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594 articles avec les marcheurs de reve

La mémoire du siècle

Publié le par la freniere

La mémoire du siècle

Je mourrai 

de la même blessure au flanc 

que le siècle qui m'a vu naître

 

des lignes de front 

me serviront de notes 

et les ossements sous la terre 

d'échelons vers la douleur

 

partout dans le monde 

des mères attendent 

la cartographie de leurs deuils

et que se complètent

les atlas des écoliers

 

je ne me souviens 

ni de vos vingt ans 

ni de vos terreurs 

ni de vos blessures 

ni de vos abattements

 

comment le pourrais-je 

alors que du ventre à la gorge 

cette tranchée vive encore 

me traverse 

et que les réseaux barbelés 

gémissent au vent infatigable

 

je ne me souviens pas 

je vis avec vous 

dans le gourbi boueux 

de la mémoire du siècle 

 

                        Christian Erwin Andersen

 

                         à suivre sur La Voix des autres

 

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Aime

Publié le par la freniere

Aime

Lutte
Et de toute tes forces
contre la terre
quand elle devient houle
et déferle en orage
sur les villages des hommes.

Ne te bats pas
contre les hommes

Lutte avec ton coeur et tes bras
contre la mer
lorsqu’elle dévore la terre
et prend la couleur du fer
sur le sable où les hommes
se sont aimés

Ne te bats pas
contre les hommes

Lutte
avec ton esprit
lutte avec ton âme
contre les monstres
de l’injustice
qui font de l’homme
un enfer

Ne te bats pas
contre les hommes

Lutte et ne baisse jamais la garde
contre l’épouvantable bête
qui accroche
à la peau des hommes
une étoile de couleur

Ne te bats pas
contre les hommes

Aime la terre
lorsqu’elle bleuit
sous tes pas

aime la mer
lorsqu’elle est verte
de toutes les espérances
célébrant leurs noces
en chantant

Aime les hommes
sans faire semblant

Les arbres
qui se dressent dans le ciel
ne font pas semblant
ni les fleurs
qui sourient dans les champs
ni le soleil
qui te regarde grandir
ni la nuit
qui te donne le silence
comme une eau fraîche

Bats toi
oui, bats toi !
contre la bêtise
et la médiocrité
bats toi contre la haine
et bats toi
contre l’indifférence
qui fait des hommes
des pierres

Alors
alors seulement
regarde toi dans la glace
le temps de repartir
aimer ce monde qui
de toutes ses forces
et de tout son coeur

te supplie de l’aimer

 

                  Jean-Marie Berthier

 

                  à suivre sur La Voix des autres


 

 

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Georges Leroux, entretiens

Publié le par la freniere

photo. Jacques Desmarais

photo. Jacques Desmarais

Événement tout à fait majeur en philosophie québécoise : le lancement aujourd'hui à la Librairie Gallimard de Montréal de "Georges Leroux, entretiens", chez Boréal. Ces entretiens sont conduits par les bons soins de Christian Nadeau. Georges Leroux a enseigné la philosophie à l'Université du Québec à Montréal pendant 40 ans. Parmi les idées phares qui l'animent, sur le plan personnel aussi bien que celui du professeur qui transmet, se trouve l'idéal du scholar, tel que défini notamment au coeur du projet de Richard Rorty, soit " construire et s'élever ". Parlant des étudiants qu'il a côtoyés au cours de toutes ces années, il dit : J'ai rencontré à l'UQAM toutes les catégories d'étudiants, des plus démunis aux plus nantis, des plus conservateurs aux plus militants. Les projets intellectuels de chacun diffèrent sur beaucoup d'aspects, mais deux choses réunissent tous les étudiants de philosophie : une passion commune pour leur tradition et un souci de la justice. Tous ne souhaitent pas s'engager dans une recherche érudite, mais tous souhaitent s'intégrer dans cette longue histoire qui commence avec Socrate et conduit jusqu'à eux. Comme nous avant eux, ils n'ont qu'un souhait, grimper sur les épaules des géants qui les ont précédés! Or cette histoire est d'abord une histoire au service de la vérité, de la justice, du bien. " (p. 202). Cette référence aux géants est très vive à mon esprit; Georges s'en servait en classe, et sans doute pour atténuer l'effet du transfert, ici fondamentalement amical, mais impressionnant, il disait (je le note de mémoire) : n'hésitez pas à monter sur les épaules des géants quitte à vous débarrasser de l'échelle derrière vous.

Pour être plus clair et plus libre, on notera d'entrée de jeu de ces précieux entretiens une citation en exergue de Jean de Salisbury : " Bernard de Chartres affirmait que nous sommes comme des nains juchés sur les épaules des géants, et que si nous pouvons voir plus de choses qu'eux, et plus éloignées, ce n'est pas en raison de l'acuité de notre vue [...], mais bien parce que nous sommes hissés par eux sur des hauteurs et soulevés par la grandeur de ces géants. ". Bien que la philosophie au Québec ne soit pas une référence première de la culture et que son dynamisme, malgré tout, puisse achaler les " bien pensants" ou les orgueilleux ignorants (la philo est la première discipline que les régimes dictatoriaux proscrivent, rappelle Leroux), il se trouve parmi nous des géants que l'on aime et qui continuent à " nous apprendre ". C'est ce que je tenais à dire de vive voix à Georges Leroux cet après-midi. Tout cela est si vivant!

Jacques Desmarais

10 septembre 2007


 

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Khlebnikov

Publié le par la freniere

Khlebnikov
Khlebnikov

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Adieu Réjean Ducharme

Publié le par la freniere

Adieu Réjean Ducharme

«Je ne suis né qu'une fois. Cela s'est fait à Saint-Félix-de-Valois, dans la province de Québec. La prochaine fois que je mourrai, ce sera la première fois. Je veux mourir verticalement, la tête en bas et les pieds en haut.»

Adieu, Réjean Ducharme. Longue vie à ton fantôme.

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Un homme de couleurs

Publié le par la freniere

Un homme de couleurs

À Émile Bellet

 

L’inapparent prend forme sous le pinceau du peintre. L’image s’enracine dans l’humus des gestes. Des questions pointent sur la toile que la forme résout, que la couleur appelle, ombres puisées à même l’ombre, faisceaux d’éclairs dans la nuit. La terre rêve d’étoiles, le ciel de racines.

 

Des lignes infinies ordonnent le chaos. Dans l’arbre qu’on dessine, le souffle des racines anime le feuillage. D’infinis tremblements agitent l’horizon. L’axe de vie renoue avec l’origine. Une simple rature absorbe le silence. Les bords du monde se touchent dans un point de lumière. Une poignée de temps se répand sur la toile.

 

Sous le pinceau du peintre, le monde s’imagine. Il n’est jamais qu’une âme répandant sa couleur. Une lumière intime ordonne ses reflets. Tant de rouges et de bleus redressent l’horizon. En remuant les doigts, un homme de couleurs défriche l’absolu sans ouvrir la bouche. La musique des formes s’écoute avec les yeux.

 

Jean-Marc La Frenière

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Brigitte Fontaine et Jeanne Moreau

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photo: Jérome Mars

photo: Jérome Mars

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Michel Chartrand

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Les soirées de poésie de la Casanous

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Pierre Cadieu n'est pas sur la photo. Pierrot Léger (3), Gilbert Langevin (2), Robert Lalonde (1), Réal Bujold (4) y sont.

Pierre Cadieu n'est pas sur la photo. Pierrot Léger (3), Gilbert Langevin (2), Robert Lalonde (1), Réal Bujold (4) y sont.

À l'origine, les nuits de la poésie de la Casanous étaient animées par Pierre Cadieu, Réal Bujold et Robert Lalonde (pas l'écrivain et le comédien, mais le poète métis, père du libraire Bob Lalonde. Janou Saint-Denis a pris la relève un ou deux ans plus tard. Elle a tenu cette institution à bout de bras jusqu'à la fin, d'abord au même endroit, puis en différents lieux selon les années. À la longue, ces soirées sont devenues les soirées de poésie de Janou Saint-Denis.

 

Un survenant

à Carlos Labrosse*

 

Je me souviens d'un survenant

à la croisée des routes, l'entrecoeur

par la doute et la douceur

revenant sur la pointe des pieds

ridé par un dernier coup de coeur

 

il cherche à la dérobée, preste!

le mot ami, la main offerte

alliant la parole au geste

conte fleurette et tempête

 

tourmenté par la tourmente il fonce

inquiet par exprès on dirait

coureur de la nuit et des bois

trappeur de l'espoir aux abois

 

Je me souviens d'un survenant

comme à l'accoutumée revenant

après la veillée d'un long voyage

plein de récits le bagage

 

comme un coup d'vent

les mains pleines

du trajet et de la peine

de nulle part à ici

 

trop tard arrivé

il repart bientôt

tout démonté

sans un mot de trop.

 

Robert Lalonde

 

Rober Lalonde a publié dans les années 60 Ailleurs est en ce monde aux éditions de l'Arc de Gilles Vigneault et des recueils de poésie aux éditions Atys de Gilbert Langevin qui fut le plus jeune éditeur au Québec. J'attends avec impatience son prochain livre. Pourquoi pas à La compagnie à numéros ? André Major, Jacques Renaud, Georges Dor, Yves-Gabriel Brunet ont débuté chez Atys, ainsi que le sculpteur Jean Gauguet-Larouche qui est aussi poète.

*Carlos Labrosse est un peintre et l'auteur de la chanson Chambre à louer interprétée par Plume Latraverse.

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Gérald Godin

Publié le par la freniere

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