposition de la gare de Rivière-Rouge
682, rue L’Annonciation Nord, Rivière Rouge (secteur l’Annonciation)
Du 16 juin 2017 au 1 septembre 2017 (pour tous - gratuit)

 

 

Errol Gagné est un photographe autodidacte né à Jonquière et parti en exil dans la métropoule en 1971. Il a aiguisé son regard et développé ses perception dans une période d’effervescence et de grands voyages. Par la suite il a continué sa démarche d’observation à sa manière en utilisant la multiplicité de ses moyens pour l’exploration : menuiserie, chansons, musique, improvisations, travail, rencontres, dessins. Son œil/caméra permanent n’a jamais été au repos.

Il a regardé son époque. Il en possède quelques moments captés sur pellicule 400 asa développé à 1200. Très peu ont pu partager son trésor.
Aujourd’hui, dans cette orgie à surconsommer pourquoi encore d’autres morceaux de papier ou de pixels à consommer?
Pourquoi pas d’autres images, argentiques, digitalisées à une résolution devant recréer la texture d’un temps flou sous-exposé et se révélant par magie?
Ces gestes, ces événements, ces drames sont-ils vraiment pistes d’un sens d’éternité ou sont-ils eux aussi les enflures de ce moi qui nous assaille à chaque micro-seconde pour nous bombarder de leur triste non-réalité?
Avec Errol Gagné, ces signes anonymes de ce futur antérieur pourront-ils se transformer en «porteurs de nous»? Ce présent/futé-rieur peut-il nous aider à voir, entendre et comprendre qui nous sommes?
Que sont ces individus, ces regards, ces rencontres, ces événements, ces moments, ces images du réel, du pays, de la ville, de l’horizon dans le trésor incommensurable de l’espérance?
Pour cette exposition Errol a invité ses frères Jean et Serge cinéastes/collagistes
qui présenteront quelques traces du parcours et aussi le film Une Semaine dans la vie de camarades - version réalisateurs, une oeuvre charnière pour comprendre où nous en sommes et d’où nous venons.
Lors du lancement le 16 juin 2017 vers 16:00, Errol Lorre se joindra à des complices musiciens pour interpréter quelques pièces de leur répertoire.
Cette exposition organisée par Annie Coulombe responsable du Centre d’expositions de la Gare de Rivière Rouge est un événement rare, comme des signes de sentiers vers un trésor qu’il faut aller voir pour apprécier.

 

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Guillevic ou l'épaisseur des choses

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Un prince de l'esprit

Publié le par la freniere

Un prince de l'esprit

Dans son univers fabuleux mon ami Claude Haeffely était un Prince de l’esprit, vivant, avec la comtesse de Rosemont, dans son château de Rien sur mer aux mille et une chambres que n’importe qui pouvait occuper n’importe quand.

Ainsi fut son époustouflant trajet depuis la France éternelle et le rodéo américain, se vouant à toute force créatrice, la passion du dépassement, empruntant la voie surréaliste, un imaginaire burlesque, caustique, révolutionnaire, toujours en mutation.

Si l’on connaît ses écrits publiés, ses recueils fantastiques transmués en livres d’artiste et, pour un cercle restreint, les albums de son Journal dessiné publiés par Marc Desjardins au Temps volé éditeur, et son implication dans la bande dessinée d’avant-garde avec des scénarios illustrés un temps par ses amis, il y a un Claude Haeffely effervescent qui sortit de sa chrysalide.

L’Atelier du chiendent s’étiolant, Claude Haeffely reprit plumes et crayons de couleur, se lança dans l’entreprise des carnets, petit format de poche, une histoire folichonne, émouvante, illustrée d’étonnants dessins, collages, souvenirs, photos. Il les offre autour de lui en échange d’un carnet du destinataire; une littérature souterraine naît ainsi, des écrivains, des artistes connus ou imprévus, entrent dans le jeu; une émulation communicative a provoqué un échange de plusieurs centaine de ces petits bijoux d’humour et d’amour.

Petit à petit, Claude Haeffely se révèle être un dessinateur incisif, un caricaturiste mordant, un coloriste provocateur, ingurgitant toutes les formes de l’art, les mimant, les triturant, les célébrant. L’homme est un insomniaque, depuis toujours : toutes les aurores le trouvent déjà à sa table. Une mémoire furibonde depuis l’enfance marine, sa passion pour l’art et la littérature marginale, l’amènent instinctivement à une fusion entre bande dessinée, littérature et sismographie de la société.

Ces dernières années, il se limitait à des suites de planches dessinées, ornées de textes parfois lapidaires, tanguant entre cocasseries et critiques de la société. Il fait revivre tant l’Atelier du chiendent que de celui du Bouchon, ainsi nommé pour son usage de bouchons de bouteille de vin comme étampes. Des fois, l’histoire prenait le pas, débordait sur tout. De rares destinataires privilégiés, il se mit à étendre ses correspondances, photocopiant l’original pour le colorier et personnaliser le tout. Ainsi tous et toutes, nous recevions un exemplaire unique.

Il est de la lignée des grands animateurs culturels avec des faits d’éclats mémorables, depuis la Semaine de poésie en 1968, Poésie Ville ouverte en 1983, à la Bibliothèque nationale du Québec, son impulsion pour le bouleversant film de 1970, La nuit de la poésie, sa contribution à penser un musée de la littérature, illustrée par des expositions consacrées à Claude Gauvreau, les Éditions d’art Erta de ses amis Giguère et Tremblay, la reliure d’art, la photographie telle celle de Gabor Szilasi, font de lui un créateur des plus polyvalents; l’avenir nous offrira de lui un kaléidoscope inventé, post-réalité assumée, d’une sensualité échevelée, avec des drôleries qui ne cesseront pas d’étonner.

Les Rencontres des Poètes de Port-Royal 1998-2008, dont il était l’un des plus fidèles participants autour de Patrick Coppens, m’ont permis de souvent le filmer; la captation, à minuit juste, à la lueur des chandelles, de la lecture de tous les textes de son livre Minuit Jules, demeure pour moi, un moment d’extase .

Jadis, devant une gravure d’un château de « prince que nous n’habiterions jamais », avais-je proféré, Hubert Aquin de rétorquer : « Si nous avons quelque chose des princes, c’est l’esprit » et Miron, dans un éclat de rire, de s’écrier : « C’est ça, nous sommes des princes de l’esprit » Pour moi, il incarne parfaitement un Prince de l’esprit. Claude Haeffely a aimé et fait grandir le Québec.

Gaëtan Dostie Médiathèque littéraire Gaëtan-Dostie

Texte lu à la cérémonie funéraire de Claude Haeffely, 13 mai 2017

 

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Un buveur de lumière

Publié le par la freniere

Un buveur de lumière
Cet article a été mis à jour le 12 mai, 2017 sur Bookwitty
« Le monde est un lavis
que l'évidence outrage
demeure où tu ne vis
qu'entre l'ombre et l'orage » 

Plein Emploi

Jean-Claude Pirotte écrit des poèmes en verre, en petits éclats de verre cassé, en rimes de rien, en brumes fines, en mots perdus. Des lettres, des boléros, des sonnets, des voyages, la musique de ses mots est intemporelle parce qu'elle n'essaie pas d'être de son époque. Il est à la fois Villon, Chardonne et Dhôtel. Il est Perros, Joubert et Verlaine. Le chanteur de rue du camp des gueux et des proscrits.

« Nous qui sommes bannis sur terre
nous composerons les paroles
qui consolent les apatrides
sur la planète des Atrides »

Blues de la racaille

Jean-Claude Pirotte écrit le ventre mouillé des forêts d'Ardenne, les nuits infinies dans les ruelles de Namur, le parfum lourd des caves, le vin des paysages, l'arôme de l'amour perdu, l'encre de la nuit et l'aube toujours qui revient.

« J'ai beau parler bien bas, je tombe toujours de haut. »

La Légende des petits matins

Jean-Claude Pirotte célèbre tous les terriers, tous les refuges, les chemins de traverse, les fuites dignes, les exils réfractaires, les chiens errants, l'asile des livres qui nous sauvent, la patrie des arts et du vin. Les routes que l'on prend à la fois pour se perdre et pour se retrouver.

« Il fallait que je naisse en cavale aussi, dans la solitude étrangleuse et la misère éblouie. Pourvu que je me souvienne, je pressens bien d'autres naissances, après d'étranges agonies. » 

Cavale

On se retrouve dans ses poèmes et on se perd dans ses romans, on joue à se perdre, ensemble, car tout est prétexte à atteindre demain en se racontant des histoires. Comme chaque enfant de La Vallée de misère, il sait bien, nous savons bien avec lui, que ce ne sont que des histoires. Il sait bien, nous savons bien avec lui que malgré tout, ces histoires nous sauvent un peu.

Dans Récits incertainsil note : « Les romanciers authentiques ne mentent jamais. Je ne suis pas romancier. Je préfère raconter des histoires, des fables qui me seraient dictées par les nuits, dont la brume lâche enveloppe des terroirs indécis, quand le fleuve reflète, au sortir du bistro, le même néon, répété mille fois, et qui tremble comme mon regard. Des paquets d'ombre se détachent d'un firmament blessé, peut-être est-ce une montagne, peut-être une menace portée par les tombereaux cahotants de l'ivresse. » 

Ombres, brume, montagnes (Paul Earle)

Il écrit des lettres sans destinataires comme son double Ange Vincent, le voyou perdu. Il est le pauvre Kaspar Hauser toujours un peu orphelin de lui même. Il est le peintre des couleurs qui disparaissent, le rapiéceur de souvenirs.

« C’est que j’avais encore envie de vivre, et de voir passer les nuages, et d’écrire ceci, ou autre chose. Il arrive que la douleur soit en voie d’excéder mes forces. Mais je m’obstine, je tiens la fenêtre ouverte, au moins je respire et un chien aboie. »

Brouillard

Il est de partout et il n'est personne, celui qui part en dernier du bar, la bougie qui écrit dans la nuit, qui demande pardon et qui clame tant pis. Remontez son Promenoir magique, écoutez son fantôme, un ami dans le noir qui sait bien que « les chemins ne vont nulle part » sans pour autant renoncer à vous tenir la main.

« Je ne connais ni les oiseaux
ni les fleurs ni les arbres
je me connais encore moins
je me cherche dans les décombres
et je me perds dans les chemins
où je ne croise que les ombres »

Revermont

Même lorsqu'il titube, ou que ses mots vacillent, Jean-Claude Pirotte tient tête - à l'injustice, à la douleur, à l'oubli. Il nous fait rire et il nous fait pleurer. Alors même le silence se tait.

« Il n'est donc pas impossible de s'inventer un grand-père, une maison dans les vignes, un horizon de montagne. Vous savez, quand on y pense, rien n'est impossible. C'est ainsi que nous arrivons à vivre. »

Le Silence

Thomas Vinau

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André Dhôtel

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Décès de Michel Dallaire

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