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paroles indiennes

Paroles indiennes

Publié le par la freniere


ODANAK

Bien avant l’arrivée des premiers colons dans les Cantons de l’Est, les Amérindiens avaient découvert ce territoire. En effet, les Abénaquis qui occupaient au départ le Maine et s’étendaient dans le New Hampshire, le Nouveau-Brunswick et jusque sur les bords de la Nouvelle-Écosse émigrèrent dans la région vers 1680 pour fuir les persécutions des Anglais.

Selon les archéologues, cette société autochtone serait demeurée près de la rivière Saint-François et du lac Aylmer mais aussi près des villes qui allaient devenir plus tard Weedon, Lennoxville, Sherbrooke, Magog ou encore Brompton. En effet, les recherches archéologiques entreprises dans ces secteurs ont permis de découvrir des éclats de silex ainsi que des objets faisant partie de la vie quotidienne des Amérindiens comme, par exemple, des couteaux, des grattoirs et des pointes de lance.

Par ailleurs, les noms autochtones de certains endroits bien connus aujourd’hui dans les Cantons de l’Est comme Mégantic (lieu où se tiennent les poissons), Massawippi (eau profonde), Memphré-magog (grande étendue d’eau) et Coaticook (rivière à la terre de pin) montrent les traces évidentes du passage de ces nations. Toutefois, les Amérindiens n’ont pas toujours eu ici de résidence fixe, mais ils ont tout de même séjourné auprès des cours d'eau en différentes saisons de l’année.

La présence de ces autochtones sur le territoire est aussi perceptible par les légendes entourant le pin solitaire. La première de celle-ci veut qu’après une bataille entre un Iroquois et un Abénaquis, ce dernier l’emporta et scalpa son ennemi sur un rocher se trouvant dans le Saint-François à l’embouchure de la rivière Magog. L’autre légende, cette fois-ci beaucoup plus romantique, prétend que ce même rocher est le tombeau d’une jeune Amérindienne.



Le rocher du pin solitaire, au milieu de la Saint-François. Fonds Andrée Désilets. La Société d'histoire de Sherbrooke IP154RPN32D1


L’histoire raconte que deux promis, Robert Gardner et Aline Morton étaient prisonniers à Saint-François-du-Lac. Ils réussirent à s’échapper, mais épuisée, la jeune femme mourut dans les bras de son fiancé. Celui-ci l’ensevelit sur le rocher et en guise de stèle funéraire il y planta un petit pin avant de mourir lui-même épuisé. Le pin solitaire n’existe cependant plus aujourd’hui.

En effet, il disparut en 1913 alors que deux ivrognes «le sectionnèrent en rondelles ; ils vendaient les tranches du mystérieux conifère comme souvenir à raison de 25 cents pièces, afin de se procurer de quoi boire ». Aujourd’hui encore nous pouvons voir ce rocher (notre photo) qui inspira tant de légendes, le pin solitaire ayant fait place, pour sa part, à une petite croix blanche.

Plus tardivement dans l’histoire de notre région, à l’ouverture des Townships de l’est à la colonisation du XIXe siècle, plusieurs Abénaquis délaissèrent ce territoire de chasse pour se tourner vers d’autres espaces. Toutefois, certains d’entre eux demeurèrent ici. En effet, le gouvernement entrepris de subventionner l’agriculture chez cette nation, mais ces derniers préférèrent développer une toute autre industrie, celle de paniers qu’ils allaient vendre aux États-Unis. Toujours au XIXe siècle, l’idée de développer des réserves amérindiennes sur le territoire canadien apparaîtra.

Par la création de ces espaces, le gouvernement voulait en fait occulter la présence autochtone mais aussi intégrer les différentes nations à la population canadienne. La région des Cantons de l’Est verra ainsi, au cours de cette période, l’apparition de la réserve abénaquise dans le secteur de Coleraine. Celle-ci, cédée en 1882 à la nation abénaquise par les autorités gouvernementales, sera fermée moins d’une vingtaine après sa création, soit en 1901. Cette situation est d’ailleurs conforme à la politique d’assimilation prônée par le gouvernement fédéral.

En effet, ce que l’on cherchait à l’époque c’était de «tasser» les Autochtones sur des réserves pour ensuite vendre le territoire concédé ou encore diminuer sa superficie pour les besoins des colons avides de terres nouvelles. Ce qui obligeait, croyait-on, les autochtones à s’assimiler à la population blanche. Toutefois, on sait bien aujourd’hui que cette tactique ne s’avéra que peu lucrative. En fait, la nation abénaquise est toujours présente au Québec, le village d’Odanak en étant la preuve vivante.

Maryse Bilodeau (Université de Sherbrooke)


http://www.mediat-muse.qc.ca/edu_abenakis.html

http://www.indianamarketing.com/nations/!odana-f.htm

 

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* La vie est un cycle sans fin. Chacun de nous est responsable de ses propres actions. Elles nous reviendront. (Betty Laverdure - Ojibway)

* La couleur de la peau n'y change rien. Ce qui est bon et juste pour l'un est bon et juste pour l'autre, et le Grand Esprit a fait de tous les Hommes des frères. (Bouclier Blanc)

* Choisis bien tes mots, car ce sont eux qui créent le monde qui t'entoure. (pensée des Navajos)

* Ma main n'a pas la même couleur que la tienne, mais si je la transperce, cela me fera mal. Le sang qui coulera de ma main sera de la même couleur que ton sang. Nous sommes tous deux enfants du Grand Esprit. ( Ours Debout - Chef Sioux Oglala)

* Nous sommes tous des fleurs dans le jardin du Grand Esprit. Nous partageons les mêmes racines, nos racines nous ramènent à la Terre Mère. Son jardin est beau car les couleurs des fleurs sont différentes et elles représentent des traditions et des cultures différentes. (Grand-Père David Monongye - Hopi)

* Les collines seront toujours plus belles que les buildings en pierre. La vie en ville est artificielle. Peu de gens sentent la véritable terre sous leurs pieds, voient pousser les plantes si ce n'est dans des pots ou s'avancent assez loin des réverbères pour saisir le véritable enchantement d'un ciel parsemé d'étoiles. Quand on vit loin des choses que le Grand Esprit a créées, il est facile d'oublier ses lois. (Tatanga Mani)

* O, Grand Esprit, aide moi à ne jamais juger un autre avant d'avoir chaussé ses mocassins pendant au moins trois lunes (Sagesse amérindienne )

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Achète été indien

 

(Constamment l’administration cherche à racheter les terres indiennes au mépris des traités signés au XIX siècle)

Voix de l’ordinateur

Vingt-six millions, quatre cent cinquante mille, cent quatre-vingt-neufs dollars pour ces pays à l’ouest du Shoshone. Qui dit mieux ?

Voix d’homme

Est-ce un tombeau d’uranium pur qu’ils veulent nous bâtir sous les étoiles du Nevada ?

N’est-ce pas assez d’avoir tué vingt-deux nations indiennes avec leurs forts, leurs saints, leurs dieux ? N’est-ce pas assez d’étouffer nos langues, notre honneur, nos rêves ?

Leur marée de sang n’a laissé ici que ces villes perdues avec leurs baves d’argent et leurs secrets rayés.

Voix de femme

Soyez maudites pour votre avidité Ashdown et Jungo, Aura et Adélaide, Arabia et Unionville, Olinghouse et Como, Reckland et Candelaria, Reveille et Tybô, Ione et Templute, Sprucemont et Bullion !

Voix d’homme

Ils avaient pourtant signé à Ruby Valley en 1863. Mais leur désir creuse notre détresse tandis que leurs torches s’enfoncent plus avant dans les mines.

Déloyaux et vils ils ont détruit nos pins hérissés, les plus vieux arbres du monde, ils ont fait de nous un peuple de spectres et de fous, hallucinés par l’alcool, intoxiqués par leurs légendes.

Désintégrés, nous résisterons par la tendresse des fleurs du désert, par nos mesquites, par nos lacs de sel, par notre désolation.

Voix de femme

Soyez maudites Edgemont et Delano, Alpha et Victoria, Cornucopia et Osceola, Belleville et Delamar, maudites de solitude, villes possédées de nuit, prostituées endormies dans les draps de l’aube.

Voix d’homme

Acharnés depuis leurs tours de verre de New York et de Los Angeles, ils convoitent sous leurs masques et à leur mesure ce pays qui boit nos larmes comme il but jadis le sang de notre peuple.

Ils prêchent sans fatigue leur liberté, leur ordre, leur évangile de l’énergie.

Préparez-vous des rentrées supplémentaires pour vos Noëls, rois mages d’Atlanta et de San Francisco qui avez soudainement l’argent si facile.

Nous descendrons des monts, le cœur dévasté, dans le tonnerre de la colère, car nous étions un peuple voici cent cinquante ans, ô sainte Carbide, patronne des colonisateurs !

Voix de femme

Maudites soient vos villes, Johnnie et Carrara, Bullfrog et Rhyolite, Goldyke et Hannapah, Rawhide et La Panta , Seven Throughs et Gold Acres, Rio Tinto et Tenabo, villes qui gonflent dans les cauchemars, livrées aux créosotiers, aux serpents et aux vents.

Voix d’homme

Nous ne voulons pas, sous nos dents-de-lion en fleurs, de vos fusées MX à trente-trois millions de dollars pièce (prix janvier 1980), ni de vos camps, ni de vos châteaux vert-de-gris, ni de vos chevaux de frise et de vos barbelés. Celui qui porte l’argent porte la guerre. Nous refusons l’aumône de 26.450.189 dollars, calculés au prix de l’acre en 1872 – car la terre Shoshone n’est pas à vendre, césars de l’uranium, pharaons du charbon. Que l’âme de notre peuple vous soit à jamais inaccessible ! Que nos pistes conduisent vos villes dans la Vallée de la Mort , rongeurs d’or de Smoky Valley et de Ruth, affamés d’argent des mines de Tonopah et de Pioche, avaleurs de plomb, de zinc, de quartz, de gypse, connaisseurs d’uranium, gros mangeurs pour tout dire !

Voix de femme

La danse de l’atome continue depuis les bébés-soleils de Nellis !

Voix d’homme

Jamais désir ne fut si cruel et si froid !

Voix de l’ordinateur

S’ils ne mangent pas cet argent – ils n’auront rien – ces idiots – ces pestes !

Voix d’homme

Le bureau des Affaires indiennes est un cheval de Troie.

Voix de femme

Nous sommes à Shoshone depuis dix mille ans !

Voix d’homme

Nous résisterons avec nos frères de Pitt River en Californie, avec les Hopis et les Navajos de l’Arizona, avec les Mohicans d’Akwesame, avec les Iroquois du nord de l’État de New-York, avec les Sioux du Dakota du Sud qui défendent aujourd’hui les Collines Noires, demeures de leurs dieux, nous résisterons avec les Apaches, les Algonkins, les Cheyennes, avec tous les peuples indiens.

Voix de femme

Si pauvres que nous soyons, nous luttons avec les armes du bon droit !

Voix d’homme

Le secret de ces pays est à nous !

Voix de femme

Que l’été indien embrase la liberté !

Voix d’homme

Son feu est le multiple de l’homme.

 

Vincent-Marc Karénine

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Les Buttes

(Navajo Tribal Park – Monument Valley)

Profané par de nombreux films – depuis le Stagecoach de John Ford en 1933 – le Désert Rouge a rapporté des centaines de milliers de dollars à l’économie du pays navajo. La publicité a ensuite pris le relais. Monument Valley fut pendant quatorze siècles le siège de la culture Anasazi, avant d’être envahie par les Navajos aux environs de 1700. Durant les guerres de l’Ouest, le général James Carleton tenta de les déporter et de les regrouper dans une réserve au Nouveau-Mexique. Les Navajos firent semblant de se soumettre, mais beaucoup d’entre eux se cachèrent dans leur mystérieux pays. Ce fut le traité de 1868 qui autorisa les exilés à revenir dans cette valéée aux pierres sacrées, Olympe de leurs dieux, dont ils ne peuvent jamais, sous peine de mort, parler à l’étranger. Les buttes dressent leurs masques ocres au-dessus du désert, protégeant les Indiens qui vivent à leur pied de l’élevage, du tissage et de la fabrication de bijoux d’argent. Ces tours devenues le symbole même de l’Ouest américain n’en gardent pas moins leur secret.

(Three Sisters)
L’eau des nuits brûle leurs pensées

(Mesa Peak)
Avec les mots de la fonte du coeur

(Mitchell Mesa)
Nos gonds – le soir – arrêtent les blasphémateurs

(East Mitten)
On creuse le ciel par la douceur

(Mitchell Butte)
C’est un peuple qu’on coud dans les peaux du couchant

(The Hub)
L’harmonie dépend des choses rondes

(Yei Bi Chei)
Ce qui n’est pas dit revient au pouvoir des sources

(Sentinel Mesa)
Nous sommes d’avant vos livres – d’avant vos lèvres

(Rooster Rock)
Notre parole est de pierre – le vent s’y brûle

(Camel Butte)
La vie rouge est une vie chantée

(Spearhead Mesa)
Nommer le cercle – c’est renvoyer aux mères

(Chiasta Butte)
Le soleil ? Une rose plus sauvage

(Totem Pole)
Une eau cachée rend mon silence démesuré

Vincent-Marc Karénine

 

 

 

 

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prière attribuée aux indiens des plaines nord-américaines (Chief Yellow Lark, Lakota et tribu OJIBWA)

 

 

 

O, Grand Esprit
Dont j'entends la voix dans le vent,
et dont le souffle donne vie à l'univers entier
écoute-moi

Je suis petit et faible

J'ai besoin de ta force et de ta sagesse

Permets-moi de marcher en beauté et fais que mes yeux
soient toujours émerveillés par le rouge et le violet
des couchers de soleil.

Fais que mes mains respectent les choses que tu as créées
et que mes oreilles soient attentives à ta voix.

Donnes-moi la sagesse pour que je puisse comprendre
ce que tu nous enseignes.

Permets-moi d'apprendre les leçons que tu caches
sous les feuilles et les pierres.

Je demande la force non pas pour dominer mes frères
mais pour combattre mon plus grand ennemi, moi-même.

Fais en sorte que je sois toujours prêt à venir à toi
les mains propres et le regard serein.

Pour que, quand la vie me laissera, comme le soleil
qui baisse à l'horizon,
mon âme puisse venir à toi sans remords.

 

 

 

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Né en 1868, le chef Luther Standing Bear passa ses premières années dans les plaines du Nébraska et du Dakota du SUd. A l’âge de onze ans, il fut l’un des premiers à s’inscrire à l’école indienne de Carlisle en Pennsylvanie. Il devint instituteur et partit faire la classe dans la réserve de Rosebud dans le Dakota du sud. Il parle des Lakotas : c’est le nom tribal des bandes de l’ouest, les Tétons, maintenant connus comme les Sioux.

Le témoignage de l’Amérindien, de son affection pour la terre, est universel. Cela est vrai à toutes les époques et dans toutes les régions des Amériques; seuls les mots changent parfois. Il est très attaché à la terre. Luther Standing Bear qui est un chef sioux, fait écho au sentiment de tous ses frères autochtones des Amériques. Il disait au début des années 1900 :

« Le Lakota (Sioux) était rempli de compassion et d’amour pour la nature. Il aimait la terre et toutes les choses de la terre, et son attachement grandissait avec l’âge. Les vieillards étaient – littéralement – épris du sol et ne s’assoyaient ni ne se reposaient à même la terre sans le sentiment de s’approcher des forces maternelles. La terre était douce sous la peau et ils aimaient à ôter leurs mocassins et à marcher pieds nus sur la terre […] Le sol apaisait, fortifiait, lavait et guérissait.

[…] C’est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de la vie.

Ces relations qu’ils entretenaient avec tous les êtres sur la terre, dans le ciel ou au fond des rivières, étaient un des traits de leur existence.

[…] Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le cœur de l’homme éloigné de la nature devint dur; il savait que l’oubli du respect dû à ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l’homme. Aussi maintenait-il les jeunes gens sous la douce influence de la nature.

 
SES PRINCIPALES CITATIONS :

Les vastes plaines ouvertes, les belles collines qui ondulent et les ruisseaux qui serpentent n'étaient pas sauvages à nos yeux. C'est seulement pour l'homme blanc que la nature était sauvage, seulement pour lui que la terre était "infestée" d'animaux sauvages et de peuplades "barbares". Pour nous, la terre était douce, généreuse, et nous vivions comblés des bienfaits du Grand Mystère. Ce n'est que lorsque l'homme poilu de l'Est est arrivé et, dans sa folie brutale, a accumulé les injustices sur nous et les familles que nous aimions, qu'elle nous est devenue "sauvage". Lorsque même les animaux de la forêt commencérent à fuir à son approche, alors commença pour nous "l'Ouest Sauvage".

"Prendre le temps de réfléchir,
telle est la manière courtoise et vraie de commencer
et de poursuivre une conversation."


"Les animaux ont des droits - le droit d'être protégés par l'homme, le droit à la vie et à la multiplication de l'espèce, le droit à la liberté et le droit de n'avoir aucune dette envers l'homme."

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Flying Hawk, Sioux du clan Oglalas

Nos tipis jouent avec le soleil et la lune. L'air y circule, non le vent. Les tipis marchent. Le Grand Esprit n'a donné de racines qu'aux arbres. Les maisons des Blancs ont l'immobilité de la mort.

Black Elk, Sioux du clan des Oglalas

À qui voulait le photographier: Ami pourquoi veux-tu raccourcir ma vie en me privant de mon ombre ?

Crazy Horse, Sioux du clan des Oglalas

Mauvais rêve, trouble, peur. Je ne distingue plus ce que j'ai appris adulte de ce que j'ai compris enfant: les Blancs ont tué nos bisons - non pour les manger - mais vendre leurs peaux pour le métal qui rend fou.

Speckled Snake, de la tribu des Creek en 1829

L'homme blanc a mendié jadis un peu de terre quand il est arrivé par les grandes eaux, puis, notre feu et notre grain. Son ombre aujourd'hui couvre notre pays, ses mains ont agrippé les mers d'est en ouest et il pose sa tête sur la lune... pour dire encore à l'homme rouge; Eloigne-toi un peu - tu es encore trop près de moi.

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Comment peut-on acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre; cette idée nous semble étrange; la fraîcheur de l'air et le scintillement de l'eau ne nous appartiennent pas. Comment pouvez-vous nous les acheter ? Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple, chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque brume dans les bois sombres, chaque clairière ou chaque insecte bourdonnant est sanctifié dans la mémoire et l'expérience de mon peuple; la sève qui court à travers les arbres charrie les souvenirs de l'homme rouge. Nous faisons partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs; le cerf, le cheval, le grand aigle, ceux-là sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs de la prairie, la chaleur du corps du cheval sauvage et l'homme, tout cela appartient à une même famille. L'eau étincelante qui court dans les torrents et les rivières, n'est pas que de l'eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous souvenir qu'elle est sacrée et que chaque reflet dans l'eau limpide des lacs parle des évènements et des traditions qui ont marqués la vie de mon peuple. Le murmure de l'eau, c'est la voix du père de mon père. Les rivières sont nos sœurs, elles étanchent notre soif, elles portent nos canoës, et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, il faudra vous en souvenir; et il faudra apprendre a vos enfants que les rivières sont nos sœurs  et les vôtres, et désormais vous devrez donner aux rivières la tendresse qu'on accorde à toutes sœurs. Dans les villes de l'Homme Blanc il n'y a pas de coin tranquille, nulle part on ne peut y écouter bruire les feuillages du printemps ou le froissement d'ailes des insectes, mais peut-être est-ce pour cela que je suis un sauvage et ne comprend pas. Le fracas me semble insulter mes oreilles, et qu'y a –t-il dans la vie d'un homme, s'il ne peut écouter le cri solitaire d'un engoulevent ou les discussions des grenouilles autour d'un étang, la nuit ? Je suis un Homme Rouge et je ne comprend pas; l'indien préfère le bruit subtil du vent qui ride la surface d'un étang  et l'odeur du vent, purifié par la pluie de midi ou parfumé par le pin pignon. L'air, l'air est précieux à l'Homme Rouge, parce qu'il sait que toute chose partage le même souffle; la bête, l'arbre et l'homme. Ils partagent tous le même souffle.

 

 Chef Seattle

tribu des indiens Dwamish

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Femme-au-visage-d'ours les vit en rêve à l'embouchure du grand fleuve. Elle contempla sans y croire leurs visages blancs, mangés de barbe, vit le néant de leurs yeux fiévreux se poser sur les choses sans les voir. Lorsqu'ils tuèrent une femelle élan gravide qui s'était approchée trop près de la plage, elle sentit au creux de son ventre le froid mortel de l'acier et se réveilla en Sursaut, le coeur fendu.

La nuit suivante, la tribu tout entière l'accompagna dans son sommeil, au cours d'un rituel
hâtivement organisé. Les enfants seuls furent gardé à l'écart de la hutte commune, afin que
leurs rêves ne soient pas souillés. Tous les autres purent contempler les barques chargées de marins qui s'échouaient sur la plage, et entendre tomber les premiers arbres dépecés par les charpentiers du bord. Du haut des collines du rêve, la vue portait loin dans l'espace et dans le temps. Les guerriers silencieux virent mourir les saumons au pied des barrages artificiels. Ils écoutèrent la plainte des pins abattus, réduits en pulpe par les mâchoires des presses, recouverts de mots inutiles.

L'homme blanc avait un sang d'encre noire.

Au matin, les cages à cauchemars suspendues à l'entrée de la hutte étaient pleines de lambeaux pourrissants. Femme-au-visage-d'ours les vida en plein vent, vers l'est, et revint à pas lents vers le village. Ainsi, le départ fut décidé sans qu'il fut nécessaire d'en débattre. Un cycle s'achevait, il ne servait à rien de lutter. Cela, les indiens habitués aux cycles immuables du monde l'avaient compris depuis longtemps. Ils choisirent ceux qui pourraient partir : les enfants, les guerriers les plus paisibles, et les femmes dont les rires étaient particulièrement sonores.

Femme-au-visage-d'ours décida de rester ; la vision des hommes blancs avait ouvert une plaie dans son esprit qui ne se refermerait jamais. Ils préparèrent pour le voyage les tambours ornés de plumes et d'épines de porc-épic, dont le roulement chasserait les démons qui rôdent entre les mondes. Ils attachèrent sur le dos des chiens de traits les coffres de cèdre pliés et les masques d'oiseaux. Ils emplirent de fruits séchés leurs besaces de peau. Puis ils se rassemblèrent sous le grand totem du village et attendirent. L'après-midi touchait à sa fin. Le soleil glissait lentement vers le rouge, la couleur des êtres humains. Une légère brume voilait le sommet des montagnes.

Femme-au-visage-d'ours ne semblait guère pressée. Elle contemplait le décor, les oiseaux suspendus dans le ciel enflammé, les neiges de l'est qui se teintaient de rose. Tout un alphabet de signes que les enfants savaient lire avant de pouvoir marcher et dont l'homme blanc ne soupçonnait pas l'existence. Avec un reniflement, elle se mit à danser. Ses mocassins ne laissaient aucune empreinte dans le sol meuble. On aurait dit au contraire qu'ils effaçaient d'anciennes traces patiemment gravées par les pas des ancêtres. Le sol riche d'histoire redevenait sable vierge. Puis elle étendit les bras, doigts recourbés en
serres. II y eut un bruit de tissu déchiré...

Le décor tout entier s'arracha à la façon d'une toile d'araignée. La forêt cessa d'exister à sa place, il n'y eut plus que des arbres en désordre, sans pistes secrètes ou totems gravés dans l'écorce. Là où coulait une rivière vivante il n'y eut plus que de l'eau. Même les montagnes furent dépouillées de leur sens et de la froide profondeur de leur silence. Au creux des mains de Femme-au-visage-d’ours palpitait une étoffe multicolore, tissée d'aigles et de saumons, de cérémonies et de contes. On y lisait l'histoire d'un accord passé entre les êtres humains et le monde qui les avait accueillis. Un accord écrit dans chaque ligne du bois, dans chaque veine de la pierre, dans chaque ride de la chair. Un accord que d'autres allaient rompre, lorsque
le moment serait venu.

Tendrement, Femme-au-visage-d'ours enveloppa le plus jeune des enfants, presque un bébé, dans l'étoffe chatoyante qui était la substance du monde. Elle écarta une dernière fois les bras. Une porte s'ouvrit dans le violet du ciel, une simple fente, étroite, pareille à celles qui mènent vers les mystères des teepees ou des femmes. Tous ceux qui devaient partir se mirent en ligne, les mères en tête, les guerriers fermant la marche.

Avec respect, ils saluèrent les quatre directions et partirent vers la cinquième.


Jean-Claude Dunyach

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Qu'est-ce que la vie?
C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit.
C'est le souffle d'un bison en hiver.
C'est la petite ombre qui court dans l'herbe
et se perd au coucher du soleil.
Crowfoot, chef blackfeet (1821-1890)

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