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paroles indiennes

Paroles indiennes

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Tatanka Yatanka (Sitting Bull) :

Il y a chez vous des personnes richissimes et des personnes qui souffrent de la faim. Chez nous, si quelqu'un a faim c'est parce que nous sommes tous affamés. Chez vous un homme est d'autant plus important qu'il peut étaler le plus de possessions, d'avoir, chez nous un homme compte par ce qu'il est et ce qu'il donne. Moi je suis très important parce que malgré mes pouvoirs, je ne possède rien...

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L’OCCIDENT BARBARE ET LA PHILOSOPHIE SAUVAGE Essai sur le mode d’être et de penser des Indiens ojibwé de Eric Navet.

 

Face aux échecs de la modernité, les Peuples traditionnels opposent une philosophie basée sur les valeurs humaines, écologiques et spirituelles qui font gravement défaut aux sociétés dites « civilisées ». L’Occident barbare et la philosophie sauvage nous convie à l’exploration d’un tel mode d’être et de penser à partir de l’exemple de l’une de ces sociétés traditionnelles : les Indiens ojibwé du Canada. La leçon qu’ils nous enseignent entend démontrer qu’il n’est de monde humain possible, de monde tout simplement, que dans le respect des équilibres naturels (sociaux, écologiques et religieux), et la prise de conscience par les êtres humains qu’ils ne sont qu’un élément du monde qui les entoure. Les Ojibwé l’affirment : le monde ne saurait être autrement que « beau, ordonné et harmonique ».

***

Eric Navet est Professeur d’ethnologie à l’Université Marc Bloch de Strasbourg, responsable du Centre de Recherches Interdisciplinaires en Anthropologie (CRIA). Il est également membre du Réseau Arctique (CNRS) et du Comité de Soutien aux Indiens d’Amérique (CSIA). Depuis 1971, il séjourne régulièrement chez les Amérindiens du Nord canadien (Ojibwé et Innuat) et les Teko/Émerillon de Guyane française. Collection Univers des Possibles, 384 p., 20 euros Ed. HOMNISPHERES

homnispheres.info/

 

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Luther Ours Debout (Lakota)  :
  
Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres infinis n'étaient pas sauvages à nos yeux. Seul l'homme blanc trouvait la nature "sauvage", et pour lui seul la terre était "infestée d'animaux sauvages" et de "peuplades sauvages". A nous la terre paraissait douce; nous étions comblés des bienfaits du Grand Mystère. 
     
Conseil des Haudenosaunee, 1977 :

Il faut que les peuples qui vivent sur cette terre dépassent le concept étroit de "libération de l'homme" et qu'ils commencent à voir que cette libération doit être étendue à l'ensemble du monde naturel. Ce qu'il faut, c'est libérer toutes choses qui entretiennent la vie - l'air, l'eau. les arbres, tout ce qui entretient la trame sacrée de la vie. 
  
Alvin Josephy  :  

L'Indien a survécu, posant au conquérant Blanc un défi que beaucoup de non-Indiens, en particulier aux Etats-Unis, ne tolèrent pas facilement, même s'ils la comprennent: ils demandent de rester Indiens. Ce droit implique au fond le droit d'être différent, ce qui aux Etats-Unis va à l'encontre de l'orientation générale de la société majoritaire. Idéalement, le rêve américain confère l'égalité des chances, mais pratiquement ce processus s'inscrit dans le cadre de l'objectif général qui consiste à supprimer les différences. Les Indiens, s'accrochant à ce qui leur semble leur convenir le mieux, ont résisté instinctivement aux mesures visant à leur faire abandonner ce qu'ils veulent préserver et à adopter ce qu'ils ne tiennent pas à acquérir. Tel a été - et tel est toujours - l'élément essentiel de ce qu'on appelle le problème indien aux Etats-Unis. 

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Poésie nahuatl ancienne

Nezahualcoyotl (1402-1472)


Nous ne sommes que prêtés

Cuicatli quicaqui
In noyol nichoca :
Ye nicnotlamatli
Tiya xochitica
Tic cauhtehuazque
Tlalticpac ye nican
Titotlanehuia
O tiyazque ichan
 

Il entend chanter,

Mon cœur, je voudrais ne pas pleurer :

Je m’emplis de douleur.

Nous allons parmi les fleurs.

Il nous faudra

Quitter cette terre :

Nous ne sommes que prêtés

Et nous irons vers sa demeure.

 
Ma nicnocozcati
Nepapan xochitl
Ma nomac on mani
Ma nocpaxochihui.
Tic cauhtehuazque
Tlalticpac ye nican
Zan titotlanehuia
O tiyazque ichan.
 

Je veux ceindre un collier

De fleurs de toutes sortes,

Les tenir dans mes mains

Qu’elles s’épanouissent en guirlandes !

Il nous faudra

Quitter cette terre :

Nous ne sommes que prêtés

Et nous irons vers sa demeure.

 
In Les Citadelles, revue de poésie, numéro douze

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elle tient le vide

entre ses mains

ouvertes au ciel

elle s’avance et franchit

le pont fragile

de la folie

 

elle sait parler aux chiens

frileux qui la suivent de loin

ils flairent sa douce forme humaine

sans bien savoir où elle les mène

elle rêve en chemin

dans la clarté vive

d’un premier matin

jamais elle ne court

elle marche lentement

vers un retour

qui n’aura pas lieu

 

sa main dessine dans l’air

une longue courbe

il y a dans ses yeux

une île d’herbe

et de tourbe

 

déjà elle oublie sa légende

et ne sait plus le nom de sa mère

elle ne garde de l’Irlande

qu’un bout de ruban vert

 

elle tient le vide

entre ses mains

ouvertes vers le ciel

elle n’a plus de manteau

son ombre glisse sur l’eau

 
*
 

ralentis douleur

je profite du soleil

jusqu’au dernier temps

la lumière coule

dans la buée des bouteilles

ralentis douleur

on y arrive bientôt

à la plage de paix

j’y coucherai ma peine

comme on couche une forêt

ralentis douleur

je ne pourrai plus tenir

jusqu’au dernier coup

mon cœur a roulé

au hasard des désirs

allez va douleur

va plus vite finir

brûle le cœur des sources

que je touche enfin

aux étoiles de verre

qui se brisent dans mes yeux

allez va douleur

pars comme tu es venue

 
Michel X Côté
 

Né à Rouyn-Noranda en 1948, peintre, poète et parolier (Abbittibbi, Desjardins, Léveillé, Babin, Saint-Jack). Michel X Côté est recherchiste et rédacteur au sein d’un organisme culturel autochtone. Il vit à Montréal dans la quartier Saint-Henri.

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Une femme amérindienne ou autochtone de l’Alaska sur trois sera victime d’un viol au cours de sa vie. La plupart ne cherchent pas à obtenir justice car elles savent qu’elles se heurteront à l’inaction ou à l’indifférence.

La majorité des auteurs de violences sexuelles restent impunis car de nombreuses femmes amérindiennes victimes de tels actes ne les signalent jamais aux autorités et celles qui portent plainte se heurtent à des obstacles qui les empêchent d’obtenir justice. Le gouvernement des États-Unis a créé un système labyrinthique d’autorités fédérales, étatiques et tribales. En conséquence, justice n’est pas rendue aux Amérindiennes.

« Le droit de vivre dans un monde sans violence est au cœur des principes régissant nombre de gouvernements et de cultures autochtones. La prolifération des violences sexuelles contre les femmes amérindiennes aux États-Unis est le reflet d’une rupture fondamentale avec les normes culturelles et juridiques qui ont garanti la protection des Amérindiennes depuis des temps immémoriaux. » Sarah Deer (Creek mvskoke)

Obstacles à la justice

La majorité des auteurs de violences sexuelles restent impunis car de nombreuses femmes amérindiennes victimes de tels actes ne les signalent jamais aux autorités et celles qui portent plainte se heurtent à des obstacles qui les empêchent d’obtenir justice. Le gouvernement des États-Unis a créé un système labyrinthique d’autorités fédérales, étatiques et tribales. En conséquence, justice n’est pas rendue aux Amérindiennes.

Absence de mesures adéquates

Les autorités américaines s’abstiennent de faire le nécessaire face aux menaces qui pèsent sur les femmes autochtones, d’une part, et, d’autre part, les politiques et les pratiques fédérales empêchent de fait les femmes amérindiennes ou autochtones de l’Alaska de bénéficier des systèmes de protection mis à la disposition des autres femmes aux États-Unis.

Des mesures doivent être prises d’urgence pour mettre fin aux violences sexuelles commises contre les femmes autochtones aux États-Unis. Mais ces mesures doivent être élaborées en se basant sur l’analyse et sur les faits, et non sur des préjugés et des suppositions. Des organisations de femmes autochtones et des autorités tribales ont fait des propositions concrètes pour contribuer à mettre un terme à ces atteintes aux droits humains, mais le gouvernement fédéral n’a pris aucune mesure.

Françoise Guillitte

www.amnesty.org/

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Si , petit, les mots
« squaw »
« papoose »
« teepee »
Ne t’ont pas fait frémir
Comme la corde
De l’arc de Sitting Bull
Ou (plus tard) d’Ulysse

Alors
T’es mal
Empenné

Roger Lahu

http://www.lieux-dits.eu/

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Quand l'homme aura tué la dernière bête, abattu le dernier arbre, asséché la dernière goutte de pluie, il comprendra enfin que l'argent n'est pas comestible.

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Diane Glancy est née en 1941, à Kansas city dans le Missouri d’un père Cherokee et d’une mère de descendance Anglo-Allemande. Elle a été longtemps une artiste en résidence pour le STATE ARTS COUNCIL d’Oklahoma. Plusieurs de ses livres relatent cette expérience. Aujourd’hui elle enseigne au Macalester College de St-Paul dans le Minnesota, où elle est professeur dans le département d’Anglais, elle enseigne la poésie, l’écriture et la création tant dans le domaine de la fiction que dans celui des scripts ou du théâtre, elle donne des cours et anime des séminaires de littérature Indienne.

 " Je suis venue à l’écriture de poésie parce que les voix de mes ancêtres me manquaient. Je suis née entre deux cultures, Européenne et Indienne. Mon père avait quitté son environnement Cherokee et les siens pour trouver du travail pendant la dépression des années trente. Il s’est marié à une femme de descendance Anglaise et Allemande. Il disait que nous devions vivre dans ce monde, en cela il signifiait que nous ne devions pas regarder en arrière mais aller de l’avant. Je n’ai pas été élevée auprès de ma famille Cherokee, et je me suis mise à écrire pour remplir les cases vides de cet héritage, cases où la connaissance de la culture Cherokee aurait du se tenir.

A mes débuts, il y a à peu près vingt cinq ans, personne ne s’intéressait aux auteurs Indiens. Puis, quand le multi-culturalisme fût promu aux U.S.A, les seules voix Indiennes que recherchaient les éditeurs, étaient celles parlant des Plaines, les chasseurs nomades des bisons, les tipees et les coiffes de plumes. Les Cherokee étaient des fermiers cultivant le maïs. Ils élevaient des animaux domestiques : vaches et cochons. Je n’avais jamais vu à l’époque de tipee ou de bison. Les parents de mon père vivaient dans des huttes. Le maïs était l’aliment de base, pas le bison. Ce fut donc plus tard qu’une place fut faite à mes ouvrages. Mais pas avant que les éditeurs ne réalisent que les types de cultures Indiennes étaient différentes entre elles, et qu’il existait de nombreuses tribus. Alors je pus enfin trouver les voix perdues de mon héritage Indien, ce qui me permit d’abandonner l’imaginaire stéréotypé de mes écrits.

Mes paysages sont les prairies d’Oklahoma : les grandes étendues d’herbe haute. J’aime aussi beaucoup la route à perte de vue, dans la campagne, ce parce que je voyage souvent sur le couloir central, l’axe nord-sud qui traverse les U.S.A. Je vis dans le Minnesota depuis maintenant dix sept ans parce que j’enseigne dans une université de cet état. Je retourne souvent à Kansas-city, où mon père s’est installé pour travailler il y a si longtemps. C’est là qu’il est enterré, mes deux parents y sont enterrés. Le langage écrit est apparu tard pour les Indiens d’Amérique, mais c’est le véhicule que j’utilise pour tracer mon chemin.

Mon dernier livre ( 2004 éditions SALT PUBLISHING ) est dédié à la poésie et à l’idée de "ville champignon", car celle-ci recèle toute une collection de poèmes. Je viens d’Oklahoma où ces villes surgissaient soudain en une nuit. C’était l’époque de la course pour posséder une terre, puis ensuite l’époque de la ruée vers l’or noir. Ce livre est également dédié à la terre, au couloir central de l’Amérique où j’ai vécu, traversé du sud au nord, et où l’image des villes champignons devient celle des cabanes de pêcheurs, ces abris construits sur la glace d’un lac du Minnesota. Dans le froid, poussent petites villes champignons du souffle, l’haleine, qui recouvre la signification profonde dans les cultures Indiennes du mot poème."



Primer of the obsolete


Jut a word into the silence
hardly anyone notices
the corner room
a blue piece of wall
the sausage on a plate
as if looking for an airport.

It was not the same sound running over us
heard until we could not think.

My wife (meal maker for me) ) a-g(w’)-s-ta’-yu-hv-s-gi’
cornbread maïs a-l(i)s-ta-i-di
sweet potatoes se’lu ga’-du
pumpkin pie nu :-n(a) a-ni’nv-hi’d(a).

It was a wave sort.

A nothing at the rim.

Something at the core.

A switch from being watched.

 
 

Amorce de désuétude

Avancez un mot dans le silence
violemment tout le monde remarque
le coin de la pièce
un pan de mur bleu
la sauce sur une assiette
comme si elle cherchait un aéroport.

Nous n’entendions pas le même son autour de nous
en attendant que nous ne puissions plus penser.

Ma femme (prépare le repas pour moi) a-g(w’)-s-ta’-yu-hv-s-gi’
farine de maïs a-l(i)s-ta-i-di
patates douces se’lu ga’-du
tarte à la courge nu :-n(a) a-ni’nv-hi’d(a).

C’était une sorte de vague.

Rien au bord.

Quelque chose au centre.

Un changement d’où être regardé.

 
In A primer of the obsolete, Chax Press, 1988
 
 

Crows

There were three crows in the morning grass wiping the underside of their wings with dew. The back of their heads like Indian hair, their shoulders holding out their feathers. You think at first they’re three dark spirits transformed by the wetness of light after their nightshift. They’re cleaning the coal dust and soot from their wings still black at dawn. they wipe their bodies with their own tongues. They lick the fire out.

 
Corbeaux
 

Il y avait trois corbeaux sur l’herbe matinale qui se frottaient le dessous des ailes avec de la rosée. L’arrière de leur tête est pareil aux cheveux des Indiens, les plumes de leurs épaules bien tendues. A première vue vous pensez à trois esprits sombres métamorphosés par l’humidité de la lumière après leur périple nocturne. Ils débarrassent leurs ailes, toujours noires à l’aube, de la poussière charbonneuse et de la suie . Ils se nettoient le corps de leur propre langue. Ils lèchent le feu qui sourd.

 
Diane Glancy
 
Traduction Béatrice Machet
 

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Le congélateur
 
 
Hey le Blanc homme civilisé
Toi qui as tout cultivé
Merci pour ton savon aseptique
qui astique la graisse de mon cerveau
et fait muer la couleur de ma peau
Merci pour ton éducation si logique
qui rend mes neurones plus élastiques
Merci pour ta grande démocratie
fondée sur la hiérarchie
qui encense les plus grands
avec la cendre des plus petits
 
Hey le Blanc sais-tu ce que veut dire «Inuit»
Traduit dans ta langue mon nom veut dire «homme»
Et même si je suis celui dont tu profites
Tu ne peux effacer de mes rêves l’Inuk autonome
 
Toi qui as mis au congélateur
la crème glacée de ma mémoire
en y gardant bien au froid ton cœur
dans tes beaux grands livres d’histoire
tu me comptes dans la marge des erreurs
tu me lis entre les lignes de ta gloire
et c’est en blanc que mon nom est écrit
 
Raoul Duguay Luoar Yaugud

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