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paroles indiennes

Paroles indiennes

Publié le par la freniere

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Joséphine Bacon est Innue de Pessamit. La poésie et la tradition orale de son peuple la suivent depuis son enfance. Sa poésie au quotidien s’adresse à la mémoire collective, à la nature débridée, à la sagesse, et aux ancêtres. C’est dans l’oscillation entre le langage universel sur l’origine du monde et la quête personnelle d’identité et de liberté que Bacon nous rappelle et nous ramène à nous-mêmes. Elle vit à Montréal.

 

Le Nord m'interpèle

 

Ce départ nous mène

vers d'autres directions

aux couleurs des quatre nations :

blanche, l'eau

jaune, le feu

rouge, la colère

noir, cet inconnu

où réfléchit le mystère.

 

Cela fait des années que je ne calcule plus,

ma naissance ne vient pas d'un baptême

mais plutôt d'un seul mot.

 

Sommes-nous si loin

de la montagne à gravir ?

 

Nos soeurs de l'Est, de l'Ouest,

du Sud et du Nord

chantent -elles l'incantation

qui les guérira de la douleur

meurtrière de l'identité ?

Notre race se relèvera-t-elle

de l'abime de sa passion ?

 

Je dis aux chaînes du cercle :

Libérez les rêves,

comblez les vies inachevées,

poursuivez le courant de la rivière,

dans ce monde multiple,

accommodez le songe.

 

Le passage d'hier à demain

devient aujourd'hui

l'unique parole

de ma soeur

la terre.

 

Seul le tonnerre absout

une vie vécue.

 

Joséphine Bacon

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Paroles indiennes

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Je crois bien

sur la route, sur la mer

sur mes pieds

je scrute mes pas

qui avancent et reculent

par l’eau salée

par les rivières dénudées

par le gravier du coin

par les sentiers de mon cœur

mais surtout

c’est mon âme

qui sourit depuis ce matin.

 

Je crois bien

que le poème est la survie

de nos âmes nomades.

Ce soir j’irai me baigner

dans la sueur des gens,

et je nettoierai mes plaies

à même la chaleur des pierres.

Je chanterai en silence

par la seule force de ma pensée.

 

Je crois

que la prière est source de paix

elle voyage comme une amie

car elle parle en silence

le langage du cœur.

Elle ne demande pas

elle partage la profondeur

de l’instant.

 

Rita  Mestokosho 

 

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O, Grand Esprit

 

Dont j'entends la voix dans le vent,
et dont le souffle donne vie à l'univers entier
écoute-moi

 

Je suis petit et faible

 

J'ai besoin de ta force et de ta sagesse

 

Permets-moi de marcher en beauté et fais que mes yeux
soient toujours émerveillés par le rouge et le violet
des couchers de soleil.

 

Fais que mes mains respectent les choses que tu as créées
et que mes oreilles soient attentives à ta voix.

 

Donnes-moi la sagesse pour que je puisse comprendre
ce que tu nous enseignes.

 

Permets-moi d'apprendre les leçons que tu caches
sous les feuilles et les pierres.

 

Je demande la force non pas pour dominer mes frères
mais pour combattre mon plus grand ennemi, moi-même.

 

Fais en sorte que je sois toujours prêt à venir à toi
les mains propres et le regard serein.

 

Pour que, quand la vie me laissera, comme le soleil
qui baisse à l'horizon,
mon âme puisse venir à toi sans remords.

 

Chief Yellow Lark

Indien Lakota

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Renaissance

La neige est une pensée
qui tombe, un souffle continuel
d'ascensions, de boucles,de spirales
de plongeons dans la terre
comme de blanches lucioles
désirant se poser, prises
dans la bourrasque
entre les maisons
plongées comme des mites
dans leur propre lumière
comme un qui s'étonne
que la neige soit une longue mémoire
d'aile qui traverse l'hiver.

Steve Crow (Cherokee Irlandais)
vit au Nouveau Mexique

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Lance Henson, poète Cheyenne

 

 

 

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Dans les voix
des vieux arbres
je reconnais celles de mes ancêtres.
Veilleurs séculaires,
leur rêve est dans leurs racines.

La brume,
haleine des arbres,
s’alanguit
entre les branches de l’aube.

Nuit
Nuit obscure,
noire,
orageuse.
Dans une telle nuit
on ne sait plus
où finit la terre
ni où commence le ciel.
 
Humberto Ah’Abal
poète maya

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Los Dos Lados

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Notre grande maison

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Cortès Cortès

 

Les armées de Cortès ont brûlé les codex et les parures de plumes, ont fondu l’or des temples, ont effacé les poèmes des anciens et cassé les chevilles des danseurs. Les armées de Cortès sont venues par la mer sur de grands vaisseaux de néant charriés par les vents toxiques de la concupiscence.

 

Les rats cupides de l’abjection ont infesté les berceaux des nouveaux-nés. Des soldats ont érigé la croix de la haine au cœur de la plaine herbeuse des bisons et aussitôt la plaine s’est couverte de glace. Ils ont aboli la compassion et ils ont imposé la mort cadastrée, compacte et sourde comme une boule de billard plombée.

 

Capitaine sanguinaire, tu as planté les trois couteaux du sacrifice dans la poitrine confiante de mes fils  : que le sang jaillisse sur ton âme, que les dieux coulent tes trois mâts et que trois enfers te dévorent avant que tu puisses connaître à nouveau la fraîcheur de l’eau que tu souilles. L’or te fascine jusqu’à la démence. Mais le coup mortel que tu crois m’asséner, ne sera jamais qu’un coup bas. Voilà ce que tu es Cortès, Cortès, un lâche parmi les charognards.

 

Les rêves m’ont usé ainsi qu’une statue attaquée par le temps. Dans le secret des temples envahis par les forêts pluvieuses et, au nord, dans la flamme vacillante des lampes de pierre, un chant vivant emplit l’air; entends-le couvrir le vacarme des moteurs et le grésillement des écrans chauffés à blanc. Ton glaive, enfoncé au cœur de ma terre, ne s’est pas enraciné. Il étend son ombre stérile sur les lieux du massacre tel un arbre mort que les insectes fuient.

 

Les soldats de Cortès ont enduit le corps des femmes et des enfants de graisse et de miel afin d’exciter la férocité des chiens lâchés sur eux. Les guérisseurs de Cortès ont répandu l’épidémie en frottant les plaies des blessés avec des chiffons empoisonnés.

 

Nous vivons sur un territoire réduit. Rien ne subsiste de l’enchantement. Nous sommes abandonnés à la solitude, immobiles au centre d’une constellation d’objets inutiles. Notre prière est un long rugissement.

 

Ta salive a brûlé trois jardins : celui des dieux, celui des hommes et celui où ils se rencontrent. Alors, par trois fois ton sang s’épuisera. La plaine des bisons reverdira. Ce monde est notre seule demeure et nous n’avons nulle part où aller.

 

Je peux tracer avec précision et pour dix mille ans la course du Soleil au-dessus de l’autel. Tes compas, tes sextants, ne savent rien du parcours sinueux du désir. Tous ceux qui viendront le sauront, tu n’auras été qu’un tortionnaire galonné, Cortès, Cortès, que le Pinochet d’une autre légende.

 

Depuis trop longtemps tu te crois l’égal des dieux, mais tu n’es qu’un homme malade de convoitise. Le jaguar tenant sa proie est plus riche que tu ne le seras jamais.

 

 

Michel X Côté

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